Quelle est l’interaction entre la folie et la théâtralité dans l’Angleterre de Shakespeare? Comment les codes scéniques de la folie ont-ils évolué au fil des siècles?
Etudes réunies et présentées par Pascale Drouet et Richard Hillman à découvrir sur: http://shakespeare.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=149
Catégorie : Textes de réference
« Raison et folie » par Serge Carfantan
« Le vrai danger pour la raison, ce n’est pas l’existence de la folie chez quelques uns des hommes que la société identifie comme les « insensés » et qu’elle enferme.
Le vrai danger n’est pas dans la figure d’un autre, hors de soi, le fou.
Le péril de la raison est bien plus proche, il est d’être enfermé dans une pensée qui s’est entièrement substitué au réel. Et cette possibilité, loin d’être étrangère à l’homme sain d’esprit, lui est bien au contraire très intime.
La menace qui pèse contre la raison tient déjà dans la possibilité universellement partagée du rêve et de sa possible confusion avec la veille. Que ce soit l’artiste, le savant, le philosophe, ou l’homme commun, tous en éprouvent chaque nuit, l’expérience. »
Serge Carfantan, Ce que Raison veut dire.
Extrait de Raison et Folie

9ème congrès de Réh@b: « De la réhabilitation au rétablissement : tous citoyens ! »
Le mouvement de réhabilitation, a un objectif essentiel, et peut-être unique : concourir au rétablissement des personnes victimes de troubles psychiques chroniques, portant atteinte à leur « empowerment ».
Mais se rétablir, recouvrer ses capacités, son autonomie, ce n’est pas encore la vie, une vraie vie. La vie, c’est vivre avec les autres, au milieu de la société. C’est la rencontre, l’échange, un rôle social, des proches, l’amour, un travail, des enfants, s’ils arrivent. C’est aussi, si ça se trouve, un engagement associatif, une foi, des créations, des opinions politiques. Bref, une participation citoyenne.
Notre prochain congrès de Réhab explorera ce passage, ce pont, du rétablissement à la citoyenneté. Du rétablissement pour la citoyenneté. Mais nous le savons, la citoyenneté n’est pas donnée. Elle se conquiert.
Cette conquête ne sera possible que si elle est aussi portée par une prise de conscience collective, une évolution de nos représentations, de la culture partagée par l’ensemble de notre société.
La réhabilitation, c’est un ensemble d’outils, de techniques, de démarches, de parcours organisés. Une organisation, une offre de ressources, proposée par des professionnels, à l’écoute respectueuse des usagers. Mais c’est aussi, pourquoi ne le dire, autant qu’un soin, un militantisme.
Plus d’infos sur: http://www.rehabilite.fr/

La folie du temps qui passe
Dans son texte « Temps maudit, temps tolérable », Giuliana Galli Carminati nous parle du rapport des psychotiques au temps et la difficulté de se raccorder au temps présent:
« Nous subissons le temps avec sa constance expérimentale et sa flèche impitoyable. Bien que cette constatation puisse nous paraître désolante, notre pire ennemi peut devenir un allié, peut nous aider à réaliser nos projets, et même se plier à devenir un outil thérapeutique. Tout cela, évidemment, de façon temporaire. »
« Les logiques de la psychose », Sylvain Tousseul
« Lorsqu’on écoute le discours d’un patient psychotique ou lorsqu’on observe son comportement, on constate des bizarreries, des incohérences, des contradictions, voire « des idées délirantes, des hallucinations prononcées, un discours désorganisé, ou un comportement désorganisé ». Pourtant ces patients semblent suivre certaines logiques. Aussi étranges qu’elles puissent nous paraître, ces logiques présentent néanmoins des fils conducteurs assez typiques, dont la caractéristique commune est d’être déconnectée de la réalité. Ainsi, l’observation clinique nous place devant ce paradoxe selon lequel les discours et les comportements des patients psychotiques sont incohérents, bien qu’ils semblent suivre certaines logiques, ce qui explique d’ailleurs que des savants, notamment des mathématiciens, puissent présenter des symptômes psychotiques sans que leur facultés logiques soient altérées. »
Continuer la lecture de « « Les logiques de la psychose », Sylvain Tousseul »
Se tourner vers l’Avenir
La souffrance peut mettre le diagnostic et les traitements au centre de notre identité. Si pendant un certain temps, une attention à la santé mentale peut sauver la vie, il arrive un moment où nous avons besoin de rejoindre la communauté dans son ensemble et de nous concentrer sur nos capacités, nos talents et sur nos contributions positives. Pendant que tu améliores ta relation aux traitements, demande-toi : Comment cette crise a-t-elle interrompu ma vie, et qu’est-ce que je souhaite retrouver ? Quels sont mes futurs objectifs ? Où mes rêves me mènent-ils ? Que puis-je offrir aux autres ? Les leçons apprises sont très précieuses, envisage donc de partager ton expérience. Tu pourrais écrire ton histoire et fermer un chapitre de ta vie pour en commencer un autre.
Qu’il s’agisse d’arrêter totalement, de diminuer ton traitement jusqu’à un niveau plus satisfaisant ou d’arriver simplement à gagner un plus grand sentiment de maîtrise, revendique fièrement un nouveau renforcement de ton autonomie.
Être humain ne signifie pas vivre sans épreuves ou cicatrices : il s’agit de suivre et d’exprimer ta vérité la plus profonde. Même si tu es diagnostiqué, que tu prends un traitement, ou que tu as traversé des crises, tu es toujours aussi pleinement humain que les autres. Ta souffrance a fait de toi ce que tu es aujourd’hui et il se peut même que cela t’ait rendu plus sage.
Extrait du Guide pour décrocher des médicaments psychotropes en réduisant les effets nocifs, publié par The Icarus Project et Freedom Center.

La participation sociale des personnes présentant un handicap psychique : effet de rhétorique ou perspective nouvelle ?
Rapport de D. Velche et P. Roussel, mars 2011.
Chapitre 1 – Le handicap psychique : un concept émergent
Chapitre 2 – La participation sociale : un concept à géométrie variable
Chapitre 3 – Evolution de la psychiatrie
Chapitre 4 – L’accès à l’emploi
Chapitre 5 – La place des personnes dans la ville
Understanding Psychosis and Schizophrenia
Comprendre la Psychose et la Schizophrénie:
Pourquoi les personnes entendent-elles parfois des voix, croient en des choses qui paraissent bizarres aux autres, ou semblent avoir perdu le contact avec la réalité, et qu’est-ce qui peut les aider.
Rapport réalisé par le département de psychologie clinique de la Société britannique de Psychologie (non-traduit en français).
Lien vers la version en anglais:
Understanding Psychosis and Schizophrenia
Lien vers la version en espagnol:
Comprender la psicosis y la esquizofrenia

Les grands courants de la pensée psychiatrique
Déclaration universelle des droits et libertés mentales
- Tous les êtres humains sont différents. Chaque être humain a le droit d’être mentalement libre et indépendant.
- Chaque être humain a le droit de tout sentir, voir, entendre, comprendre, imaginer, croire ou expérimenter, de quelque manière et à quelque moment que ce soit.
- Chaque être humain a le droit de se comporter de quelque façon que ce soit qui ne nuise pas aux autres ou ne viole pas des lois justes et équitables.
- Aucun être humain ne sera soumis sans son consentement à une incarcération, une restriction, une punition, ou une intervention médicale ou psychologique dans le but de réprimer, contrôler ou altérer ses pensées, ses sentiments ou ses expériences.