Le gène de la Folie

La folie serait-elle inscrite dans nos gènes?

gène de la folieDe nos jours, on explique la folie à partir du modèle bio-psychosocial. On parle d’une vulnérabilité génétique sur laquelle viennent jouer des facteurs liés à l’environnement extérieur et à des expériences de vie particulièrement stressantes.

Dans la lignée des recherches génétiques, la revue Molecular Psychatry publie un article sur Le gène qui dérange les connexions cérébrales.

Une recherche menée avec 9000 patients psychiatriques et sur des souris de laboratoire aurait permis d’identifier le gène DIXDC1 comme facteur de risque psychiatrique.

Que disent les résultats?

Les résultats de l’expérience disent que sur 9000 personnes environ 80 malades (0,9%) présentent des mutations de ce gène contre environ 45 chez les non-malades (0,5%). Si on fait le calcul, seules 4 personnes sur 1000 auraient donc une maladie due à cette perturbation génétique.

Que peut-on conclure pour les 99,1% patients psychiatriques restant?

Les chercheurs précisent, à leur façon, que chaque personne et chaque folie est différente. Chaque folie mérite un traitement individualisé, disent-ils. On peut toutefois s’interroger sur l’orientation neurologique des recherches sur les causes de la folie.

Candidats à l’élection présidentielle : publiez votre programme pour la santé mentale

pétition santé mentale

Un enjeu de santé majeur

Le professeur Christophe Lançon de Marseille lance une pétition pour demander aux candidats à l’élection présidentielle française de 2017 de publier leur programme pour la santé mentale. Continuer la lecture de « Candidats à l’élection présidentielle : publiez votre programme pour la santé mentale »

A votre avis, le traitement peut-il être arrêté lorsque la personne atteinte de schizophrénie va mieux ?

A votre avis, le traitement peut-il être arrêté lorsque la personne atteinte de schizophrénie va mieux?

schizautrement
« Guide pour décrocher des médicaments psychotropes en réduisant les effets nocifs, Will Hall »

Voici la question posée mardi par la page Schiz’autrement des laboratoires Janssen et voici la réponse donnée:

Faux, le traitement sur le long terme est bénéfique, il ne faut pas l’arrêter.

La schizophrénie étant une affection chronique, les rechutes surviennent dans de nombreux cas suite à l’arrêt du médicament. Un traitement antipsychotique au long cours est souvent nécessaire pour que l’impression de mieux-être perdure.

Si le traitement est bénéfique pour la majorité (ceux qui les prennent et ceux qui les vendent), n’y a-t-il pas là une supercherie intellectuelle puisque les rechutes ne survenant pas dans tous les cas, cela veut dire qu’il existe des cas où il est possible d’arrêter, non?

Alors on peut arrêter ou pas?

Si on lit le Guide pour Décrocher des Médicaments Psychotropes en réduisant les Effets Nocifs de Will Hall, les américains eux y arrivent.

Soyons honnêtes, s’il existe au moins une infime possibilité d’arrêter progressivement sans rechute alors la réponse est VRAI.

Auriez-vous intérêt à dire le contraire, et si tout était dans le mot pouvoir?

« Pas de panique, je suis psychotique », Alain Karinthi

Merci Alain pour cette superbe contribution!

dont panic

Pas de panique, Je suis psychotique… car pas de panique, le monde, vous , êtes si fanatique!!

Je m’appelle Alain, j’ai 35 ans. Je suis travailleur pair dans une équipe mobile de psychiatrie pour des personnes sans abri, vivant avec des troubles de santé mentale, ici à Marseille, France. Ce qui signifie que je vis avec de graves troubles de santé mentale décrits par les médecins comme : une personnalité maniaco-dépressive ou désordonnée (ça dépend du spécialiste ! toute une affaire pour comprendre !), avec en guise de comorbidités, des troubles border-line, addictifs et un déficit de l’attention…

Mon travail est en partie d’organiser des groupes d’auto support, et de réfléchir à la construction d’une formation universitaire sur les « pratiques orientées rétablissement » (concernant globalement le médico-social, le sans-abrisme, l’empowerment et les problématiques d’addiction par exemple), avec un groupe composé de pairs, de chercheurs, de docteurs, de professeurs et de militants ! Nous avons démarré cette année et la première promotion d’étudiants est en train de finir !). J’ai travaillé sur un programme “Housing First de janvier 2012 à mars 2014 et depuis sur ce poste à Marseille) Continuer la lecture de « « Pas de panique, je suis psychotique », Alain Karinthi »

« Aidez nous à nous rétablir! », Alain Karinthi

Merci à Alain pour cette contribution!

alain karinthi

En psychiatrie comme en psychologie, le rétablissement (terme traduit de l’anglais recovery) fait l’objet de controverses en France; sa compréhension par les professionnels fait souvent l’objet de résistances. Concrètement, cet état de fait se traduit pour nous, personne vivant le trouble, en difficultés de vie supplémentaires. Pour faire bref, pour construire notre rétablissement, nous ne pouvons dans la plus grande majorité des cas faire sans les soins, mais la position des soins dans l’organisation des ressources d’aide est objectivement problématique.

Le rétablissement, pour nous, c’est un processus qui se déclenche dans le vécu d’une personne atteinte de troubles psychiques, vivant de manière singulière la souffrance psychique, qui permet in fine de vivre de façon harmonieuse, quelle que soit la méthode qu’elle va employer pour y parvenir. Ce n’est pas seulement des techniques, et un but, mais bien un cheminement vers et dans cette harmonie, une construction d’équilibres et de déséquilibres perpétuels au fur et à mesure de nos choix de vie, formant une vie normale, menée par une personne atteinte de troubles psychiques,( « un psychotique »), même les plus sévères: schizophrénies diverses et variées, troubles bipolaires sévères avec des passages maniaques, et autres troubles anxio-dépressifs dits majeurs. Continuer la lecture de « « Aidez nous à nous rétablir! », Alain Karinthi »

« Ne pas rater sa folie », Cynthia Fleury

Cynthia Fleury« La folie n’est pas un phénomène à part, ne concernant que certains d’entre nous. Tosquelles avait pour habitude de dire que ceux qui sont dans les asiles sont des gens qui ont raté leur folie, autrement dit ceux qui ne sont pas arrivés à jouer avec elle, en étant parfois un peu paranoïaques, parfois un peu hystériques, parfois un brin schizophrènes, comme nous le faisons tous pour nous sauver face à des situations inacceptables… mais sans jamais devenir totalement fous. Lorsqu’on ne peut plus jouer, la folie apparaît et l’inconscient devient à ciel ouvert. »
Cynthia Fleury, chronique du 30 septembre 2016 dans l’Humanité.

« Invention de l’hystérie », Georges Didi-Huberman

hystérie
Augustine

«La médecine de l’hystérie vivrait-elle dans le risque ?
Le risque d’un charme ? Un charme, oui. A la Salpêtrière, cet enfer, les hystériques n’ont pas cessé de faire de l’œil à leurs médecins. Ce fut une espèce de loi du genre, non seulement la loi du fantasme hystérique (désir de captiver), mais encore la loi de toute l’institution asilaire elle-même. Et je dirai que celle-ci avait structure de chantage : en effet, il aura fallu que chaque hystérique fasse montre, et régulièrement, de son orthodoxe «caractère hystérique» (amour des couleurs, «légèreté», extases érotiques…) pour ne pas être réaffectée au «Quartier», très dur, des toutes simples et incurables Aliénées».
Georges Didi-Huberman, Invention de l’hystérie: Charcot et l’Iconographie photographique de la Salpêtrière.

source: http://espace-holbein.over-blog.org/article-11428967.html

(ré)écouter l’émission N’est pas fou qui veut du dimanche 7 août 2016: « Les patientes hystériques de Freud et l’invention de la psychanalyse« 

Je suis différent comme tout le monde

« Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis »
Antoine de Saint-Exupéry, Citadelle

Un jour, il faut se décider à être différent mais comme tout le monde, car la folie c’est de continuer à se croire plus différent qu’un autre.

J’étais un garçon incompris qui voulait faire la révolution et qui s’est vu rattraper un soir par la réalité, et l’humanité que j’entendais sauver m’a répondu par la plus grande indifférence, me laissant seul face à moi-même dans une chambre d’isolement d’un hôpital psychiatrique. Moi qui me croyais depuis lors perdu pour la vie, je peux aujourd’hui me réjouir d’avoir retrouvé mon chemin dans le maquis de la vie. Le plus agréable c’est d’avoir trouvé cet élan de confiance et de vivre désormais mes journées avec légèreté et simplicité.

Ce blog qui fut un temps mon terrain d’exploration personnelle et ma guérilla contre les préjugés, devient peu à peu un terrain d’action plurielle, une petite communauté de gens motivés, comme l’évoque in fine le titre « comme des fous ». Mon propos n’est pas de transformer ensemble la psychiatrie à défaut d’avoir pu changer le cours du monde. L’institution est là pour prendre soin et non pas pour se substituer à la vie. Ici, on parle de la vie d’après, celle qui se cherche pour mieux entrer en contact avec le monde réel, celle qu’on se construit dans les sourires et les échanges complices pour briser collectivement les murs de la solitude et de l’indifférence. Car plus on est de fous, plus on peut en rire.

Joan