« La folie n’est pas un phénomène à part, ne concernant que certains d’entre nous. Tosquelles avait pour habitude de dire que ceux qui sont dans les asiles sont des gens qui ont raté leur folie, autrement dit ceux qui ne sont pas arrivés à jouer avec elle, en étant parfois un peu paranoïaques, parfois un peu hystériques, parfois un brin schizophrènes, comme nous le faisons tous pour nous sauver face à des situations inacceptables… mais sans jamais devenir totalement fous. Lorsqu’on ne peut plus jouer, la folie apparaît et l’inconscient devient à ciel ouvert. »
Cynthia Fleury, chronique du 30 septembre 2016 dans l’Humanité.
«La médecine de l’hystérie vivrait-elle dans le risque ?
Le risque d’un charme ? Un charme, oui. A la Salpêtrière, cet enfer, les hystériques n’ont pas cessé de faire de l’œil à leurs médecins. Ce fut une espèce de loi du genre, non seulement la loi du fantasme hystérique (désir de captiver), mais encore la loi de toute l’institution asilaire elle-même. Et je dirai que celle-ci avait structure de chantage : en effet, il aura fallu que chaque hystérique fasse montre, et régulièrement, de son orthodoxe «caractère hystérique» (amour des couleurs, «légèreté», extases érotiques…) pour ne pas être réaffectée au «Quartier», très dur, des toutes simples et incurables Aliénées».
Georges Didi-Huberman, Invention de l’hystérie: Charcot et l’Iconographie photographique de la Salpêtrière.
De l’importance de pouvoir en parler: une conférence TED très inspirante de l’espagnol Damian Alcolea à propos de ses troubles obsessionnels compulsifs (TOC).
[vidéo en espagnol, sous-titres en anglais disponibles]
Il tient le blog Diario de un TOC et a sorti un livre intitulé Tocados.
« Soigner quelqu’un, c’est l’aider à retrouver SA norme: l’état dans lequel il ne se sent plus malade, ne souffre pas, se porte aussi bien que possible ».
Martin Winckler, Les brutes en blanc via @Blog_Schizo
François Tosquelles, une politique de la folie raconte un demi-siècle de l’histoire de la psychiatrie française à travers l’engagement de François Tosquelles, psychiatre catalan réfugié à l’hôpital de Saint-Alban, à la fin de la guerre d’Espagne, et qui fut l’un des inspirateurs de la psychothérapie institutionnelle. Le témoignage rare de ce psychiatre, sa rencontre avec le mouvement surréaliste, la Résistance et la psychanalyse, illustre combien une pensée libre peut être profondément féconde et humaine.
« Tosquelles » croqué par Justin(e), une chanson à retrouver sur notre playlist Youtube.
Paroles de Tosquelles de Justin(e):
Et retour à la Catalogne et la défaite républicaine Reus et vécu de fin de monde à l’arrivée de Francisco. L’histoire du POUM est dans les corps Le schizophrène dans la tranchée Embrassait l’effort militaire et renseignait le militant Sur l’écrasement de nos fantasmes.
Et s’éloigner de l’Espagne, franchir les Pyrénées Se réfugier en Lozère et retrouver le marginal. Politique à la folie, transformer les asiles Assurer la survie au malade, un rôle primordial. Se réunir encore, vagabonder encore Devenir une équipe plus collective que Barcelone.
Et retour à la Catalogne à l’institut Pere Mata, À l’unification marxiste et l’ombre du professeur Mira Sur le front du sud une putain infirmière Embrassait l’effort militaire et renseignait le militant.
« Un cerveau ça ne sert pas à penser, mais ça sert à agir.
[…] Pour aller sur la lune, on a besoin de connaître les lois de la gravitation. Quand on connaît ces lois de la gravitation, ça ne veut pas dire qu’on se libère de la gravitation. Ça veut dire qu’on les utilise pour faire autre chose. » Henri Laborit