Un Récital Lexical

Un récital lexical, un film de Matthieu Dibelius.

Un dimanche par mois, au 10 rue Voltaire, juste derrière la cathédrale de Reims :
Des patients et des soignants se retrouvent pour réfléchir à voix haute.
Certains sont toujours là, quelques-uns viennent souvent, d’autres ne font que passer.

Les Hauts Parleurs bousculent les mots à la mode, les mots « commodes » que tout le monde emploie, mais que personne n’écoute.

En transgressant le « prêt-à-parler », ils se réapproprient le pouvoir perdu de « nommer ».

Après tout : que craignent les acteurs du capitalisme linguistique qui tentent de corseter la parole et d’en neutraliser l’errance ? Que la langue leur échappe, qu’elle se brise, se « dysorthographie », qu’elle devienne impossible à mettre en équations ?

1 – Toute parole, en tant qu’elle dit quelque chose, dit pourquoi il n’y a jamais de « dernier mot ».

2 – Le langage ne dit que ce qui fait encore défaut dans tout langage.

3 – La vie d’une langue ne dépend pas de ceux qui la parlent mais de ceux à qui elle s’adresse

La folie tous comptes faits [France Inter]

A écouter à partir de 19min25.

Et si le fou était celui qui résistait à notre volonté mortifère de normalisation ? Aujourd’hui, on agit au nom de l’adaptabilité, au nom de la bonne santé mentale … érigée en norme … en vue d’une bonne santé ECONOMIQUE. Car oui, il faut le dire en France les fous coûtent chers !

Pas moins de 110 milliards d’euros par an… selon la fondation Fondamental. Mais la bonne nouvelle c’est que le taux de rendement de la recherche en psychiatrie est de 37 % toujours selon cette même fondation.

C’est justement contre cette financiarisation du soin, contre la recherche de rentabilité au dépend de la relation qui unie le soignant et le patient que le collectif des 39 s’est rassemblé à Montreuil en novembre en relançant la question de la place de la folie dans notre société. Et nous, nous y étions.

Reportage de Lucie Akoun