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Vous autres – épisode 2

Embarquez chaque vendredi avec Agathe pour le feuilleton : « Vous autres ».

agathe martin

Vous avez manqué le premier épisode?

Episode 2

C’était la cinquième fois que j’entrais dans ces lieux inhospitaliers, clos et sales. Il devait maintenant être 11 heures du matin. Du moins, c’était ce qu’indiquait l’horloge quasiment illisible parce que trop noire de poussière de ce hall d’entrée. J’attendais là, qu’on m’emmène à ma chambre. Puis, il y aurait le repas. Puis, il y aurait l’attente de la pause cigarette. Puis, il y aurait la pause cigarette dans le « jardin ». Puis, il y aurait encore l’attente, mais l’attente de plus rien, celle qui dure tellement longtemps qu’on ne sait plus à quoi elle mène. Peut-être à rien finalement, car ce n’est plus de l’attente en fait. C’est devenu de la lassitude, de l’ennui profond. Continuer la lecture de « Vous autres – épisode 2 »

Portrait d’Alex

Comme Alex, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

« J’aimerais vous faire découvrir la page http://des-liens.com/« 

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Ce qui m’inspire le plus aujourd’hui est de nourrir les liens : amicaux, familiaux, affectifs… Le relationnel étant tellement essentiel au coeur de ma vie. J’ajouterais d’autant plus aujourd’hui dans tant de climat d’hostilité sociétale…

Des mots clés leitmotiv reviennent dans tant de médias et participent à nos stress : « burn out », « charge mentale », « terrorisme », « homophobie », « racisme » « précarité », « attentat »… « crise »… etc… aussi oui j’aspire à plus de sérénité, j’aspire à préserver un socle de valeurs humaines simples​: le respect, le partage, l’intelligence du coeur, le bon sens, la tolérance…

Le moteur de ces valeurs, entre autre, réside dans les liens… Dans l’ouverture à autrui, dans l’accueil de ce qui nous différencie pour plus de richesse humaines… Je ne navigue pas entre sinistrose ou utopie, juste vers plus d’apaisement et d’espoir de solidarité, au sujet de la question du regard à poser sur ce et ceux qui nous entourent…

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

J’ai la chance d’exercer une profession qui correspond à « qui je suis » même si les conditions de travail s’avèrent être de plus en plus difficiles…

Je suis infirmière de secteur psychiatrique, je travaille auprès de jeunes adultes qui vivent de part leur difficultés psychiques « une panne » (arrêt des études, isolement social, …)

J’aime ce métier où il s’agit de rencontrer l’individu et le reconnecter en équipe pluridisciplinaire à ses ressources, à ses possibles… Aider nos jeunes patients à s’adapter avec leur trouble et les aider à ne pas s’identifier à leur trouble… Se reconstruire vers un projet de vie. Sortir de la confusion: une vulnérabilité, une fragilité de santé nécessite un remaniement conséquent pour mener sa vie, mais n’empêche pas toute construction…

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Il me semble qu’une urgence se manifeste : lutter contre les stigmates qu’à lui seul le mot « psychiatrie » renvoie…

Sortir de l’idée de la violence et peurs sous-jacentes que l’on peut y attribuer…

La santé mentale nous concerne tous, chacun peut être amené à consulter au cours de sa vie… Revenir à plus d’humilité…

Il s’agirait donc de réfléchir individuellement à ses paroles et comportements… mais pas uniquement… Il s’agirait aussi d’avoir les moyens du côté des structures de soin pour travailler plus encore la prévention, l’information, lutter contre les préjugés et idées reçues…ce qui génère les fantasmes effrayants et stigmatisants étant ce que l’on ne sait pas ce que l’on méconnaît.

Car je vous assure que cela impacte très fort nos patients… Nombreux sont ceux qui en plus de supporter leur fragilité, ressentent également un sentiment de honte du fait de devoir être en soin psy… ce sentiment va à l’encontre de la bienveillance des soins car le sentiment de honte isole…

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Que peut-on tirer de positif de la folie ?

Je vous avouerai que le mot « folie » à mes yeux est ennuyeux car justement porteur de stigmates…

Pour autant la « folie » apporte la créativité…

L’ouverture, la compassion, la bienveillance, le non jugement, la réflexion, la patience, l’écriture, le questionnement, la remise en question, du « grandir », le remaniement, de l’humanité, de l’humilité, de l’altérité….du sens de l’écoute, de l’accueil…. Et j’oublie forcément encore tout plein de choses…

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Devenir ministre de la santé mentale ?

Il parait qu’il ne faut jamais dire jamais… mais bon…

Au ministre de la santé mentale je demanderai à revenir à des logiques humaines dans la gestion des hôpitaux, dans la gestion des unités de soin. Et ainsi s’éloigner des logiques où nos patients ont été renommés « clients », où l’enjeu financier s’avère être ce qui prédomine…
Je demanderai la revalorisation du secteur professionnel psychiatrique pour une revalorisation du regard à poser sur toute personne souffrant de troubles psychiques…

Vous autres – épisode 1

Embarquez chaque vendredi avec Agathe pour le feuilleton : « Vous autres ».

agathe martin

Episode 1

J’étais arrivé là comme on arrive en prison. Assis sur un strapontin d’une camionnette de police. Il faut croire que j’avais insulté des agents de la « force publique ». Enfin, c’est ce qu’ils avaient dit à un moment. Tout ça était assez flou encore dans mon esprit. Le fourgon me bringuebalait de gauche à droite, ou de droite à gauche, je ne sais pas bien…

Je n’avais pas de menottes. J’étais assis dans le sens de la marche, avec deux policiers autour de moi qui me regardaient, qui me scrutaient pour détecter tout signe de débordement. Je regardais au sol, mes baskets décrépites je crois. Il y avait du soleil, beaucoup de soleil ce jour-là. Et moi, je regardais par terre. Je me sentais comme un condamné dans un camion de transfèrement, d’une cellule à l’autre. Continuer la lecture de « Vous autres – épisode 1 »

Portrait de Pedro Sanchau

Comme Pedro Sanchau, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Découvrez ses vidéos aussi instructives que rigolotes sur Youtube.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

EUH! c’est le vide total quand je pense à cette question!!

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

D’un côté, psychothérapeute en cabinet, je soigne et évite les problèmes aux gens et c’est sympa parce que ça change des vies et que c’est intellectuellement stimulant de comprendre les gens.

D’un autre côté formateur, et c’est sympa parce que ça aide des gens qui vont changer des vies et que les cours sont rigolos.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Je déplore autant de nullité de la prise en charge psychiatrique alors qu’il y a autant de choses géniales à proposer.

J’ai encore vu un autiste que l’on avait pas diagnostiqué à 15 ans, c’est pas normal. Et il y a plein d’histoires comme ça chaque semaine.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Je pourrais répondre à la question quand je saurai ce qu’est la folie!

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Mais tout à fait! Et je serais génial!

Mes premières mesures concerneraient la prévention et l’information sur la psychopathologie parce que quand on prend les problèmes au début, ça se règle bien plus vite.

Après, je changerais les référentiels de formation pour que les gens sortent plus compétents de leur formation.

#DisMaman c’est quoi un schizo?

On lance une campagne virale pour changer les regards sur la schizophrénie, sur une suggestion de l’association Schizo?…Oui! A vos partages!

schizo dédoublement

Continuer la lecture de « #DisMaman c’est quoi un schizo? »

Pamplemousse Power

pamplemousse power

Je voulais intituler cet article « Le pamplemousse m’a tué » mais je ne voulais pas affoler le cours du marché du pamplemousse et porter atteinte aux petits producteurs d’autant plus que je suis toujours en vie!

Folie et agrumes, en voilà un sujet! On connaissait radio Citron ou encore le film l’Orange Mécanique mais le pamplemousse n’est pas en reste, ni en zeste d’ailleurs!

Je découvre ce matin qu’il y aurait une longue liste de médicaments qui interagissent avec le pamplemousse allant jusqu’à causer la mort. Ce n’est pas le pamplemousse qui tue, c’est bien le médicament. Mais l’action des produits actifs du pamplemousse bloquent la métabolisation de certains médicaments. Du coup, comme le corps ne métabolise pas le produit médicamenteux, sa concentration augmente dans le sang jusqu’à en devenir toxique. Continuer la lecture de « Pamplemousse Power »

« Dépression » de Georgio

«Dépression » de Georgio intègre la playlist musicale de Comme des fous.

Les paroles de Dépression de Georgio :

La solitude est belle, tel un cheval au galop un soir de pleine lune
Oui, j’en suis accro… un peu comme à la thune
Bonheur artificiel, infidélités, plus que d’artifices
Tu veux pas qu’il te ramène du vice
Tu connais la chanson : « laisse pas traîner ton fils »
Les objectifs qui défilent, le sablier qui te dis : « va-t-en ! »
Une nuit, une fille, l’eau et le feu
Couchent ensemble dans des draps blancs
Des valises sous les yeux, pourtant les voyages qu’on entreprend
Ne sont que des vœux, des promesses, perdues à travers le temps

Quand mes nuits sont pâles, que j’ai les yeux flammes
Et le cœur embrasé, je repense à toi, à tes pensées et toi
Qui comptent trouver l’amour à chaque homme embrassé
J’ai mal, oh oui tu le sais que j’ai mal…
Que c’est plus l’amour, non, que c’est ma tête qui s’acharne

Dépression, dépression, dépression, dépression
Dépression, dépression, dépression, dépression
Le cerveau qui va exploser
Dépression, dépression, dépression, dépression
Je suis complètement névrosé
Dépression, dépression, dépression, dépression

Tu me détruis, je me détruis, oui, il en est ainsi
J’en suis devenu malade, j’idolâtre l’insomnie
J’ai pas l’impression d’être fou, non, ni l’impression d’être faible
Je cherche de quoi tenir debout, ouais, de quoi retenir mes rêves
Et pas à pas, il n’y plus que l’ombre de moi-même
De longues nuits à méditer, à marcher, à fuir la haine
Et l’odeur de tabac froid, à fuir ma culpabilité
Et mes frustrations, j’entends encore le bruit de ses ongles
Et une phobie plus marquante que le cul de la blonde
On se bat, contre vents et marées, et nos têtes explosent
À force de penser, on se noie dans l’écume de nos verres d’eau
J’ai mal à la terre, l’amour maternel
Dors le soir dans des cabarets, je me fais tout petit pour de vrai
Dîtes-moi comment changer les paramètres

Dépression, dépression, dépression, dépression
Dépression, dépression, dépression, dépression
Le cerveau qui va exploser
Dépression, dépression, dépression, dépression
Je suis complètement névrosé
Dépression, dépression, dépression, dépression

De la pluie qui tombe sur un ciré jaune
C’est beau c’est la mélancolie, ma chambre qui sent le fauve
Je pense à mes problèmes quand tous mes frères sont endormis
Impossible de mettre les voiles, je suis rattaché à ce que je déteste
J’avance doucement, les pieds dans la vase, l’âme en sang
Et j’tire sur les feux d’détresse, dis-moi, dis-moi, dis-moi
Comment faire des choix, selon ses peurs parfois ?
Permets-moi de t’avouer que j’ai le cœur rempli d’encre, de sang et de boue
Et que je suis rien, tu vois bien que moi je refuse d’être tatoué
Je veux pouvoir me retrouver nu
D’ailleurs je cherche à me retrouver
Et peut-être j’en suis qu’au début
En tout cas je chercherai à en crever
Je transporte des souvenirs et des regrets
Des images plein la tête, en manque de confort
Pareil à mes projets, me donne mal au gratte-ciel

Dépression, dépression, dépression, dépression
Dépression, dépression, dépression, dépression
Le cerveau qui va exploser
Dépression, dépression, dépression, dépression
Je suis complètement névrosé
Dépression, dépression, dépression, dépression

« Le témoignage » par Léa Kasse

témoignage léa kasse

Le docteur Baudrillard était assis en face de Rémi dans la petite salle de réunion au cinquième étage du pavillon C de l’hôpital. L’éclairage au néon donnait aux deux hommes un teint blafard. Rémi saisit son gobelet en plastique et avala une gorgée de café.
« C’est du jus de chaussette », dit-il en faisant la grimace. Baudrillard ne releva pas et poursuivit son monologue, ce jus de chaussette était depuis longtemps son pain quotidien. Rémi était fasciné par cet homme qu’il considérait comme le précurseur de la psychiatrie de demain. Une psychiatrie qui reconnaîtrait aux patients la capacité à apprivoiser leur maladie pour se réinsérer dans la société.

« Il nous faut des témoignages, déclara Baudrillard. – Des patients doivent venir raconter leur parcours pendant le forum ! La journée doit être ponctuée par des d’histoires poignantes qui prouvent à la communauté médicale que nous ne sommes pas des rêveurs ». Continuer la lecture de « « Le témoignage » par Léa Kasse »