« Hé Fakir, Dépakine ! Tu connais ? J’sais, t’en pinces plus pour Potemkine, l’histoire des marins qui tournèrent leur carabine et du cuirassé qui tout entier se révolte. Mais finalement c’est la même histoire… »
Claire nous avait adressé un long courrier, signé d’une « Maman fatiguée », et en la rencontrant, je m’attendais à ça, à une jeune mère, traits tirés, mal coiffée. C’est une dame qui débarque dans ce café, la soixantaine, bien habillée, propre sur elle, et même l’air un peu bourgeoise. Qui se met à raconter sa vie, sa difficile maternité…
Diagramme sociodynamique de Fauvet, Herbermont et César
La carte sert à avoir, au regard d’un objectif précis, une image, à un instant précis, de son contexte et de l’attitude et du comportement de ses partenaires.
Pour construire la carte, on se base sur les comportements et les actions de ses partenaires et non sur les intentions qu’on leur prête. Donc pas d’interprétation, pas de procès d’intention, mais chercher à objectiver la relation. Le but est d’avoir une visualisation qui permet au chef de projet de prendre du recul avant d’agir.
On part de l’idée que tout partenaire investit de l’énergie par rapport à un projet :
Merci à Céline Letailleur de partager avec nous son mémoire pour le Diplôme inter-universitaire « Santé mentale dans la communauté » (2014)!
Résumé: « La participation des usagers » est un concept socialement et politiquement construit qui fédère un ensemble toujours plus vaste de dimensions. Donner la parole aux personnes directement concernées sur certaines notions «usager», «participation des usagers», «empowerment», «recovery» permet de les mettre à l’épreuve de la réalité et réfléchir en creux à la question… Quelle voix critique peut se fait entendre et à quelle condition?
L’anglais Richard Bentall a montré, dans un article très documenté, qu’en appliquant rigoureusement la méthode athéorique du DSM (Diagnostic Statistical Manual of Mental Disorders) on pouvait définir le bonheur comme une maladie : le bonheur est en effet un état statistiquement anormal. Il correspond à un ensemble de symptômes qui peuvent être critérisés et à des anomalies cognitives définies. Il a probablement pour corrélat un fonctionnement du système nerveux central en rupture avec le régime cérébral de base. L’auteur montre que l’objection selon laquelle le bonheur n’étant pas considéré négativement n’est pas un trouble n’est pas scientifiquement pertinente. Il propose de le dénommer non sans humour : major affective disorder : pleasant type.
« Toute personne majeure peut désigner une personne de confiance qui peut être un parent, un proche ou le médecin traitant, et qui sera consultée au cas où elle-même serait hors d’état d’exprimer sa volonté et de recevoir l’information nécessaire à cette fin. Cette désignation est faite par écrit. Elle est révocable à tout moment. Si le malade le souhaite, la personne de confiance l’accompagne dans ses démarches et assiste aux entretiens médicaux afin de l’aider dans ses décisions. Lors de toute hospitalisation dans un établissement de santé, il est proposé au malade de désigner une personne de confiance dans les conditions prévues à l’alinéa précédent. Cette désignation est valable pour la durée de l’hospitalisation, à moins que le malade n’en dispose autrement. » (Art.L.1111-6 du CSP)
«Les CLSM* sont à l’origine d’une révolution culturelle : la santé mentale ne relève plus uniquement de la psychiatrie», Pilar Arcella-Giraux, ARS Île de France
* Conseils Locaux de Santé Mentale : présidés par un élu local, co-animés par les acteurs du secteur de la psychiatrie publique locale, et intégrant des représentants d’usagers et d’aidants, ces conseils sont des acteurs centraux d’élaboration de politiques et de coordination de l’action publique en matière de santé mentale.
Les Groupes d’EntrAide Mutuelle : Historique, Politique, et Réalité Locale
Cet article a pour objectif de situer le contexte historique et politique d’émergence d’un nouveau type d’organisation associative dans le champ de la santé mentale en France : les groupes d’entraide mutuelle (GEM). Il s’agit d’avoir une approche descriptive du phénomène en s’interrogeant particulièrement sur l’entraide. Deux analyses seront proposées, l’une portant sur la dimension relationnelle de l’entraide, l’autre portant sur les effets bénéfiques de l’entraide. Lire l’article.
source: Vincent Girard, « Dossier n° 13 – Auto support en santé mentale en France », Bulletin Amades [En ligne], 75 | 2008, mis en ligne le 01 septembre 2009, consulté le 23 septembre 2016. URL : http://amades.revues.org/515
Résumé: L’immense majorité des études sur l’histoire de la psychiatrie se consacre à une période qui débute à « l’âge classique » et finit à la fin du XIXe siècle. Notre analyse historique, aborde la production de la médecine mentale au cœur du XXe siècle.
Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, les propriétés de multiples substances supposées agir sur l’esprit furent intensément explorées, analysées, codifiées et instrumentalisées. Nous verrons comment initialement ces substances visaient surtout l’exploration d’une vérité supposée du sujet par l’induction de la parole.
Nous aborderons ensuite la généalogie et les particularités des expériences avec la chlorpromazine, dite neuroleptique. En quelques années, ces expériences ont forgé de nouvelles pratiques et de nouveaux discours sur le pouvoir des drogues, sur la maladie mentale et sur le sujet, qui perdurent jusqu’à nos jours au moins sous deux formes : une disciplinaire, la psychopharmacologie et l’autre transgressive, la toxicomanie moderne.
Aujourd’hui, les substances psychoactives et leurs effets traversent une crise. Leurs promesses d’efficacité et leurs postulats s’essoufflent. Une neuroscience d’un néo-localisationnisme marqué par l’imagerie de sièges et de circuits cérébraux semble alors prendre le relais.
Cet article tente d’expliciter comment et en quoi consistent ces transformations qui, bien au-delà de la psychiatrie moderne, ont profondément marqué les hypothèses, les pratiques et les représentations, tant de la maladie mentale que de la construction du sujet contemporain.
« Le sens donné à l’expérience est considéré comme un élément important du processus de rétablissement, terme que le champ de la santé mentale préfère à celui de « guérison ».
La notion de rétablissement est issue de récits de « survivants », d’études longitudinales et d’intervenants psychosociaux qui, tous, ont remis en cause la chronicité et le destin inéluctable de la « maladie mentale ». » Véronique Béguet
« A Trieste, on dit que la bora rend fou. Ce glacial vent du nord traverse chaque année la ville, s’engouffrant entre les immeubles sévères de la place de l’Unité italienne pour s’accrocher aux branches des arbres de San Giovanni. Dans ce parc, de petits pavillons verts sont les dernières traces de l’hôpital psychiatrique fermé au début des années 1970 par le médecin Franco Basaglia.
Pour célébrer la fin de l’asile, malades, soignants et artistes avaient alors construit un immense cheval bleu en carton-pâte. Poussé hors du parc où vécurent reclus des années durant près de mille deux cents « fous », le cheval symbolisait le retour à la vie civique, la réappropriation d’une citoyenneté et un appel à une autre psychiatrie. »