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L’enfermement en hôpital psy

Merci à Alexia Laroche Joubert, productrice de Fort Boyard, et à France 2 d’avoir ouvert la boîte de Pandore.

« Pour avoir vécu l’enfermement, l’isolement et même la contention,
Je pense être en mesure de dire
Que ce n’est pas un sujet qu’il faut porter en dérision.

Je ne regarde pas souvent l’émission,
Mais, habitant Luçon (Vendée), pas très loin de Fort Boyard,
J’ai déjà fait une croisière au départ de la Rochelle.
Je n’ai pas vu Olivier MINNE,
Et encore moins le Père Fouras,
Mais je suis sûre d’une chose, aujourd’hui :

Il faudrait tout simplement éteindre votre écran
Au moment de l’épreuve de la cellule capitonnée !

Visionner cette monstruosité,
C’est cautionner l’idée
Que l’on peut se permettre de jouer
Avec un sujet si grave !

L’isolement c’est loin d’être hilarant
Alors, si vous riez de ces épreuves
Mises en scène par un jeu télévisé
Sachez que vous êtes outrageants !

Qu’un véritable enfermement
Vous inciterait peut être à réfléchir
À la bêtise de vos occupations !

Si France 2 est une chaîne télévisée
Qui prétend respecter l’humain dans sa globalité,

Elle se doit de retirer de ses programmes
Ce jeu qui vire au drame ! »

Si je devais m’exprimer sur le sujet, je dirais ceci :

Je n’ai commis aucun crime, je ne suis pas agoraphobe et pourtant…
J’ai vécu l’enfermement, et même l’isolement !

Cinq jours durant, j’ai vécu l’isolement.
La psychiatrie, l’enfermement !
C’était en mai 2007,
C’était vraiment pas la fête !

Une crise aigüe, un délire inattendu.
Je souffrais déjà de ma schizophrénie,
Mais je ne me soignais plus !

Un jour, alors que ma fille allait souffler sa première bougie,
J’ai dû être hospitalisée de force, en HDT.
Il n’y avait pas d’autre issue, mon mari avait signé !

La violence de l’épisode aux urgences restera en moi, gravée !
C’est à un brancard qu’on a dû m’attacher !
Ils devaient être sept ou huit infirmiers,
Je me suis débattue, j’ai même frappé !

Mes forces étaient décuplées, le bras de mon époux a même été marqué
Il tenait notre fille dans ses bras, et je ne voulais pas les lâcher !
Lorsque j’ai dû céder et me résigner, j’ai été transférée dans l’ambulance des urgences,
En route pour la Roche-sur-Yon, les sirènes du véhicule rythmant la cadence…

Et puis, je crois que l’on ne m’a rien expliqué,
Je me souviens juste que j’ai été détachée,
J’ai marché jusqu’à la porte d’entrée,
De cet hôpital tant redouté !

Je me revois, errante, n’ayant personne pour me rassurer.
J’attendais mon mari, il devait suivre l’ambulance…

Perdue dans ce lieu trop effrayant
J’ai encore dû avoir peur des « blouses blanches »
Et, à nouveau, j’ai frappé, je voulais mon enfant,
Je voulais mon mari, je voulais quitter ce lieu en urgence !

Ils furent encore nombreux pour me maîtriser et m’attacher
M’attacher au lit et m’injecter leur produit !

Cependant, j’ai enfin pu dormir,
J’ai dormi sans répit 3 jours durant…
Jusqu’à mon réveil, je ne savais pas que j’étais en isolement
J’ai dû faire encore 2 jours, mais là sans dormir !

Le jour du premier anniversaire de mon unique enfant,
J’étais entre ces 4 murs, à imaginer sa journée
J’aurais tant aimé être à ses côtés !

Et puis, il y a eu un face à face avec moi-même,
J’avais un peu repris mes esprits,
Mais je n’ai toujours pas compris,
Certains principes de l’isolement, quand même !

C’est lorsque j’ai eu besoin de me rendre aux WC,
Que j’ai vraiment été indignée !
Pas de sanitaires et personne pour m’ouvrir cette maudite porte blindée,
C’est dans une poubelle que j’ai dû me soulager !

Désolée pour cette scène peu poétique mais même en prose, c’aurait pas été glamour !
L’enfermement, l’isolement, c’est déjà pas fantastique,
Mais faire vivre ça à une jeune femme, c’est vraiment pathétique !

Alors oui, j’veux bien croire que, médicalement, l’enfermement s’explique
Ils ont probablement raison de choisir cette option lorsque c’est nécessaire,
Cependant, il faudrait mettre des mots, expliquer au patient,
Pourquoi et comment va se dérouler ce moment…

Car on n’oublie jamais vraiment,
Ça reste gravé, bien longtemps !

Françoise ETIENNE, le 21 avril 2017

Présidente de l’Association Schiz’osent écrire

« Asile » : une épreuve de folie à Fort Boyard

Profondément troublés par cette épreuve de Fort Boyard, nous aimerions vous proposer une réflexion sur la stigmatisation.

En passant la porte d’entrée du Boyard Psychiatric Hospital, le candidat se retrouve dans un sas, où Passe-Muraille lui enfile une camisole de force. Sur le vêtement sont accrochées plusieurs petites balles blanches et rouges.

Après cette étape, le candidat se positionne sur une porte à bascule automatique, qui l’envoie directement dans une salle capitonnée fortement éclairée, avec uniquement de caméras de surveillance. Cette action provoque la libération de la clé dans le sas d’entrée.

Pour ressortir de la salle capitonnée et récupérer la clé dans la première partie de la cellule, le candidat doit se secouer, se contorsionner et se frotter contre les murs, afin de décrocher (sans les mains évidemment) les 4 balles rouges présentes sur sa camisole

Lorsqu’il y parvient, il doit saisir avec la bouche, chacune des balles rouges tombées au sol, afin de les placer dans les tuyaux répartis à différents endroits de la cellule.

Mais dans cette salle capitonnée sans porte de sortie, les candidats deviennent fous rapidement ! Pour compliquer la tâche, l’ensemble la cellule tourne sur elle-même. Le candidat se retrouve à marcher sur les murs ou au plafond !

La pratique de l’isolement et la contention

Des candidats enfermés dans une cellule capitonnée avec une camisole de force, voici la nouvelle épreuve du jeu télévisé Fort Boyard.

Première réaction du gamin devant sa télé : « ça se passe comme ça à l’Hôpital Psychiatrique ? ».

Pour aider les parents à répondre à cette question, voici quelques clés de lecture :

  • L’asile comme lieu d’enfermement arbitraire, la chambre capitonnée et la camisole sont révolus mais les pratiques d’isolement (enfermement dans une chambre prévue à cet effet) et de contention (le fait d’attacher et sangler une personne) sont courantes et réglementées en France, souvent considérées comme nécessaires en cas de crise.
  • La psychiatrie d’aujourd’hui préfère parler de chambre de soins intensifs. Il s’agit à priori de désamorcer des situations extrêmes où l’interaction avec le personnel et les autres personnes hospitalisées peut être dangereuse. Une crise psychique peut s’accompagner d’une certaine agressivité envers les autres et envers soi-même d’où l’idée ancienne de capitonner les chambres pour éviter que la personne ne se blesse d’elle-même.
  • Que ressent-on dans ces situations-là ? L’isolement est une expérience très traumatisante bien qu’elle soit considérée comme une mesure thérapeutique de dernier recours. Elle peut être vécue comme une torture, surtout quand on ne vous explique pas les raisons de votre enfermement et qu’on vous laisse seul avec vous-même et votre angoisse.
  • Peut-on faire autrement ? L’hôpital psychiatrique en tant que lieu de soin se doit d’accueillir dignement toute personne en grande souffrance dans le respect de ses droits. Or, la pratique de l’isolement, justifiée par des situations d’urgence, pourrait être évitée si on s’en donnait les moyens. On peut prévenir la crise et les situations de violence, parfois quelques mots ou une présence attentive permettent d’éviter le recours à de telles pratiques.
  • Pourquoi n’abolit-on pas la contention et l’isolement en France ? Il faut du temps pour changer les pratiques et les mentalités mais aussi beaucoup d’implication et une volonté politique. C’est d’autant plus difficile dans la situation actuelle de la psychiatrie, avec le manque de moyens humains et de formation au soin relationnel, où les soignants sont condamnés à devenir des surveillants plutôt que des accompagnants.

Aujourd’hui en France, près de 100000 personnes sont internées chaque année sans leur consentement en hôpital psychiatrique. Lieu de refuge et d’asile au sens noble du terme, l’hôpital alimente aussi les pires fantasmes de la société, personne n’a envie de finir chez les fous.

Il faut savoir que la psychiatrie concerne 2 millions de personnes en France et que 80% des personnes sont soignées au plus près de leur domicile et ne sont jamais hospitalisées.

L’hospitalisation en psychiatrie reste une épreuve traumatisante dont il est difficile de se relever, notamment du fait de la stigmatisation et du regards des autres.

A travers Comme des fous, nous souhaitons interroger le regard qu’on porte sur la folie et les représentations que véhiculent les médias.

On peut s’amuser comme des fous devant cette séquence tant qu’on n’oublie pas que ce jeu peut être blessant pour les personnes qui ont été confrontées réellement à cette même situation sous prétexte qu’elles étaient folles. De plus, cela peut participer à stigmatiser les pratiques soignantes et à éloigner du soin les personnes en grande difficulté qui auraient peur de se voir infliger un tel traitement.

Mais peut-être aussi que les candidats pourront témoigner de leur ressenti après cette folle épreuve et qu’ils nous diront ce que ça fait d’être mis dans la peau d’un fou.

Ecouter la séquence du 28 juin 2017 sur radio Vivre FM.

Si vous souhaitez signaler l’émission au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), la séquence a déjà été diffusée dans l’émission Fort Boyard du 24 juin 2017 à 21H sur France 2.

 

Si vous souhaitez demander le retrait de l’épreuve, vous pouvez également signer la pétition:

Le son de la semaine : « Qui veut gagner des cachetons? »

Découvrez la création sonore originale de Radio Caméléon de Nantes primée au Festival « Sans Œillère, on s’entend mieux » 2017 de Bruges sur le handicap psychique et l’utilisation des médias dans la lutte contre les préjugés.

Témoignage au Ministère de la Santé sur la contrainte en psychiatrie

Visionnez le témoignage de Joan lors de la journée de réflexion organisée par le Centre collaborateur OMS pour la recherche et la formation en santé mentale (CCOMS) intitulée « Contrainte et liberté en psychiatrie : des expériences, des résultats » du 14 mars 2017.

Vous autres – épisode 4

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Episode 4

Le repas s’était terminé en silence, l’histoire de cet homme m’avait renvoyé à mes propres échecs. Il
en allait de même pour cette pauvre femme dont j’ignorais le nom. Mais au fond, ici, nous n’avions
plus réellement de nom ni même d’identité. A quoi bon demander un état civil que l’on nous avait
tacitement retiré.

Après tout ça, je m’étais dirigé vers les machines à café. Une file incommensurable
de gens se tenait entre la machine et moi. J’hésitais entre patienter là vingt minutes et revenir plus
tard. Le temps que je pose ces quelques questions, apparu le reporter de guerre. Toujours aussi
déconfit. Peut-être même encore un peu plus du fait de ces aveux que je lui avais bien
involontairement soutirés. Je me sentais un peu mal à l’aise de l’avoir mis dans cette situation et
indirectement cet état. Il ne me voyait pas. Il errait plus qu’il se dirigeait vers les machines. Voulant
rattraper le coup, je me dirigeais vers lui.

Vous venez prendre un café ? Lui demandais-je avec une fausse innocence.
Oui, mais j’en ai dans ma chambre. C’est de la chicorée avec l’eau tiède, mais bon. Il ne faut
pas attendre une demi-heure pour l’avoir. Tu veux venir en prendre une avec moi ? Me
répondit-il.
Oui, ok. Merci. Lui répondis-je assez content de ne pas avoir à me contraindre à cette attente
dans ce couloir glauque avec ces patients qui pour certains sentaient une drôle d’odeur,
mélange de crasse et de transpiration médicamenteuse.
Je suis au troisième secteur. Et toi ? Me dit-il d’un ton morne.
Moi aussi. On doit être voisin. Répondis-je en tentant de mettre un peu de joie dans mon
propos banalement évident.

Il ne me répondit pas et commença à se diriger vers les escaliers. Je lui emboîtais le pas. J’avais peut-
être trouvé quelqu’un pour m’assurer mon minimum vital en café et en clopes… Dans l’attente d’une
réponse de mon frère, c’était devenu un besoin critique pour moi. Mon frère répondait de plus en plus
tard à mes appels. A la première hospitalisation, il était là le lendemain de mon arrivée. A la deuxième,
il était venu trois jours plus tard. A présent, il venait quand il n’avait vraiment que ça à faire. Enfin, c’est
ce qu’il me semblait.

Alors oui, il avait un travail. Mais pas si prenant que ça. Pas de famille, il était plus
jeune que moi et ne parvenait pas à se fixer. Il avait trente et un ans maintenant. Mais j’avais bien le
sentiment que comme moi, il finirait ses jours seuls. Notre génération était un peu maudite à cet égard.
Il me semblait que plus personne ne voulait s’embarrasser des problèmes des autres dans une relation.
Et en fait, moi, j’avais mon problème d’être un peu fou. Et mon frère, depuis la mort de nos parents, il
m’avait moi comme problème. Aucune fille n’acceptait ce type de casseroles en 2017…

Le reporter de guerre entrait dans sa chambre. Je l’avais suivi.

Vas-y installe toi. Me dit-il.

Je m’asseyais alors sur son lit. Il ouvrait son armoire à verrou, la même que la mienne. Il sortit un pot
de chicorée soluble. Tout le monde buvait de la chicorée ici. Le café ça énerve et avec l’enfermement
ça peut rendre barjo ou faire faire des conneries. Ça empêche de dormir pour oublier ou fuir aussi. Il
avait des gobelets en plastique récupérés de la machine à café du rez-de-chaussée. Il en prit deux et
mis au fond quelques cuillères de chicorée. Puis, il se dirigea vers la salle de bain où il remplit les
gobelets d’eau chaude ou plutôt un peu plus que tiède.

Tu veux un sucre ? Me lança-t-il sans me regarder.
Non, non, ça va merci. Répondis-je.
Moi non plus. Tant mieux, déjà que je suis gros maintenant…. C’est ces médicaments, ça me
rend obèse, je commence à en avoir ma claque. Même si je retourne au journal, ils ne me
reconnaîtront même pas mes collègues…

 

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Présentation du COFOR à Marseille

Revivez la présentation du Centre de Formation au Rétablissement CoFor de Marseille du 14 juin aux soirées de l’association Solidarité Réhabilitation par Yves Bancelin, Caroline Gianninazzi et Anakin Pochon.

Vous autres – épisode 3

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Episode 3

Le réfectoire ouvrait, chacun entrait à petits pas, dans une file désordonnée mais calme. Seul un jeune
homme criait, il devait être autiste… J’entrais à mon tour et devant le spectacle de ces hommes et de
ces femmes, hagards pour certains, excités pour d’autres, je m’installais à une table de personnes
calmes. Là où se trouvaient ceux qui discutaient devant tout à l’heure. Je n’entamais pas tout de suite
la conversation, les écoutait pour savoir un peu avant à qui j’avais affaire. La femme était petite et très
ronde, assez propre. L’homme lui était rond lui aussi mais plus grand, bien plus grand. Blond aux
cheveux courts mais trop longs, il était quant à lui un peu sale mais semblait avoir toute sa tête. Ils
parlaient peu, échangeaient des banalités. Cette femme devait avoir au moins cinquante ans, lui un
peu moins. Elle me semblait être une de ces éternels patients psychiatrisés jusqu’au bout des ongles.
Elle avait dû connaitre plusieurs hôpitaux de jours, SAVS etc. Et elle avait sûrement vu passer sous ses
yeux plusieurs générations de psychiatres, de médicaments, une véritable anthologie vivante de la
psychiatrie française…

C’est Snarkovski qui a été élu ! Cria un type au fond de la salle en enlevant sa casquette Sergio
Tacchini et en la baissant en signe d’adoubement.
Y en a qui ne vont vraiment pas bien. Dit l’homme à côté de moi à la femme psychiatrisée.
Oui, c’est normal. Répondit-elle, en se replongeant dans son assiette de crudités. Mais c’est
Sarkozy par Snarkovski, et puis ça fait longtemps qu’il est plus président…
Je n’étais pas en France quand il a été élu. Dit l’homme. J’étais encore en Afghanistan…
Vous étiez militaire ? Lui demandais-je alors pour entamer la conversation et en savoir plus,
car finalement il m’intriguait avec sa dernière phrase.
Non, journaliste. Reporter de guerre. Me dit-il. C’est pour ça que je suis là. Puis, il baissa la tête
dans un mouvement un peu honteux mais surtout triste.
Ah ! Fit la femme. Moi, je n’ai pas travaillé. Presque jamais…

Les cantines du plat arrivèrent coupant court à cette conversation qui m’étonnait par sa normalité.
Même si chacun n’avait parlé que de soi, comme d’habitude, on aurait pu voir cet échange à l’extérieur
et ça m’avait fait du bien un peu de cohérence dans ce monde de folie exacerbée. Ils n’avaient parlé
que d’eux sans échanger vraiment, mais c’était logique. Il me semble que lorsque l’on est trop aux
prises avec sa souffrance intérieure et personnelle, rien ne peut réellement nous en faire sortir.
Comme si une bulle de malheur s’était formée autour de soi et que plus rien ne pouvait entrer ou
réellement sortir.

Vous faisiez un reportage en Afghanistan ? Demandais-je pour relancer une conversation.
Oui. Je l’ai fini. On l’a ramené au journal. Je faisais les photographies. J’en ai fait beaucoup des
conflits. Mais celui-là, il a eu raison de mon esprit. J’arrive plus à retourner sur le terrain, où
que ce soit. Stress post-traumatique, il parait. Moi, il me parait plus grand-chose, à part que
j’en rêve la nuit des morts, des enfants blessés, du sang sur la terre sèche et chaude. Délire de
persécution aussi ils ont dit ! Comme si c’était du délire de voir que ça peut arriver la guerre
ici aussi. Mais bon, la psychiatre est gentille, elle ne comprend rien mais elle est gentille.

Ne sachant trop que répondre à tout ça, je me tus. Finalement, ma petite psychose me paraissait bien
légère tout à coup… Indécente aussi à lui exposer face à sa tristesse. J’étais plus fou que lui, et j’en
avais bien moins de raisons. J’eu honte et me tus. La femme me prit mon assiette pour la ramener au
comptoir où il fallait les déposer. Le fromage et les desserts insipides arrivaient. Je mangeais avec aussi
la honte d’être là, impuissant, inactif, et goinfre… L’homme ne disait plus rien. La femme non plus. Il
me semblait qu’elle, ne ressentait pas la même chose que moi bien qu’étant dans le même cas. Elle,
elle s’était mise hors de la discussion. Elle avait arrêté d’écouter pour se préserver, se mettant hors du
jeu de la vie, elle ne souffrait plus la comparaison.

 

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« Dans ma tête », Jazzy Bazz

« Dans ma tête » de Jazzy Bazz intègre la playlist musicale de Comme de fous.

Les paroles de Dans ma tête de Jazzy Bazz:

[Couplet 1]
Hey yo, mes pensées fusent
Je suis en danger quand c’est le grand déluge
Ma tête est dans les nuages, je suis dérangé mais je m’en excuse
Je dois dépenser plus d’énergie, yo, je réfléchis
Mon esprit rétrécit et j’écris des récits de dépressifs
Y’a plus d’éclaircie dans mon cerveau, c’est mort
Je suis névrosé, forcer le dé pour quand le réseau déborde
Un très gros désordre
Les ténèbres veulent contrôler mon intellect
Donc je peux décomposer le con qui compromet mes intérêts
Je pète un boulon, tu le vois dans mes brouillons, couillon
C’est le bouillon, douillons tous les bouffons
Nous découpons quand nous foulons le goudron
J’ai dans mes poumons herbe et hasch, je suis infesté de crasse
Messieurs, mon précieux est dans les cieux
J’ai les yeux vers les astres, sérieux
Laissez place, je dois sortir de l’ombre, ouais, sans rougir de honte
Je veux conquérir le monde et rire quand l’avenir se montre
Vivre est une infime seconde et la Terre est une particule
Les averses ou la canicule en fonction de la latitude
Je suis amer lorsque j’articule, mes sentiments sont souvent tristes
En grandissant, j’ai eu vue sur la luxure et la gourmandise
Le futur est une lourde hantise, dans ma tête c’est satanique
Si j’analyse mes cent facettes, je vois transparaître un cataclysme
Je suis dans une dimension parallèle quand le démon apparaît
Ma tension est démentielle comme si je me bagarrais
Je suis devenu taré comme un schizophrène
Ou un camé gavé d’un kilomètre de dragées hallucinogènes

[Refrain]
Y’a des gens qui parlent dans ma tête
Y’a des gens qui parlent dans ma tête
Des gens qui parlent dans ma tête
Tant de spirales envisageant ma perte
Y’a des gens qui parlent dans ma tête
Y’a des gens qui parlent dans ma tête
Des gens qui parlent dans ma tête
Tant de spirales ambivalentes
M’embrigadant, m’envisageant ma perte

[Couplet 2]
Ma folie évolue dans la cohue bien connue de nos rues
Voyez comme le promu est résolu à donner du volume
Atomiser l’ONU et ses obus d’une époque révolue
J’atrophie les faux culs qui voient
Qu’aucune de nos plumes sont communes
Je peux être un malade qui t’arrache la gorge
Ou un savant, je suis cloîtré dans un capharnaüm
J’écris de longues partitions mais suis-je en bonne compagnie ?
Dans mon crâne c’est un combat
Car ma tronche est pleine de contradictions
L’amour ou la haine, le bien ou le mal
La guerre ou la paix, dans ma tête c’est Jérusalem
Je tiens ou je craque comme celui qui, sous le trac
Braque puis détient tout le sac
Petit, on lui disait:  » Taffe et tu obtiendras le bac « 
Pas:  » Tu deviendras ce barjot qui aime bien trop se battre « 
Mais faut bien que t’en fasses trop
Mec, je connais cet état de choc
Quand tu prends du recule sur ta vie et que ton regard se bloque
Dans ma tête, je vois des bons amis, des renards me mordent, gars
Une merde qui te contamine quand, tard le soir, tu ne dors pas
Une course d’obstacle, mon moral est négatif
Ai-je besoin d’une thérapie ou d’éradiquer le chauve, là ?
Ouais, j’ai pété un câble…
Comme un putain de pasteur en train d’baiser une trainée infâme

[Refrain]
Y’a des gens qui parlent dans ma tête
Y’a des gens qui parlent dans ma tête
Des gens qui parlent dans ma tête
Tant de spirales envisageant ma perte
Y’a des gens qui parlent dans ma tête
Y’a des gens qui parlent dans ma tête
Des gens qui parlent dans ma tête
Tant de spirales ambivalentes
M’embrigadant, m’envisageant ma perte

[Outro]
Des gens qui parlent dans ma tête…
Tant de spirales ambivalentes m’embrigadant, m’envisageant…

La peur de l’insignifiance nous rend fous, Carlo Strenger

« C’est, selon la pensée existentialiste, en façonnant les contraintes et les tragédies de nos identités, en les transcendant d’une façon aussi pleine et créative que possible que nous trouvons notre liberté et le sentiment de mener une vie signifiante. »

carlo strenger
Carlo Strenger