Comme Adèle Van Reeth, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.
Ecoutez son émission sur France Culture:
Les Chemins de la Philosophie.
Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?
Mes inspirations : Mon amour, mon fils, l’écriture, la radio, le calme, la musique, le silence, le cinéma, la course à pied et le goût des bonnes choses en général.
Ce à quoi j’aspire : une vie d’écriture avec du temps et de la tranquillité en compagnie de mes hommes.
Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?
Mon métier consiste à trouver les mots pour transmettre clairement des idées parfois compliquées. J’aime mon métier parce qu’il me permet d’insuffler de la vie à la pensée.
Que penses-tu du monde de la santé mentale?
Je ne le connais pas aussi bien que je le souhaiterais, mais j’ai beaucoup d’admiration pour ceux qui y travaillent et je crois qu’il est victime d’un grand malentendu (comme le terme de « fou » qu’on applique à toutes sortes de situations). Je suis très sceptique quant à la distinction raison/folie.
Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?
Une créativité hors-norme. La liberté de ne pas se sentir obligé d’être comme tout le monde. Le meilleur antidote au conformisme. L’exploration de mondes qui ne sont que possibles pour les autres et qui peuvent devenir bien réels.
Antonin Artaud.
Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?
Je lui demanderais de décloisonner les hôpitaux psychiatriques afin de dédiaboliser la folie.

« La folie n’est pas un phénomène à part, ne concernant que certains d’entre nous. Tosquelles avait pour habitude de dire que ceux qui sont dans les asiles sont des gens qui ont raté leur folie, autrement dit ceux qui ne sont pas arrivés à jouer avec elle, en étant parfois un peu paranoïaques, parfois un peu hystériques, parfois un brin schizophrènes, comme nous le faisons tous pour nous sauver face à des situations inacceptables… mais sans jamais devenir totalement fous. Lorsqu’on ne peut plus jouer, la folie apparaît et l’inconscient devient à ciel ouvert. »

« Soigner quelqu’un, c’est l’aider à retrouver SA norme: l’état dans lequel il ne se sent plus malade, ne souffre pas, se porte aussi bien que possible ».