Portrait de Lau

Comme Lau, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

René Char, Nietzsche, Antonin Artaud, La Sainte Vierge Marie, Baudelaire, écrire de la poésie.

J’aime la nature, même si je ne m’y promène pas assez.

J’aspire à la joie, à la paix, à rayonner du mieux que je peux. À être une bonne amie, par son écoute et ses précieux conseils. À devenir sage. À croire en moi.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

J’ai cumulé teeeellement de jobs… j’ai été serveuse, animatrice enfant, distributrice de flyers et de magazines, agent thermal, prof’, modèle, aide-documentaliste, femme de ménage, agent d’entretien des espaces verts… mon taf préféré à été animatrice enfant en colonie de vacances lorsque j’avais l’énergie (clairement avant de tomber pour de bon dans la psychose et d’être diagnostiquée). Puis aide-documentaliste. J’avais un cheffe en or. À l’écoute, bienveillante, toujours juste dans ses propos et qui me laissait une grande liberté d’action.

Aujourd’hui je vais peut-être intégrer une formation de pair-aidant.

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

Oulà ! C’est clairement le parent pauvre de la médecine !

Ça fait dix ans que je suis diagnostiquée et sous traitement et j’en ai eu des H.O (hospitalisation d’office, sur ordre du préfet) et des H.L (hospitalisation de mon plein gré).

Pour moi cela varie énormément suivant l’endroit où l’on se trouve et le type d’hospit’. D’un hosto à l’autre, voire même d’un service à l’autre, beaucoup de choses peuvent changer.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

La capacité à se remettre en question, à réfléchir et ressentir autrement. À être tolérant et bienveillant avec soi-même et ses pairs.

Ma folie m’a sauvé la vie car si je n’avais pas décompensé, je me serai suicidée.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

D’enlever la sélection en Master (psycho ou autre) et d’abroger Parcours Sup’. Trop de dégâts chez les jeunes.

Plus de psychologues, prise en charge pour les moins de 25 ans.

Mettre en place des campagnes d’information et de sensibilisation aux différents troubles psy et maladies psy.

Une meilleure formation des psychiatres incluant obligatoirement un volet thérapeutique (EMDR ou thérapies longues, suivant les besoins de chacun, chacune).

Plus de CMP (centre médico-psychologique) et d’hôpitaux ouverts.

Penser le soin non comme la simple disparition des symptômes mais dans la globalité de l’être en souffrance.

Portrait de Rody

Comme Rody, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

Ma famille, mes amis, sont les personnes ressources qui me permettent d’entrevoir un amour et un futur possible.

Je vis dans une solitude extrême et cela me donne le sentiment d’être une fourmi dans une fourmilière.

J’aime essayer de trouver des situations où je peux méditer. Par exemple, j’ai choisi de moins polluer l’environnement en n’utilisant plus de voiture, en faisant mes courses à pied et pour ce qui est des longs trajets j’utilise le train. Je médite souvent sur la question du pourquoi les gens prennent leur véhicule. C’est un faux espoir, le temps passe différemment à pied.

J’ai espoir qu’une majorité de personnes prendront conscience qu’une voiture rend esclave et non libre.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

J’ai essayé de travailler comme graphiste.

Cependant, j’ai eu des périodes de maladie très handicapantes et de longs séjours à l’hôpital.

Mon métier ou du moins ma raison de vivre est de mieux comprendre le monde qui m’entoure afin d’être une personne ressource et de confiance pour mes proches.

J’aime observer le monde afin de voir ce qui pourrait être différent.

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

Le monde de la santé mentale en France n’est pas vraiment la priorité des dirigeants.

Avoir une maladie mentale peut entraîner de lourdes conséquences comme l’éloignement des amis, l’incompréhension des réactions de rejet, et une grande fragilité.

Il y a beaucoup à faire en ce qui concerne la protection des malades.

Il n’est pas rare de voir en psychiatrie bourreau et victime prendre un repas ensemble de par le laxisme des lois. En effet, il peut y avoir dans une même enceinte des victimes de viols et des violeurs par manque de place dans la structure.

Il y a beaucoup à réfléchir aussi quant à la volonté d’enfermer ceux qui nous paraissent différents.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

Rien, le fou, à force d’être écouté, semble normal et les personnes commencent par entendre la folie comme normale.

Hallucinations, états de transe et phénomènes paranormaux peuvent être gênants à aborder, tout comme l’après vie.

En HP (hôpital psychiatrique), il est fréquent de pouvoir parler de tout.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Je demanderais un budget pour les fous raisonnables ; quand une personne qui fait des économies écologiques pour être bienveillante avec les générations futures, qu’elle soit rétribuée pour bon comportement.

A l’inverse, quand une personne pollue qu’elle soit sanctionnée.

Ce n’est pas parce que des gens ont une maladie mentale qu’ils doivent être marginalisés, au contraire, et surtout actuellement.

Portrait de Mamzelle Léa

Comme Mamzelle Léa, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

J’aspire à dire. Faire entendre la voix de ceux qui n’entrent pas dans les cases car il leur en manque une.

Je suis mère de famille, relaxologue, professeur de yoga, poétesse et pourtant je fais partie des Fragiles. De ceux qui n’ont jamais su être ce qu’on attend d’eux.

Je l’ai vécu longtemps comme une honte, une difformité. Aujourd’hui je sais que c’est fragilité fait partie de ce que je suis.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

J’aime mon métier de relaxologue qui me permet d’accompagner l’autre dans la recherche de sa sérénité physique et mentale.

Ce métier m’a permis d’avoir les outils pour être moi-même plus autonome dans ma vie et j’aime transmettre cela aux autres.

Mon activité de poète, elle, c’est ma part de résistance qui s’exprime. Il me donne le droit d’être et d’exister dans toutes les parts de ce que je suis.

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

Je n’ai qu’un poème pour exprimer cela :

Les fous, les fadas, les fêlées.
Les bouloches sur la norme.
Les résistants d’un monde aseptisé.
Les monstres, les difformes.

La psychiatrie nous éteint
Nous réprime, nous fait taire.
La poésie nous étreint
Nous sublime, nous enserre.
La médecine attend notre évolution
La poésie entend notre révolution.

Nos multiformes n’entrent pas dans les uniformes.
Nos masques,
Fantoches et délicieux.
Nos corps,
Fantômes et séditieux.
Nos hystéries mystérieuses,
Nos cris, nos silences,
Nos mesures désaccordées.
Nos proses arythmiques,
Nos désirs boulimiques.
Les mauvaises herbes,
Dans les fissures du bitume.
Celles qui germent,
Gênent,
Celles qui importunent.

Nous sommes la part d’ombre,
Et la lumière à la fois,
D’un monde qui tombe,
Dans le délire et la névrose.
Nous sommes les épines des roses,
Et les brumes moroses,
D’une société asservie,
Que si souvient en nous voyant,
De sa propre folie.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

Sans nulle doute une forme de liberté. Qu’on ne peut acquérir qu’en acceptant ce qu’on est.

Les épisodes de dépression font partie de ma vie… ils ont le mérite de m’obliger à transcender, à faire des choix de vie parfois originaux mais qui me correspondent.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Ouiiiii ! Préparez les bulletins de vote !

Il y a tellement de boulot sur le sujet. De la même manière qu’on crée des maisons de naissance à proximité des hôpitaux, on devrait être capables de gérer avec bienveillance, de façon médicale ou non, les questions de santé mentale. Mais c’est toute la société qu’il faudrait chambouler pour ca : la santé, les disparités sociales, les problématiques de territoires abandonnés.

Une publication que tu aimerais faire connaître ?

Je sors un recueil « Et les fêlures dorées » le 19 janvier 2023 et j’ai vraiment envie de mettre le sujet de la santé mentale sur la table et d’ouvrir le champ des possibles à l’Art comme moyen d’expression de la folie.

et les fêlures dorées

https://www.instagram.com/lea.cerveau/

Portrait de Mélina

Comme Mélina, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

D’un point de vue professionnel et concret, j’aspire à enseigner la philosophie, cette discipline a gagné mon cœur par la richesse qu’elle apporte. Mais d’un point de vue plus flou, je crois que j’aspire à être moi-même et à être contente ainsi. Me suffire, m’accepter, et trouver un moyen d’être apaisée.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

J’aime la transmission, si j’arrive à comprendre quelque chose ça me rend heureuse de le partager.

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

Je trouve ça génial que ce sujet soit mis en avant. On a besoin de se créer une safe zone avec des personnes concernées qui parlent de ces sujets. Il faut en parler parce que la santé mentale ça concerne absolument tout le monde. La prévention et le dialogue est un bon espoir pour lutter contre la psychophobie.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

De tout ! Du moindre éclat de rire, de chaque petit sourire. Il y a du beau dans la folie. J’aime ce que la folie peut révéler chez chacun. Même si nos joies sont parfois pathologiques ou étranges, elles existent et méritent toute notre attention. La folie c’est juste un mode différent de façon d’exister.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Non, je ne crois pas que ça soit pour moi. Mais je lui dirai d’écouter les concernés. De mettre de l’argent dans les structures de pair-aidance et d’encourager chaque tentatives visant à défaire les violences de la psychiatrie. Rendons illégale les pratiques de soin sans consentement. Sans consentement ce n’est pas du soin.

Portrait de Psychopompes

Comme Psychopompes, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

Cela a beaucoup varié au cours du temps et varie d’un moment à un autre selon qui je suis. Mais je sais qu’enfant on se réfugiait énormément dans les livres à tel point que notre mère nous disait d’arrêter de lire autant car cela allait nous rendre fous. Puis on s’est beaucoup réfugié dans les jeux vidéos. Ces derniers font encore partie de nos coping mechanism (mécanismes d’adaptation). La littérature classique nous a beaucoup aidé à apprendre le monde à une époque, puis les sciences humaines et sociales et les écrits militants, en particulier antivalidistes et antipsy, mais aussi des militantes comme Amandine Gay qui nous ont appris beaucoup.

J’aspire à quitter le mode survie et à sortir de la dépendance économique afin d’assurer l’avenir de notre enfant.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

Je ne travaille plus mais dans les nombreux métiers que j’ai fait, je crois que j’ai préféré être prof à l’université. Même si cela relevait d’une épreuve de force à chaque fois (l’autisme ne m’a jamais rendu naturellement à l’aise à l’oral). Ce que j’aimais c’était la liberté de créer et transmettre des cours un peu farfelus et pertinents à la fois, de voir que des étudiant.e.s appréciaient mes cours aient avaient confiance en ma compétence malgré mes bizarreries. Un étudiant m’avait même dit gentiment qu’il n’avait jamais eu un prof aussi bizarre de toute sa vie, mais qu’il n’avait aussi jamais appris autant de choses.

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

La psychiatrie est à éviter si on le peut. Les psychiatres pratiquent leur discipline approximative au doigt mouillé le + souvent, se foutant du consensus scientifique et du vécu de leurs patients s’il ne rentre pas dans leur vision du patient. Les institutions psychiatriques sont une plaie qui ont déjà détruit certains membres de ma famille. Elles ne sont nécessaires que parce que l’on ne propose aucune alternative, alors que des alternatives gérées uniquement par des fols ont déjà existé et sont possibles. On a la chance d’être doués pour cacher nos troubles et jouer le rôle du gentil patient modèle, mais aussi d’être blanc et de bien savoir parler, etc.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

D’une certaine manière, je ne sais pas ce que c’est de ne pas être fol puis que je suis né autiste et donc décalé dès le début. Avoir un ressenti et un vécu en décalage avec les gens so-disant sains d’esprit permet d’être assez critique des normes dominantes, mais est-ce réellement une bénédiction ?

En revanche, je trouve que j’ai bcp + d’empathie pour les faibles et les marginaux que pour les forts et les puissants, depuis toujours.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Seulement si Poutou a le pouvoir et uniquement le temps de cramer la psychiatrie pour la remplacer par des centres gérés par des fols à qui on aura ainsi rendu la compétence sur leur propre vie. Les psychiatres sont comme les cadres que l’on a inventé dans les usines pour voler une partie du savoir aux ouvriers et ne pas leur permettre d’être indépendants à 100% dans leur travail. Ce sont les cadres de la folie, ils volent aux fols une partie de leur compétence sur leur propre folie. Leur fonction c’est le contrôle social, le flicage de leurs parentalités, la normalisation des fols si possible, leur enfermement si pas possible. Dans quel monde enferme-t-on des gens pour les soigner ?

Portrait de @MonstresTV

Comme @MonstresTV, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

La lecture m’inspire beaucoup. Elle me donne des clefs pour comprendre le monde. Écrire, en parallèle, permet d’expérimenter des choses qu’on ne peut pas faire dans la vie réelle. Ce sont deux pratiques qui m’aident au quotidien.

J’aspire à devenir écrivain, le seul métier que je trouve compatible avec ma santé mentale. Mais si je n’y arrive pas, psychologue me tente bien aussi !

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

Ouh là ! Beaucoup de choses, haha.

D’abord, il y a clairement des inégalités. Que ce soit entre malades, ou entre les malades et les soignant.es. On n’a pas le même traitement dans une clinique ou dans un hôpital public, par exemple.
Ensuite, le monde de la santé mentale est un monde compliqué à naviguer. Quand à nos problèmes s’ajoutent par exemple des identités LGBTI+, ou de la précarité, ou de l’isolement social, etc, il devient très difficile de trouver sa place dans le système de soins.

Enfin, je pense que les soignant.es, psychiatres en premiers, c’est un peu comme les flics : l’institution les transforme en connards, mais il en reste quelques uns qui essayent de changer les choses de l’intérieur.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

Je dirais, un autre regard sur le monde. Quand on est fol, on est tellement poussé.e à remettre constamment en question ses sensations, ses émotions, en se demandant si elles émanent de la folie, que plus rien n’a valeur d’acquis (je ne sais pas si c’est clair, haha).

Comme tout devient possiblement remis en question, on a généralement moins de préjugés (je crois). Et on distingue mieux les structures de pouvoir, parce qu’elles appuient sur nous d’une manière beaucoup plus évidente (par la psychiatrisation notamment) que d’habitude.

Personnellement la folie m’a permis de rencontrer des personnes que j’aime. De me sentir intégré pour la première fois, parmi d’autres personnes psychiatrisées. C’est inestimable !

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

J’espère ne jamais devenir ministre, ce serait bien trop d’angoisse !
Mais je lui demanderais d’accentuer la pair-aidance. De créer des structures qui la facilitent. De former les fols à leur folie. Pour qu’on puisse se gérer nous mêmes.

Je demanderais aussi une formation obligatoire des soignant.es à la prévention de la psychophobie, et une sensibilisation aux questions LGBTI+ notamment à l’hôpital, on l’on peut faire l’objet de moqueries ou de discriminations quand, par exemple, un petit copain si on est gay ou une petite copine si on est lesbienne vient nous rendre visite.

Une page que tu aimerais faire connaître ?

https://www.instagram.com/monstrestv/

Portrait de Céleste (Paye ta Psychophobie)

Comme Céleste, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

Avec mes troubles psy c’est compliqué de me projeter… Mais je dirais que j’aspire à rendre ce monde meilleur à mon échelle.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

Je suis encore aux études pour devenir psychologue. Selon moi la psychologie est une science tentant de comprendre les mécanismes du psychisme humain.

Je me vois comme un agent double voulant entrer dans le système pour essayer de le changer de l’intérieur.

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

Si je devais faire un résumé de ma pensée sur le monde de la santé mentale, je dirais qu’il s’agit d’une pyramide. Le socle de cette pyramide représente les patient•es, le centre comprend le personnel soignant et tout en haut se trouvent les dirigeant•es politiques.

Le socle peut lui-même être divisé entre les patient•es riches et les patient•es précaires. Les un•es ayant généralement les services de meilleurs qualités par rapport aux autres.

Le centre peut aussi être divisé : au sommet de cette partie on trouverait les métiers du soins les mieux valorisés (comme médecin) et en dessous les métiers moins valorisés (comme aide soignant•e et infirmier•e)

Et du coup – vous l’aurez peut-être compris – les personnes du dessus oppriment celles de dessous de manière consciente ou non. Les politiques prennent des mesures pour garder le capitalisme en marche au détriment de la qualité des soins, les médecins se permettent trop souvent de mépriser les aides soignant•es, les infirmières•es et les patient•es, les aides soignant•es et infirmier•es maltraitent les patient•es par manque de temps, de bienveillance ou de formations, les patient•es riches prennent les places des services les mieux notés et les patient•es précaires prennent les miettes restantes.

En somme, le capitalisme et le validisme tuent le système de soin de santé mentale. Et en même temps il est difficile de se soigner autrement qu’en entrant dans ce système.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

C’est une question très personnelle à mon sens donc je vais me baser sur mon expérience : la folie m’a façonné. Sans elle j’aurai été un tout autre être humain pour le bon comme le mauvais. Grâce à elle j’ai appris à me connaître en profondeur, à trouver ma voie militante et professionnelle. J’ai fait des rencontres extraordinaires. J’ai repoussé des limites. J’ai découvert mon identité queer. Je me suis ouvert au monde. Bref la folie me rend malade dans tous les sens du terme !

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Si cette occasion m’était donnée, je crois que j’essaierai de faire changer les choses. Même si je crois que ce serait une mission suicide, je préfère mourir avec des remords que des regrets.

Je commencerai par réformer le système de soins de santé pour tendre vers un rapport horizontal entre patient•es et soignant•es. Je mettrai en place des lieux d’information sur les droits des patient•es. Je rendrais obligatoire des formations pour accueillir les victimes de violences médicales et pour accompagner les personnes en crises aux urgences. Je mènerai des campagnes de sensibilisation aux maladies mentales, neuroA et autres avec des personnes concernées et avec un budget plus raisonnable. (Si je me souviens bien, la dernière campagne contre le validisme en France avait coûté 2 millions pour quelques affiches). Je supprimerai le Téléthon et son pendant pour la santé mentale aux profits d’émissions sans misérabilisme et inspiration porn. Et si aucune de mes propositions n’est retenue, je gueulerai pour toutes les personnes handicapées que les valides n’écoutent jamais.

Une page que tu aimerais faire connaître ?

Difficile d’en choisir qu’une ! @licegateaux @freaksdessin @voyageuse_au_naturel et tant d’autres dans les stories à la une « insta psy et NA »

https://www.instagram.com/payetapsychophobie/

Portrait de LilouLilou

Comme LilouLilou, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

J’aime le théâtre surtout d’improvisation 😉  La danse. Le clown. La peinture. Le travail de l’argile. Le collage.

L’expression de la vie sous toutes ses formes.

J’oublie la musique qui est mon oxygène, mon carburant.

J’aspire au bonheur et à la liberté pour moi et mes semblables. J’ai des plaisirs simples. J’aime la Nature, les z’animaux et la convivialité.

Pouvoir aider ou procurer de la joie à quelqu’un me procure une joie vive.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

Mdr ! Je ne travaille pas. Hé ! « Le boulot y’a en a pas pour tout le monde. Je le laisse à ceux qui aime ça ! »

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

Aie aie aie ! Un monde à devenir fou. Une sorte d’univers parallèle où il vaut mieux ne pas y foutre les pieds.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

Une super connaissance de soi-même, de ses limites, de son imaginaire, de ses désirs profond. Une grande force. De l’humilité.

Beaucoup de gens passent leur vie à s’éviter. L’avantage de la « folie » c’est qu’on est confronté à nous-même ! On découvre les pouvoirs si mystérieux de l’esprit. Ça nous amène à découvrir des horizons inconnus à la majeure partie des gens.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Non je n’y tiens pas lol.

Sa démission !

Une page que tu aimerais faire connaître ?

surdouessence.ch

Portrait de Yotaba

Comme Yotaba, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

Je suis fascinée par de grands personnages : Pasteur, Marie Curie, Coluche, l’abbé Pierre, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Gisèle Halimi, Badinter, qui ont apporté de l’humanité à l’humanité par leur souci d’aider ceux dans le besoin.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

40 de recherche en chimie, j’ai eu la chance de pouvoir exercer le métier dont j’avais envie, et je ne me suis jamais ennuyée !

On se pose une question, on cherche à résoudre un problème, apporter quelque chose de mieux pour la société, on imagine des solutions et on doit innover pour y arriver, et ça marche! La science progresse et nous avec.

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

Beaucoup de discriminations, c’est un sujet vaste qui me concerne directement, je sors d’une dépression, ma sœur est bipolaire, mon frère est schizophrène, j’aimerais plus d’inclusion et une vision à la Gabor Maté des troubles psy basée sur une grande empathie et du dialogue ouvert.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

La créativité, l’originalité, un autre regard sur les rapports humains et le monde.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Je ne pourrais pas le devenir mais je lui demanderais de mettre tous les moyens nécessaires pour que les fous soient inclus dans la société, des lors qu’ils ne sont pas dangereux pour eux-mêmes ou pour les autres.

Personne ne choisi ses cartes au départ, certains sont plus fragiles, on doit les entourer et apprendre à communiquer avec eux.

Je rendrais la formation de premiers secours en santé mentale accessible à ceux qui veulent.

Une association que tu aimerais faire connaître ?

L’Unafam et les associations de protection de l’enfance.