« Tosquelles (1912-1994) », Justin(e)

« Tosquelles » croqué par Justin(e), une chanson à retrouver sur notre playlist Youtube.

Paroles de Tosquelles de Justin(e):

Et retour à la Catalogne et la défaite républicaine
Reus et vécu de fin de monde à l’arrivée de Francisco.
L’histoire du POUM est dans les corps
Le schizophrène dans la tranchée
Embrassait l’effort militaire et renseignait le militant
Sur l’écrasement de nos fantasmes.

Et s’éloigner de l’Espagne, franchir les Pyrénées
Se réfugier en Lozère et retrouver le marginal.
Politique à la folie, transformer les asiles
Assurer la survie au malade, un rôle primordial.
Se réunir encore, vagabonder encore
Devenir une équipe plus collective que Barcelone.

Et retour à la Catalogne à l’institut Pere Mata,
À l’unification marxiste et l’ombre du professeur Mira
Sur le front du sud une putain infirmière
Embrassait l’effort militaire et renseignait le militant.

Henri Laborit dans « Mon oncle d’Amérique » [22min]

« Un cerveau ça ne sert pas à penser, mais ça sert à agir.

[…] Pour aller sur la lune, on a besoin de connaître les lois de la gravitation. Quand on connaît ces lois de la gravitation, ça ne veut pas dire qu’on se libère de la gravitation. Ça veut dire qu’on les utilise pour faire autre chose. » Henri Laborit

 

Conférence tirée du film Mon oncle d’Amérique, dont le cinéaste Alain Resnais a illustré les travaux par une mise en scène dramatique avec Gérard Depardieu, Nicole Garcia et Roger Pierre. Produit par Philippe Dussart Sarl © 1980. Texte disponible ici.

La folie selon Deleuze

« Si tu ne saisis pas le petit grain de folie chez quelqu’un, tu ne peux pas l’aimer. Si tu ne saisis pas son point de démence, tu passes à côté. Le point de démence de quelqu’un, c’est la source de son charme. » Gilles Deleuze

 

Extrait du film « L’Abécédaire de Gilles Deleuze » Éditions Montparnasse © 2004

Je suis différent comme tout le monde

« Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis »
Antoine de Saint-Exupéry, Citadelle

Un jour, il faut se décider à être différent mais comme tout le monde, car la folie c’est de continuer à se croire plus différent qu’un autre.

J’étais un garçon incompris qui voulait faire la révolution et qui s’est vu rattraper un soir par la réalité, et l’humanité que j’entendais sauver m’a répondu par la plus grande indifférence, me laissant seul face à moi-même dans une chambre d’isolement d’un hôpital psychiatrique. Moi qui me croyais depuis lors perdu pour la vie, je peux aujourd’hui me réjouir d’avoir retrouvé mon chemin dans le maquis de la vie. Le plus agréable c’est d’avoir trouvé cet élan de confiance et de vivre désormais mes journées avec légèreté et simplicité.

Ce blog qui fut un temps mon terrain d’exploration personnelle et ma guérilla contre les préjugés, devient peu à peu un terrain d’action plurielle, une petite communauté de gens motivés, comme l’évoque in fine le titre « comme des fous ». Mon propos n’est pas de transformer ensemble la psychiatrie à défaut d’avoir pu changer le cours du monde. L’institution est là pour prendre soin et non pas pour se substituer à la vie. Ici, on parle de la vie d’après, celle qui se cherche pour mieux entrer en contact avec le monde réel, celle qu’on se construit dans les sourires et les échanges complices pour briser collectivement les murs de la solitude et de l’indifférence. Car plus on est de fous, plus on peut en rire.

Joan

«Ne devient pas fou qui veut»

«Loin donc que la folie soit le fait contingent des fragilités de son organisme, elle est la virtualité permanente d’une faille ouverte dans son essence.

Loin qu’elle soit pour la liberté «une insulte», elle est sa plus fidèle compagne, elle suit son mouvement comme une ombre. Et l’être de l’homme, non seulement ne peut être compris sans la folie, mais il ne serait pas l’être de l’homme s’il ne portait en lui la folie comme la limite de sa liberté. Et pour rompre ce propos sévère par l’humour de notre jeunesse, il est bien vrai que, comme nous l’avions écrit en une formule lapidaire au mur de notre salle de garde : “Ne devient pas fou qui veut.” »

Jacques Lacan, «Propos sur la causalité psychique» (1946).

source: https://www.freud-lacan.com/index.php/fr/colloques/journees-internationales/journees-que-deviennent-les-psychoses-de-l-enfant-aujourd-hui/481-dossier-de-preparation-que-deviennent-les-psychoses-de-l-enfant-aujourd-hui/5465-ne-devient-pas-fou-qui-veut

« Les Nouveaux cahiers pour la folie n°7 », septembre 2016

« Drôle de situation, nous voilà assis en cercle à même le sol avec des professionnels de la santé mentale pour parler de psychiatrie sur la place publique. Dans cette agora, on est d’abord frappé par la ritualisation de la parole, il faut être bref et efficace, et acter des décisions. Pendant l’AG, nous sommes tous des citoyens en lutte contre la loi santé, contre la psychiatrie gestionnaire. Une fois le rituel militant de l’AG terminé, la parole se libère, la rencontre s’humanise comme si la lutte n’était qu’un prétexte pour mieux se rencontrer. » Joan p.82

Nouveaux cahiers pour la folie

« Une radio de fous », entretien avec Alfredo Olivera

Superbe entretien avec Alfredo Olivera, créateur de Radio La Colifata, dans l’émission la Philanthropie de l’ouvrier charpentier du 3 octobre 2015 sur Radio Libertaire.

Alfredo Olivera
Alfredo Olivera, créateur de Radio la Colifata à Buenos Aires, président de l’association la Colifata en France et animateur d’un réseau international de radios liées à la santé mentale.

« Ma P’tite Folie, Edition 2 », 15 & 16 octobre 2016 à Saint-Ouen

La compagnie Nyx’Art et Psycom vous ouvrent les portes du centre artistique Mains d’Œuvres à Saint-Ouen, le samedi 15 octobre 2016.

Les 4000 m2 du lieu accueilleront simultanément des expositions photographiques et picturales, des projections de documentaires et courts-métrages, des concerts et pièces de théâtre, une dizaine de stands informatifs et ludiques, une librairie, des conférences ainsi qu’un espace restauration.

Cette seconde édition sera à nouveau une occasion chaleureuse et festive de découvrir, s’informer, comprendre, transmettre et échanger autour du sujet central de la journée : la destigmatisation du trouble psychique pour mieux vivre ensemble.

Ma P'tite Folie

Au programme de la journée portes ouvertes du samedi 15 octobre : Continuer la lecture de « « Ma P’tite Folie, Edition 2 », 15 & 16 octobre 2016 à Saint-Ouen »