« C’est dans la maladie que nous nous rendons compte que nous ne vivons pas seuls, mais enchaînés à un être différent, dont des abîmes nous séparent, qui ne nous connaît pas et duquel il est impossible de nous faire comprendre : notre corps. »
Marcel Proust, Le côté de Guermantes
« Il faudra qu’un jour on puisse se demander avant toute intervention psychiatrique : qu’est-ce qui se manifeste dans cette crise ? Qu’est-ce qui s’y joue ? Qu’est-ce qui s’y donne à voir et à entendre ?
Et bien sûr que cette crise ne soit pas celle du malade qui pique sa crise, mais un simple événement, une rupture, l’éclatement de quelque chose qui ne pouvait plus durer. Et que ce que l’on appelle guérison ne soit pas retour à l’état antérieur, que ce qu’on appelle thérapeutique ne soit plus entreprise de restauration de l’ordre antérieur. »
« Nos meilleures ressources ne résident pas forcément en nous, comme prétend nous le faire admettre l’idéologie dominante du capital humain à travers l’image d’un individu auto-centré, entrepreneur de lui-même. Elles résident plutôt dans une relation créative (formative et capacitante) avec la situation dans laquelle nous sommes engagés. Le processus de capacitation gagne en pertinence, monte en puissance, par et dans l’expérience elle-même, à travers les épreuves qu’elle nous adresse et que nous devons explorer et surmonter. »
« D’une certaine manière, la folie est pour chacun de nous une tentation et un danger permanents, et si elle nous effraye tant chez autrui, c’est sans doute qu’elle réactive notre propre refoulé. Aussi préférons-nous exclure plutôt que d’être exclu. (…) À propos de l’exclusion, du rejet social, il conviendra de se demander si toute collectivité n’a pas besoin de fous, de déviants, de délinquants pour y inscrire sa négativité. Les victimes sacrificielles, les rôles maudits ne sont-ils pas nécessaires pour qu’une ligne de partage puisse être tracée entre la raison et la déraison, entre le permis et le défendu, entre le convenable et l’indécent, entre ce qui rassure et ce qui menace ? » Roland Jaccard
« Soigner quelqu’un, c’est l’aider à retrouver SA norme: l’état dans lequel il ne se sent plus malade, ne souffre pas, se porte aussi bien que possible ».
Martin Winckler, Les brutes en blanc via @Blog_Schizo
« Un névrosé est un homme qui construit un château dans le ciel.
Un psychotique est l’homme qui vit dedans.
Le psychiatre est celui qui collecte le loyer. »
Jerome Lawrence