Version sous-titrée en français.
« Les internés gèrent l’asile : Histoires de la MPA (Mental Patients Association) », documentaire sur un groupe d’activistes en psychiatrie créé au début des années 1970 à Vancouver au Canada.
Changer les regards sur la folie
« Les internés gèrent l’asile : Histoires de la MPA (Mental Patients Association) », documentaire sur un groupe d’activistes en psychiatrie créé au début des années 1970 à Vancouver au Canada.
Illustration: C’est une image de madame pourquoi, parce que je me pose plein de questions, parce que j’appartiens à la génération Y (why), et parce que je ne sais pas qui je suis.
Le théâtre, la littérature, les personnes empathiques, intelligentes, calmes et bienveillantes, la mer démontée en Bretagne.
J’aspire à un monde plus raisonnable. Qui se préoccupe davantage de la santé et de la culture de ses habitants que du profit. Qui oriente massivement son énergie collective vers des solutions sur des problèmes à long terme.
Je n’ai pas un « vrai métier » dans le sens où je travaille très peu et où c’est au black. Je donne des cours de piano.
J’aime la présence des élèves et voir leurs progrès, essayer de trouver des solutions à chaque problème. J’aime donner des cours particuliers car je peux m’adapter à chaque élève.
J’ai suivi des formations (par exemple musique et dyslexie, apprentissage du braille musical), j’essaie d’élargir mon répertoire…
Il me faudrait un roman. Tout ce que je peux dire, c’est que je suis perturbée depuis la petite enfance, que j’ai été déscolarisée en troisième (1996) et qu’après le lycée j’ai sombré. Ma première TS remonte à décembre 2000 et j’ai été depuis dans le circuit psy avec différents essais.
On m’a refusé un diagnostic que je réclamais sous prétexte que c’était « stigmatisant »… après un immense coup de chance, j’ai enfin trouvé le bon docteur en 2008.
Il m’a diagnostiquée, borderline, et m’a donné des solutions concrètes. Il me suit toujours aujourd’hui.
Donc pour résumer, je pense que c’est globalement un monde de merde mais qu’il existe quand même des gens compétents. Seulement tout le monde n’y a pas accès et c’est profondément injuste.
J’écris ça en plein confinement et contrairement à la majorité de mes concitoyens, celui-ci ne me dérange absolument pas.
Je donne mes quelques cours par Skype, j’ai des amis au téléphone, mais enfin je n’ai plus la pression des rendez-vous et de mes annulations régulières. Je n’ai plus à faire des calculs d’apothicaire pour savoir quels engagements je peux prendre, pour pouvoir les honorer tous.
En temps normal, mon trouble est sans doute aussi à la source de grandes joies car je suis hyper sensible et peux donc vibrer très intensément sur une musique, à en avoir des frissons et une explosion dans le cerveau, comme un orgasme, pareil au théâtre quand toute une salle partage la même émotion.
Clairement pas. Déjà parce que je suis tellement fatigable, susceptible, je ne peux pas travailler en équipe, etc. Et surtout parce que c’est un domaine si complexe dont je ne connais finalement pas grand-chose en dehors de ma propre expérience.
Je lui demanderais d’avoir la possibilité d’avoir une aide à domicile pour les courses, le ménage, la cuisine, etc car je ne peux rien faire de cela toute seule. Et mon mari le fait franchement comme un adolescent ou jeune étudiant et je me sens honteuse et dégradée de vivre dans cet environnement. Être à l’hôpital c’est pas drôle mais au moins c’est propre et on mange équilibré.
AAPEL : Association d’Aide aux Personnes avec un État Limite, borderline ou personnalité limite.
Virginie, fidèle lectrice de Comme des fous, nous écrit pour faire avancer le droit à la libre association des personnes sous tutelle ou curatelle en France, au nombre de 730000 en 2019.
Je crois qu’il faut se battre pour que le principe de libre association des majeurs sous tutelle ou curatelle soit reconnu dans la loi de 1901 elle-même. Il y a un article spécial pour les mineurs.
Il peut tout à fait y avoir un article pour les personnes sous tutelle et curatelle.
Cela permettrait aux patients psy, mais aussi aux personnes âgées ou aux autistes d’avoir à terme accès à la direction de toutes les associations (y compris d’usagers !) et plus seulement aux clubs thérapeutiques ou aux Groupes d’Entraide Mutuelle (un GEM c’est d’abord une personne morale sous tutelle ou curatelle d’une autre personne morale…).
Comme ça ne coûte pas 1 euro, l’argument budgétaire ne peut pas être opposé.
J’aimerais que le monde de la psychiatrie se mobilise enfin sur cette question.
Article 1
L’association est la convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun, d’une façon permanente, leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices. Elle est régie, quant à sa validité, par les principes généraux du droit applicables aux contrats et obligations.
L’article
1 exclut a priori les mineurs et les personnes sous curatelle ou tutelle (les
principes généraux du droit applicables aux contrats et obligations = les
incapacités).
(…)
Article 2 bis
Tout mineur peut librement devenir membre d’une association dans les conditions définies par la présente loi.
Tout mineur âgé de moins de seize ans, sous réserve d’un accord écrit préalable de son représentant légal, peut participer à la constitution d’une association et être chargé de son administration dans les conditions prévues à l’article 1990 du code civil (= on lui appliquera les règles de responsabilité des mineurs, pas celles des majeurs). Il peut également accomplir, sous réserve d’un accord écrit préalable de son représentant légal, tous les actes utiles à l’administration de l’association, à l’exception des actes de disposition.
Tout mineur âgé de seize ans révolus peut librement participer à la constitution d’une association et être chargé de son administration dans les conditions prévues à l’article 1990 du code civil. Les représentants légaux du mineur en sont informés sans délai par l’association, dans des conditions fixées par décret. Sauf opposition expresse du représentant légal, le mineur peut accomplir seul tous les actes utiles à l’administration de l’association, à l’exception des actes de disposition.
L’article 2 bis a été créé spécialement pour créer des droits pour les mineurs au nom de la citoyenneté.
Il suffit de créer un article 2 ter pour les majeurs sous curatelle ou tutelle.
Virginie,
Club trouble(s) Fête, branche dissidente
L’avis d’André Bitton pour le CRPA (Cercle de Réflexion et de Proposition d’Actions sur la psychiatrie) :
Je pense que ce n’est pas réformer la loi du 1er juillet 1901 sur le contrat d’association qu’il faut prôner, mais bien que la France se mette en conformité avec les recommandations du Conseil de l’Europe et de la Rapporteure spéciale des nations-unies concernant les mesures de protection :
– Abolir la tutelle complète,
– Réduire drastiquement le nombre de personnes sous curatelle, et mettre en oeuvre les mesures d’accompagnement à la gestion qui sont dans les textes et qui sont sous-utilisées.
Une troisième mesure serait nécessaire d’ordre psycho-éducatif ou ré-éducatif (mais ce serait révolutionner l’ordre familial et social) : favoriser le libre arbitre chez les personnes atteintes de pathologie mentale… au lieu de faire l’inverse et de renforcer l’aliénation des patients.
Merci à vous.
C’est une bien large question, il y a tant de choses auxquelles j’aspire. Je pourrais résumer en disant la sérénité, le bonheur…
Je souhaite le bonheur dans mon couple, au travail, avec les ami(e)s et le bien être de mes deux enfants, une relation facilitée avec mon ex-femme.
J’aimerais faire évoluer le monde de la psychiatrie, je suis en contact avec les professionnels du secteur.
Je suis président d’une association d’usagers créée en 2017, je souhaite faire évoluer la perception des gens.
Il y a beaucoup d’espoir contrairement à la vision générale du public.
J’ai été 10 ans moniteur de char à voile. Je suis un grand adepte des sports nautiques, kite surf et windsurf. J’adore la proximité avec la nature, les sensations fortes… Je suis encore moniteur les weekends et les vacances mais j’essaie de ralentir pour m’octroyer plus de temps pour moi et ma famille.
En mars 2017 j’ai obtenu mon diplôme d’AMP, aide médico psychologique grâce à un congé individuel de formation.
Je travaille depuis novembre 2017 dans un collège-lycée avec internat auprès d’adolescents ayant un handicap moteur.
Mon rôle est de les accompagner dans leur vie quotidienne et de veiller à leur bien être psychologique.
J’aime beaucoup ce travail, c’est riche en relation humaine. J’apprends énormément particulièrement quand il y a des tensions à gérer. Ici les jeunes sont bien traités et on peut leur apporter beaucoup. Et on travaille en équipe pluridisciplinaire.
J’ai maintenant un temps plein (38H30) semaine et je suis en congé pendant chaque vacance scolaire.
A nouveau c’est large comme question.
D’abord c’est quoi le monde de la santé mentale?
C’est la psychiatrie? Les usagers? Les proches d’usagers? Les ex usagers?
Sans doute tout cela à la fois et plus peut être…
Les psychiatres sont bien trop fermés dans leur monde rationnel, ils refusent d’ accepter qu’il existe des choses qui dépassent l’entendement.
Les usagers sont englués dans leur troubles, manque de confiance en eux, n’arrivent pas à se détacher de leurs proches parents.
Les ex usagers eux ont vraiment du mal à se faire entendre. C’est à se demander s’il ne vaut mieux pas être toujours usager pour être écouté et crédible. Sinon on peut même être vu comme dangereux voire nocifs pour les « autres malades ».
La folie fait partie de la vie. Je suis adepte des philosophies asiatiques. Pas d’obscurité sans lumière, pas d’amour sans haine, pas de douleurs sans plaisirs… Et donc pas de folie sans sagesse…
La folie peut être, je crois, un des chemins de la sagesse. Un chemin difficile, très difficile et complexe. On ne sera jamais plus comme avant et d’ailleurs ce n’est plus du tout Ce que l’on cherche une fois rétabli.
Il faut apprendre à gérer de nouvelles émotions très fortes, on est une éponge, il ne faut pas se laisser déborder. C’est un jeu d’équilibriste.
On se connait mieux, on connait mieux son corps, on connait mieux les autres. On apprend beaucoup, on a aussi pleins d’interrogations.
Traverser le monde de la folie pour se rétablir, c’est un chemin initiatique, accepter les choses, se faire tout petit, être très humble et patient et accéder au final à une grande richesse intérieure.
Après ce n’est pas une aventure idyllique, j’aurais pu perdre la vie plusieurs fois, provoquer la mort d’autres personnes, rendre malheureux beaucoup de monde.
Ce qu’on peut tirer de positif de la folie, c’est donc ce à quoi je m’évertue chaque jour et c’est devenu en quelque sorte l’un des principal but de ma vie.
Non je ne pense pas. Je serais je crois bien trop éloigné du terrain.
J’aimerais beaucoup dans un premier temps travailler comme « pair aidant professionnel ».
J’aimerais que l’association OPALEGEM fonctionne réellement et que je puisse vraiment aider des personnes à évoluer, à se rétablir d’avantage de leurs troubles. J’aimerais encore qu’il existe dans mon secteur un conseil local en santé mentale.
Ce que je demanderais au ministre, je ne sais pas vraiment, ça dépend du contexte dans lequel je le rencontrerais.
En tous les cas, j’essayerais de lui transmettre mes ressentis, mes émotions, lui faire part de ce que moi j’ai vécu, de ce que je ressens, ce que l’on a dit à mes parents lors de ma première crise:
« Votre fils va prendre un traitement toute sa vie, il fera 20 kg de plus, il n’aura pas la vie que vous aviez espéré ».
Et pourtant… je suis là… et bien différent de leurs prédictions…
J’aimerais faire connaître L’Association marocaine des usagers de la psychiatrie AMUP. L’hôpital psychiatrique Errazi de Salé, Maroc. »
Toutes les personnes qui ont marqué l’histoire avec leur génie ou sagesse ou exploits me fascinent. J’adore les lieux gorgés d’histoires et de mystères, de beauté.
Ma profession « professeur » est ma raison d’être, mais je perds pieds…un amour qui se disloque?
J’aspire à la plénitude et la Paix . Que la clarté puisse habiter mon esprit.
Mon métier est le plus noble au monde. Être professeur a été un rêve. Réalisé donc.
Mais une brèche…m’empêche de savourer cet amour de transmission et d’éducation.
Le monde de la santé mentale chez nous au Maroc est une arène… le malade doit être soit un gladiateur soit une bête de foire. Un monde où l’empathie s’est effacée pour laissé place à l’intérêt.
Il avance certes mais à deux vitesses. Pour certains les dés sont joués pour d’autres ils sont pipés.
Un monde impitoyable. On se bat face à un géant. David et Goliath? J’espère qu’on sera tous ébahis par ce que peut faire : un usager de la psychiatrie.
La folie est douce , elle est enivrante…qu’on voudrait la boire jusqu’à la lie. Folie …à l’infini . Un univers où s’exprime les génies et les incompris.
La folie est la garantie qu’une société est saine d’esprit. Sinon être tous des clones…relèverait d’une conspiration. Des Aliens? Pour le coup on dira que c’est une aliénation.
Jamais je ne serai assez folle pour être ministre ! Dieu merci , j’ai un cerveau…
Je ne jetterai pas les malades dans le caniveau…
A notre ministre je lui demanderai de ne pas être si certain que la folie est fatidique et que s’il avait cette chance d’avoir une graine de folie bien des problèmes serait résolus.
La folie meurtrière est celle qui habite les responsables irresponsables. Ceux qui sont aux commandes.
Découvrez la page de l’association.
Parents d’un enfant schizophrène de 14 ans maintenant, nous mettons tout en œuvre afin de lui permettre d’avoir une vie meilleure, une place dans la société, un avenir…
Après être passés dans une émission télévisée, dans plusieurs radios pour lever ce tabou qui relève de cette fichue maladie, nous avons reçu pas mal d’appel de parents désorientés, mal renseignés, nous nous devions de faire quelque chose pour les aider, les épauler, un soutien mutuel est né…
Nous avons par le passé fait confiance à une association locale qui fut un fiasco total…
Apres plusieurs remises en question, de soutien de ceux qui sont restés a nos côtés, les familles, les encadrants, les spécialistes, ce combat ne devait pas resté vain, nous devions faire quelque chose…
L’association NotreCombat Celui d’Evann se devait d’exister pour notre fils et pour tous ces parents avec qui nous sommes en relation. Beaucoup de personnes sont à nos côtés, plusieurs projets sont en cours, quelque part cela fait du bien de se savoir aidé, soutenu, nous ne qualifions pas l’association comme un métier mais plus comme un droit, un devoir…
De part les réseaux sociaux, nous savons que beaucoup ne se sentent pas assez entendus, aidés. La schizophrénie est souvent liée à la folie, dangerosité, il faut absolument lever ce tabou, trouver un maximum d’aide, trouver les structures adaptées, les bons traitements, parce qu’avant tout, elle est maladie. Il faut également entourer la famille, les écouter, les soutenir du mieux possible. Beaucoup de choses reste à faire.
Des rencontres magnifiques, un soutien et des personnes investies font de la maladie une force!!!
Ministre de la santé, non, mais nous lui dirions qu’en France, nous sommes quelque peu en retard par rapport à d’autre pays. Que nous manquons de moyens, de structures et que bien sûr certaines existent mais si peu, et que pour ces malades, ces familles, le besoin est omniprésent…