Un architecte chez les fous

Tout comme la perception d’un espace construit ne peut se réduire aux dimensions métrées d’une pièce, le vécu de la folie ne peut se réduire à sa dimension pathologique.

C’est un peu comme si dans une phrase, on se concentrait uniquement sur les fautes d’orthographe sans s’attacher au sens, à la construction voire à la poésie des mots mis ensemble.

Vous pourrez toujours dire qu’un espace fait 3m par 3m, qu’il est bas sous-plafond, que les murs sont en pierre, vous ne saisirez jamais ainsi la perception que s’en fait une personne. De même, si on se limite à décrire la folie en termes de symptômes, d’hallucinations, on passe à côté de la perception du sujet habité par la folie.

D’ailleurs quand on entre dans une pièce, on a toujours conscience d’être à l’intérieur, qu’il y a un dedans et un dehors, on est rentré par quelque part, on a franchit le seuil d’une porte, on sait à peu près par où on est passé et où on est, on a une sorte de carte mentale.

L’espace physique est aussi un espace mental et symbolique. Certes les murs d’un espace ne bougent pas, mais on tourne autour, on le voit de loin, de près, on y rentre, on y monte, on reste un instant, on part, on revient. Prenons l’exemple de la tour Eiffel, c’est un repère dans la ville et une icône planétaire. Elle a une valeur esthétique, une logique structurelle ce n’est pas qu’un assemblage de ferraille.

Dans notre vie, on fréquente une multitude d’espaces qu’on investit mentalement, là où on travaille, nos lieux de loisirs et surtout là où on habite, son chez soi. Se sentir chez soi, c’est important, ça participe de notre équilibre, c’est donner une valeur au lieu, y mettre un peu de nous, ce n’est pas juste un toit sur la tête ou une appartenance nationale.

L’ancrage dans un lieu est important pour l’identité d’une personne et son équilibre mental. Quand on est déraciné, qu’on ne trouve pas sa place dans la société où on vit, on peut toujours dire à l’intéressé d’aller voir ailleurs mais le chemin le plus court c’est souvent la folie.

Partir loin, s’évader d’une réalité morose sans prendre l’avion, c’est ça la folie.

Quand on est habité par la folie, c’est le monde qui nous habite. Ce n’est pas un mouvement de l’intérieur vers l’extérieur mais l’inverse, le monde rentre en nous. Les filtres avec l’extérieur se dissolvent et on peut être envahi par des signes, par des voix, par des visions qui sont autant d’interprétations de notre cerveau du monde extérieur. Ces interprétations ne sont fausses que pour l’observateur extérieur mais ce n’est pas tellement à l’intérieur que ça se passe mais bien dans l’intéraction avec le monde extérieur. Il n’y a en fait plus d’intérieur, notre corps n’est plus, on est un pur esprit qui ne fait qu’un avec le monde.

On perçoit l’espace physique comme n’importe qui, les murs sont là, c’est juste notre corps qui a disparu.

Il faut donc redescendre sur Terre et rerentrer dans son corps qu’on n’a pourtant jamais quitté !

Pour vous faire redescendre, on a inventé les anti-psychotiques car comme ça se passe dans la tête, il faut arrêter la machine. Donc on vous bloque les émotions, les pensées voire l’énergie vitale à coup de médicaments qui sont en fait des tranquillisants.

C’est ainsi qu’on traite la folie aux urgences psychiatriques. Les médecins, pour vous protéger et protéger les autres, décident de vous sédater et de vous interner.

L’hôpital psychiatrique

L’hôpital occupe une place privilégiée dans l’image qu’on se fait de la folie. Personne ne veut finir chez les fous. C’est un lieu symbolique, c’est comme la prison, un lieu coupé du reste de la ville par de hauts murs austères. Ici, il y a bien un dedans et un dehors et une fois sorti on vous regarde autrement. Peut-être parce que vous savez, vous, ce qui se passe derrière les murs.

Vous l’aurez compris, pour faire tomber les représentations négatives sur la folie, il faut que l’hôpital cesse d’être un non-lieu, dont on préfère ignorer l’existence et ce qui s’y passe.

Moi, je me suis réveillé dans ce lieu après avoir été sédaté aux urgences. Je n’ai pas vu par où je suis rentré, je n’ai compris que j’étais à l’hôpital que lorsque ma mère m’a transmis ce petit dessin, je découvrais alors qu’on ne m’avait pas kidnappé, que j’étais à Soisy près de la Seine.

soisy sur seine

Je n’avais pas dit un mot depuis mon réveil, ils m’ont alors mis dans une chambre avec un lit et un seau et m’ont enfermé à double tour pendant deux jours je pense. Seul entre ces quatre murs, j’ai commencé à croire à une prise d’otage, on n’enferme pas les gens juste parce qu’ils sont fous.

Ils allaient me tuer alors j’hurlais mon nom de toute mes forces pour qu’on sache qui j’étais. Dans cette chambre d’isolement, je n’étais qu’un agité de plus, dans l’engrenage d’un soin psychiatrique pris dans ses propres logiques où le manque de moyens et de formation fait qu’au lieu de vous demander votre nom et de vous rassurer, on vous boucle entre quatre murs car les murs auraient une fonction contenante.

Les murs ne parlent pas, il n’y avait pas la charte du patient hospitalisé à lire, j’aurais aimé des mots, pas des murs, n’importe quel mot mais pas ce silence signifiant mort et abandon thérapeutique.

On m’a sorti de là quand j’ai découvert un magazine sous le matelas et que je me suis mis à découper des mots pour faire des phrases et à les passer sous la double-porte pour qu’on vienne m’aider.

Faire des phrases comme quand j’écris maintenant pour qu’on ne banalise pas cette souffrance. La souffrance n’était pas en moi, je n’étais plus moi, je souffrais le monde, ce monde qui m’avait enfermé sans raison apparente.

Je délirais pour un monde meilleur et voilà comment le vrai monde m’a répondu.

C’est triste, tout comme ce qui a suivi, la disparition des pensées du fait des médicaments, de toute capacité à réfléchir au point de ne plus pouvoir faire des phrases. On vous bloque toutes les pensées et les émotions, on ne les trie pas. On dit que si on arrête brutalement le traitement, les pensées incohérentes reviennent.

Je n’ai pas essayé par peur de retourner à l’hôpital. Ne pouvant plus m’exprimer, j’ai plongé dans le désespoir, mon corps est tombé malade, je ne ressentais plus rien et mon espace vital s’est rétréci au point de ne plus sortir du lit.

Soigner c’est redonner un espace à la folie, c’est permettre à une personne de se reconnecter avec son corps et avec le monde. L’enfermement et les médicaments ne soignent pas la folie, ce sont des outils au service d’un projet thérapeutique, à priori celui de redonner à la personne les rênes de sa vie.

La ségrégation spatiale des fous s’accompagne d’une ségrégation mentale. Changer les regards c’est aussi participer à faire tomber les murs.

Il ne s’agit pas de détruire les lieux de soins, il s’agit d’en ouvrir les portes, de décloisonner, de les rendre humains, de créer un espace capable d’accueillir un état de conscience altérée.

Accueillir la folie, c’est pouvoir rassurer, avoir une parole apaisante, être une présence, un repère. L’architecture, par son agencement et ses couleurs, ne saurait à elle seule assurer ce rôle.

Mais tout comme on pourrait être en droit de demander un personnel soignant de qualité, disponible et bien formé, on pourrait imaginer de nouveaux lieux, ouverts sur la ville, ayant une certaine qualité architecturale pour accueillir les personnes en crise ou en difficulté, non pas uniquement des lieux de consultations mais aussi des lieux où la vie reprendrait ses droits.

Portrait de Mamzelle Léa

Comme Mamzelle Léa, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

J’aspire à dire. Faire entendre la voix de ceux qui n’entrent pas dans les cases car il leur en manque une.

Je suis mère de famille, relaxologue, professeur de yoga, poétesse et pourtant je fais partie des Fragiles. De ceux qui n’ont jamais su être ce qu’on attend d’eux.

Je l’ai vécu longtemps comme une honte, une difformité. Aujourd’hui je sais que c’est fragilité fait partie de ce que je suis.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

J’aime mon métier de relaxologue qui me permet d’accompagner l’autre dans la recherche de sa sérénité physique et mentale.

Ce métier m’a permis d’avoir les outils pour être moi-même plus autonome dans ma vie et j’aime transmettre cela aux autres.

Mon activité de poète, elle, c’est ma part de résistance qui s’exprime. Il me donne le droit d’être et d’exister dans toutes les parts de ce que je suis.

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

Je n’ai qu’un poème pour exprimer cela :

Les fous, les fadas, les fêlées.
Les bouloches sur la norme.
Les résistants d’un monde aseptisé.
Les monstres, les difformes.

La psychiatrie nous éteint
Nous réprime, nous fait taire.
La poésie nous étreint
Nous sublime, nous enserre.
La médecine attend notre évolution
La poésie entend notre révolution.

Nos multiformes n’entrent pas dans les uniformes.
Nos masques,
Fantoches et délicieux.
Nos corps,
Fantômes et séditieux.
Nos hystéries mystérieuses,
Nos cris, nos silences,
Nos mesures désaccordées.
Nos proses arythmiques,
Nos désirs boulimiques.
Les mauvaises herbes,
Dans les fissures du bitume.
Celles qui germent,
Gênent,
Celles qui importunent.

Nous sommes la part d’ombre,
Et la lumière à la fois,
D’un monde qui tombe,
Dans le délire et la névrose.
Nous sommes les épines des roses,
Et les brumes moroses,
D’une société asservie,
Que si souvient en nous voyant,
De sa propre folie.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

Sans nulle doute une forme de liberté. Qu’on ne peut acquérir qu’en acceptant ce qu’on est.

Les épisodes de dépression font partie de ma vie… ils ont le mérite de m’obliger à transcender, à faire des choix de vie parfois originaux mais qui me correspondent.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Ouiiiii ! Préparez les bulletins de vote !

Il y a tellement de boulot sur le sujet. De la même manière qu’on crée des maisons de naissance à proximité des hôpitaux, on devrait être capables de gérer avec bienveillance, de façon médicale ou non, les questions de santé mentale. Mais c’est toute la société qu’il faudrait chambouler pour ca : la santé, les disparités sociales, les problématiques de territoires abandonnés.

Une publication que tu aimerais faire connaître ?

Je sors un recueil « Et les fêlures dorées » le 19 janvier 2023 et j’ai vraiment envie de mettre le sujet de la santé mentale sur la table et d’ouvrir le champ des possibles à l’Art comme moyen d’expression de la folie.

et les fêlures dorées

https://www.instagram.com/lea.cerveau/

Psychophobie : « Les fous sont dans la rue » de Marianne

Article de Lionel Belarbi paru sur PsychaMentale : https://psychamentale.fr/psychophobie-les-fous-sont-dans-la-rue/

« Encore de la stigmatisation à outrance, de la psychophobie, de la discrimination envers les personnes atteintes de maladie mentale. Soignez vos équipes de rédactrices et de rédacteurs Mme Natacha Polony, directrice de la rédaction de Marianne. Les fous, c’est vous ! Fou d’amour, fous du volant, fous de l’écriture, vous allez me rendre fou, mais pas criminel, certainement pas. Vous confondez criminel et personne en difficulté, c’est un coup bas, car vous avez de façon minable épuisée votre chargeur de balle pour atteindre les Arabes comme moi qui n’ont pas été expulsés dans leur pays d’origine et qui peuvent tuer, comme les Français de souche.

Je me présente, Lionel Belarbi, algérien, et souffrant de graves troubles mentaux, je ne suis pas dans la rue, je ne suis pas un criminel et surtout, je vous emmerde Marianne. Les criminels sont dans la rue, mais pas les personnes malades qui ont un suivi psychiatrique. Bien sûr, il y a des criminels dans la rue, mais aussi des criminels tout autour de vous, qui vont tranquillement acheter leur pain, ou qui font le plein d’essence et cassent la gueulent aux autres clients pour un simple dépassement ou regard de travers.

Les fous sont partout, même chez vous. Mais ne mélangez pas les patients avec les criminels furieux qui ne sont pas forcément SDF ou migrants comme dénonce la Une de votre magazine, mais qui ont aussi une vie rangée, et puis qui un jour passent à l’acte.

Non Marianne, ne stigmatisez pas les personnes malades qui sont prises en charge, avec les assassins qui ne sont pas en psychiatrie, mais partout dans le monde.

Vous osez nous insulter de fous, mais allez jusqu’au bout de vos idées et traitez-nous carrément d’assassins, de moins que rien, de déchets de la société. Ah, pardon, c’est ce que vous faites avec la une de votre magazine et vos articles que j’ai eu la chance de lire partiellement, ne pouvant prendre un abonnement à votre torchon de gerbe et de diarrhée.  

Vous parlez de 40 ans d’abandons de la psychiatrie, mais j’écrirais plutôt des décennies de justice trop laxiste en France. Chargez et évacuez votre haine envers le coupable, le vrai, et non aux pauvres patients qui subissent votre rage et votre psychophobie tous les jours. Les haineux de la société, les vrais fous, sont chez vous. Je vous suggère une consultation. C’est vrai, à mon tour je stigmatise votre haine, car je n’ai pas pour habitude de tendre les deux joues. J’autorise une gifle à gauche, mais jamais à droite. »

La pétition du magazine SoinSoin

La revue « Marianne », a encore frappé par sa vulgarité et son racolage avec sa une du 27 octobre « les fous sont dans la rue  » pour parler du manque d’offre de soins pour les personnes en souffrances psychiques.

Encore un triste exemple de la politique éditoriale de beaucoup de médias, préférant faire du buzz grâce à un titre tapageur plutôt qu’à une information se basant sur des faits réels.

C’est un triste reflet de la consommation d’information qui met aujourd’hui à mal les personnes ayant des souffrances psychiques (plus d’une personne sur 5 en France ! ), détruit tout le travail de déstigmatisation mis en œuvre et compromet l’inclusion et la réhabilitation de ces personnes.

La commission des Défenseur des droits, Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, le ministère de la santé, le ministère de la justice et le syndicat des avocats de Fance doivent réagir face à ces propos qui ne respectent en rien les valeurs morales et fondamentales de l’Homme.

Mathieu LEONARD pour Soinsoin

Pour signer la pétition

Publication de Paye ta Psychophobie :

Collages virtuels

« Même folle, je ne veux pas qu’on m’attache. »
« Je ne serai jamais seul.e même à l’isolement. »
« Non c’est non, même en psychiatrie. » #ConsentMatters
« Les neuroleptiques, c’est automatique ? »
« Soigner c’est cher, abandonner c’est gratuit. »
« Soyons fous, dépsychiatrisons-nous! », Collectif Dépsychiatriser

Série de collages librement inspirés du site collagesvirtuels.fr

« Le manteau », Christophe Malinowski

La nuit tombait lentement sur la vieille ville.

Et déjà, dans les chaumières, on tirait les rideaux, on fermait les verrous, on faisait taire les enfants. Des regards inquiets, cachés derrière les voilures, scrutaient les ruelles sombres, seulement éclairées par quelques lampadaires fatigués. Chacun était à l’affût, d’un bruit, d’une anomalie, d’une silhouette inquiétante.

Car depuis plusieurs jours, le malheur semblait s’abattre sur la cité. Un chien avait disparu, les poules ne pondaient plus, un enfant avait vu un monsieur. Immense, habillé tout en noir. Malgré notre veille de chaque instant, nous ne parvenions pas à surprendre l’homme en noir, mais nous savions d’où il venait.

Car en haut, sur la colline, derrière les grands chênes, se dressait, majestueux et terrifiant, l’asile.

Ses hauts murs empêchaient de voir ce qu’ils cachaient, mais lorsque le vent soufflait en direction de la vallée, certains disaient entendre un grondement. Comme celui d’une bête essoufflée. Ou un gémissement. Comme celui d’une bête affamée.

Les rares qui avaient osé s’approcher du sinistre bâtiment étaient revenus terrifiés par le courant glacial qui les avait traversés. Il se disait que c’était le souffle froid des dangereux insensés retenus derrière le mur d’enceinte. Aussi, on ne s’en approchait pas, on restait loin, on empêchait même les enfants d’en parler.

Mais après la nuit, c’était la neige qui tombait dru maintenant. C’était à peine si l’on pouvait distinguer, derrière son épais rideau blanc, la chaussée, les pavés, les passants perdus, effrayés, offerts à la malédiction s’ils ne couraient pas chez eux assez vite. Chacun sentait l’imminence d’un sombre événement.

Car nous le savions tous, les fous étaient entrés dans la ville. Et les ténèbres avec eux.

Un chien avait disparu, les poules ne pondaient plus, un enfant avait vu un monsieur.

Et soudain il était apparu.

Le garçonnet n’avait pas menti. Immense et vêtu de noir, le dos courbé, l’homme avançait, lentement, grognant, terrifiant. Mais vers quelle funeste besogne? Quelle femme, quel enfant, quel animal allait-il emporter?

Alors, comme portés par l’instinct de survie, la colère et l’espoir de mettre un terme au fléau, et encouragés par un signal inconscient et commun, nous avions tous jailli, sans même prendre le temps de nous vêtir chaudement, et fondu sur lui, armés de bâtons, de pelles ou de nos seules mains, prêts à tout.

Jusqu’à ce que, le reconnaissant, nous nous figions.

Il était l’un des nôtres. Nos parents connaissaient ses parents, nous avions foulé avec lui les mêmes bancs de l’école, joué aux mêmes jeux dans la cour de récréation. Certes, il était différent, lointain et inaccessible, parlait souvent seul, ou aux arbres, riait sans raison, mais il était l’un des nôtres. Souffrant depuis des années d’une vie tourmentée, il avait plusieurs fois séjourné quelques temps à l’hôpital qui l’accompagnait dans les périodes difficiles.

Incapable de la moindre violence, il vivait en marge, mais à nos côtés, et était apprécié comme tous les enfants du village que nous étions tous.

Armés de bâtons, de pelles et de nos mains, nous l’encerclions, paralysés, saisis par notre méprise. Le temps semblait suspendu. La neige tombait toujours dans un silence d’hiver. Nous pouvions presque entendre les battements de nos cœurs.

Lentement, il avait relevé sa capuche et nous avait regardé, les uns après les autres, un grand sourire aux lèvres.

Mais qu’est-ce que vous faites là sans manteau? Il fait froid! Vous êtes fous?

Puis, le dos courbé, sous son manteau noir, blanchi de neige, il avait continué son chemin.

Nos manteaux, plus sombres encore que le sien, étaient ceux de la peur et de l’ignorance qui nous avaient insidieusement enveloppés.

Un chien avait disparu, les poules ne pondaient plus, un enfant avait vu un monsieur.

Et les fous c’était nous.

Christophe Malinowski, infirmier et auteur du blog Il était une fois en psychiatrie.

« Comme des fous », B.O.S.S

Les paroles de Comme des fous:

[Refrain: JoeyStarr – x2]
Comme des fous
9-3 mon ghetto mon crew
écoute ça vient d’en dessous
On ira jusqu’en haut, jusqu’au bout, jusqu’au bout

[Couplet1: Fatcap (Bobby Buntlack)]
2 triples zéro
Plus rien ne peut se passer
Le truc qui nique tout
C’est qu’il y a tout qui fait qu’on sature
Tellement de pression que quand je rappe faut que ca tue
Rien à perdre chacun veut garder sa tune
Un inédit: Jaeyez et Fat et faut que ça tourne
C’est fuck celles qui se moquent qu’on ken
Tellement high que pour m’avoir faut smoke cocaïne
Rien à foutre de tout je me fou de tout et c’est tout, j’ai l’atmosphère qui t’étouffe
Dis moi qui t’écoute? Violence sans cesse
Mon rap sent le sexe, l’école est là pour élever ton mental
L’état lui pour enlever ton métal, partout les faits divers s’étalent
Partout ca parle de flingues de métal
Nouveau millénaire, mec faut bien qu’on se taille
Mais tout part vite en couille comme Ferk et freestyle
Même ghetto, même but, même bedo, même pute
L’argent n’a pas d’odeur parle plus d’authenticité
Demande aux petits, aux grands de ta cité
Ce qu’ils pensent de leur avenir
1.9.9.9 apocalypse à l’heure à venir dur d’effacer

[Refrain: JoeyStarr – x2]

[Couplet2: Fatcap (Ferk Daxxx)]
Putain mais qu’est ce que tu veux que je dise, je suis juste un sale gosse de 20 piges
Qui bosse pour le Scandalz et qui agit avec stratégie
Faut que tu t’imagines la scène comme au ciné
Un film signé Fatcap et Jaeyez pour tout calciner
L’enfer est sur terre, t’as vu ? et ca c’est sans commentaires
Je suis juste un homme et je sais plus comment faire
Vu qu’il y a plus d’humanité
Ni de fraternité depuis un éternité
Si je crois plus en rien, c’est parce que j’ai plus rien qui me tient
à part les liens avec les miens et tu sais bien d’où je viens du 9-3
Département d’ailleurs je cass-dédi tout droit
Pour les appartements de Seine-Saint-Denis et d’ailleurs
Ca vient de Bondy, qu’est ce que t’en dis ?
J’apporte un style, hostile et austère
Je suis pas la pour faire l’imposteur, ni la fausse star en poster
Pour le 3ème millénaire, on vit les nerfs à vif
Et on reviens encore plus venère
Avec toujours du son que tu kiffes

[Refrain: JoeyStarr – x2]

[Couplet3: Jaeyez]
Je sais faut se faire la belle
Terre, ciel, ou mer pour être de la fête
Ici comme chaque été pour s’évader on se pète la tête
On bien forcer d’y aller
Raler ca sert plus à rien
Trop embêté trop endetté mais je vais bien
Dernier message du cokpit, dehors c’est le souk plus de re-soi plus de zouk
Il faut boucler la boucle
Nul doute nos valeurs reste intrinsèquent
Au régime, au pain sec, en chien entre 2 siècles
Et faut garder le moral ici-bas
Tous le même combat
L’aiguille sur le sillon, le discours en dit long baba
à l’instar d’un Fatcap, SP.One, Joey re-Sta
Babylone qu’est ce que t’as ?
On décapite ta casta c’est un festival
Prêt pour le grand final instinct animal
Sur un son minimal débat de débit en vrai vandale
Je viens marquer les annales
De mes coups de sandale
Je suis prêt pour le Scandalz

La peur de l’insignifiance nous rend fous, Carlo Strenger

« C’est, selon la pensée existentialiste, en façonnant les contraintes et les tragédies de nos identités, en les transcendant d’une façon aussi pleine et créative que possible que nous trouvons notre liberté et le sentiment de mener une vie signifiante. »

carlo strenger
Carlo Strenger

« Toucher l’horizon », Oxmo Puccino

Plus on est de fous mieux on évite la camisole!

« Toucher l’horizon » d’Oxmo Puccino intègre la playlist musicale de Comme des fous.

Les paroles de Toucher l’horizon d’Oxmo Puccino :

[Couplet 1]
Lyrics apaisants, j’rappe les oiseaux se taisent
Fais-toi plaisir, écoute ça avec ta daisy
Ce matin j’suis bien dans ma peau, j’ai la pêche telle
Cette femme qui dame des parts de tartes par dizaines
Te dis pas frappé par un maléfice
Recommence ta vie à zéro quand je la redémarre à moins dix
Je suis né blasé sans un sou
Puis brassé me suis retrouvé sans issue
J’suis rentré en collision avec mes obstacles
Tourne le pire à la dérision, l’offre en spectacle
Je me dois de tout tuer pour ceux qui n’ont pas le choix
Ma chanson va pas sauver le monde, tant pis pour cette fois
Si j’avais entendu les profs, je serais pas le type
Dont on étudie l’écriture laisse-les rire, faire mon truc
Je me suis fixé ce but si j’arrive à mi-chemin
Je ferai date comme ce tigre tué par un caniche nain
Tu connaîtras jamais la fin de l’histoire
En faisant demi-tour à deux minutes de la victoire
On peut viser ton blé, ta femme et son vison
Mais qui peut se vanter d’avoir touché l’horizon

[Refrain]
J’irai plus loin que l’horizon
C’est bien mieux que le bout de son nez
Tous les murs qui nous bloquent brisons
Avance, laisse-les klaxonner
Viens, la vitesse de mon son frisons

[Couplet 2]
Je me sens encore de ceux sur qui nul ne miserait
Autant de chapitres que de poil possède un bison
J’enchaîne les brochettes de problèmes, uppercut, esquive, crochet
Le revers de la médaille c’est mon emblème
Tu déconnes avec tes tonnes de projets
Ils vont encore s’entasser avec ceux de l’année prochaine
Viens, j’ai fait le plein de patience
Y a assez d’essence pour rouler jusqu’à l’horizon
Qui m’aime me suive
Amène les cuivres, les guitares
Du pain et de l’huile d’olive
Le seul raccourci est ma potion, ne suis pas les panneaux
Aucun n’indique la bonne destination. Action !
Laisse-moi kiffer ma passion
M’échapper car à chaque page des marionnettes rêvent qu’on m’isole
(Hélas) plus on est de fous mieux on évite la camisole
J’te fais plein de feintes, pas de ceux qui démissionnent
Le plan se trouve en bas à gauche juste après do ré mi sol

[Refrain]
J’irai plus loin que l’horizon
C’est bien mieux que le bout de son nez
Tous les murs qui nous bloquent brisons
Avance, laisse-les klaxonner
Viens, la vitesse de mon son frisons

Quand nos émotions nous rendent fous

(ré)écoutez cette très belle émission du 2 avril 2017 sur France Inter avec le psychiatre Philippe Jeammet auteur de Quand nos émotions nous rendent fous, qui nous conduit au coeur de l’humain et nous offre un bel hymne à la vie.