« On juge du degré de civilisation d’une société à la manière dont elle traite ses fous. », Lucien Bonnafé
Étiquette : folie
La folie au travail, rencontre-débat suite à la projection du film « De bon matin ».
Passer de l’asile à la Cité, de l’aliéné au citoyen : un défi collectif
Aude Caria, directrice du Psycom, Sophie Arfeuillère, Céline Loubières et Camille Joseph chargées de mission du Psycom Paris (75).
L’usage des stéréotypes et la stigmatisation représentent un phénomène universel et nécessaire aux êtres humains, au niveau cognitif et social. Son éradication ne peut pas constituer un objectif en soi, encore moins dans le domaine de la psychiatrie, car la folie est intrinsèque à l’être humain et les stigmates du fou joueront toujours un rôle social important. Continuer la lecture de « Passer de l’asile à la Cité, de l’aliéné au citoyen : un défi collectif »
« Chez toute personne dite saine persiste une part de folie gardée », Guy Baillon
L’assimilation de la folie au crime doit être désamorcée avec détermination. Certains médias jouent là un rôle exécrable, faisant le choix déterminé de nourrir ces peurs pour attirer les lecteurs et les pétrifier. Pour tenter de modifier cette peur de la folie nous avons deux arguments :
- Des chiffres : les enquêtes successives montrent que les personnes présentant des troubles psychiques graves ne sont pas plus souvent auteurs de crimes que la moyenne de la population. Pour les récidivistes, c’est encore plus net, elles sont très inférieures. Il a été montré récemment que leurs violences ne sont pas supérieures à la moyenne. A l’inverse, ces personnes sont 17 fois plus souvent victimes de délits et d’agression que le reste de la population.
- Le point fort reste la découverte en 1800 de Pussin (gardien à Bicêtre), de sa femme Marguerite et de Pinel (médecin), qui ont constaté que les troubles psychiques les plus graves sont variables et évolutifs. Ils ont alors affirmé que « la folie totale n’existe pas », que « chez les personnes troublées existe toujours une part de raison gardée ».
« Les fous réels ont cessé d’intéresser qui que ce soit », Marcel Gauchet
Les fous réels qui ne ressemblent pas aux fous sympathiques de la contre-culture ont cessé d’intéresser qui que ce soit. En pratique, s’ils ont la chance d’avoir des parents riches, on s’occupe vaguement d’eux, sinon ils sont dans la rue et composent une bonne partie des SDF de notre société. Et puis, dès qu’ils deviennent agressifs, on les met en prison – plus de 30 % de la population carcérale est faite de gens dont la place eût été quelques décennies avant dans des asiles. Ce sont probablement les plus grands abandonnés de notre société. Le thème a même presque déserté la scène de la réflexion intellectuelle. et pour ce que j’en perçois, les psychiatres eux-mêmes ont baissé les bras – d’autant qu’ils manquent cruellement de moyens.
Extrait de l’entretien intitulé « La folie est une énigme », avec Marcel Gauchet dans le numéro de la revue L’Histoire sur la folie.
« La santé mentale ne soigne pas les psychotiques », Patrick Coupechoux
Dans « Un homme comme vous – Essai sur l’humanité de la folie », le journaliste Patrick Coupechoux démontre comment le concept de “santé mentale” exclut les grands malades psychiatriques.
La folie d’Érasme à Foucault. Depuis quand a-t-on peur des fous ?
Au moment où l’on célèbre le 500e anniversaire de l’Éloge de la folie d’Erasme et les 50 ans de la publication de l’Histoire de la folie de Michel Foucault, notre magazine reprend cette grande question : « Qu’est-ce que la folie ?». Quel regard les sociétés portent-elles sur les fous ? En ont-elles peur, les excluent-elles ? Ont-elles l’ambition de les soigner ? En font-elles les porteurs d’un message, d’une autre vérité ?
Revue l’Histoire, avril 2011
« Au bord de la folie », Revue Esprit

Revue Esprit, mars 2015: lien
