Portrait de Yotaba

Comme Yotaba, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

Je suis fascinée par de grands personnages : Pasteur, Marie Curie, Coluche, l’abbé Pierre, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Gisèle Halimi, Badinter, qui ont apporté de l’humanité à l’humanité par leur souci d’aider ceux dans le besoin.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

40 de recherche en chimie, j’ai eu la chance de pouvoir exercer le métier dont j’avais envie, et je ne me suis jamais ennuyée !

On se pose une question, on cherche à résoudre un problème, apporter quelque chose de mieux pour la société, on imagine des solutions et on doit innover pour y arriver, et ça marche! La science progresse et nous avec.

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

Beaucoup de discriminations, c’est un sujet vaste qui me concerne directement, je sors d’une dépression, ma sœur est bipolaire, mon frère est schizophrène, j’aimerais plus d’inclusion et une vision à la Gabor Maté des troubles psy basée sur une grande empathie et du dialogue ouvert.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

La créativité, l’originalité, un autre regard sur les rapports humains et le monde.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Je ne pourrais pas le devenir mais je lui demanderais de mettre tous les moyens nécessaires pour que les fous soient inclus dans la société, des lors qu’ils ne sont pas dangereux pour eux-mêmes ou pour les autres.

Personne ne choisi ses cartes au départ, certains sont plus fragiles, on doit les entourer et apprendre à communiquer avec eux.

Je rendrais la formation de premiers secours en santé mentale accessible à ceux qui veulent.

Une association que tu aimerais faire connaître ?

L’Unafam et les associations de protection de l’enfance.

L’enfermement à la folie [Prison Insider]

En novembre 2021, Prison Insider publie, en collaboration avec l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam), une analyse de la prise en charge des auteurs d’infractions qui souffrent de troubles psychiques dans huit pays : Allemagne 🇩🇪, Angleterre 🏴󠁧󠁢󠁥󠁮󠁧󠁿 et Pays-de-Galles 🏴󠁧󠁢󠁷󠁬󠁳󠁿, Belgique 🇧🇪, Espagne 🇪🇸, Italie 🇮🇹, France 🇫🇷, Pays-Bas 🇳🇱, Suisse 🇨🇭.

Plus de 40 % des personnes détenues en Italie 🇮🇹 présentent au moins un trouble psychique. Elles sont environ 30 % en Espagne 🇪🇸, 35 % en Angleterre 🏴󠁧󠁢󠁥󠁮󠁧󠁿 et 60 % aux Pays-Bas 🇳🇱. Ces proportions sont nettement supérieures à celles constatées en population générale. La prison signe fréquemment la rupture des liens sociaux et familiaux. L’isolement, la promiscuité et le bruit plongent les personnes détenues dans une atmosphère violente. Les consommations de substances sont courantes. Des conditions propices pour que se déclenchent, se développent ou se renforcent des pathologies psychiatriques existantes.

La prison se voit accueillir des personnes en souffrance, elle qui n’est pas un lieu de soin. Partout en Europe, les parcs pénitentiaires se dotent d d’unités de soins psychiatriques ou d’établissements dédiés : « on fait entrer l’hôpital en prison ». Des structures hybrides émergent, entre gestion pénitentiaire et soins psychiatriques. La Belgique 🇧🇪 ouvre des annexes psychiatriques en prison. L’Espagne 🇪🇸 se dote d’hôpitaux psychiatriques pénitentiaires. La France 🇫🇷 dispose de 26 Services médicopsychologiques régionaux (SMPR). Elle développe un plan de construction d’unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA), surnommées hôpitaux-prisons. Aux Pays-Bas 🇳🇱, les établissements pénitentiaires psychiatriques sont situés au sein des prisons. Ils accueillent les personnes sous mesure de soins et les détenus qui nécessitent des soins.

Si la possibilité de transférer les détenus malades en hôpital psychiatrique existe, l’accueil reste timide, et ces derniers y sont largement discriminés. En Allemagne 🇩🇪, la majorité des hôpitaux psychiatriques généraux de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et de Rhénanie-Palatinat refusent d’accueillir des patients détenus. Les personnels hospitaliers déclarent craindre pour leur sécurité et s’inquiéter du danger que ces personnes représentent. En Espagne 🇪🇸, le CPT note la réticence des autorités à effectuer des transferts de la prison vers l’hôpital psychiatrique : seules 2 % des personnes détenues le sont alors que 30 % d’entre elles répondent aux critères de transfert. En France 🇫🇷, le recours à l’isolement est quasiment systématique et la durée de séjour très courte.

Les personnels font face à des situations qu’ils ne sont pas en mesure de gérer. Une formation sur la prise en charge des troubles psychiques ne leur est que rarement dispensée. Elle est réduite au strict minimum lorsqu’elle existe : un paradoxe alors que la prison se mue peu à peu en annexe de l’hôpital. Le manque de formation adéquate du personnel entraîne une prise en charge souvent inadaptée des personnes détenues qui souffrent de troubles psychiques.

En bref, les murs sont poussés, place aux malades. Faute de moyens, la qualité des soins psychiatriques, lorsqu’ils sont proposés, ne suit pas. Le recours à l’isolement et à la contention est fréquent. Les traitements médicamenteux sont administrés à de fortes doses. L’évaluation de la dangerosité de la personne est au cœur de toutes les modalités d’enfermement. Les durées des peines et des mesures de soins s’allongent : les libérations sont conditionnées au risque zéro, au terme d’évaluations très exigeantes. Le mirage d’une société sans risque marque l’apogée de la vision sécuritaire de la maladie psychique. Souvent au détriment des soins.

État des lieux, analyses, témoignages : Prison Insider vous invite à découvrir L’enfermement à la folie et à entrer, pays par pays, dans le fonctionnement d’un système.

Prison Insider attache un intérêt tout particulier aux témoignages. Aucun chiffre, aucune donnée, aucun rapport ne peut se substituer au récit. Ces regards sont complémentaires. Il nous importe de faire entendre vos voix.

Contactez-nous (c.bouchart@prison-insider.com et etudes.comparees@prisoninsider.com).

« Psychiatrie : Avis de défaillance généralisée » [Libé]

« Recours à la contention, locaux indignes, non-respect des droits des patients… Dans une synthèse de 135 rapports, l’Union des familles et amis de personnes malades ou handicapées psychiques UNAFAM dresse un état des lieux alarmant du secteur en France. «Libé» y a eu accès en exclusivité. »

« L’insertion par le travail », Bernard Pachoud

Intervention du Professeur Bernard Pachoud lors du colloque recherche de l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques UNAFAM du 9 décembre 2016.

Le handicap psychique, reconnu mais de cause inconnue

proustneuroscientist

« Pour se représenter une situation inconnue l’imagination emprunte des éléments connus et à cause de cela ne se la représente pas. Mais la sensibilité, même la plus physique, reçoit comme le sillon de la foudre, la signature originale et longtemps indélébile de l’événement nouveau. »

Albertine disparue
Marcel Proust

Dans sa présentation du handicap psychique, l’Unafam précise que : « le handicap psychique, secondaire à la maladie psychique, reste de cause inconnue à ce jour », contrairement au handicap mental dont la cause est identifiable et organique. En clair, on ne peut identifier les causes d’un trouble psychique sur un scanner du cerveau, car comme on le sait, des facteurs bio-psycho-sociaux entrent en jeu.

Peut-on vraiment dire qu’on ne connaît pas la (psy)cause? 
Et si au lieu de se pencher sur les scanners, on interrogeait les personnes concernées, l’interprétation de leur parcours, leurs mécanismes de défense et de survie?

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