Comme des fous, le livre!

comme des fous le livre

Comme des fous. Folie et trauma dans Tristram Shandy, est un livre au titre évocateur de Françoise Davoine paru en janvier 2017.

Sous la forme d’un dialogue de l’auteur avec son mari disparu (psychanalyste lui aussi et venu de la littérature), Comme des fous est le commentaire du livre premier de La Vie et les Opinions de Tristram Shandy, Gentleman, roman majeur de la littérature occidentale, écrit par Laurence Sterne (1713-1768) dans les dix dernières années de sa vie.

Le dialogue, actif, contrasté, décrit vivement les traumas et la folie qui s’emparent des personnages, et propose une lecture psychanalytique, mais aussi philosophique, historique et politique de ce roman de la déraison.

Françoise Davoine questionne à mi-voix l’usage que l’on peut faire de l’écriture et de la création littéraire dans une culture qui bat la breloque :à quoi bon Swift, ou Cervantes, ou Sterne, si le combat a lieu entre les fools et les knaves, entre les fous et les crapules? Tandis qu’avec une insouciance baroque dans le ton même de Sterne, et en profitant sans doute de son propre statut de disparu, le défunt époux de l’auteur fait ironiquement le psychanalyste, par petites touches, cite au passage Lacan, Freud ou Hannah Arendt, et dérange si bien l’avancée obstinée de l’auteur que l’on oublie que c’est Françoise Davoine qui le fait parler : dans un monde de fous, l’écriture redonne vie aux disparus, et remet le temps en marche.

La chronique de France Culture:

Vincent, entendeur de voix

Vincent Demassiet est entendeur de voix. Pendant des années, ses voix lui ont hurlé des insultes aux oreilles. Grâce à un groupe de parole du réseau REV (réseau français sur l’entente de voix), il a réussi à les dompter.

Portrait de Lou Lubie

Comme la dessinatrice Lou Lubie, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Découvrez sa nouvelle bande dessinée Goupil ou Face!

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Je crois que je me nourris d’un peu de tout, je capte une bonne idée par ci, un trait qui fait mouche par là…
Je suis particulièrement admirative devant le travail de Craig Thompson, un auteur de BD immensément talentueux.
Quant à mes aspirations… si je pouvais vivre sereinement de mon travail créatif, ce serait merveilleux.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

J’exerce plusieurs métiers – dont auteure de BD et développeuse web -, mais toujours des métiers créatifs ! Faire de la bande dessinée, par exemple, c’est pouvoir exprimer en images des sensations abstraites. En dessinant la cyclothymie sous la forme d’un petit renard dans « Goupil ou face », elle devient beaucoup plus concrète… et beaucoup plus compréhensible pour un lecteur extérieur au trouble. Un atout par rapport aux publications plus médicales et académiques, qui demandent beaucoup de motivation pour être lues !

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Le monde de la santé mentale devrait faire partie intégrante du monde-tout-court…! Personne n’a l’impression de basculer dans « le monde de la santé nasale » quand il a un rhume, il ne devrait pas en être autrement pour le cerveau. Il y a des gens qui ne « croient pas » aux maladies mentales, qui refusent d’admettre qu’ils peuvent être touchés, eux ou leur entourage, qui voient les psys comme des manipulateurs, des affabulateurs… Tout ça traduit une grande peur de l’inconnu qui est un sacré frein au bien-être des personnes atteintes d’une maladie ou d’un trouble psychiatrique.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Comme je le raconte dans « Goupil ou face », la cyclothymie – une forme de trouble bipolaire -, entraîne un besoin permanent de neuf, de neuf, toujours de neuf ! Ma solution à moi pour la nourrir, ça a été de piocher dans tous les domaines créatifs : six livres publiés, un site communautaire qui réunit 2.000 dessinateurs (www.forum-dessine.fr), un jeu vidéo créé collaborativement par 82 amateurs, des illustrations réalisées pour des occasions très variées… Je suis aussi extrêmement curieuse de nouvelles rencontres et j’ai l’impression d’avoir noué des relations particulièrement intenses et nourrissantes.
Être cyclothymique rend tout plus bref, plus intense, plus puissant – en positif comme en négatif. Autant essayer d’en profiter !

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

La politique, les costumes cravate et les petits jeux de pouvoir, pas pour moi ! Plus que les lois, je pense que ce sont les idées qu’il est urgent de faire changer : je me sens plus utile en écrivant des bandes dessinées qu’en votant des textes de loi. Si le Ministre de la Santé Mentale pouvait déjà soutenir la myriade d’initiatives artistiques, bénévoles et associatives qui existent, ce serait une aide précieuse pour beaucoup.
(Par contre, si je pouvais toucher un mot au Ministre de la Culture au sujet de la rémunération des auteurs…)

L’entretien de Lou Lubie sur France Culture:

Portrait d’Adèle Van Reeth

Comme Adèle Van Reeth, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Ecoutez son émission sur France Culture:
Les Chemins de la Philosophie.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Mes inspirations : Mon amour, mon fils, l’écriture, la radio, le calme, la musique, le silence, le cinéma, la course à pied et le goût des bonnes choses en général.

Ce à quoi j’aspire : une vie d’écriture avec du temps et de la tranquillité en compagnie de mes hommes.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Mon métier consiste à trouver les mots pour transmettre clairement des idées parfois compliquées. J’aime mon métier parce qu’il me permet d’insuffler de la vie à la pensée.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Je ne le connais pas aussi bien que je le souhaiterais, mais j’ai beaucoup d’admiration pour ceux qui y travaillent et je crois qu’il est victime d’un grand malentendu (comme le terme de « fou » qu’on applique à toutes sortes de situations). Je suis très sceptique quant à la distinction raison/folie.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Une créativité hors-norme. La liberté de ne pas se sentir obligé d’être comme tout le monde. Le meilleur antidote au conformisme. L’exploration de mondes qui ne sont que possibles pour les autres et qui peuvent devenir bien réels.
Antonin Artaud.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Je lui demanderais de décloisonner les hôpitaux psychiatriques afin de dédiaboliser la folie.