Si je pose la question, et que j’écris cet article, la réponse est oui.
3 crises maniaques. 3 fois sans passer par la case urgences psychiatriques.
Je n’ai pas réussi à éviter ces phases maniaques. Elles s’imposent à moi quand je ne me respecte pas et quand je ne m’écoute pas. Et que je ne respecte pas mes limites. Quand ma prévention n’a pas été assez bonne et les signes avant-coureurs n’ont pas été détectés à temps. Ou que j’ai voulu jouer avec le feu. Rappelle-toi qu’il vaut mieux éteindre l’incendie de l’euphorie, plutôt que perdre encore 6 mois, 1 an de ta vie une fois que ton cerveau est brûlé, en cendres, avec dépression à la clé. Ne joue pas avec ta santé, et ta vie. Rends-toi la vie douce, et heureuse. Elle l’est, sans être en exaltation.
Je ne me substitue pas à l’avis du corps médical, contactez votre psychiatre ou médecin, votre entourage, si vous vous sentez « en montée ».
Suis-je CONTRE l’hospitalisation d’urgence ? Non, je ne suis pas contre. Parfois il est trop tard, donc je dirai oui sans doute, mais je demanderai à ce qu’on respecte mon consentement, sauf si je suis en situation de danger pour moi-même, ou plus assez consciente pour faire le bon choix. Mais je sais à qui j’autorise de le faire, et on viendra me chercher à temps. Si je suis mal « traitée » aux urgences et à l’hôpital, j’irai dénoncer les pratiques dans l’espoir de trouver des solutions. Je saurais dire le bon, également, et remercier le corps soignant.
Ai-je toujours évité les urgences pendant une phase maniaque ? Oui. Mais les circonstances, les lieux, et l’entourage ont fait que j’ai pu. La chance diront certains. Mon comportement docile aussi. J’ai toujours accepté la médication d’urgence, et la médication tout court. Il n’y a que dans ma récente crise maniaque que j’ai pu la calmer à la maison. Et donc à trouver des clés, qui je l’espère, pourront-vous ouvrir des portes. En tout cas, pas celles de l’enfermement. Une fenêtre thérapeutique pour vivre votre montée, et redescendre, en douceur, à la maison.
Pourquoi souhaites-tu éviter les urgences ? Parce qu’aujourd’hui, la réponse en France de la psychiatrie est parfois inadaptée. Elle devrait être ce que j’ai eu la chance d’avoir, la même réponse : humanité.
Entendre certains discours de mes pairs bipolaires et mes cousins schizophrènes me donne froid dans le dos sur comment sont gérées parfois les phases maniaques.
Être capitonné entre 4 murs en isolement total. Parfois attachés à un lit. Parfois hurlant à la mort, sans comprendre ce qui se passe. Aussi une camisole chimique, sans explication. Et surtout : aucun contact humain des soignants au départ, le moment où on en a le plus besoin. Aucune douceur, aucune parole. Il existe des moyens alternatifs à réfléchir ensemble, soignants et personnes avec un trouble psychique.
Pourquoi cet article ? J’écris pour deux raisons : aider mes prochains à pouvoir rester chez eux, et interpeller le monde de la psychiatrie française. De plus, mon « stay at home » repose quasi complètement sur mon entourage et le corps soignant.En aucun cas, seule, je n’aurais réussi.
Est-ce que tu refuses la médication ? Pas du tout, je suis médicamentée depuis 8 ans, depuis mon diagnostic de bipolarité de type 1. J’ai tenté 15 jours d’arrêter mon traitement, non merci.Et surtout, aucune envie de revivre mes années sans médications. Ma bipolarité s’est déclenchée à 17 ans, et j’ai été diagnostiquée à 24 ans. J’en ai 33 aujourd’hui. Et si je dois, en crise, malheureusement m’abrutir de médicaments, je m’abrutis de médicaments. Pour rester chez moi. Et couper l’herbe sous le pied à la phase maniaque.
Allez, dis-nous tout maintenant, on veut savoir ! Comment t’as fait ? Cet n’est que mon expérience personnelle. Elle évolue. Je ne serai jamais à l’abri de faire un détour aux urgences. Prends seulement mes principes comme des conseils tirés de mon vécu. Si toi-même tu te sens défaillir à l’instant, aie-confiance en toi, et lis et relis cet article en « si besoin ».
Plongeons dans ma dernière phase maniaque… et comment je suis restée chez moi, avec certains principes.
QUELQUES PRINCIPES POUR RESTER CHEZ SOI EN CRISE MANIAQUE
Ton sommeil : le plus important, tu surveilleras.
Ton psychiatre/médecin : le plus souvent possible, tu contacteras.
Tes médicaments : rapidement, tu adapteras.
Ton entourage de confiance: le plus rapidement possible, tu préviendras.
Ta pleine conscience : quoi qu’il arrive, tu garderas.
Ta confiance en toi : tu conserveras.
Ta créativité : tu canaliseras et développeras.
Ton alimentation : tu soigneras.
Les moyens alternatifs : tu essaieras.
Tes émotions : tu les exprimeras.
Le découragement, le désespoir : tu traverseras.
Couper les stimulations : tu te dépêcheras.
Les événements trop émotionnels, les stresseurs : tu éviteras.
L’arrêt maladie : si possible tu demanderas.
Un journal de bord : tu tiendras.
Avoir des proches qui te soutiennent : tu choisiras. Qui ne te considèrent pas comme un symptôme, une écoute bienveillante, tu choisiras.
Ton téléphone : le plus possible, tu éteindras.
Internet, la lecture : le plus possible, tu éloigneras.
Le contact avec les gens : tu limiteras.
Une excuse auprès des personnes inconnues : tu inventeras : malade, une bonne longue grippe…
Honteux de ton état : tu ne seras pas.
Te considérer comme un symptôme vivant : tu t’interdiras.
Le trouble bipolaire et la phase maniaque : tu ne le nieras pas.
L’escalade de la montée : tu observeras.
Tous les jours, toutes les minutes : tu t’évalueras.
Ton consentement pour une hospitalisation : tu choisiras tes personnes ressources pour décider.
Tes médicaments et leurs effets secondaires : tu connaitras sur le bout des doigts.
Tes tâches du quotidien : si possible tu délègueras : entourage, soignants, travailleurs sociaux…
Les moments plaisirs : tu conserveras.
Des moments de calme. : tu t’imposeras.
Ton emploi du temps : tu aménageras.
La musique douce : tu écouteras.
Pleurer un maximum : tu essaieras.
Les hallucinations : tu accueilleras avec bienveillance.
Le non-jugement envers toi : tu t’accorderas.
Seul, dehors, au début : tu ne sortiras pas.
De la douceur, de la bienveillance : tu te donneras.
Et beaucoup d’autres principes.
C’est en respectant et en appliquant ces principes que j’ai réussi à rester chez moi dans ma dernière phase maniaque. Comment j’ai fait pour revenir à ma « stabilité » sans être hospitalisée.
Le chemin a été long, périlleux, douloureux car j’ai appris sur le tas. J’ai essayé de me souvenir de tout ce qui m’avait calmé par le passé. J’en ressors fortifiée et pleine de confiance. Avec de nouvelles préventions et principes « fait-maison » à m’appliquer si cela se reproduit. J’en apprends encore tous les jours. Le chemin a aussi été doux, grâce à mes « personnes ressources ».
Courage, aies-confiance en toi, affronte tes peurs, traverse les phases avec confiance, douceur et indulgence, tu es maître de ton navire, capitaine ton esprit, patron de ta conscience.
Navigue au travers de la cascade de ta phase maniaque, sans avoir peur de ce que tu vois/entend. C’est TEMPORAIRE.
Mon esprit s’est égaré dans le doute – pire – dans l’inconscience ; loin de ce qui fait de moi un être total.
Je ne pense plus en humain ; des ressentis logiquifiés débordant de mes subjectivités multipliées, je raisonne et réfléchis mes émotions.
Je suis devenu la personne que j’aurais dû être pour survivre.
Mais suis-je l’un si je suis tout ce que l’autre peut être à travers moi ?
Suis-je moi-même encore, voilà ma question.
Je ne peux plus bouger les jambes.
Je suis allongé à moitié sous une table, sur un carrelage qui me brûle de froid, et je ne peux plus bouger les jambes.
J’ai pleuré, pourtant – la flaque de larmes dans laquelle ma joue patauge en soit la preuve – mais la seule réponse que le monde ait donnée à mes pleurs sonnait comme de la colère et du mépris.
« Relève-toi ; tu es ridicule. »
Ridicule est le mot.
Je suis indigne de moi-même, de l’humain que je suis censé être et de tout ce que je suis censé représenter : je suis une déception.
Voilà ce que le monde m’offre à cet instant : un peu de honte et de la peur aussi – mes larmes n’en étaient-elles pas un indice ?
Je ne peux plus bouger les jambes et, par la faute de ce monde, je ne cherche plus à les bouger : par la honte, j’ai dédié mon effort à me dédouaner de cette indignité dont on m’accuse et dont je suis responsable.
À l’heure où d’autres sont hors d’eux, ma conscience est à l’intérieur de moi, si profondément que ma paralysie s’accentue à chaque pensée.
– Comment a-t-elle commencé, déjà ? –
Ils passent à côté de moi sans m’accorder un regard, en évitant de m’accorder un regard.
« Je peux avoir une couverture ? »
Et je dois sécher mes larmes, et je dois montrer que j’ai renoncé malgré mes efforts.
Dans un élan de compassion, une entorse à la règle, on me dit plus tard : « Si on te donne une couverture, tu ne bougeras pas, tu vas te conforter là. »
Et ils avaient sans doute raison, mais j’avais froid et j’avais honte et j’étais résignée et je m’étais abandonnée.
Le psychiatre dit : « Quelle est cette position ? » Je dis : « Je ne peux plus bouger les jambes. » Il s’en va.
Je reste là trois heures. Je me relève. C’est tout.
Il m’aura fallu du temps pour comprendre que la personne qui contrôle mes jambes était ailleurs, partie, là où il m’a fallu rester, et il m’aura fallu du temps pour pouvoir mettre les mots sur la fragmentation de mon moi.
Ils avaient les mots et ils les ont tus. « Trouble dissociatif »
Dans « Ophélie », Arthur Rimbaud reprend le thème shakespearien de la belle noyée qui a sombré dans la folie et le désespoir pour évoquer sa propre expérience de jeune poète. Il fait du personnage mythique d’Ophélie son double, à travers des effets de miroir et d’écho entre les trois parties du poème.
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I
Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles La blanche Ophélia flotte comme un grand lys, Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles… – On entend dans les bois lointains des hallalis.
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir; Voici plus de mille ans que sa douce folie Murmure sa romance à la brise du soir.
Le vent baise ses seins et déploie en corolle Ses grands voiles bercés mollement par les eaux; Les saules frissonnants pleurent sur son épaule, Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux.
Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle; Elle éveille parfois, dans un aune qui dort, Quelque nid, d’où s’échappe un petit frisson d’aile : – Un chant mystérieux tombe des astres d’or.
II
Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige ! Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté! – C’est que les vents tombant des grands monts de Norwège T’avaient parlé tout bas de l’âpre liberté;
C’est qu’un souffle, tordant ta grande chevelure, A ton esprit rêveur portait d’étranges bruits; Que ton cœur écoutait le chant de la Nature Dans les plaintes de l’arbre et les soupirs des nuits;
C’est que la voix des mers folles, immense râle, Brisait ton sein d’enfant, trop humain et trop doux ; C’est qu’un matin d’avril, un beau cavalier pâle, Un pauvre fou, s’assit muet à tes genoux !
Ciel! Amour! Liberté! Quel rêve, ô pauvre folle ! Tu te fondais à lui comme une neige au feu : Tes grandes visions étranglaient ta parole – Et l’infini terrible effara ton oeil bleu !
III
– Et le poète dit qu’aux rayons des étoiles Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis, Et qu’il a vu sur l’eau, couchée en ses longs voiles, La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.
Dans le petit village de la famille Leroy, le fou, c’est moi.
Longtemps, les Leroy ont gardé le secret de cette enfant pas comme les autres; même dans la maison, on n’en parlait pas, imaginez si quelqu’un avait écouté aux portes ?
En marge, je gardais pour moi la maladie, loin de mes sœurs et frère; la cachait au village, aux contrées alentours, au monde. Rares étaient ceux qui partageaient cette confidence, ma f-amies. 💌
Moi qui n’avait aucune idée de comment apprendre à vivre avec la maladie, je découvrais que mon oncle et ma tante étaient morts de la même. Ça non plus, on ne me l’avait pas dit. Cela voulait-il dire que c’était de ne pas vivre qui m’attendait ? Peut-être voulait-on me protéger… pourtant j’aurais aimé savoir, apprendre, anticiper.
Pourquoi le une chance sur 5 de la roulette génétique est tombé sur moi ? Où est le géniteur maintenant que les gènes sont en moi ; et la gêne autour de moi ?
Je me souviens de ce soir d’été de mes 20 ans, je sortais d’hospitalisation et essayais de goûter à la vie en retrouvant l’innocence que le compte rendu « bipolaire de type 1 » m’avait fait oublier. On joue près de la piscine avec mon frère et mes sœurs, c’est doux, naturel, léger, riant; ils veulent me jeter à l’eau.
« Arrêtez ! Vous allez déclencher ses folies ! Elle est malade ! » crie ma grand-mère.
Le temps s’arrête. On ne m’a pas encore mise à l’eau que me voilà glaçon. Isolée depuis mon bloc de glace, je me liquéfie sous les lumières du regard des autres. Moi qui me sentais de nouveau appartenir, me revoici un être à tenir : à l’écart, en boite, attachée, enfermée, dans le secret.
Ce soir là, âgée de 20 ans et quelques heures, je passe par la fenêtre de la chambre – qu’on a fermé à clef passé minuit – et je tente d’aller me jeter dans la mer. Mon frère me court après et me plaque au sol. Je le mords comme un animal sauvage. Je ne suis plus sa sœur. Je ne suis plus humaine. Ils ont fait de moi la folle de la plage.
Ce frère que je mords jusqu’au sang, c’est le même qui 7 ans plus tard m’attendra en réanimation. Ce bras que j’ai mordu, c’est celui dont l’étreinte me redonnera envie de vivre.
Maintenant que j’ai libéré ma parole, que j’essaye de la libérer bien au delà du village, jusque dans les impasses de la société, je n’en oublie pas moins d’en parler un peu dans la maison des Leroy. Je ne veux pas que mes nièces et neveux pensent que ce n’est pas un problème tant que ce n’est pas chez eux. Ils m’ont vu peser 32 kilos mais les pousser sur la balançoire. Ils me voient prendre mes médicaments au petit déjeuner.
« C’est pour ta maladie ? », « oui c’est pour aider mon cerveau qui bug un peu, comme réparer des interrupteurs d’un circuit électrique où certaines ampoules sautent », « ah oui il est bizarre ton cerveau. Toi non. Enfin si parfois, mais t’es bizarre bien » – Ah, je crois que que j’ai gagné une partie du combat.
Extrait du module “Mettre fin à la contrainte, la violence et la maltraitance” de la formation en ligne WHO QualityRights. Cette formation accessible et gratuite est proposée par l’Organisation mondiale de la santé.
Comment gérer et prévenir la coercition, la violence et les abus ?
Les situations tendues résultent généralement de problèmes de communication et de malentendus. Elles surviennent souvent lorsque les personnes usagères des services ont l’impression de ne pas être écoutées et qu’elles s’énervent, s’angoissent ou s’agitent. Si elles ne sont pas gérées de manière appropriée, les situations tendues peuvent déboucher sur une crise, ce qui peut conduire au recours à la contention et à la violence.
I. Réponses appropriées et inappropriées aux situations tendues
En cas de situation tendue, il est important de :
Penser à la sécurité de toutes les personnes présentes (par exemple, demandez aux personnes dont la présence n’est pas nécessaire de quitter la pièce).
Intervenir rapidement pour éviter que la situation ne dégénère en crise.
Voici des exemples de réponses appropriées et inappropriées.
Réponses appropriées et efficaces
Réponses inappropriées et inefficaces
– Traiter la personne concernée avec respect et empathie – Écouter ses préoccupations et ses souhaits – Essayer de comprendre ce qu’elle ressent et reconnaître ses sentiments – Lui demander comment elle souhaite être soutenue/traitée – Être patient, soutenir et rassurer – Donner à la personne de l’espace et du temps – Garder son calme – Trouver une solution non violente à un problème
– Isolement et contention – Cris – Menaces et intimidation – Manipulation forcée
*** IMPORTANT *** Les réactions ci-dessus peuvent renforcer le sentiment d’impuissance et de détresse des personnes, accentuant leur ressentiment ou agitation. Elles sont donc préjudiciables et peuvent rapidement conduire une situation vers la violence.
II. Déclencheurs et signes d’alerte
Pour éviter qu’une situation tendue ne dégénère en crise, il est important d’identifier les éléments déclencheurs et les signes d’alerte des personnes usagères des services, ainsi que ceux du personnel, des familles et d’autres personnes. Voici des exemples de déclencheurs et de signes d’alerte.
Déclencheurs (c’est-à-dire stimuli)
Signes d’alerte (c’est-à-dire signes physiques ou extérieurs)
– J’ai l’impression de ne pas être écouté – Les gens me manquent de respect – D’autres personnes utilisent mes affaires sans permission – Bruits forts – Être touché – Ne pas avoir le choix, ne pas pouvoir contrôler ou participer
– Nervosité, agitation, stimulation – Essoufflement ou respiration rapide – Transpiration – Dents serrées, mains qui se tordent – Repli sur soi, peur, irritation – Contact visuel prolongé – Augmentation du volume de la parole – Agressivité ou menaces de préjudice
Une fois que les déclencheurs et les signes d’alerte ont été identifiés, il est possible de mettre en place des stratégies clés pour éviter et désamorcer les crises potentielles. Cela inclut :
Espaces d’apaisement et approches sensorielles
Création d’une culture du « oui » et du « c’est possible »
Plans individualisés permettant d’identifier et de gérer les déclencheurs et les signes d’alerte
Techniques de communication
Équipes d’intervention
III. Espaces d’apaisement et approches sensorielles
Les espaces d’apaisement offrent un environnement dans lequel les personnes usagères des services peuvent avoir un peu d’espace, se sentir en sécurité et se calmer. Elles sont souvent utilisées en complément des approches sensorielles, qui consistent à stimuler les différents sens (toucher, ouïe, odorat, vue et goût) pour aider une personne à se sentir plus calme. Parmi les exemples, citons la musique, les massages, les couvertures douces, les couleurs apaisantes et l’aromathérapie, mais cela peut varier selon les préférences des personnes.
Les espaces d’apaisement et les approches sensorielles ne doivent être utilisés qu’avec le consentement éclairé de la personne. Les espaces d’apaisement ne doivent pas être utilisés comme un lieu d’isolement involontaire. Les personnes usagères des services ne doivent jamais être enfermées ou empêchées de quitter l’espace.
IV. Création d’une culture du « oui » et du « c’est possible »
Lors de leur admission, les personnes usagères des services s’en remettent aux membres du personnel. Cette perte de contrôle et cette dépendance à l’égard du personnel peuvent provoquer détresse, anxiété et frustration. Cela est particulièrement vrai lorsque les membres du personnel ne répondent pas aux besoins des personnes usagères des services, en raison d’une lourde charge de travail, d’une pénurie de personnel, d’une formation insuffisante, de la réglementation des services ou d’autres raisons.
Une stratégie clé consiste à créer une culture du « oui » et du « c’est possible » au sein du service. Avant d’asséner un « non » automatique aux demandes des usagers, les membres du personnel doivent d’abord REFLECT (RÉFLÉCHIR) à la demande.
R – Reframe (Recadrage) :
Qu’est-ce qu’il faudrait pour que je dise oui ?
E – Easy (Facile) :
Le « non » est-il la solution de facilité ?
F – Feeling (Sentiment) :
Que ressentirait la personne si je disais « non » ?
L – Listen (Écoute) :
Ai-je vraiment écouté la personne et ce qu’elle demande ?
E – Explain (Expliquer) :
Puis-je expliquer à la personne pourquoi je ne suis pas en mesure de répondre à sa demande ?
C – Creative (Créatif) :
Existe-t-il des moyens créatifs que je pourrais utiliser pour essayer de trouver une réponse à la demande de la personne ?
T – Time (Temps) :
Est-ce que j’octroie suffisamment de temps pour examiner la demande ?
Source : Adapté de Manaan Kar Ray & Sarah Rae. ‘No Audit: Reflect to Reframe’ in Power to empower Lies beyond Binaries. PROMISE: PROactive Management of Integrated Services & Environments. Cambridge University Health Partners http://www.promise.global/2015_04_09_Binary.pdf
Voici une autre question importante à laquelle les membres du personnel doivent réfléchir : puis-je octroyer des ressources aux personnes usagères des services pour leur éviter d’avoir à formuler cette demande et leur permettre d’être plus autonomes ?
V. Plans individualisés
Les plans individualisés peuvent permettre de mieux comprendre ce qui rend une personne angoissée ou agitée et ce qui l’aide à se sentir calme.
Pour élaborer un tel plan, une personne doit :
Identifier les déclencheurs et les signes d’alerte qui pourraient potentiellement mener à une situation tendue.
Décrire les méthodes d’apaisement convenues qui peuvent être utilisées pour gérer et empêcher l’escalade d’une situation tendue.
Les exemples de méthodes d’apaisement varient largement d’une personne à l’autre mais peuvent inclure :
Faire une promenade/prendre l’air
Se confronter à une personne qui reconnaît les sentiments
Prendre des respirations lentes et profondes
Serrer une balle ou une couverture
Être capable de crier ou de pleurer
Passer du temps dans un espace d’apaisement
Parler à un ami ou à un membre de la famille
Un plan individualisé peut être un document autonome ou faire partie d’un plan de rétablissement global ou de directives anticipées en psychiatrie. Les plans individualisés doivent être accessibles lors de situations tendues (par exemple, sur le registre du service, sur le registre en ligne…). Si une personne a élaboré un plan individualisé, elle doit informer toutes les personnes concernées de son existence afin qu’elles puissent l’aider à mettre en oeuvre les stratégies d’apaisement identifiées.
Les professionnels de la santé mentale et autres praticiens, les familles et les aidants doivent également élaborer leurs propres plans individualisés. Ils sont également susceptibles d’avoir des déclencheurs qui peuvent affecter leur comportement dans des situations difficiles. Il est donc important pour les usagers d’identifier les méthodes d’apaisement qui fonctionnent pour eux.
VI. Techniques de communication
De bonnes capacités de communication sont essentielles pour gérer les situations tendues et difficiles. La communication doit être :
Respectueuse
Traiter toutes les personnes impliquées dans la situation avec respect et dignité.
Attentive
Consacrer toute son attention à la personne (c’est-à-dire écoute active).
Affirmée
Soutenir et encourager la capacité de la personne à trouver des moyens de se calmer et de résoudre la situation.
Positive
Encourager la personne à se concentrer sur les aspects positifs de la situation.
Empathique
Faire des efforts pour comprendre les pensées et les sentiments de toutes les personnes concernées.
Patiente
Prendre tout le temps nécessaire pour entendre les préoccupations de la personne et parvenir à une solution juste et pacifique.
Voici des exemples de phrases ayant été identifiées comme utiles par certains usagers de services en Nouvelle-Zélande – elles ne seront pas utiles pour tout le monde :
Vous pouvez compter sur moi.
Vous n’avez rien à prouver à personne.
Je sais que vous allez vous en sortir.
Concentrez-vous toujours sur le souvenir de vos réalisations… et pas seulement de vos problèmes.
Comment puis-je vous aider ?
Dites-moi ce que vous voulez/ce dont vous avez besoin.
Je suis là pour écouter.
Je respecte votre point de vue.
Nous pouvons travailler à cela ensemble.
Il est normal de ressentir cela.
N’abandonnez pas.
Source : Adapté de Mary Ellen Copeland, Mental Health Recovery Newsletter, février 2002, cité dans Roadmap to Seclusion and Restraint Free Mental Health Services. DHHS Pub. No. (SMA) 05-4055. Rockville, MD: Center for Mental Health Services, Substance Abuse and Mental Health Services Administration, 2005, Module 5 pp. 43-44.
L’écoute active constitue un aspect essentiel d’une bonne communication. En accordant toute votre attention à votre interlocuteur, vous êtes en mesure de mieux comprendre ses pensées et ses sentiments. Il ne s’agit pas d’être d’accord ou non avec l’interlocuteur, mais de répéter avec vos propres mots ce que vous pensez qu’il a dit afin de vous assurer que vous l’avez compris (et ainsi éviter les malentendus).
Lorsque les personnes usagères des services ont le sentiment d’être écoutées, elles sont plus enclines à s’ouvrir, ce qui permet de résoudre pacifiquement la situation. Voici un exemple vidéo.
Vidéo : Comprendre l’agitation : Désescalade
Source : Depression and Bipolar Support Alliance
VII. Équipes d’intervention
Une équipe d’intervention (EI) est un groupe de personnes chargées, au sein d’un service, de répondre à une crise dans un court laps de temps. Elle est formée pour gérer les crises en utilisant des techniques de communication et de désescalade.
L’intervention d’une EI se concentre sur le développement d’une relation non intrusive, non contrôlante, non conflictuelle et hautement empathique avec la personne en crise. Elle n’utilise PAS l’isolement, la contention, la médication forcée, les sédatifs ou les tranquillisants. Lorsqu’ils sont disponibles, les membres de l’EI accèdent aux plans individualisés, aux plans d’anticipation et/ou de rétablissement pour répondre à la volonté et aux préférences de la personne.
Les membres de l’EI peuvent être des praticiens de la santé mentale et autres, des personnes en situation de handicaps psychosociaux, intellectuels ou cognitifs, des pairs, des défenseurs de la communauté, des membres de la famille, etc. En outre, il peut y avoir des « membres de garde » pouvant être contactés en fonction des besoins.
Une fois la crise résolue, des séances de débriefing doivent être organisées :
Avec la personne concernée (lorsqu’elle se sent prête) : pour mieux comprendre ce qu’elle a vécu, la façon dont l’EI a géré la situation, et pour élaborer ou revoir son plan individualisé.
Avec d’autres personnes (membres de la famille, soignants et autres aidants) : pour identifier ce qui a conduit à la montée des tensions et comment mieux gérer la situation à l’avenir.
Avec les membres de l’EI : pour parler de ce qui a fonctionné, de ce qui n’a pas fonctionné et des moyens de s’améliorer.
Il est toutefois important de noter qu’une intervention de l’EI n’est nécessaire que dans certaines situations ; lorsque les autres stratégies ne sont pas appropriées ou n’ont pas fonctionné. Dans de nombreux cas, les personnes usagères des services ont simplement besoin de temps et d’espace pour surmonter leur détresse, par elles-mêmes ou avec le soutien d’autres personnes.
Extrait du module « Droits humains, santé mentale et handicap » de la formation en ligne WHO QualityRights. Cette formation accessible et gratuite est proposée par l’Organisation mondiale de la santé.
Dans de nombreux services psychiatriques à travers le monde, des personnes reçoivent des soins qu’elles ne trouvent ni acceptables, ni utiles pour leur rétablissement. Parfois inhumains et dégradants, ces soins peuvent bafouer les droits des personnes. Même lorsque ce n’est pas le cas, on constate souvent que les personnes reçoivent des messages dévalorisants qui leur enlèvent espoir et dignité.
La Convention relative aux droits des personnes handicapées (également connue sous le nom de CDPH) est un tournant important et reflète l’engagement des pays à changer cette situation. C’est pour cela que nous utilisons cette Convention, ainsi que d’autres instruments internationaux des droits humains, comme base de cette formation.
La Convention relative aux droits des personnes handicapées est un outil juridiquement contraignant. Cela signifie qu’en ratifiant la Convention relative aux droits des personnes handicapées, les pays ont l’obligation de mettre en place une panoplie de mesures afin d’assurer que les personnes en situation de handicap :
aient les mêmes droits que le reste de la population
soient traitées de manière juste et équitable
ne fassent pas l’objet de discrimination
I. Respecter, protéger et garantir les droits humains
Le respect des droits humains implique trois tâches principales :
Respecter les droits humains
Protéger les droits humains
Garantir les droits humains
TÂCHE
DÉFINITION
EXEMPLES
Respecter les droits humains
Ne pas bafouer les droits fondamentaux d’une autre personne
1. Respecter la préférence d’une personne au sujet des traitements qu’elle souhaite recevoir ou non 2. Respecter le droit à l’intimité d’une personne en ne pénétrant pas dans son espace privé
Protéger les droits humains
Empêcher les autres de bafouer les droits fondamentaux d’une personne
1. S’assurer que les soignants ne donnent pas un traitement qu’une personne ne souhaite pas 2. Protéger le droit à l’intimité d’une personne en empêchant quelqu’un de pénétrer dans son espace privé
Garantir les droits humains
Prendre des mesures pour garantir qu’une personne bénéficie de la même protection des droits fondamentaux que toute autre personne
1. Inscrire dans le plan de traitement d’une personne les médicaments qu’elle ne veut pas afin de s’assurer qu’aucun pair praticien en santé mentale ou autre ne lui en donne pas dans le cadre de son traitement 2. Permettre à une personne d’avoir un verrou sur sa porte (ou un panneau « ne pas déranger ») afin qu’elle puisse choisir lorsqu’elle veut recevoir des visiteurs
Les gouvernements ne sont pas les seuls à avoir un rôle à jouer. Il est important que nous tous respections, protégions et garantissions les droits fondamentaux des personnes en situation de handicaps, que nous soyons :
Une personne souffrant de handicap psychosocial
Une personne souffrant de handicap intellectuel
Une personne souffrant de handicap cognitif
Un pair praticien en santé mentale ou autre
Un membre de la famille, un soignant ou un supporter
Un pair, un défenseur, un avocat, un fonctionnaire, etc.
Les parties suivantes se concentrent sur chacun des groupes susmentionnés. Nous vous recommandons de lire, pas seulement la partie relative à votre groupe, mais l’ensemble des parties.
II. Les personnes en situation de handicaps psychosociaux, intellectuels et cognitifs
Pourquoi est-il important de défendre vos droits ?
Vous êtes des êtres humains et vous devriez avoir les mêmes chances que toute autre personne.
Votre expertise, vos compétences et vos talents peuvent profiter à tous.
Vous savez ce qui est le mieux pour vous, ce qui utile et ce qui ne l’est pas.
Vous avez le droit de participer à toutes les actions et questions vous concernant.
Quelles actions concrètes pouvez-vous prendre ?
Vous pouvez expliquer vos droits aux autres, y compris votre famille.
Vous pouvez aider les autres à comprendre leurs droits.
Vous pouvez parler de votre expérience pour sensibiliser les autres au handicap et aux droits humains.
Quel est l’impact positif de ces actions ?
Vous pouvez vous sentir plus fort et plus apte à prendre le contrôle de votre vie et votre rétablissement.
Vous pouvez être plus indépendants pour mener la vie que vous souhaitez.
Vous pouvez développer de nouvelles compétences, contribuer à la société et être plus intégré.
III. Les pair praticiens en santé mentale ou autre praticiens
Pourquoi est-il important de défendre les droits des personnes en situation de handicaps psychosociaux, intellectuels et cognitifs ?
C’est ce qu’il faut faire.
Cela fait partie de votre travail et votre responsabilité.
Vous donnez le respect qu’elles méritent aux personnes que vous soignez et soutenez.
Ces personnes sont plus susceptibles d’accepter les services que vous fournissez, de bien réagir à vos soins et votre soutien ainsi que de se rétablir.
Quelles actions concrètes pouvez-vous prendre ?
Vous pouvez vous assurer que vos pratiques médicales respectent les droits de la Convention relative aux droits des personnes handicapées.
Vous pouvez parler à la direction des soins des actions qui peuvent être mises en place dans votre service afin d’améliorer le respect des droits de ces personnes.
Vous pouvez parler de leurs droits aux personnes en situation de handicaps psychosociaux, intellectuels et cognitifs sur votre lieu de travail.
Vous pouvez former et informer d’autres praticiens sur les droits humains.
Vous pouvez parler aux responsables locaux de la nécessité d’un changement.
Quel est l’impact positif de ces actions ?
Vous fournirez aux personnes une meilleure qualité de soins.
Les personnes que vous soignez et soutenez seront plus autonomes, mèneront une vie plus satisfaisante et plus digne.
La rechute et la dépendance seront réduites.
Vous vous sentirez plus heureux et plus fier de votre travail.
IV. Les membres de la famille, les soignants et les aidants
Pourquoi est-il important de défendre les droits des personnes en situation de handicaps psychosociaux, intellectuels et cognitifs ?
Vous avez un rôle essentiel à jouer pour permettre à votre proche de mener une vie épanouie, en respectant ses droits, en étant plus tolérant et en changeant certaines de vos actions.
Quelles actions concrètes pouvez-vous prendre ?
Vous pouvez aider votre proche à comprendre ses droits.
Vous pouvez lui faire sentir que vous le respecter.
Vous pouvez essayer de ne pas le surprotéger.
Vous pouvez le soutenir et l’encourager à prendre des décisions et devenir plus indépendant.
Vous pouvez vous assurer d’écouter et de respecter ses opinions et décisions.
Vous pouvez vous assurer que ses droits soient respectés, par exemple, par d’autres membres de la famille, par des praticiens et par autrui.
Vous pouvez discuter avec les responsables locaux de la nécessité d’un changement et de la création de services qui répondent aux besoins de votre proche et apportent un soutien à votre famille.
Vous pouvez aider votre proche à s’engager dans des réseaux de personnes et d’activités (tels que des clubs de sport, des activités de loisirs ainsi que culturelles).
Vous pouvez sensibiliser votre communauté afin de lutter contre la stigmatisation, les stéréotypes ainsi que les préjugés.
Quel est l’impact positif de ces actions ?
Votre proche recevra des soins et un soutien de meilleure qualité, ses droits seront respectés et sa qualité de vie sera meilleure.
En retour, vous serez plus heureux, plus confiant et moins stressé.
Votre proche deviendra plus indépendant et s’engagera pleinement dans la vie de famille.
Vous serez fier des accomplissements de votre proche et vous vous concentrerez sur ses forces ainsi que ses capacités.
V. Les autres groupes
Pourquoi est-il important de défendre les droits des personnes en situation de handicaps psychosociaux, intellectuels et cognitifs ?
En tant que pair, votre rôle est de soutenir les autres dans la réalisation de leurs droits.
En tant que défenseur, vous jouez un rôle important pour sensibiliser la société et faire valoir vos droits.
En tant qu’avocat, vous pouvez soutenir les personnes pour faire valoir leurs droits devant les tribunaux.
En tant que fonctionnaire, vous avez l’obligation de respecter la loi internationale sur les droits humains, dont la Convention relative aux droits des personnes handicapées.
Quelles actions concrètes pouvez-vous prendre ?
En tant que pair, vous pouvez donner aux personnes les informations dont elles ont besoin pour défendre leurs droits.
En tant que défenseur, vous pouvez lancer une campagne de sensibilisation sur la Convention relative aux droits des personnes handicapées.
En tant qu’avocat, vous pouvez porter des affaires devant les tribunaux pour que le gouvernement modifie la loi conformément à la Convention relative aux droits des personnes handicapées.
En tant que fonctionnaire, vous pouvez veiller à ce que la loi soit réformée conformément à la Convention relative aux droits des personnes handicapées.
Quel est l’impact positif de ces actions ?
En tant que pair, vous serez en mesure de soutenir les autres plus efficacement.
En tant que défenseur, vous serez satisfait de constater que les droits humains sont mieux respectés et mieux connus.
En tant qu’avocat, vous serez en mesure de défendre plus efficacement les droits humains devant les tribunaux.
En tant que fonctionnaire, vous aurez la satisfaction de voir des services ainsi qu’un soutien plus efficaces pour les personnes en situation de handicaps psychosociaux, intellectuels et cognitifs.
Lorsqu’il s’agit de défendre les droits des personnes en situation de handicaps psychosociaux, intellectuels et cognitifs, chacun d’entre nous a un rôle à jouer.
Confinements, distances, interdictions… à bien des niveaux, l’année 2020 (et 2021, sans doute) aura été éprouvante, et aura eu de forts impacts sur notre santé mentale. Sujet qui concerne une majorité de la population, sans pour autant que celui-ci soit aussi bien expliqué – et accessible – qu’il le faudrait.
Comment fonctionne un parcours de soin ? Pourquoi ce tabou qui persiste autour de la santé mentale? Comment vivre avec un trouble psychique?
Épisode 1 : Pourquoi c’est si compliqué d’admettre qu’on doit aller chez le psy ?
Épisode 2 : Comment s’y retrouver dans le labyrinthe du soin ?
Épisode 3 : Et si c’est pas moi qui m’aperçoit que ça va pas ?
Avec la participation de Joan de Comme des fous.
Épisode 4 : Comment vivre sa vie avec un trouble psy ?
Texte de Lucien Bonnafé, psychiatre désaliéniste français (1912-2003) qui a élaboré et mis en place la politique de secteur psychiatrique, paru en 1972 dans La Nouvelle Critique.