Parution d’Abolir la contention

« La contention mécanique n’est pas un soin, elle n’a pas de dimension thérapeutique. Elle est une mesure de contrôle, une pratique d’entrave et d’immobilisation. »

Le propos du livre de Mathieu Bellahsen paru chez Libertalia est de montrer que la contention n’est pas un soin. Il commence fort avec les témoignages de personnes qui ont vécu la contention dans leur chair, prouvant unanimement son caractère traumatique. En tant que psychiatre, l’auteur se garde bien d’utiliser le mot « torture » et préfère le concept d’anti-soin.

Ce livre écrit semble-t-il en vitesse démontre l’habileté de l’auteur à débiter des concepts, qui sont quasi des slogans de manif, et à démonter ses « adversaires » pour qui la contention reste un soin, avec des tournures de phrases parfois cinglantes. Parmi ces concepts, teintées de psychanalyse et de phénoménologie, la notion de « témoin intérieur » : la contention qu’on l’ait subi ou non, réveille en nous un degré de malaise, on ne peut pas ne pas éprouver dans notre corps la souffrance d’autrui.

Il s’agit aussi d’être clair, la contention est antinomique avec le concept psychanalytique de contenance, immobiliser quelqu’un avec des sangles n’est pas contenant pour sa psyché, au contraire.

L’auteur invente le concept de « culture de l’entrave » présente dans l’imaginaire collectif à l’image de la culture du viol et la culture de l’inceste. L’abolition est la façon de lutter contre le « système contentionnaire » qui empêche de penser le soin autrement.

On comprend rapidement qu’abolir la contention ne rime pas avec abolir la psychiatrie. L’antipsy apparaît en filigrane mais plaider pour l’abolition de la psychiatrie est pour lui une impasse. Il cite Zinzin Zine, le livre Charge de Treize comme des exemples d’autodéfense ainsi que la perspective antipsychiatrique de l’Agidd-SMQ qui œuvre dans les politiques publiques de santé mentale au Québec. Il faudrait s’émanciper collectivement, mais pas de la psychiatrie.

Il essaie de désamorcer la haine des blouses blanches et défend l’idée que la psychiatrie reste nécessaire dans les cas où la personne n’est plus en mesure de consentir.

Des vignettes de cas cliniques viennent illustrer concrètement des moments d’interaction humanisante qu’il a eu à l’HP dans des situations de détresse extrême avec des personnes qui semblaient incontrôlables. Tout comportement ou délire a un sens, et malgré l’angoisse extrême du patient, le contact est toujours possible si on en prend la peine et le risque.

Mathieu Bellahsen se veut un héritier d’une bonne psychiatrie, celle qui vient en aide aux plus fragiles, d’une psychiatrie publique malmenée, d’hôpitaux où les portes des services restent ouvertes. Ainsi, il existe des hôpitaux exemplaires comme celui de Laragne (vers Gap), où la contention est proscrite et le recours aux chambres d’isolement limité et non pas systématique. La bonne psychiatrie a aussi un nom pour l’auteur, la psychothérapie institutionnelle, et lui-même s’inscrit dans la lignée des médecins progressistes de l’après-guerre : Tosquelles, Bonnafé, Oury, Chemla. Cette psychiatrie de la relation humaine en opposition à la fake psychiatrie qu’il nomme cérébrologie. Il s’agirait de faire renaître les pratiques humanisantes et socialisantes.

Face au corps psychiatrique (comprendre tous les responsables d’hôpitaux et professionnels qui ont un pouvoir sur les personnes psychiatrisées), l’auteur, bien qu’il fasse partie de ce corps, en appelle à l’autodétermination des personnes psychiatrisées car le discours des soignants en demande de moyens est devenu inaudible. Il se veut un allié des psychiatrisé.es, survivant.es et usagers au service d’une psychiatrie critique qui respecterait enfin les droits fondamentaux.

On devrait semble-t-il accepter que la psychiatrie, l’HP, les chambres d’isolement et les traitements médicamenteux resteront là, même si on abolit la contention. Il s’agit de nous réconcilier avec la psychiatrie et de participer activement à une psychiatrie critique, notamment en intervenant dans la formation des professionnels. Une perspective à laquelle devraient adhérer à minima les pair-aidants et les associations d’(ex)usagers et de proches.

En conclusion, il en appelle à une coalition entre psychiatrisés et alliés pour faire tomber la contention tout en réclamant aux instances internationales d’œuvrer dans ce sens, à travers des travaux de recherches, des indicateurs, des statistiques, de visibilisation des bonnes pratiques à travers le monde.

Abolir la contention est une lecture éprouvante par séquences mais, dans son ensemble, c’est un ouvrage essentiel pour secouer les imaginaires, surmonter l’impuissance collective et faire bouger les politiques publiques.

Joan

Les références de l’ouvrage en question : Abolir la contention de Mathieu Bellahsen.
Ed. Libertalia, 216 pages, 10 €. Parution le 31 août 2023.

https://librairielibertalia.com/web/abolir-la-contention.html

 
 
 
 
 
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À propos de CHARGE de l’autrice Treize. [SNG]

(ceci n’est pas un essai critique mais plus un manifeste en coconsonance ; et fuck aux mots hors la nomenclature du dictionnaire que j’ai dû bricoler pour singulariser mon propos hors des cases, sinon j’aurais fait une BD.)

La psychiatrie, c’est comme si on vous disait
« sauve-toi, tu es malade »,
en vous coupant tous les membres.
L’effroi de l’impuissance resserre l’unique sentier de la soumission.
Je ne lis pas mais il y a des exceptions.
Je n’entends que les bombes.

J’ai rencontré Treize sur la scène slam en 2018, alors que j’entreprenais moi-même (sans trop savoir ce que je foutais) un coming-out psychiatrique par ce biais de la scansion conjoint au témoignage BD, après des années de mutisme, durant et à propos de l’épopée qui m’enlise dans l’hôpital, du début de l’adolescence à mes 28 ans.

Les scènes ouvertes, comme leur dénomination le laissent ouïr, accueillent toutes les paroles, la mienne, celle de Treize ou de tout.e autre orateur.trice d’un soir, sans jugement, avec intérêt et attention, avec encouragement et complicité.

Treize, sur scène, c’est lancinament poétique, c’est enraciné, c’est encombre-membre, c’est haut-le-corps détouré qui hurle en secrets à bras nos cœurs.

À l’époque où nous nous découvrons sur les tréteaux des fonds de bars, je ne sais que très peu du parcours qui se délite en front à la voix poignante, bouleversée, bouleversante, depuis la grotte s’incisive jusqu’à la gorge un visage confusément grave et délicat, un doux regard traversé par l’histoire, contenue, envers et contre sa crue.

La poésie, le slam, le rap, nous les explorons, je le crois communément, sur un flow guerrier, une détonation langagière de la chair, excisée des méandres de l’effroi au bide. Nous nous employons au travail de réparation, d’apaisement sur parole de la faillite humaine éprouvée.

Élire domicile dans l’épouvantaïble moi.

Parce qu’il a tout catapulté de l’intérieur, le corps, intoxiqué par l’expérience de la terreur silencieuse, ses fonctionnalités brouillées depuis l’abysse des cocktails chimiques s’arque, s’incline, redevable en tous actes manqués, en non-dits, en prosternations humiliées.

Bourdonne la solitude de l’internement indéfini, l’impertinence de dénuder l’expérience taboue, au risque de représailles, au risque de sa peau. Le corps bouilli s’enflamme par la bouche, sa lèvre inférieure affranchie du baratin médicinal.

La poésie incendie l’espace, au grand chut de sidération.

L’oppression régie les tables de loi de l’H.P, dont les disciples rédigent les sanctions saintes à l’agile assimilation, digestion, puis incinération intra-muros. Entre nos murs du corps, les parois sont franchies sans justificatif, sans législation, sans soin du jus qui coule chez tout.e un.e patient.e qui séjourne à contre-gré.

Cette agression ascendante n’a pas de nom, ne peut s’interpréter qu’à l’éprouvement, qu’à l’adhésion démentielle du symposium médical qui parque d’aucuns autres corps pour rattraper au dressage, à la déformation, au bourrage de bonnes mesures la réunification de l’état normal.

Y a pas de témoins sinon ce corps qui trinque, qui se transforme, se monstruose, sinon quelques notes retranscrites en carnets qu’on s’essaie à tenir pour traces, ces traces aux membres griffés de haine, ses livres de frappe bourrelées ou dispersées à l’étage.

Se sauver sauf fauve et veuf.

Du deuil à l’aliénation, le rabaissement s’ordinaire, la vigilance continue, la tension côtoie l’ennui, l’attente et dilemme du constat diagnostic, ce pour quoi on ne sait pas ce qu’on fabrique ici, ni comment agir là, passiviter pour partir vite, sans récidive, s’effacer sans lacets du tabloïd.

Irrémissiblement perquisitionné.es de l’esprit en civière, la psychiatrie nous harnache par la maladie pour ne plus jamais nous relâcher au demeurant libres et léger.es, au risque de l’éclope irrévocable. Plus jamais vivre dans la fermeté du temps présent, resurgir d’incertain passé et prévenir hagard.e à tout à l’heure.

Le sursis ne constitue pas une vie approuvable, ce à quoi nous sommes condamné.e.s, réduit.e.s de profil en victime, de face rescapé.e.s ou crevettes (même empâtées) outrepassées entre les mailles. Alors, on se rebricole un quotidien malagile, rythmé par la houle de tiroirs parasites à trier, par les accès de peur et réminiscences qui crachinent en trombes dans l’agglomération.

D’hier à demain, si je vous dis qu’on chuchote psychiatrie, qu’on grignote psychiatrie, qu’on somnole psychiatrie, qu’on se morfond psychiatrie, que mon hospice embrume psychiatrie, qu’aujourd’hui-même, je bosse en psychiatrie…

Alors alien.é.e.s ; sans aucun doute.
Humain.e.s ? D’autant plus habilement peaufiné.e.s.

Merci Treize, inaliénable merci,

SNG

Les références de l’ouvrage en question : Charge de Treize. Parution en format Poche, le 1er février 2024. (6.40€)

Pour suivre SNG sur Instagram @lestempsuspendule : https://www.instagram.com/lestempsuspendule/

Le blog de SNG : https://essen-g.blogspot.com/

L’Autre « lieu » des possibles : bilan d’une alternative à la psychiatrie

Brochure éditée par l’association belge L’Autre « lieu » – Recherche-Action sur la Psychiatrie et les Alternatives – anciennement Réseau Alternative à la Psychiatrie, constitué en 1975 comme fer de lance de l’antipsychiatrie.

L’Autre « lieu » est un lieu démédicalisé, qui accueille et accompagne celles et ceux d’entre nous qui sont confrontés à l’expérience de la folie :

– écoute / entraide

– soutien en milieux de vie

– suivi lors de l’hospitalisation

L’Autre « lieu » développe des formules d’habitats :

– maisons communautaires

– unités individuelles

L’Autre « lieu » favorise le lien social :

– sorties collectives

– groupe d’entraide

– réseau relationnel Amikaro

L’Autre « lieu » informe et sensibilise :

– L’Autre « lieu » élabore des campagnes de sensibilisation et constitue un lieu de ressources sur la folie et ses enjeux de société.

L’Autre « lieu » construit avec ses membres des espaces de recherche et d’action citoyenne : ateliers / activités / laboratoires.

Adresse : 5 rue de la Clé à Bruxelles.

Histoire de la folie à l’âge classique [Michel Foucault]

Le livre Histoire de la folie à l’âge classique est tiré de la thèse du philosophe Michel Foucault, soutenue en mai 1961 sous le titre Folie et déraison.

Ce livre de Foucault est une minutieuse évocation du partage de la raison et de la déraison. Les matériaux de l’enquête sont empruntés à la littérature, à l’art, à la philosophie, mais aussi à l’histoire des institutions et des pratiques de la vie quotidienne. Il commence à l’époque médiévale humaniste de la folie pour arriver à nos jours où la folie se confine dans l’exclusion et l’aliénation.

Première partie

Chapitre I – Stultifera navis
Chapitre II – Le grand renfermement
Chapitre III – Le monde correctionnaire
Chapitre IV – Expériences de la folie
Chapitre V – Les insensés

13
56
92
124
150

Deuxième partie

Introduction
Chapitre I – Le fou au jardin des espèces
Chapitre II – La transcendance du délire
Chapitre III – Figures de la folie
Chapitre IV – Médecins et malades

181
193
226
269
316

Troisième partie

Introduction
Chapitre I – La grande peur
Chapitre II – Le nouveau partage
Chapitre III – Du bon usage de la liberté
Chapitre IV – Naissance de l’asile
Chapitre V – Le cercle anthropologique

363
373
401
440
483
531

Le Manuel de Sevrage des Psychotropes

Il est facile de prescrire ou de prendre un antidépresseur, un anxiolytique, un somnifère ou un neuroleptique, mais il est beaucoup plus compliqué d’en réguler la consommation ou d’en gérer l’arrêt.

Vous souhaitez reprendre en main votre consommation de médicaments psychotropes, celle d’un de vos patients ou celle d’un de vos proches ?

Le Manuel de Sevrage des Psychotropes vous permettra d’y parvenir en vous fournissant une information claire, compréhensible et accessible concernant le fonctionnement des médicaments psychiatriques, leurs propriétés spécifiques et leurs effets indésirables.

Les méthodes et les protocoles proposés dans le manuel sont soutenus par des études scientifiques et des expériences de sevrages réussis. De plus, les techniques de diminution y sont expliquées en des termes clairs, simples et précis, ce qui permet de facilement et rapidement mettre en place un plan de sevrage pour celui qui désire réduire ou arrêter sa consommation de médicaments psychotropes.

https://www.lulu.com/content/livre-%C3%A0-couverture-souple/le-manuel-de-sevrage-des-psychotropes/23178435?page=1&pageSize=4

Le langage de la folie [David Cooper]

David Cooper (1931-1986) est un psychiatre sud-africain, inventeur du terme antipsychiatrie, qui ressemble plus à une non-psychiatrie.

« La folie dont je veux parler est la folie qui est plus ou moins présente en chacun de nous, et pas seulement la folie qui reçoit un baptême psychiatrique…

Donc, quand j’utilise ici le mot « fou », je ne fais pas référence à une race spéciale d’individus : le fou en moi s’adresse au fou en vous dans l’espoir que le premier fou parle suffisamment clair et fort pour que le second l’entende.

La folie est un mouvement vers l’autonomie : voilà quel est le « danger » réel de la folie et la raison de sa violente répression.

Agir politiquement signifie simplement récupérer ce qui nous a été volé, à commencer par la conscience de notre oppression au sein du système capitaliste.

La folie est la révolution permanente dans la vie d’une personne. Tout délire est une déclaration politique. »

David Cooper

Le mythe de l’antipsychiatrie [Giovanni Jervis]

Giovanni Jervis (1933-2009) est un psychiatre italien contemporain de Franco Basaglia (qui a fait fermer les hôpitaux psychiatriques en Italie).

Dans Le mythe de l’antipsychiatrie, Jervis propose une étude clairvoyante sur la folie qui ne se résume pas à l’opposition entre une psychiatrie biologique et une antipsychiatrie sociale.

Le texte s’accompagne d’une réponse de David Cooper, psychiatre sud-africain qui a inventé le terme d’antipsychiatrie qui ressemble plus à une non-psychiatrie.

“Par nos propres moyens” [Judi Chamberlin]

Alternatives au système psychiatrique contrôlées par les patients.

Traduction d’Antonin Cortot du livre : On Our Own: Patient-Controlled Alternatives to the Mental Health System (1978).

Judi Chamberlin (1944-2010) était une militante américaine du mouvement des survivants de la psychiatrie. Son activisme politique était le fruit de sa révolte contre l’institution psychiatrique, à la suite d’une hospitalisation contrainte dans un établissement psychiatrique dans les années 1960.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Judi_Chamberlin

Rencontre avec Hélo, auteure de « Barge »

« Barge, c’est l’occasion de revenir sur dix années de cheminement entre folie et psychiatrie, en offrant à lire tant les élans mysticopolitiques que les comptes rendus d’hospitalisation et les lettres de proches. L’idée est de donner un panorama aussi complet que possible de l’aventure jouissive et angoissante du délire, et de raconter mon parcours de rétablissement.

Barge en public, c’est rendre le texte autrement vivant et percutant, et offrir la possibilité à l’auditoire, après la lecture d’extraits par l’auteure, d’échanger autour des questions que la folie nous pose, et de s’interroger sur nos manières d’y répondre mieux ensemble. »

https://centre-ressource-rehabilitation.org/video-rencontre-d-heloise-koening-autour-du-livre-barge

Le speech d’Héloïse pour Konbini :

Rendez-vous ici pour acheter Barge en ligne.

Envie de plus d’infos, d’être tenu.e au courant ou de le diffuser?

barge (at) riseup.net

Extraits du livre :

« Je suis un monstre qui vous parle », Paul B. Preciado

En novembre 2019, Paul Preciado s’exprime devant 3500 psychanalystes lors des journées internationales de l’Ecole de la Cause Freudienne à Paris. Devant la profession qui l’a diagnostiqué « malade mental » et « dysphorique du genre », il s’appuie sur Kafka et son Rapport pour une académie, dans lequel un singe parlant discourt devant une assemblée de scientifiques. Loin de toute émancipation, le singe parlant de Kafka explique que son apprentissage du langage ne fut qu’un passage d’une cage à une autre  : des barreaux de fer à la subjectivité humaine.

Depuis sa cage de «  mutant  », il ne s’agit pas pour Preciado de parler de l’homophobie ou la transphobie des pères fondateurs de la psychanalyse, mais de montrer la complicité de celle-ci avec une idéologie de la différence sexuelle datant de l’ère coloniale, aujourd’hui rendue obsolète par les moyens dont nous disposons pour influer sur nos corps et notre façon de procréer.

Surtout, le philosophe lance un appel à la transformation des discours et des pratiques psychologiques et psychanalytiques  : dans les années à venir, nous devrons élaborer collectivement une épistémologie capable de rendre compte de la multiplicité des vivants, sans réduire le corps à sa force reproductive hétérosexuelle, et qui ne légitime pas la violence hétéro-patriarcale et coloniale.

La conférence provoque un séisme dans l’auditoire et depuis les associations psychanalytiques se déchirent. Filmé par des smartphones, le discours est mis en ligne et des fragments sont retranscrits, traduits et publiés sur internet sans souci d’exactitude. Afin d’élargir le débat, il importait de publier ce texte dans son intégralité.

https://www.grasset.fr/livres/je-suis-un-monstre-qui-vous-parle-9782246825562#
je suis un monstre qui vous parle preciado