Portrait de Rody

Comme Rody, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

Ma famille, mes amis, sont les personnes ressources qui me permettent d’entrevoir un amour et un futur possible.

Je vis dans une solitude extrême et cela me donne le sentiment d’être une fourmi dans une fourmilière.

J’aime essayer de trouver des situations où je peux méditer. Par exemple, j’ai choisi de moins polluer l’environnement en n’utilisant plus de voiture, en faisant mes courses à pied et pour ce qui est des longs trajets j’utilise le train. Je médite souvent sur la question du pourquoi les gens prennent leur véhicule. C’est un faux espoir, le temps passe différemment à pied.

J’ai espoir qu’une majorité de personnes prendront conscience qu’une voiture rend esclave et non libre.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

J’ai essayé de travailler comme graphiste.

Cependant, j’ai eu des périodes de maladie très handicapantes et de longs séjours à l’hôpital.

Mon métier ou du moins ma raison de vivre est de mieux comprendre le monde qui m’entoure afin d’être une personne ressource et de confiance pour mes proches.

J’aime observer le monde afin de voir ce qui pourrait être différent.

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

Le monde de la santé mentale en France n’est pas vraiment la priorité des dirigeants.

Avoir une maladie mentale peut entraîner de lourdes conséquences comme l’éloignement des amis, l’incompréhension des réactions de rejet, et une grande fragilité.

Il y a beaucoup à faire en ce qui concerne la protection des malades.

Il n’est pas rare de voir en psychiatrie bourreau et victime prendre un repas ensemble de par le laxisme des lois. En effet, il peut y avoir dans une même enceinte des victimes de viols et des violeurs par manque de place dans la structure.

Il y a beaucoup à réfléchir aussi quant à la volonté d’enfermer ceux qui nous paraissent différents.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

Rien, le fou, à force d’être écouté, semble normal et les personnes commencent par entendre la folie comme normale.

Hallucinations, états de transe et phénomènes paranormaux peuvent être gênants à aborder, tout comme l’après vie.

En HP (hôpital psychiatrique), il est fréquent de pouvoir parler de tout.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Je demanderais un budget pour les fous raisonnables ; quand une personne qui fait des économies écologiques pour être bienveillante avec les générations futures, qu’elle soit rétribuée pour bon comportement.

A l’inverse, quand une personne pollue qu’elle soit sanctionnée.

Ce n’est pas parce que des gens ont une maladie mentale qu’ils doivent être marginalisés, au contraire, et surtout actuellement.

Le mythe de l’agitation des malades mentaux [Philippe Paumelle] – PDF

Pinel dit à Pussin :

– Quand ils deviennent trop méchants, que faites-vous ?

– Je les déchaîne.

– Et alors ?

– Ils sont calmes.

« L’Anti-coercition n’est pas l’Anti-psychiatrie » par Thomas Szasz

Antoine Fratini nous propose ici une traduction d’un texte de Thomas Szasz paru dans The Freeman, 58: 26-27 Mai 2008.

Si pour beaucoup la coercition est inhérente à la psychiatrie, Szasz montre que l’anti-psychiatrie anglaise n’était pas forcément anti-coercitive et qu’il est difficile pour un professionnel de renoncer à la coercition (et à la contrainte) sans être taxé d’anti-psychiatre.

Szasz, psychiatre et psychanalyste, auteur du Mythe de la maladie mentale, est connu pour son lien avec la Scientologie et la CCDH qu’il adoube car elle dit lutter contre les abus psychiatriques même s’il précise :

« Eh bien, je me suis affilié à cette organisation longtemps après avoir été reconnu en tant que critique de la psychiatrie, appelée Commission des citoyens pour les droits de l’homme, car ils étaient alors la seule organisation et ils sont toujours la seule organisation qui avait de l’argent et qui avait accès à des avocats et qui était actif dans les efforts pour libérer les patients psychiatriques incarcérés dans des hôpitaux psychiatriques qui n’avaient rien, qui n’avaient commis aucun crime, qui voulaient sortir de l’hôpital. Et cela était pour moi une cause très valable; c’est toujours une cause très valable. Je ne crois pas plus à leur religion ou à leurs croyances que je ne crois aux croyances d’aucune autre religion. Je suis athée, je ne crois pas au christianisme, au judaïsme, à l’islam, au bouddhisme et je ne crois pas à la scientologie. Je n’ai rien à voir avec la Scientologie. »

Thomas Szasz, 2009

« Le terme anti-psychiatrie fut créé en 1967 par le psychiatre sud-africain David Cooper (1931-1986) et par le psychiatre écossais Ronald Laing (1927-1989). Au lieu de donner une définition précise du terme “anti-psychiatrie” ceux-ci affirmèrent: “Nous avons nourri tant de rêves à propos d’un idéal de communauté psychiatrique, ou plutôt anti-psychiatrique”. Ce “nous” étaient Cooper, Laing et leurs élèves américains Joseph Berke et Leon Redler.

“La clé pour la compréhension de l’anti-psychiatrie”, explique le psychothérapeute existentiel anglais Digby Tantam, “est que la maladie mentale est considérée un mythe (Szasz, 1972)”. Hélas, ce n’est pas vrai.

Beaucoup d’anti-psychiatres rejettent le modèle médical de la psychiatrie, mais continuent à concevoir les problèmes humains ainsi que les tentatives de les résoudre en faisant largement usage de la terminologie médicale et, ce qui est encore plus important, en ne s’opposant pas à la coercition “thérapeutique”.

Les psychiatres sont engagés en de multiples pratiques troubles dont la plus importante reste la défense de l’insanité mentale. Les anti-psychiatres n’ont pas vraiment affirmé ceci dans leurs textes, mais l’exemple de la fameuse expertise médico-légale que Laing fit à propos du cas John Thomson Stonehouse (1925-1988), un ministre travailliste anglais accusé de fraude fiscale, est plutot significative à ce sujet. Quand les autorités furent sur le point de l’arrêter, Stonehouse organisa son propre suicide. Le 20 novembre 1974 il laissa quelques vêtements dans le lieu où il se trouvait, à Miami Beach, et s’enfuit. Donné pour mort, il partit pour l’Australie dans l’espoir de se refaire une nouvelle vie avec sa maitresse et fut arrêté par hasard à Melbourne, déporté en Grand Bretagne avec de 21 chefs d’accusation sur le dos.

Stonehouse plaida non coupable pour des raisons d’insanité mentale et fut condamné à sept ans de prison. Afin de supporter la thèse de son insanité mentale il engagea les services de cinq psychiatres. Laing, qui fut un de ceux-ci, affirma sous jurement que son client était malade au moment de commettre les délits. Dans son livre Mon procès Stonehouse écrit: “Le Dr. Donald Laing… a mis en évidence ma condition de malade mental. Il a affirmé… l’existence d’une dissociation de la personnalité en plusieurs parties et diagnostiqué une psychose réactive”.

Mais Laing ne connaisssait point son client avant le procès et ne pouvait donc pas connaitre la condition mentale dans laquelle il se trouvait au moment de commettre ses méfaits. Le diagnostique de Laing fut un expédient psychiatrique classique, précisément le genre de charlatanerie qu’il il prétendait combattre. Laing et Stonehouse furent tout simplement des menteurs.

La célébrité de Laing est liée à son rôle d’empereur de Kingsley Hall, “maison-famille” fondée par lui et ses acolytes. Cette institution a été promue comme un lieu de cure où toute personne ayant été diagnostiquée schizophrène peut être sure de ne pas être emprisonnée ni remplie de médicaments contre sa propre volonté. La vie quotidienne à Kingsley Hall était basée sur la fiction selon laquelle tous les “résidents” étaient égaux et que personne n’était patient ni praticien. Le psychiatre américain Morton Schatzman, qui avait choisit de vivre à Kingsley Hall pendant un an, affirme: “Aucune des personnes vivant à Kingsley Hall considère les figures professionnelles comme étant extérieures à la structure et les internes comme des patients”. Il s’agit là d’un mensonge caractéristique de l’anti-psychiatrie, tout comme le mensonge qui fait de la privation de la liberté une cure, caractérise la psychiatrie.

L’écrivain américain Clancy Sigal (né en 1926) se rendit à Londres pour devenir un patient de Laing. La “thérapie” se conclut rapidement, les deux se lièrent d’amitié et partagèrent des expériences psychédéliques en assumant du LSD. Sigal, qui était l’un des co-fondateurs de Kingsley Hall, changea d’avis à propos de la communauté de Laing, spécialement après avoir découvert que Laing et compagnie, malgré leurs prédications en faveur de la non-violence, pratiquaient la violence.

De retour aux USA, Sigal écrivit un livre ravageant envers Laing et son culte. « Zone of the interior » fut publié aux USA en 1976. En utilisant la menace des lois britanniques sur la diffamation, Laing réussit à en empêcher la publication dans le Royaume Uni jusqu’en en 2005. Sigal écrit: “En septembre 1965, pendant les grandes vacances juives, j’ai eu une crise schyzophrènique… ou une espèce d’expérience transformante, selon les points de vue. Cette crise n’était pas advenue en privé, mais devant vingt ou trente personnes un vendredi soir de shabbat à Kingsley Hall… La notion sur laquelle se basait la communauté est que la psychose n’est pas une maladie, mais un état mental de trance à considérer comme facteur curatif”.

Dans un interview successif à la publication du livre en UK, Sigal décrivit en ces termes sa folie à deux avec Laing: “Nous nous échangions les rôles, lui devenait patient et moi thérapeute, et assumions du LSD ensemble… Laing et moi avions fait un pacte diabolique. Nous devenions schizophrènes dans notre attitude envers nous mêmes et envers le monde… (une) nuit, après avoir laissé Kingsley Hall, certains médecins qui s’étaient convaincus que je voulais me suicider arrivèrent à toute allure dans mon appartement et me subministrèrent une dose massive de Largactil (Thorazine), un sédatif à action rapide utilisé dans les hôpitaux psychiatriques. Conduits par Laing, ils m’amenèrent à Kingsley Hall… La dernière phrase dont je me souvienne est “Vous bâtards, vous ne savez pas ce que vous faites”.

Sigal s’enfuit de Kingsley Hall, retourna aux USA et publia enfin son roman en 1975. La publication en UK fut stoppée par una action légale de Laing. La saga de Sigal devait devenir le sceau ultime posé sur le cerceuil de la légende selon laquelle Laing fu un opposant des pratiques coercitives liées à la psychiatrie.

Quand en 1976 le livre de Sigal fut mis en commerce, Laing aurait déjà pu être jugé et puni, Kingsley Hall aurait pu être fermé comme hôpital psychiatrique et la légende de Laing “sauveur des schizophrènes” aurait pu s’effondrer définitivement. Shakespeare avait raison: “Le mal que les personnes font vit après eux”.

La Fin de Kingsley Hall

Le chaos a Kingsley Hall dura moins de cinq ans. Hélas, le terme malheureux “anti-psychiatrie” survécu, bien que Cooper et Laing savaient qu’il fut inéxact et trompeur. Dans un interview vers la fin de sa vie, Laing se rappela d’avoir dit à Cooper: “David, le fait de devoir répudier ce terme est un foutu désastre. Mais il avait un côté trompeur qui a finit par nous confondre”.

Comme conséquence de la terminologie anti-psychiatrique, et contrairement à n’importe quel autre médecin spécialiste, les psychiatres peuvent désormais repousser les critiques adressées aux différents aspects de la pratique psychiatrique en nommant ces derniers “anti-psychiatriques”. L’obstétricienne qui refuse de pratiquer l’avortement n’est pas stigmatisée “anti-obstétricienne”. Le chirurgien qui refuse de pratiquer les opérations de changement de sexe n’est pas classé “anti-chirurgien”.

Mais le psychiatre qui refuse la coercition ainsi que les pseudo-légitimations qui y sont attachées est appelé “anti-psychiatre”. Le résultat est que tout médecin sauf le psychiatre est libre d’accepter ou de ne pas accepter les procédés particuliers qui offensent ses propres principes moraux ou plus simplement les pratiques qu’il préfère ne pas mettre en acte.

Pourquoi le psychiatre est en fait privé de sa liberté? Parce que en psychiatrie le paradigme de la pratique (enfermer les patients considérés dangereux pour eux-mêmes ou pour les autres) est la cure médico-légale standard. La déviation par rapport à tel standard suscite des controverses légales et expose le psychiatre au risque du retrait de son autorisation à la pratique médicale. »

Traduit de l’anglais par Antoine Fratini

Bibliographie choisie

Le Mythe de la maladie mentale (The Myth of Mental Illness: Foundations of a Theory of Personal Conduct), 1961

L’Éthique de la psychanalyse (The Ethics of Psychoanalysis: The Theory and Method of Autonomous Psychotherapy), 1965

Fabriquer la folie (The Manufacture of Madness: A Comparative Study of the Inquisition and the Mental Health Movement), 1970

Idéologie et Folie : essais sur la négation des valeurs humanistes dans la psychiatrie d’aujourd’hui (Ideology and Insanity: Essays on the Psychiatric Dehumanization of Man), 1970

L’Âge de la folie (The Age of Madness: A History of Involuntary Mental Hospitalization

Karl Kraus et les docteurs de l’âme : Un pionnier et sa critique de la psychiatrie et de la psychanalyse (Karl Kraus and the Soul-Doctors: A Pioneer Critic and His Criticism of Psychiatry and Psychoanalysis), 1976

La Schizophrénie : le symbole sacré de la psychiatrie (Schizophrenia: The Sacred Symbol of Psychiatry), 1976

La Théologie de la médecine : fondements politiques et philosophiques de l’éthique médicale (The Theology of Medicine: The Political-Philosophical Foundations of Medical Ethics), 1977

Le Mythe de la psychothérapie (The Myth of Psychotherapy: Mental Healing as Religion, Rhetoric, and Repression), 1978

The Therapeutic State: Psychiatry in the Mirror of Current Events, 1984

Pharmacratie : médecine et politique, l’État thérapeutique (Pharmacracy: Medicine and Politics in America), 2001

My Madness Saved Me: The Madness and Marriage of Virginia Woolf, 2006

Coercion as Cure: A Critical History of Psychiatry, 2007

Suicide Prohibition: The Shame of Medicine, 2011

« Sous l’emprise de la folie? » de Caroline Protais

L’expertise judiciaire face à la maladie mentale (1950-2009)

sous l'emprise de la folie
de Caroline Protais aux éditions de l’EHESS.

Aujourd’hui les psychiatres intervenant en justice exposent de plus en plus les malades mentaux criminels à la sanction pénale et à la prison.

Passant au crible un ensemble d’expertises psychiatriques, Caroline Protais analyse comment a évolué le discours professionnel dominant : à l’humanisme des premiers aliénistes du XIXe siècle s’est substituée à partir des années 1960 une tendance punitive sans cesse accrue et toujours d’actualité.

Entre histoire et sociologie, cet ouvrage offre non seulement une rétrospective originale des pratiques psychiatriques depuis les années 1950, mais également une réflexion sur une problématique qui travaille nos sociétés depuis toujours : celle de la responsabilité humaine face aux errements de la raison.

SOMMAIRE Continuer la lecture de « « Sous l’emprise de la folie? » de Caroline Protais »

Détecter la maladie mentale

Vous avez quelqu’un en tête, vous vous inquiétez pour un proche, un collègue ou un client qui présente un comportement anormal et souhaitez réagir avant qu’il ne soit trop tard ?

Vous n’êtes pas psy dans l’âme mais vous aimeriez aider cette personne voire l’amener à consulter un professionnel sans qu’elle ne se sente prise pour folle ?

Vous pouvez lui faire part de votre ressenti personnel et de votre inquiétude pour qu’elle se sente comprise et non pas attaquée et jugée.

détecter la maladie mentale

Plutôt que de savoir si elle cache un trouble de la personnalité, un trouble addictif, un trouble de l’humeur, une dépression sévère ou passagère, vous aimeriez affronter cette situation problématique et trouver une solution, des mots, un conseil qui puissent apaiser rapidement cette souffrance et rouvrir les portes qui semblent se refermer entre entre elle et vous, entre elle et le monde.

On sait que plus on intervient tôt, plus on évite le recours à l’hospitalisation psychiatrique, mais comment agir? Comment savoir si une personne est en train de basculer dans la maladie mentale ? Continuer la lecture de « Détecter la maladie mentale »

Les 4 évangiles de l’antipsychiatrie britannique

Les quatre évangiles de l’antipsychiatrie britannique des années 1960:

antipsychiatrie britannique

  • La Critique de la Raison dialectique de Jean Paul Sartre.
  • L’Histoire de la folie de Michel Foucault.
  • Asiles d’Erving Goffman.
  • Le Mythe de la maladie mentale de Thomas Szasz.

« Métamorphoses chimiques du sujet », Carlos Parada

Une autre histoire de la psychopharmacologie

Revue Psychiatrie, Psychanalyse et Sociétés

Résumé: L’immense majorité des études sur l’histoire de la psychiatrie se consacre à une période qui débute à « l’âge classique » et finit à la fin du XIXe siècle. Notre analyse historique, aborde la production de la médecine mentale au cœur du XXe siècle.

Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, les propriétés de multiples substances supposées agir sur l’esprit furent intensément explorées, analysées, codifiées et instrumentalisées. Nous verrons comment initialement ces substances visaient surtout l’exploration d’une vérité supposée du sujet par l’induction de la parole.

Nous aborderons ensuite la généalogie et les particularités des expériences avec la chlorpromazine, dite neuroleptique. En quelques années, ces expériences ont forgé de nouvelles pratiques et de nouveaux discours sur le pouvoir des drogues, sur la maladie mentale et sur le sujet, qui perdurent jusqu’à nos jours au moins sous deux formes : une disciplinaire, la psychopharmacologie et l’autre transgressive, la toxicomanie moderne.

Aujourd’hui, les substances psychoactives et leurs effets traversent une crise. Leurs promesses d’efficacité et leurs postulats s’essoufflent. Une neuroscience d’un néo-localisationnisme marqué par l’imagerie de sièges et de circuits cérébraux semble alors prendre le relais.

Cet article tente d’expliciter comment et en quoi consistent ces transformations qui, bien au-delà de la psychiatrie moderne, ont profondément marqué les hypothèses, les pratiques et les représentations, tant de la maladie mentale que de la construction du sujet contemporain.

Lire l’article sur Revue PPS

« T-MAPs: Transformative Mutual Aid Practices »[ESP-ENG]

« Pratiques transformatrices d’entraide mutuelle. », atelier animé par Sascha Altman Du Brul lors du 7ème congrès mondial sur l’entente de voix‬, organisé par Entrevoces.

« MAPEA-T: Mutuo Apoyo y Prácticas Emancipadoras Activistas para la Transformación » (Taller) from Entrevoces on Vimeo.

« Voici l’idée: une grande partie de ce qu’on appelle la ‘maladie mentale’ a trait à la communication‬. Si je peux communiquer comment je me sens à l’intérieur, vous pouvez vous faire une idée de ce qui m’arrive.

J’utilise le langage de la sensibilité pour parler de moi et d’autres personnes ayant des diagnostics en santé mentale. Selon le langage du DSM, j’ai un trouble bipolaire; dans mon langage propre j’ai des dons dangereux que je dois comprendre et traiter avec respect‬. On nous a donné tant de formes de penser sur nous et sur les gens qui nous entourent.
Une des choses les plus puissantes que nous pouvons faire c’est de réécrire nos propres histoires et changer le langage que nous utilisons pour parler de nous-mêmes ».

Sascha Altman DuBrul

T-maps Transformative Mutual Aid Practices

« Journée Mondiale des Réfugiés »

Billet traduit de la page LoComún, merci à elles! Gracias!

« Ce lundi c’était la Journée Mondiale des Réfugiés. Pour l’occasion, quelques médias et des collectifs de professionnels, se sont fait l’écho des « problèmes de santé mentale » dont souffre ce groupe de personnes, obligées d’abandonner leurs foyers, leur famille et amis et confrontées au déracinement et à l’insécurité.

Et dans une tentative de définition du « problème », ou de cerner ces individus « autres », ils nous ont fourni des données épidémiologiques, des probabilités, des statistiques et des diagnostics, et nous avons pu lire des phrases du type: « les réfugiés ont plus de problèmes d’anxiété et de dépression », « les réfugiés ont trois fois plus de risque de souffrir de schizophrénie et de troubles psychotiques », « le trouble de stress post-traumatique est plus fréquent parmi les réfugié », « des thérapies psychologiques à l’attention des traumas multiples chez les réfugiés », « les enfants réfugiés ont des problèmes de comportement et d’adaptation ». Comme si le « problème » était parmi les autres et que ce n’était pas le problème de tous.

Nous ne doutons pas des bonnes intentions qu’il peut y avoir derrière ces affirmations, mais nous défendons que la santé mentale n’est pas, quand bien même on veuille nous le vendre, quelque chose d’individuel, mais bien quelque chose d’ordre relationnel, dans le collectif, dans le commun. C’est pour cela que nous croyons qu’en diagnostiquant les réfugiés, on n’accepte les préceptes de la « maladie mentale » et qu’on ne tombe -à nouveau- dans le piège de penser la santé mentale comme quelque chose d’individuel.

[Tweet theme= »tweet-string-underlined »]Nous défendons que la santé mentale n’est pas quelque chose d’individuel mais bien quelque chose d’ordre collectif[/Tweet]

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Je ne suis pas une handicapée psychique

   blogschizo

« Une des expressions politiquement correctes, soutenue notamment par les associations de familles, pour parler des personnes avec une maladie mentale, est celle d’handicap psychique.

Je n’aime pas cette expression. J’AI une maladie mentale, mais je ne SUIS pas une handicapée psychique.

Certes, la maladie peut-être handicapante. Mais une maladie est est en perpétuelle évolution et peut même disparaître complètement, dans les périodes de rémissions. Une maladie peut aussi exister sans handicaper, en étant soignée. Elle existe toujours mais n’handicape plus. Continuer la lecture de « Je ne suis pas une handicapée psychique »