Catégorie : Comme des fous (français)
Sanofi : Nos mômes ne sont pas des souris !
« Hé Fakir, Dépakine ! Tu connais ? J’sais, t’en pinces plus pour Potemkine, l’histoire des marins qui tournèrent leur carabine et du cuirassé qui tout entier se révolte. Mais finalement c’est la même histoire… »
Claire nous avait adressé un long courrier, signé d’une « Maman fatiguée », et en la rencontrant, je m’attendais à ça, à une jeune mère, traits tirés, mal coiffée. C’est une dame qui débarque dans ce café, la soixantaine, bien habillée, propre sur elle, et même l’air un peu bourgeoise. Qui se met à raconter sa vie, sa difficile maternité…
FAUVE ≠ DE CEUX
Ecoutez le titre De ceux de Fauve dans la Playlist de Comme des Fous.
Les paroles:
Nous sommes de ceux qu’on n’remarque pas
Des fantômes, des transparents, des moyens
Nous sommes de ceux qui n’rentrent pas en ligne de compte
Nous sommes de ceux qu’on choisit par défaut
Nous sommes de ceux qui ont la peau terne, les traits tirés, le regard éteint, des visages pâles, des teints gris
Nous sommes de ceux qui s’délavent de jour en jour
Nous sommes de ceux qui ont du mal à s’entendre penser
Nous sommes de ceux qui s’maîtrisent difficilement
Nous sommes de ceux qui mettent mal à l’aise en public
Nous sommes de ceux qui dérapent dans les escaliers des bibliothèques
Nous sommes de ceux qui dansent de façon embarrassante
Nous sommes de ceux qui font l’amour en deux temps
Nous sommes de ceux qui s’y prennent à l’envers avec les autres
Nous sommes de ceux sur lesquels on n’parie jamais
Nous sommes de ceux qui savent plus raisonner d’façon logique
Nous sommes de ceux qui ont tout fait comme il faut mais qui arrivent pas
Des ratés modernes, des semi défaites, des victoires sans panache
Nous sommes de ceux qui n’tiennent pas la pression
Nous sommes de ceux qui s’font balayer à répétition
Nous sommes de ceux qui s’font assister
Des baltringues, des éclopés, des faibles
Nous sommes de ceux qui prennent des trucs pour t’nir le coup
Nous sommes de ceux qui savent pas dire non,
Qui connaissent pas la rébellion, qui soutiennent pas les regards
Nous sommes de ceux qui sont à bout
Et pourtant…
Nous sommes de ceux qui n’renoncent pas
Des chiens enragés, des teigneux, des acharnés
Nous sommes de ceux qui comptent bien devenir capables de tout encaisser
Nous sommes de ceux qui établissent des stratégies dans l’obscurité
Pour reprendre la main, jouer selon leurs propres règles et forcer le destin
Nous sommes de ceux qui en ont assez de leur propre férocité
Des requins tigres en bout de course, des voyous qui demandent pardon, des apprentis repentis
Nous sommes de ceux qui veulent à tout prix tabasser leur part d’ombre et faire taire leur sales travers
Nous sommes de ceux qui cherchent à rejoindre les rangs des lions,
Des maquisards, des résistants, des sentiments
Nous sommes de ceux qui roulent pour eux et pour leur périmètre
Nous sommes de ceux qui pissent encore dans la douche mais qui espèrent réussir un jour à pisser droit
Nous sommes de ceux qui cherchent à désarmer la mort à coup d’grenades lacrymo
Pour l’effrayer et la maintenir à distance
Nous sommes de ceux qui espèrent croiser la vie un soir, au détour d’une avenue,
Pour la séduire, la ramener et lui faire l’amour de façon brûlante
Nous sommes de ceux qui ont les yeux écarquillés en continu
Des ahuris, des ébahis qui guettent les comètes, les planètes et les épiphanies
Nous sommes de ceux qui cherchent à déterrer ce qui est enfoui
Tout ce qui est caché et qui n’demande qu’à être sorti
Nous sommes de ceux qui veulent rétablir le contact avec ceux qui sont partis trop tôt
Parce qu’ils savaient pas qu’ y avait une fin cachée
Nous sommes de ceux qui continueront à courir, comme si ils étaient poursuivis par les balles
Qui desserreront jamais les mâchoires sauf pour sortir les crocs.
La folie tous comptes faits [France Inter]
A écouter à partir de 19min25.
Et si le fou était celui qui résistait à notre volonté mortifère de normalisation ? Aujourd’hui, on agit au nom de l’adaptabilité, au nom de la bonne santé mentale … érigée en norme … en vue d’une bonne santé ECONOMIQUE. Car oui, il faut le dire en France les fous coûtent chers !
Pas moins de 110 milliards d’euros par an… selon la fondation Fondamental. Mais la bonne nouvelle c’est que le taux de rendement de la recherche en psychiatrie est de 37 % toujours selon cette même fondation.
C’est justement contre cette financiarisation du soin, contre la recherche de rentabilité au dépend de la relation qui unie le soignant et le patient que le collectif des 39 s’est rassemblé à Montreuil en novembre en relançant la question de la place de la folie dans notre société. Et nous, nous y étions.
Reportage de Lucie Akoun
Vincent, entendeur de voix
Vincent Demassiet est entendeur de voix. Pendant des années, ses voix lui ont hurlé des insultes aux oreilles. Grâce à un groupe de parole du réseau REV (réseau français sur l’entente de voix), il a réussi à les dompter.
La dépression [PsykoCouac]
Tout le monde en parle, personne ne sait ce que c’est. Voici la dépression expliquée par PsykoCouac!
« L’insertion par le travail », Bernard Pachoud
Intervention du Professeur Bernard Pachoud lors du colloque recherche de l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques UNAFAM du 9 décembre 2016.
« Oui mais toi… », Céline Letailleur
Oui mais toi, tu es trop proche…
Oui mais toi tu es militante…
Oui mais toi tu es une fille à problèmes…
Oui mais toi t’es premier degré…
Oui mais toi tu es trop susceptible…
Oui mais toi tu es trop sensible…
Oui mais toi t’es blanche…
Oui mais toi tu ne sais pas ce que c’est…
Oui mais toi tu es agressive…
Oui mais toi c’est ton orgueil qui parle…
Oui mais toi tu te mets en colère trop rapidement…
Oui mais toi on ne peut pas te parler…
Oui mais toi t’es trop franche…
Oui mais toi tu es malade…
Oui mais toi tu as du mal à gérer tes émotions…
Oui mais toi tu n’as pas assez de recul pour être objective…
Oui mais toi tu n’as aucune expérience…
Oui mais toi tu es trop radicale…
Oui mais toi tu es une dictatrice…
Oui mais toi tu rêves un peu trop aussi…
Oui mais toi tu n’es pas une professionnelle… Continuer la lecture de « « Oui mais toi… », Céline Letailleur »
Portrait de Monde à l’Œil
Comme Le Monde à l’Œil, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.
« J’aimerais faire connaître le blog lemondealoeil.wordpress.com. »
Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?
Mes détracteurs : le rapport de forces me détruit, mais le dialogue m’anime. J’ai besoin de mettre à mal mes propres idées, d’affiner ma vision du monde grâce à la confrontation pacifique des esprits. Il y a aussi mes soutiens : deux ou trois amis en qui je confierais ma vie, pour peu qu’ils m’aient maintenu en elle.
J’aspire à me rendre le plus utile possible et à respecter l’échéancier de mon existence.
Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?
En tant que multipotentiel, la stabilité professionnelle est délicate. J’évoquerai surtout mon activité d’écrivain public, au service justement du public et pourtant si méconnue de celui-ci. Même nos ancêtres copistes, les scribes, sont encore plus célèbres !
Le plus appréciable demeure l’extrême diversité des tâches demandées. Cela nécessite des qualités humaines nécessaires pour comprendre « l’esprit » du client, son besoin réel, jusqu’au respect du plus intime : celui de son propre langage.
Que penses-tu du monde de la santé mentale?
Pour en garder un souvenir très mitigé, je mettrais l’expression au pluriel. Il semble y avoir autant de mondes que de professionnels de santé.
Curieusement, le cerveau, siège de notre conscience, est la partie du corps que la science appréhende avec le plus de malaise. Le langage, verbal ou non, joue un rôle primordial dans le diagnostic, et donc dans la thérapie. Mais le risque d’erreur médicale est accru : les pathologies se renomment plus vite qu’elles ne se comprennent et la médication (qui plus est, chimique) est un réflexe dépersonnalisant parfois proche de l’expérimentation non rémunérée.
Davantage d’humilité, d’écoute et d’humain serait bénéfique pour le secteur dans son ensemble.
Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?
Je retourne la question : en quoi la « folie » (si tant est qu’elle existe) serait-elle plus négative que la norme (tout aussi difficile à définir) ?
Le dynamisme, la créativité, la curiosité, l’émotion, même – et surtout – en excès, nous conservent parfaitement vivants. Renoncer à cette part de nous-mêmes, c’est s’inscrire dans une spirale mortifère, dégradante, voire abrutissante.
Rester fou, à défaut de le devenir, c’est donc prendre le parti de la liberté et d’une puissante cohérence interne, hélas encore mal comprise de la société… mais peut-il en être autrement?
Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?
Mes propres troubles pourront justifier le « oui » comme le « non ».
Une chose est sûre : je crois qu’il faut investir massivement dans la recherche, lutter contre les « lobbies » pharmaceutiques et placer les maladies mentales au cœur des politiques publiques avec une approche transversale (santé, social et justice).
Pour cela, inverser le paradigme : exit l’abandon (voire la répression) des patients, au profit de la prévention et de la protection des plus fragiles.
Portrait de Le Bipolaire
Comme Le Bipolaire, fais-toi tirer le portrait par Comme des Fous en répondant à ces 5 questions.
« J’aimerais faire connaître la page www.lebipolaire.com, premier réseau social pour personnes souffrant de troubles bipolaires et leur entourage. »
Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?
J’aime parler de tout, autant de ce qui dérange que de ce qui est normal. Mais après tout, c’est quoi la normalité ?
Anticonformiste en essayant de toujours rétablir la vérité pour changer les regards de beaucoup d’ignorants…
Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?
Mon métier, c’est ma vie ! Je l’aime et j’essaie de le faire partager en écrivant… Un métier qui m’occupe ma tête 24H/24H… Hyperactif, créatif, sensible mais surtout très généreux en dons, bienvenue dans ma vie, mon travail !!!
Que penses-tu du monde de la santé mentale?
J’ai toujours dit qu’on ne parlait jamais assez des maladies mentales comme le trouble bipolaire. Souvent déformé pour faire réagir et jamais assez approfondi en terme de santé sérieuse.
Bien sûr, la recherche avance ( et heureusement ), mais c’est toujours très ( trop ) lent à mon goût… Pas assez d’implications de la part de beaucoup de professionnels qui, souvent, généralisent les symptômes à force de voir beaucoup de patients; il faut dire qu’on ne leur donne pas beaucoup de moyens non plus…
Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?
L’originalité, la créativité, des choses exceptionnelles qu’on ne peut voir qu’en étant atteint de ce pseudo-symptôme que beaucoup de gens appellent « la folie »…
J’ai juste une question à vous poser : La folie ne serait-elle pas une liberté qu’on ne veut pas nous donner ? …
Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?
Non, car je deviendrais peut-être comme eux à force, personne ne peut savoir… Il faut savoir dire la vérité aux personnes malades, proposer un programme c’est bien, mais il faut pouvoir le tenir. Exemple : Il vaut mieux dire qu’on ne guérira jamais la bipolarité mais qu’on peut arriver à très bien la stabiliser avec un traitement à vie, plutôt que de dire que les troubles bipolaires peuvent être guéris grâce à un traitement… C’est certainement pareils aux yeux des personnes non-malades, mais absolument pas pour les personnes concernées.
