Des Communs du Soin

« Est-ce que la psychiatrie c’est du soin, pas toujours, du coup la question c’est qu’est-ce qui soigne ? »

Olivia (Humapsy)

Une discussion autour des soins en santé mentale et la psychiatrie à l’occasion des 5days4ideas à Bruxelles animée par Josep Rafanell i Orra et Camille Louis avec la participation des professionnel·les et participant·es de l’Autre “lieu” et de La Trame et Joan de Comme des fous, le 7 septembre 2022.

La citoyenneté est thérapeutique

Sommes-nous trop fragiles pour être citoyens? La participation citoyenne des… comment nous nommer… usagers, patients, psychiatrisés, malades, handicapés psy? Ces termes qui évoquent l’hôpital comme si une fois sortis on restait tous des psytoyens plutôt que des citoyens à part entière.

Un jour, dans une rencontre de l’association Humapsy, le Forum fou je crois, j’ai compris que ce n’est pas parce qu’on est malade qu’il faut conquérir le droit à s’exprimer publiquement. En fait, on est citoyen avant, après et pendant ce qu’on appelle la maladie. Et quand on parle en société, on est un citoyen avant tout, le diagnostic psychiatrique t’appartiens et tu n’as pas à en avoir honte ou à le revendiquer car, en général, les autres voient en toi d’abord un être humain et pas une étiquette.

Personnellement, je me battais pour retrouver ma citoyenneté et le droit à la parole citoyenne depuis que j’en avais perdu l’usage à l’hôpital psychiatrique. D’abord, parce que, délirant pour la première fois et ne comprenant pas ce qui m’arrivait, je ne pouvais pas exprimer une quelconque parole et qu’après, je croyais que ma parole n’avait plus de valeur, qu’elle était devenue pathologique, à l’image des gens qui parlent tout seuls dans le métro et dont on se soucie peu du contenu que peut avoir leur logorrhée.

Il m’a fallu reprendre confiance, la psychothérapie et le temps aidant, l’effet des psychotropes se tassant, j’ai peu à peu repris la parole. J’ai compris et j’ai surtout mûri pour comprendre que vouloir faire la révolution (seul) n’était pas tant un trouble du comportement qu’un rêve d’adolescent.

Dans un premier temps, j’ai compris que c’était ma révolution intérieure qu’il fallait accomplir. Mais, la logique du développement personnel teintée d’individualisme, cette idée que chaque malade doit se rétablir avant tout pour lui-même ne me convainc toujours pas. Et pourtant, il est vrai qu’il faut apprendre à prendre soin de soi si on veut pouvoir prendre soin des autres.

Et puis dans ma solitude désespérante, j’ai intégré des collectifs qui m’inspiraient de l’espoir et me donnaient envie d’être avec les autres. Il y a eu les indignés, le collectif de soutien pour la Grèce, la commission Psy, soin accueil à Nuit Debout, Radio Sans Nom, mais aussi l’association Clubhouse dont l’une des missions est la déstigmatisation des troubles psychiques, du coup j’ai pu prendre la parole en public, toujours en binôme, de manière protégée. Ensuite, j’ai participé à l’organisation de la Mad Pride à Paris pour porter cette cause sur la voie publique et dans les médias.

D’ailleurs cette année, on va à Genève pour la Mad Pride suisse dans l’espoir, qui sait, de faire renaître la Mad Pride en 2020 à Paris, avis aux intéressé.e.s!

J’ai ensuite rejoint l’organisation des Semaines de la Folie Ordinaire franciliennes, une alternative aux trop consensuelles Semaines d’information sur la Santé Mentale. Et puis, j’ai également participé à la soirée du Psychodon à l’Olympia cette année.

Le projet de média alternatif Comme des fous, né au Clubhouse Paris avant de devenir indépendant et de se constituer à son tour en association en avril 2019, est aujourd’hui sur le point d’intégrer la Maison de la Vie Associative et Citoyenne du 11e à Paris. On sera présents aussi à la Journée citoyenne du 12 octobre 2019 à Paris organisée par l’association Ma P’tite Folie.

Si vous aussi, vous souhaitez intégrer un collectif joyeux et engagé, faire des rencontres et porter une parole citoyenne en santé et en société, n’hésitez pas à nous rejoindre!

Joan, président de l’association Comme des fous pour changer les regards sur la folie.

Manifeste fondateur du T.R.U.C

Terrain de Rassemblement pour l’Utilité des Clubs

Terrain de Rassemblement pour l’Utilité des Clubs

Au cours de ces trois dernières années, les échanges interclubs se sont élargis et ont pris de l’ampleur au niveau national et international. Forts de ces expériences nouvelles, les clubs de Reims et Saumery ont organisé successivement, en 2015 et 2016, les premiers forums des clubs thérapeutiques pour que tous puissent s’y rencontrer.

Lors de ces échanges, ont été évoquées nos valeurs partagées, nos singularités et la volonté de se retrouver annuellement autour d’un forum itinérant. De ces rencontres, ont émergé l’idée d’une fédération et de réunions régulières pour échanger autour de ce projet. Continuer la lecture de « Manifeste fondateur du T.R.U.C »

Un Récital Lexical

Un récital lexical, un film de Matthieu Dibelius.

Un dimanche par mois, au 10 rue Voltaire, juste derrière la cathédrale de Reims :
Des patients et des soignants se retrouvent pour réfléchir à voix haute.
Certains sont toujours là, quelques-uns viennent souvent, d’autres ne font que passer.

Les Hauts Parleurs bousculent les mots à la mode, les mots « commodes » que tout le monde emploie, mais que personne n’écoute.

En transgressant le « prêt-à-parler », ils se réapproprient le pouvoir perdu de « nommer ».

Après tout : que craignent les acteurs du capitalisme linguistique qui tentent de corseter la parole et d’en neutraliser l’errance ? Que la langue leur échappe, qu’elle se brise, se « dysorthographie », qu’elle devienne impossible à mettre en équations ?

1 – Toute parole, en tant qu’elle dit quelque chose, dit pourquoi il n’y a jamais de « dernier mot ».

2 – Le langage ne dit que ce qui fait encore défaut dans tout langage.

3 – La vie d’une langue ne dépend pas de ceux qui la parlent mais de ceux à qui elle s’adresse

La folie tous comptes faits [France Inter]

A écouter à partir de 19min25.

Et si le fou était celui qui résistait à notre volonté mortifère de normalisation ? Aujourd’hui, on agit au nom de l’adaptabilité, au nom de la bonne santé mentale … érigée en norme … en vue d’une bonne santé ECONOMIQUE. Car oui, il faut le dire en France les fous coûtent chers !

Pas moins de 110 milliards d’euros par an… selon la fondation Fondamental. Mais la bonne nouvelle c’est que le taux de rendement de la recherche en psychiatrie est de 37 % toujours selon cette même fondation.

C’est justement contre cette financiarisation du soin, contre la recherche de rentabilité au dépend de la relation qui unie le soignant et le patient que le collectif des 39 s’est rassemblé à Montreuil en novembre en relançant la question de la place de la folie dans notre société. Et nous, nous y étions.

Reportage de Lucie Akoun

L’empowerment en santé mentale

Au sommaire du n°212 de la Revue Santé Mentale (novembre 2016):

L’empowerment est un processus par lequel l’individu acquiert du « pouvoir d’agir ». Pour l’usager en santé mentale, il reste particulièrement difficile de s’engager dans cette démarche de citoyenneté et d’autonomie. Du côté des soignants, il s’agit, dans une perspective de rétablissement, de repenser leur modèle de soin. Portées par cette dynamique, des équipes pionnières élaborent des outils pour soutenir concrètement l’empowerment.

empowerment santé mentale

24/ Promouvoir l’empowerment en santé mentale

L’empowerment en santé mentale est un enjeu complexe et multidimensionnel, qui implique un changement de posture des soignants. L’usager du futur est acteur de ses soins,…

Auteur(s) : Emmanuelle Jouet, Docteur en sciences de l’éducation, Chercheure en santé mentale.

32/ L’empowerment, un défi politico-médiatique

Individuel ou collectif, l’empowerment est une volonté manifeste d’affirmer le droit à la différence psychique, malgré le risque perçu par l’opinion publique,… Continuer la lecture de « L’empowerment en santé mentale »