Isolée !

Ce texte est extrait de Pour une psychiatrie bientraitante, Expériences et réflexions d’une patiente et d’un infirmier. Laurence Martin, Christophe Médart. 2014 disponible en téléchargement gratuit.

isolée

Pour aller plus loin: Communiqué du 25 mars 2017 à propos des recommandations de la Haute Autorité de Santé sur la contention en psychiatrie.

Je pleure, je pleure tellement que les larmes coulent dans mes oreilles, trempent mon visage, mes cheveux et les draps. Mais je ne peux pas m’essuyer les yeux car ils m’ont attachée.

Clouée dans ce lit et enfermée seule dans cette chambre pour avoir trop souffert. Souffert à avoir voulu mourir. Pour me sauver, je me suis coupée, j’ai fait couler mon sang pour arriver à supporter cette douleur, pour arriver à vivre. Mais ils n’ont pas compris, ils ne comprennent pas que je fais ça pour me sauver.

Et maintenant je veux mourir pour de bon. Je souffre tellement et je suis seule, seule comme un chien. J’attends un geste d’humanité. Je suis attachée, isolée. Comme je préfère pleurer seule chez moi qu’à côté d’eux qui ne me parlent pas…

ON ME FAIT DU MAL COMME ON NE M’EN A JAMAIS FAIT

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Portrait de Lana de Blog Schizo

Comme Lana, autrice de Blog Schizo, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

J’aimerais faire connaître Psylence radio, une émission de radio réalisée par des usagers de la psychiatrie, tous les troisième lundi du mois à 17h sur Radio Panik.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Essentiellement la littérature, classique ou contemporaine. J’aspire à être une personne bien, même si ce n’est pas toujours facile, et à avoir de bonnes relations avec mon entourage.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je suis libraire, donc je suis à la fois dans l’intellectuel et le pratique, entre les conseils et la manutention. J’aime ce métier car j’aime les livres et les gens, et qu’il me permet de partager ma passion.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Je pense qu’il y à le pire et le meilleur, et que nous devons travailler à ne garder que le meilleur. Je crois que l’hôpital en particulier doit aller vers plus de respect et de libertés. J’ai souffert de certains aspects de ce monde mais j’y ai aussi rencontré des personnes extraordinaires.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Une autre vision de la vie, une meilleure connaissance de soi, apprendre à s’appuyer sur ses forces et connaître ses faiblesses.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, le monde de la politique est trop dur pour moi. Je lui demanderais plus de moyens pour la psychiatrie, qu’elle valorise les relations humaines plutôt que les applications pour smartphones par exemple (là je vise notre ministre de la santé en Belgique), qu’elle donne les moyens à des endroits alternatifs pour se développer, comme le Pianocktail ou l’Autre « lieu » à Bruxelles, qu’il y en ait dans chaque ville.

Portrait d’Il était une fois en psychiatrie

Comme l’auteur d’Il était une fois en psychiatrie, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

J’aimerais faire connaître le blog passionnant d’une femme, patiente de psychiatrie, qui raconte et interroge avec force et émotion le quotidien de nos services. A lire absolument pour ceux qui veulent travailler ou travaillent déjà en psychiatrie… https://blogschizo.wordpress.com/

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

La musique en premier lieu, le cri des violons, le vibrato d’une voix, jusqu’à la chair de poule. Puis les hommes, les femmes, le ressac des vagues, la pluie, la poésie, le ciel, le vent, le feu qui crépite, les yeux, l’âme, le silence, les regards, jusqu’à la chair de poule. C’est d’ailleurs ce à quoi j’aspire, avoir la chair de poule, toujours!

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Infirmier en psychiatrie, une main sur l’épaule, la chaleur d’une cigarette, une fenêtre ouverte, un chemin à deux ou à plusieurs… Un long chemin, difficile parfois, mais beau souvent…

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Riche, intense, unique, et beau…

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Qui est fou? Qui ne l’est pas? Je ne sais pas et peu importe… Le positif, la beauté de la folie est dans l’intensité des rencontres qu’elle génère, dans sa force, et sa pureté. Sombre ou triste parfois, elle reste toujours unique et digne.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, je reste à ma petite place, aux côtés de ceux que j’accompagne… À la ministre, je lui demanderais plus de moyens et de liberté.

« Le rétablissement dans la schizophrénie », Marie Koenig [Livre]

Présentation de l’éditeur La rencontre avec les personnes atteintes d’un trouble psychique nous apprend autant qu’elle nous confond. Elle vient parfois bousculer l’ensemble de nos savoirs communs et professionnels, au point de les dévoiler sous les traits de préjugés. Dans le champ de la santé mentale, le nouveau paradigme du rétablissement (recovery) met en évidence […]

via “Le rétablissement dans la schizophrénie”, Marie Koenig, PUF — blogschizo

Je ne suis pas une handicapée psychique

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« Une des expressions politiquement correctes, soutenue notamment par les associations de familles, pour parler des personnes avec une maladie mentale, est celle d’handicap psychique.

Je n’aime pas cette expression. J’AI une maladie mentale, mais je ne SUIS pas une handicapée psychique.

Certes, la maladie peut-être handicapante. Mais une maladie est est en perpétuelle évolution et peut même disparaître complètement, dans les périodes de rémissions. Une maladie peut aussi exister sans handicaper, en étant soignée. Elle existe toujours mais n’handicape plus. Continuer la lecture de « Je ne suis pas une handicapée psychique »

« Grandeur de la folie », Henri Grivois [livre]

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Présentation de l’éditeur

Après deux siècles de psychiatrie, un siècle de psychanalyse et cinquante ans de neurobiologie, la folie – la psychose, en termes médicaux – reste un mystère planté au cœur de l’être humain. Nous n’avons guère avancé depuis les Grecs. La psychose est universelle. Quels que soient la société, la culture ou le sexe, le premier épisode psychotique se déclare entre 15 ans et 25 ans et touche autour de 1% de la population aux quatre coins de la planète. C’est là un point fondamental. L’île, le pays lointain, le régime politique ou alimentaire qui ne connaît pas de psychotique n’a pas été découvert à ce jour et ne le sera jamais. » Je suis tout le monde, je suis vous, je suis Dieu « , dit le psychotique. À ces mots, la médecine a répondu par la saignée au XIXe siècle, et par les médicaments au XXe. Chaque…

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grandeur de la folie henri grivois

Faut-il expliquer à un schizophrène qu’il est fou oui ou non?

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« Bon, évidemment, le titre n’est pas de moi. C’est une requête google qui a mené à mon blog. Et c’est toujours une bonne occasion pour moi d’essayer de répondre simplement à ce genre de questions.

Déjà, je vais commencer par l’évidence: la réponse est non. Parce que « salut mon pote, je te dis que tu es fou, tu dois me croire », à mon avis ça ne fonctionnera pas. Il y a peu de chance que le schizophrène en question réponde « ah oui, je suis fou, je prendrais bien une petite dose de neuroleptiques ce soir ».

Je l’ai déjà dit cent fois, mais ça ne fait jamais de tort de le répéter: les proches d’une personne schizophrène ne sont pas des soignants. Leur rôle, c’est d’être là, un ami, un parent, quelqu’un sur qui on peut compter, et peut-être même se confier. Pas d’être celui qui va guérir le délire par… »

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« Santé mentale: guérison et rétablissement », collectif, John Libbey [livre]

Présentation de l’éditeur

Peut-on parler de guérison dans le champ de la santé mentale ou devrait-on parler de rétablissement ? Quelles significations attribuer à ces concepts dans un domaine où la pathologie est marquée du sceau de la chronicité et empreinte de représentations stigmatisantes ? Quelles applications concrètes l’émergence de ces concepts en santé mentale engendre-t-elle en termes de pratique clinique et de politique de santé publique ? Cet ouvrage aborde les notions de guérison et de rétablissement en santé mentale d’un point de vue théorique, clinique et expérientiel par des auteurs issus de divers horizons. La mise en perspective de ces regards croisés (chercheurs en sciences sociales, cliniciens et usagers) vise l’élaboration de savoirs complexes et inédits autour de questions constituant des enjeux fondamentaux de la recherche contemporaine en santé mentale. En France, l’approche du rétablissement en santé mentale est encore très peu abordée aussi bien sur le plan…

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Le terrorisme n’est pas une maladie mentale

   blogschizo

Juste une précision parce que la lecture de certains commentaires sur le net ont fini de me faire désespérer du genre humain après cette journée de merde: merci de laisser les schizophrènes et toutes les personnes souffrant de troubles mentaux en-dehors de la merde qui a eu lieu aujourd’hui (l’attentat à Charlie Hebdo) Etre terroriste ne veut pas dire être schizophrène. Les schizophrènes n’ont absolument rien avoir avec cette histoire, alors merci de ne pas traiter les terroristes de schizo à tout va. Il ne faut pas être malade pour tuer, il faut encore moins être schizophrène, il suffit d’être humain, c’est comme ça depuis la nuit des temps.