Demain j’étais folle

demain j'étais folle

Arnhild a été schizophrène, aujourd’hui elle ne l’est plus.

Arnhild est l’auteure du livre Demain j’étais folle, un voyage en schizophrénie, un puissant témoignage sur cette maladie psychiatrique réputée incurable.

L’auteure norvégienne nous plonge dans son histoire avec douceur, dans un style épuré et très plaisant.

Son propos n’est pas de nous convaincre de sa guérison. Mais plutôt de démontrer que la question n’est pas de savoir combien on est fou ou quel est notre diagnostic mais comment on réussit à reconnaître la part d’humanité chez celui qu’on considère comme fou.

Arnhild, c’est vous, c’est moi. Continuer la lecture de « Demain j’étais folle »

J’ai peur de ne plus être fou

J’ai peur d’être enfin guéri.
J’ai peur de devoir vivre comme tout le monde.
J’ai peur d’être englouti par le système.
J’ai peur de dire ce que je ressens.
J’ai peur de ne pas être compris.
J’ai peur de dire que le handicap c’est une jolie arnaque.
J’ai peur de trahir les vrais malades.
J’ai peur d’enjoliver la folie.
J’ai peur de m’en sortir. Continuer la lecture de « J’ai peur de ne plus être fou »

Comme des fous, le livre!

comme des fous le livre

Comme des fous. Folie et trauma dans Tristram Shandy, est un livre au titre évocateur de Françoise Davoine paru en janvier 2017.

Sous la forme d’un dialogue de l’auteur avec son mari disparu (psychanalyste lui aussi et venu de la littérature), Comme des fous est le commentaire du livre premier de La Vie et les Opinions de Tristram Shandy, Gentleman, roman majeur de la littérature occidentale, écrit par Laurence Sterne (1713-1768) dans les dix dernières années de sa vie.

Le dialogue, actif, contrasté, décrit vivement les traumas et la folie qui s’emparent des personnages, et propose une lecture psychanalytique, mais aussi philosophique, historique et politique de ce roman de la déraison.

Françoise Davoine questionne à mi-voix l’usage que l’on peut faire de l’écriture et de la création littéraire dans une culture qui bat la breloque :à quoi bon Swift, ou Cervantes, ou Sterne, si le combat a lieu entre les fools et les knaves, entre les fous et les crapules? Tandis qu’avec une insouciance baroque dans le ton même de Sterne, et en profitant sans doute de son propre statut de disparu, le défunt époux de l’auteur fait ironiquement le psychanalyste, par petites touches, cite au passage Lacan, Freud ou Hannah Arendt, et dérange si bien l’avancée obstinée de l’auteur que l’on oublie que c’est Françoise Davoine qui le fait parler : dans un monde de fous, l’écriture redonne vie aux disparus, et remet le temps en marche.

La chronique de France Culture:

Might madness be a strange form of wisdom?

Madness is understood as the opposite of reason. Yet as Van Gogh and Nietzsche attest, madness can also be an inexplicable source of insight. Might madness be a strange form of wisdom rather than its diseased opposite? Or is this to make light of a condition that requires treatment?

The Panel

Author of Madness Explained Richard Bentall, psychiatrist Patricia Casey and philosopher and author of Death Drive Robert-Rowland Smith dispute meaning and madness.

Portrait de W

Comme W, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

« J’aimerais faire connaître l’Association des Hypersensibles. »

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Les échanges lors de nouvelles rencontres. Les livres. Les films.

J’aspire à la tranquillité de l’esprit, à la paix intérieure, à l’harmonie entre mon monde intérieur et extérieur.

J’aspire à la liberté, me déconditionner de tous les vieux schémas mentaux que j’ai hérité à la naissance.

J’aspire à la révolution de notre société. Que les valeurs humaines de tolérance, de bienveillance, de sobriété, renverse la norme actuelle : compétition, consommation, culte du corps, déshumanisation des relations, recherche du profit, de la croissance économique sans cesse.

J’aspire à un monde meilleur, et d’y contribuer au maximum de mes capacités.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je travaille bénévolement en tant que président de l’association des hypersensibles.

C’est une activité qui fait sens pour moi et qui répond à un besoin : le manque de lien social chez les personnes hypersensibles.

Mon projet de vie est lié avec le développement de cette association. Le projet final est de m’installer dans la campagne est de diriger un centre de ressourcement pour personnes hypersensibles.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Je pense que la santé mentale franchira un pas quand on n’utilisera plus les termes : bipolaires, schizophrènes, dépressifs, phobiques, autistes, etc. et qu’on s’intéressera à ces 2 millions de personnes concernées par la santé mentale en France comme des personnes qui sont victimes de l’état actuel du système professionnel et social excluant, et non comme des malades qui doivent se soigner pour se réinsérer.

Car se réinsérer dans un système malade qui nous a rendu malade… absurde!

Le monde de la santé mentale met le focus sur ceux qui souffrent. Il devrait aussi le mettre sur les origines de cette souffrance : encore une fois, les maux de la société actuelle énoncée non exhaustivement au dessus.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La folie n’est ni positive ni négative en soit. La folie c’est plus de couleurs. La folie c’est l’anormal. La folie c’est ce qui ne se cadre pas, ne se gère pas. La folie c’est une liberté d’esprit et de cœur.

La folie va être plus ou moins bien vécue. Cela dépend si elle est acceptée à l’intérieur comme à l’extérieur.

Le plus difficile souvent étant d’assumer sa folie en tant que personnalité et non en tant que maladie.

La souffrance vient quand on essaye de calmer cette folie, de rentrer dans les clous, quand on se tait, quand on refoule les couleurs explosives en nous.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Prendre en compte ces millions de Français qui sont malheureux dans cette société qui se déshumanise à petit feu.

Prenez nous en compte, ou sans cela, bientôt, ce sera la révolution! 🙂

Sanofi : Nos mômes ne sont pas des souris !

sanofi fakir

« Hé Fakir, Dépakine ! Tu connais ? J’sais, t’en pinces plus pour Potemkine, l’histoire des marins qui tournèrent leur carabine et du cuirassé qui tout entier se révolte. Mais finalement c’est la même histoire… »

Claire nous avait adressé un long courrier, signé d’une « Maman fatiguée », et en la rencontrant, je m’attendais à ça, à une jeune mère, traits tirés, mal coiffée. C’est une dame qui débarque dans ce café, la soixantaine, bien habillée, propre sur elle, et même l’air un peu bourgeoise. Qui se met à raconter sa vie, sa difficile maternité…

Lire l’article.

FAUVE ≠ DE CEUX

Ecoutez le titre De ceux de Fauve dans la Playlist de Comme des Fous.

Les paroles:

Nous sommes de ceux qu’on n’remarque pas
Des fantômes, des transparents, des moyens
Nous sommes de ceux qui n’rentrent pas en ligne de compte
Nous sommes de ceux qu’on choisit par défaut

Nous sommes de ceux qui ont la peau terne, les traits tirés, le regard éteint, des visages pâles, des teints gris
Nous sommes de ceux qui s’délavent de jour en jour
Nous sommes de ceux qui ont du mal à s’entendre penser
Nous sommes de ceux qui s’maîtrisent difficilement
Nous sommes de ceux qui mettent mal à l’aise en public
Nous sommes de ceux qui dérapent dans les escaliers des bibliothèques
Nous sommes de ceux qui dansent de façon embarrassante

Nous sommes de ceux qui font l’amour en deux temps
Nous sommes de ceux qui s’y prennent à l’envers avec les autres
Nous sommes de ceux sur lesquels on n’parie jamais
Nous sommes de ceux qui savent plus raisonner d’façon logique
Nous sommes de ceux qui ont tout fait comme il faut mais qui arrivent pas
Des ratés modernes, des semi défaites, des victoires sans panache
Nous sommes de ceux qui n’tiennent pas la pression
Nous sommes de ceux qui s’font balayer à répétition
Nous sommes de ceux qui s’font assister
Des baltringues, des éclopés, des faibles
Nous sommes de ceux qui prennent des trucs pour t’nir le coup
Nous sommes de ceux qui savent pas dire non,
Qui connaissent pas la rébellion, qui soutiennent pas les regards
Nous sommes de ceux qui sont à bout

Et pourtant…

Nous sommes de ceux qui n’renoncent pas
Des chiens enragés, des teigneux, des acharnés
Nous sommes de ceux qui comptent bien devenir capables de tout encaisser
Nous sommes de ceux qui établissent des stratégies dans l’obscurité
Pour reprendre la main, jouer selon leurs propres règles et forcer le destin
Nous sommes de ceux qui en ont assez de leur propre férocité
Des requins tigres en bout de course, des voyous qui demandent pardon, des apprentis repentis
Nous sommes de ceux qui veulent à tout prix tabasser leur part d’ombre et faire taire leur sales travers
Nous sommes de ceux qui cherchent à rejoindre les rangs des lions,
Des maquisards, des résistants, des sentiments
Nous sommes de ceux qui roulent pour eux et pour leur périmètre
Nous sommes de ceux qui pissent encore dans la douche mais qui espèrent réussir un jour à pisser droit

Nous sommes de ceux qui cherchent à désarmer la mort à coup d’grenades lacrymo
Pour l’effrayer et la maintenir à distance
Nous sommes de ceux qui espèrent croiser la vie un soir, au détour d’une avenue,
Pour la séduire, la ramener et lui faire l’amour de façon brûlante
Nous sommes de ceux qui ont les yeux écarquillés en continu
Des ahuris, des ébahis qui guettent les comètes, les planètes et les épiphanies
Nous sommes de ceux qui cherchent à déterrer ce qui est enfoui
Tout ce qui est caché et qui n’demande qu’à être sorti
Nous sommes de ceux qui veulent rétablir le contact avec ceux qui sont partis trop tôt
Parce qu’ils savaient pas qu’ y avait une fin cachée
Nous sommes de ceux qui continueront à courir, comme si ils étaient poursuivis par les balles
Qui desserreront jamais les mâchoires sauf pour sortir les crocs.

La folie tous comptes faits [France Inter]

A écouter à partir de 19min25.

Et si le fou était celui qui résistait à notre volonté mortifère de normalisation ? Aujourd’hui, on agit au nom de l’adaptabilité, au nom de la bonne santé mentale … érigée en norme … en vue d’une bonne santé ECONOMIQUE. Car oui, il faut le dire en France les fous coûtent chers !

Pas moins de 110 milliards d’euros par an… selon la fondation Fondamental. Mais la bonne nouvelle c’est que le taux de rendement de la recherche en psychiatrie est de 37 % toujours selon cette même fondation.

C’est justement contre cette financiarisation du soin, contre la recherche de rentabilité au dépend de la relation qui unie le soignant et le patient que le collectif des 39 s’est rassemblé à Montreuil en novembre en relançant la question de la place de la folie dans notre société. Et nous, nous y étions.

Reportage de Lucie Akoun

Vincent, entendeur de voix

Vincent Demassiet est entendeur de voix. Pendant des années, ses voix lui ont hurlé des insultes aux oreilles. Grâce à un groupe de parole du réseau REV (réseau français sur l’entente de voix), il a réussi à les dompter.