« L’insertion par le travail », Bernard Pachoud

Intervention du Professeur Bernard Pachoud lors du colloque recherche de l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques UNAFAM du 9 décembre 2016.

« Oui mais toi… », Céline Letailleur

oui mais toiOui mais toi, tu es trop proche…
Oui mais toi tu es militante…
Oui mais toi tu es une fille à problèmes…
Oui mais toi t’es premier degré…
Oui mais toi tu es trop susceptible…
Oui mais toi tu es trop sensible…
Oui mais toi t’es blanche…
Oui mais toi tu ne sais pas ce que c’est…
Oui mais toi tu es agressive…
Oui mais toi c’est ton orgueil qui parle…
Oui mais toi tu te mets en colère trop rapidement…
Oui mais toi on ne peut pas te parler…
Oui mais toi t’es trop franche…
Oui mais toi tu es malade…
Oui mais toi tu as du mal à gérer tes émotions…
Oui mais toi tu n’as pas assez de recul pour être objective…
Oui mais toi tu n’as aucune expérience…
Oui mais toi tu es trop radicale…
Oui mais toi tu es une dictatrice…
Oui mais toi tu rêves un peu trop aussi…
Oui mais toi tu n’es pas une professionnelle… Continuer la lecture de « « Oui mais toi… », Céline Letailleur »

Portrait de Monde à l’Œil

Comme Le Monde à l’Œil, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

« J’aimerais faire connaître le blog lemondealoeil.wordpress.com. »  

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Mes détracteurs : le rapport de forces me détruit, mais le dialogue m’anime. J’ai besoin de mettre à mal mes propres idées, d’affiner ma vision du monde grâce à la confrontation pacifique des esprits. Il y a aussi mes soutiens : deux ou trois amis en qui je confierais ma vie, pour peu qu’ils m’aient maintenu en elle.

J’aspire à me rendre le plus utile possible et à respecter l’échéancier de mon existence.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

En tant que multipotentiel, la stabilité professionnelle est délicate. J’évoquerai surtout mon activité d’écrivain public, au service justement du public et pourtant si méconnue de celui-ci. Même nos ancêtres copistes, les scribes, sont encore plus célèbres !
Le plus appréciable demeure l’extrême diversité des tâches demandées. Cela nécessite des qualités humaines nécessaires pour comprendre « l’esprit » du client, son besoin réel, jusqu’au respect du plus intime : celui de son propre langage.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Pour en garder un souvenir très mitigé, je mettrais l’expression au pluriel. Il semble y avoir autant de mondes que de professionnels de santé.

Curieusement, le cerveau, siège de notre conscience, est la partie du corps que la science appréhende avec le plus de malaise. Le langage, verbal ou non, joue un rôle primordial dans le diagnostic, et donc dans la thérapie. Mais le risque d’erreur médicale est accru : les pathologies se renomment plus vite qu’elles ne se comprennent et la médication (qui plus est, chimique) est un réflexe dépersonnalisant parfois proche de l’expérimentation non rémunérée.

Davantage d’humilité, d’écoute et d’humain serait bénéfique pour le secteur dans son ensemble.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Je retourne la question : en quoi la « folie » (si tant est qu’elle existe) serait-elle plus négative que la norme (tout aussi difficile à définir) ?

Le dynamisme, la créativité, la curiosité, l’émotion, même – et surtout – en excès, nous conservent parfaitement vivants. Renoncer à cette part de nous-mêmes, c’est s’inscrire dans une spirale mortifère, dégradante, voire abrutissante.

Rester fou, à défaut de le devenir, c’est donc prendre le parti de la liberté et d’une puissante cohérence interne, hélas encore mal comprise de la société… mais peut-il en être autrement?

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Mes propres troubles pourront justifier le « oui » comme le « non ».

Une chose est sûre : je crois qu’il faut investir massivement dans la recherche, lutter contre les « lobbies » pharmaceutiques et placer les maladies mentales au cœur des politiques publiques avec une approche transversale (santé, social et justice).

Pour cela, inverser le paradigme : exit l’abandon (voire la répression) des patients, au profit de la prévention et de la protection des plus fragiles.

Portrait de Le Bipolaire

Comme Le Bipolaire, fais-toi tirer le portrait par Comme des Fous en répondant à ces 5 questions.

« J’aimerais faire connaître la page www.lebipolaire.com, premier réseau social pour personnes souffrant de troubles bipolaires et leur entourage. »

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

J’aime parler de tout, autant de ce qui dérange que de ce qui est normal. Mais après tout, c’est quoi la normalité ?

Anticonformiste en essayant de toujours rétablir la vérité pour changer les regards de beaucoup d’ignorants…

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Mon métier, c’est ma vie ! Je l’aime et j’essaie de le faire partager en écrivant… Un métier qui m’occupe ma tête 24H/24H… Hyperactif, créatif, sensible mais surtout très généreux en dons, bienvenue dans ma vie, mon travail !!!

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

J’ai toujours dit qu’on ne parlait jamais assez des maladies mentales comme le trouble bipolaire. Souvent déformé pour faire réagir et jamais assez approfondi en terme de santé sérieuse.

Bien sûr, la recherche avance ( et heureusement ), mais c’est toujours très ( trop ) lent à mon goût… Pas assez d’implications de la part de beaucoup de professionnels qui, souvent, généralisent les symptômes à force de voir beaucoup de patients; il faut dire qu’on ne leur donne pas beaucoup de moyens non plus…

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

L’originalité, la créativité, des choses exceptionnelles qu’on ne peut voir qu’en étant atteint de ce pseudo-symptôme que beaucoup de gens appellent « la folie »…

J’ai juste une question à vous poser : La folie ne serait-elle pas une liberté qu’on ne veut pas nous donner ?

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, car je deviendrais peut-être comme eux à force, personne ne peut savoir… Il faut savoir dire la vérité aux personnes malades, proposer un programme c’est bien, mais il faut pouvoir le tenir. Exemple : Il vaut mieux dire qu’on ne guérira jamais la bipolarité mais qu’on peut arriver à très bien la stabiliser avec un traitement à vie, plutôt que de dire que les troubles bipolaires peuvent être guéris grâce à un traitement… C’est certainement pareils aux yeux des personnes non-malades, mais absolument pas pour les personnes concernées.

Stigmate

stigmate« Il y a le stigmate d’infamie, tel la fleur de lys gravée au fer rouge sur l’épaule des galériens. Il y a les stigmates sacrés qui frappent les mystiques. Il y a les stigmates que laissent la maladie ou l’accident. Il y a les stigmates de l’alcoolisme et ceux qu’inflige l’emploi des drogues. Il y a la peau du noir, l’étoile du juif, les façons de l’homosexuel. Il y a enfin le dossier de police du militant et, plus généralement, ce que l’on sait de quelqu’un qui a fait ou été quelque chose, et “ces gens-là, vous savez.”

Le point commun de tout cela ? Marquer une différence et assigner une place : une différence entre ceux qui se disent “normaux” et les hommes qui ne le sont pas tout à fait (ou, plus exactement, les anormaux qui ne sont pas tout à fait des hommes) ; une place dans un jeu qui, mené selon les règles, permet aux uns de se sentir à bon compte supérieurs devant le noir, virils devant l’homosexuel, etc., et donne aux autres l’assurance, fragile, qu’à tout le moins on ne les lynchera pas, et aussi l’espoir tranquillisant que, peut-être, un jour, ils passeront de l’autre côté de la barrière. »

Erving Goffman, Stigmate Les usages sociaux des handicaps (1975)

« Vivre sans traitement » [Alain Karinthi]

« Petit témoignage concernant le traitement obligatoire et à vie quand on porte un trouble psychique sévère, schizophrénie, bipolarité de type 1 (ou maniaco-dépression) et sur la question de la rémission ou du rétablissement :

Peut on vivre une rémission totale de ces troubles?

rémission en santé mentale

Ces personnes, dont je suis, vivent une rémission avec une vigilance à maintenir, oui, mais alors cette rémission est-elle une rémission partielle?

Non, nous vivons une rémission tout court…

Une vigilance à maintenir oui, mais comporte-t-elle forcément un traitement médicamenteux psychotrope puissant? NON!

Je suis étonné de voir à quel point la question de l’obligation de la médication, et même de la médication à vie, est tranchée de façon nette par la positive… Et par une écrasante majorité des soignants et des proches… Continuer la lecture de « « Vivre sans traitement » [Alain Karinthi] »

Comment s’entourer pour mener à bien un projet

comment s'entourer
Diagramme sociodynamique de Fauvet, Herbermont et César

La carte sert à avoir, au regard d’un objectif précis, une image, à un instant précis, de son contexte et de l’attitude et du comportement de ses partenaires.

Pour construire la carte, on se base sur les comportements et les actions de ses partenaires et non sur les intentions qu’on leur prête. Donc pas d’interprétation, pas de procès d’intention, mais chercher à objectiver la relation. Le but est d’avoir une visualisation qui permet au chef de projet de prendre du recul avant d’agir.

On part de l’idée que tout partenaire investit de l’énergie par rapport à un projet :

  • pour ou avec le projet : la synergie ;
  • contre ou sans le projet : l’antagonisme.

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