L’anglais Richard Bentall a montré, dans un article très documenté, qu’en appliquant rigoureusement la méthode athéorique du DSM (Diagnostic Statistical Manual of Mental Disorders) on pouvait définir le bonheur comme une maladie : le bonheur est en effet un état statistiquement anormal. Il correspond à un ensemble de symptômes qui peuvent être critérisés et à des anomalies cognitives définies. Il a probablement pour corrélat un fonctionnement du système nerveux central en rupture avec le régime cérébral de base. L’auteur montre que l’objection selon laquelle le bonheur n’étant pas considéré négativement n’est pas un trouble n’est pas scientifiquement pertinente. Il propose de le dénommer non sans humour : major affective disorder : pleasant type.
L’histoire de la psychiatrie est indissociable de celle d’une antipsychiatrie.
Jacques Hochmann met ici au jour le constant balancement entre critiques et réactions, entre démarches « alternatives » et reprises en main qui a habité la psychiatrie depuis ses origines.
Analysant en particulier l’antipsychiatrie anglaise ainsi que la psychiatrie démocratique italienne des années 1970, il retrace aussi tous les mouvements qui, dès le XIXe siècle, se sont opposés à la médecine officielle, aux pratiques thérapeutiques attentatoires aux libertés, à l’asile d’aliénés rebaptisé hôpital psychiatrique, etc. Il propose enfin les bases scientifiques qui pourraient permettre de sortir de ce combat permanent.
Une relecture complète de l’histoire de la psychiatrie qui permet d’éclairer les débats actuels.
Cynthia Fleury, psychanalyste, philosophe et titulaire de la Chaire de Philosophie à l’Hôpital Hôtel-Dieu, revient sur l’évolution de la psychiatrie et de ses pratiques dans le temps. Elle aborde notamment les défis d’aujourd’hui et apporte des éléments pour repenser la psychanalyse aujourd’hui.
Comme Elkrem hassna, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.
J’aimerais faire connaître L’Association marocaine des usagers de la psychiatrie AMUP. L’hôpital psychiatrique Errazi de Salé, Maroc. »
Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?
Toutes les personnes qui ont marqué l’histoire avec leur génie ou sagesse ou exploits me fascinent. J’adore les lieux gorgés d’histoires et de mystères, de beauté.
Ma profession « professeur » est ma raison d’être, mais je perds pieds…un amour qui se disloque?
J’aspire à la plénitude et la Paix . Que la clarté puisse habiter mon esprit.
Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?
Mon métier est le plus noble au monde. Être professeur a été un rêve. Réalisé donc.
Mais une brèche…m’empêche de savourer cet amour de transmission et d’éducation.
Que penses-tu du monde de la santé mentale?
Le monde de la santé mentale chez nous au Maroc est une arène… le malade doit être soit un gladiateur soit une bête de foire. Un monde où l’empathie s’est effacée pour laissé place à l’intérêt.
Il avance certes mais à deux vitesses. Pour certains les dés sont joués pour d’autres ils sont pipés.
Un monde impitoyable. On se bat face à un géant. David et Goliath? J’espère qu’on sera tous ébahis par ce que peut faire : un usager de la psychiatrie.
Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?
La folie est douce , elle est enivrante…qu’on voudrait la boire jusqu’à la lie. Folie …à l’infini . Un univers où s’exprime les génies et les incompris.
La folie est la garantie qu’une société est saine d’esprit. Sinon être tous des clones…relèverait d’une conspiration. Des Aliens? Pour le coup on dira que c’est une aliénation.
Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?
Jamais je ne serai assez folle pour être ministre ! Dieu merci , j’ai un cerveau…
Je ne jetterai pas les malades dans le caniveau…
A notre ministre je lui demanderai de ne pas être si certain que la folie est fatidique et que s’il avait cette chance d’avoir une graine de folie bien des problèmes serait résolus.
La folie meurtrière est celle qui habite les responsables irresponsables. Ceux qui sont aux commandes.
« Nos meilleures ressources ne résident pas forcément en nous, comme prétend nous le faire admettre l’idéologie dominante du capital humain à travers l’image d’un individu auto-centré, entrepreneur de lui-même. Elles résident plutôt dans une relation créative (formative et capacitante) avec la situation dans laquelle nous sommes engagés. Le processus de capacitation gagne en pertinence, monte en puissance, par et dans l’expérience elle-même, à travers les épreuves qu’elle nous adresse et que nous devons explorer et surmonter. »
« Au sein de l’asile de Maison-Blanche, un pavillon a ouvert ses portes en 1983, à une autre forme de médecine : la thérapie par la création libre. » Charlie Hebdo Continuer la lecture de « L’Atelier du Non-Faire »
On a tous de bonnes raisons de devenir fou – le stress, le travail, une vie difficile – mais que faire face à quelqu’un qui perd la tête ?
Bien souvent on est paralysé par la situation et on ne sait pas quoi dire à cette personne qui semble avoir coupé les ponts de toute communication rationnelle. Soit parce qu’elle est en pleurs ou qu’elle hurle un monologue interminable.