Agoras à Saint-Ouen le 25-26 mars 2022 [Festival Sonic Protest]

Dans le cadre du Festival Sonic Protest 2022, deux journées de rencontres autour des pratiques brutes de la musique se tiendront à Mains d’Œuvres à Saint-Ouen et seront diffusées en live radio. Samedi 26 mars, on pourra même rencontrer le petit-fils de François Tosquelles, rien que ça, mais aussi le collectif Encore Heureux, la Trame, l’Adamant et le Papotin!

Entourées de performances et de témoignages, quatre agoras nous permettront donc d’aborder les inventions possibles pour faire d’un espace proposé un espace habitable et habité ; nous discuterons des manières singulières d’investir l’espace corporel, ses contours et sa matérialité ; nous retraverserons l’histoire qui s’oublie des pratiques d’accompagnement visant l’émancipation subjective pour voir comment nous en enseigner et les prolonger, et enfin nous discuterons du modèle des Groupes d’Entraide Mutuelle (GEM) comme forme fragile mais exemplaire des espaces à construire.

https://www.sonicprotest.com/#rencontres

PROGRAMME DU VENDREDI 25 MARS

9h00-10h00 : accueil public / café (avec projection de clips et séquences vidéos demandées aux ami(e)s des rencontres)

10h00 – 12h00 : Agora #1 : Habiter et s’approprier les espaces

Christophe Laurens
Alexis Forestier
Roberta Trapani & Jean-Luc Johannet

Pour ouvrir cette sixième édition des Rencontres ayant pour fil rouge la question des espaces, nous proposons de rentrer dans le vif du sujet en discutant des manières singulières de s’approprier nos lieux d’expériences et/ou de vie. Ou comment faire d’un lieu, d’un bâtiment, d’une salle, un espace habitable et accueillant les particularités, les goûts et les besoins de ses habitants ?

Dans les pratiques d’accompagnement sanitaire ou médico-social, l’hospitalité laisse malheureusement trop souvent à désirer. À peine s’il n’est pas dit qu’un service trop agréable encouragerait les usagers à la sédentarisation. Nous pensons au contraire qu’on ne s’apaise qu’en affinité avec son milieu. Et chacun a ses modalités pour le faire un peu sien.

Pour lancer la discussion, nous avons convié quelques personnes à nous parler de leurs expériences. Christophe Laurens tout d’abord qui s’est intéressé aux modes d’habiter expérimentés sur la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes, entre cabanes auto-construites, autogestion, et tentative d’inventer des nouvelles formes d’organisation collective et a décidé d’y emmener ses étudiants pour un travail de recherche, publié depuis sous le titre « Notre Dame des Landes, ou le métier de vivre ». Alexis Forestier a fondé le groupe Les Endimanchés en 1985 entre musique industrielle et chanson populaire, puis il crée la compagnie Les Endimanchés avec laquelle il monte de nombreuses créations. Intéressé par les aléas de la raison, il travaille de nombreuses années à la Clinique de La Borde et collabore depuis 2008 avec André Robillard. En 2013, Alexis participe à la création de La Quincaillerie, lieu d’expérimentation au sens propre, aussi bien de mode de vie en commun, de pratique de création que d’accueil. Enfin, Roberta Trapani, membre du collectif de recherche-action Patrimoines Irréguliers de France (PiF) et rédactrice de la revue en ligne Hors-les-Normes, et l’artiste Jean-Luc Johannet nous parleront de l’oeuvre titanesque de ce dernier, qui s’inscrit à sa façon, ou au moins en partie, dans le vaste univers des environnements irréguliers, « composés d’utopies architecturales, d’environnements ornés par des habitants-paysagistes, de cabanes bricolées sur des ZAD et des ronds-points, ou encore d’installations et de jardins urbains clandestins où l’on cultive la sociabilité, la réciprocité et l’expression créative »

12h00 – 12h30 : Performance «Des arts sonnants, des arts sonnés » par Arnaud Le Mindu et les usagers de l’hôpital psychiatrique Pierre Janet (Le Havre)

12h30 – 13h45 : Repas préparé dans le cadre d’un atelier cuisine animé par La Trame et le collectif Encore Heureux

13h45 – 14h00 : café des participants

14h00 – 15h30 : Le Papotin interview Pascal Comelade****

La grande majorité des rédacteurs du journal atypique Le Papotin, sont accompagnés par différentes institutions médico-sociales d’Ile-De-France. Se retrouvant tous les mercredis, ils interviewent régulièrement des personnalités allant du cinéma à la politique, de la météo à la doublure-voix, de la philosophie à la musique. Depuis trois ans, ils participent aux Rencontres et cette année, c’est le musicien catalan Pascal Comelade, figure majeure depuis 40 ans des musiques de genre et de traviole, qui répondra à leurs questions.

15h30 – 16h00 : Témoignage : Alexis Degrenier « Être malade c’est un travail ; la maladie, c’est un emploi »

Alexis Degrenier, bien connu du public de Sonic Protest, est batteur et percussionniste, circulant depuis des années entre improvisation et écriture, musique savante et musique traditionnelle. Après 3 années passées dans les murs blancs des hôpitaux le tenant éloigné de toute vie musicale, il développe des outils techniques lui permettant de créer ses ramifications manuelles à l’aide de technologies aussi complexes qu’organiques. Il viendra aux Rencontres nous faire quelques rappels sur les non-dits et les impensés du monde de la culture quant au handicap et la maladie.

16h00 – 18h00 : Agora #2 : Le corps, la sape, les prothèses.

Sabrina Calvo
Infecticide
Barbara Massart & Nicolas Clément
Les stylistes de l’ESAT Turbulences (sous réserve)
Alexis Degrenier

« Habiter son corps » est toujours un bricolage personnel sans cesse remanié par les aléas du sensible traversé. Or, une des façons de l’investir, ce corps, c’est de le vêtir. Sabrina Calvo d’abord connue en tant qu’autrice de SF aux éditions La Volte, dessinatrice et game designer, est aussi couturière, et la question du corps sensible est centrale dans son œuvre. Barbara Massart est une artiste membre de La « S » Grand Atelier dans les Ardennes belges où elle crée quotidiennement d’incroyables œuvres textiles et costumes. Elle a collaboré avec Nicolas Clément à la création de deux films « Barbara dans les bois » et « Santa Barbara » qui seront diffusés en continu en salle d’exposition. Elle tiendra par ailleurs sur les 2 jours des Rencontres l’atelier Küstom Kostüm et confectionnera en live et en collaboration avec les participants et le groupe Infecticide les tenues de scène de ces derniers ! Les membres d’Infecticide viendront témoigner de leur passion pour le costume (des costumes d’araignées aux serveurs McDonalds) à la scène comme à l’écran (clips et projets solo du chanteur comédien Thomas Suire). L’ESAT Turbulences ! propose également sous ses chapiteaux, un atelier de stylisme dont une partie de l’équipe viendra nous présenter la pratique.

18h00 – 18h30 : Performance : Adamant Sound System

Quand la poésie rencontre l’impro musicale.

L’Adamant est un bâtiment flottant, sur la Seine. C’est un hôpital de jour qui accueille des personnes vivant dans le centre de Paris. C’est aussi un club thérapeutique, L’Embarcadère, son bar associatif. Un journal apériodique (et oui), Les Beaux Barres, une webradio (laoueve.com), un groupe « musiques » avec des instruments, des grosses enceintes, une énorme table de mixage, et des voix, une médiathèque, des péniches qui passent, des riffs de guitare en boucle, des oiseaux, des sirènes, du cinéma, des machines à coudre, des oreilles qui écoutent et Tant de Poses. Et tant d’autres choses.

PROGRAMME DU SAMEDI 26 MARS

9h00-10h00 : accueil public / café (avec projection de clips et séquences vidéos demandées aux ami(e)s des rencontres)

10h00 – 12h00 : Agora #3 : Regards sur des pans d’histoire.

Jacques Lin
Emmanuel Tosquellas
David Ryboloviecz
Savine Faupin & Christophe Boulanger

Aux Rencontres, nous apprécions présenter des initiatives inédites et mettre en lumières des tentatives qui nous semblent novatrices ou tout du moins audacieuses et motivantes pour les professionnels autant que pour les concernés par les logiques d’accompagnement. Mais nous n’oublions pas qu’à d’autres époques, d’autres tentatives ont eu lieu, et parfois même de grande envergure. De l’après-guerre aux années 80, l’accompagnement des personnes en situation de handicap psychique et/ou mental a vécu une transformation radicale avec des initiatives multiples. Suffisamment pour nous donner envie d’en discuter et de débattre de ce que l’on peut retirer de ces expériences, et réfléchir, en écho, à ce qui peut s’inventer comme stratégies nouvelles. Parmi nos invités, citons d’abord Jacques Lin, qui fut dès le milieu des années 60 un des acteurs principaux du réseau Deligny dans les Cévennes. À peine âgé de 20 ans, Jacques Lin quitte l’usine et se lance dans ce qu’il nommera « la vie de radeau » auprès de jeunes autistes dans une franche sobriété choisie. Emmanuel Tosquellas, lui, est infirmier psychiatrique à l’hôpital de Saint-Alban, lieu où est née la psychothérapie institutionnelle sous l’impulsion de François Tosquelles, son grand-père. Nous accueillerons également David Ryboloviecz, responsable national du secteur Travail Social Santé Mentale des CEMÉA (Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Éducation Active), qui, depuis plus de 80 ans, soutiennent sur tous les fronts (éducation, social, santé, culture etc.) les engagements militants aux côtés de la Psychothérapie institutionnelle ou des pédagogies nouvelles. Nous accueillerons enfin Savine Faupin & Christophe Boulanger, en charge de l’Art Brut au LaM de Ville- neuve d’Ascq, fins connaisseurs des nombreuses stratégies d’accompagnement des artistes singu- liers au cours du temps.

12h00 – 12h30 : témoignage. Eugène Lambourdière dit “Maurice” et le galeriste Eric Gautier de la galerie d’art brut Le Moineau Écarlate nous présenterons l’œuvre de Maurice à travers leur rencontre et leur collaboration continue.

12h30 – 13h45 : Repas préparé dans le cadre d’un atelier cuisine animé par la Trame et le collectif Encore Heureux

13h45 – 14h00 : café des participants

14h00 – 15h30 : carte blanche à Encore Heureux
Le Collectif Encore Heureux… invite Le Chantier Cinématographique

« Ça va encore durer des semaines, des mois voire des années alors autant ne pas annuler, ne pas reporter, ne pas attendre le moment où ça sera de nouveau possible comme avant mais s’organiser dans la crise …»

Le collectif Encore Heureux… invite cette année des participant.e.s d’un atelier d’écriture et de réalisation collective – Chantier Cinématographique – mis en œuvre à partir de 2020 par Élisa Le Briand & Yoana Urruzola depuis L’Abominable – laboratoire cinématographique partagé à La Courneuve – avec des usager.e.s et salarié.e.s de plusieurs structures d’entraide et d’accompagnement social de la Seine-Saint-Denis : les GEM – Groupe d’Entraide Mutuelle – L’Entre-Temps (Saint-Denis), Le Rebond (Épinay), Les Gens du 110 (Montreuil), le SAVS – Service d’Accompagnement à la Vie Sociale – Les 3 rivières (Stains) ainsi que La Trame – dispositif expérimental d’accueil, d’échange et d’orientation – (Saint-Denis).
Il s’agira en leur compagnie d’évoquer la réalité de cette expérience au long cours initiée dans la crise sanitaire ainsi que d’échanger autour de la fabrique commune d’un film et des entours et conditions matérielles qui la rendent possible.

15h30 – 16h00 : Performance musicale d’Etienne & Jonathan (Les Harry’s) et projection de «L’esprit des Lieux / Métingue n°1», un film court de Jérôme Walter Gueguen sur une nouvelle forme de création collective imaginée par Léna Burger, La Belle Brute et Fantazio, un premier métingue en 2021 au Studio Rodolphe Burger à la ferme Klein Leberau (Alsace).

16h00 – 18h00 : Agora #4 : Chacun cherche son G.E.M.
La Maison de la Vague
Advocacy
La Trame
GEM Autismes 17
et d’autres associations ou Clubs

Les Groupes d’Entraide Mutuelles (GEM) sont des lieux portés par des associations d’usagers en santé mentale. Ce sont des espaces pensés et organisés au quotidien par les adhérents eux-mêmes, avec l’aide d’animateurs salariés et bénévoles. Les GEM ne sont pas médicalisés et si certains cherchent une complémentarité avec les différents dispositifs de soin, d’autres s’organisent comme des accueils occupationnels plus classiques se substituant même parfois à des prises en charge médicales. À la différence des lieux de soins, les activités y sont largement portées par les adhérent.e.s eux-mêmes, suivant leurs envies et leurs possibilités. Après quinze années d’existence, des questions nous viennent : de quelles missions les GEM sont-ils porteurs ? Quelles approches pour les nouveaux GEM “autisme” ? Comment s’accommodent-ils de leur cahier des charges et des nombreuses circulaires qui paraissent régulièrement à leur sujet ainsi que de leurs bases économiques fragiles ? Quels liens entretiennent ces lieux avec la création artistique ? Quels liens avec les structures culturelles extérieures ? Qu’en est-il de la question du soin, de la thérapeutique ? C’est donc pour réfléchir à la fois à l’intérêt spécifique de tels espaces ainsi qu’à leur précarité que nous avons proposé au GEM La Maison de la Vague d’animer ce temps de discussion. Pour l’occasion seront invités des GEMs mais également certains acteurs qui ne se sont pas reconnus dans cette proposition de la loi de 2005 et qui ont, soit continué une route engagée depuis fort longtemps (clubs thérapeutiques), soit décidé de tracer une autre trajectoire comme réponse aux limitations inhérentes à ce dispositif.

18h00 – 18h30 : Témoignage : Frédéric Prieur & Bruno Voillot de l’Adamant

Frédéric Prieur ne se déplace jamais sans son magnétophone et quelques K7 dans les poches de sa veste. Il enregistre, capture, coupe, monte, transforme, fictionne le monde pour le rendre un tant soit peu supportable, pour se jouer de lui, le truquer voire le détraquer, le faire sien. Ceci n’est pas un magnétophone, c’est une arme.

EN CONTINU

Atelier cuisine co-animé par les équipes de La Trame et du collectif Encore Heureux… ou comment décortiquer, découper, hacher, malaxer ensemble la parole et les aliments tout en préparant le repas qui sera servi à midi !

Atelier Kostüm Küstom Porté par le duo d’artistes Barbara Massart de la “S” Grand Atelier (Centre d’art brut et contemporain / Belgique) en collaboration avec le groupe Infecticide. Un atelier d’improvisation textile sur les 2 jours. Une mission commune : confectionner ensemble les costumes de scène d’Infecticide pour le concert du samedi soir. Atelier ouvert sur inscription à la demi-journée minimum via ou sur place.

Atelier photo Tant de Poses proposé par l’équipe du Centre de Jour psychiatrique l’Adamant.
Dans le monde actuel, on est confrontés en permanence à l’image, aux images; mais avec quelle sincérité ? Quelles émotions ? Avec quelles angoisses ?

La relation de confiance photographe/photographié garantit un rapport d’égalité qui permet de modifier les regards de l’un sur l’autre. C’est la connaissance et la re-connaissance de l’autre qui soutient alors quelque chose d’une réconciliation…Noir et blanc avec une imprimante « minute ».

Ouvert en permanence de 9H au soir dans l’espace bar.

Forum d’édition
Un ensemble de petits stands d’éditions : livres, disques, etc. sur les sujets qui touchent les Rencontres.
Eau de Javel, Croatan Editions, Le Papotin, Librairie Michèle Firk, Madame Macario, Margins, Les Nouveaux Cahiers Pour La Folie, La Belle Brute, La Volte, BrutPop… toute la journée dans l’espace expo.

T’es pas là ???
L’intégralité des Rencontres diffusée en live radio sur sonicprotest.com

Le « G.E.M Le Canal » en Occitanie

Le projet de GEM Le Canal est un évènement majeur concernant la rencontre de groupes d’entraide mutuelle, avec un périple sur une péniche en passant par plusieurs villes et en y faisant des escales.
Pour plus d’informations sur cela, vous pouvez aller voir le Facebook : Asso MicroSillons ou même nous contacter au 09 50 55 99 35 ou par mail : association.microsillons@gmail.com .

Retour sur la balade-photo avec Les Gens du 110 à Montreuil

Retour sur une folle après-midi passée avec nos ami.es des environs du haut-Montreuil (93) qui, nous l’espérons, donnera ultérieurement lieu à une exposition photo!

« Ce dimanche 14 juin 2020, ploum ploum ploum, rendez-vous était donné au GEM de Montreuil (groupe d’entraide mutuelle), chez les gens du 110.

Avec tous nos amis des environs : Joan et Agathe, du blog Comme des fous, les compagnons des GEM de Bondy et Bobigny, Marie-Christine la voisine.

Exténué.es par les manifestations de la veille et encore tout éblouis par la liesse populaire, nous cheminâmes grand train, des hauts montreuillois vers le sud. Passant par la grande plage de travaux du tramway T1, avec nos appareils photos argentiques, numériques et téléphones nous nous sommes immortalisé.es. Mais nous n’étions pas encore arrivés.

Le soleil frappait fort, les murs étaient graphités, colorés, plâtrés, quand nous avons découvert une petite impasse, au fond de laquelle nous découvrîmes l’entrée du jardin de la lune. Nous étions arrivés aux Murs à Pêches.

Une guide nous attendait, dans le calme de cet îlot de verdure, chaque plante nous fut narrée, nommée, et c’est tout un pan de l’histoire de Montreuil que nous redécouvrons. Louis XIV aimait les pêches, les pêchers eux aimaient les murs blanchis à la chaux de Montreuil.

Depuis 2010 ce lieu cultive et protège des espèces médiévales de plantes : le lin, le sarrasin, l’avoine, les roses de Damas, les monnaies du pape, le bouillon blanc, l’origan, la ciboulette, l’estragon, la valériane, la garance… Plantées sur des micros-parcelles ou plessis entretenues et désherbées avec attention et passion.

Après avoir parcouru plusieurs compartiments de murs blancs nous passons du ciel à l’humus, sans avoir à franchir de frontière, le Sens de l’humus c’est le domaine de la permaculture, plus sauvage, compostage obligatoire, rien ne se perd tout se récupère, poils aux vers de terre.

Au bout des allées, nous attendaient deux petites cocottes noires et blanches dans le jardin de Patrick. C’était une parcelle adossée aux murs à pêches, on y vient à pied, on ne frappe pas… On fait demi-tour vers la fin de la visite pour ramener quelques boutures et graines.

Notre escapade du dimanche s’achève par un gouter improvisé au pied d’un grand chêne du parc des Beaumont. Au loin un barbecue fumant nous rappelle que l’été est à la porte. Tout le monde se dit Bye-Bye et chacun reprend sa route. »

Les Gens du 110, au 110 avenue du Président Salvador Allende à Montreuil (93)

Pour la libre association des personnes sous tutelle ou curatelle.

Virginie, fidèle lectrice de Comme des fous, nous écrit pour faire avancer le droit à la libre association des personnes sous tutelle ou curatelle en France, au nombre de 730000 en 2019.

‌La libre association c’est thérapeutique ET politique.

Je crois qu’il faut se battre pour que le principe de libre association des majeurs sous tutelle ou curatelle soit reconnu dans la loi de 1901 elle-même. Il y a un article spécial pour les mineurs.

Il peut tout à fait y avoir un article pour les personnes sous tutelle et curatelle.

Cela permettrait aux patients psy, mais aussi aux personnes âgées ou aux autistes d’avoir à terme accès à la direction de toutes les associations (y compris d’usagers !) et plus seulement aux clubs thérapeutiques ou aux Groupes d’Entraide Mutuelle (un GEM c’est d’abord une personne morale sous tutelle ou curatelle d’une autre personne morale…).

Comme ça ne coûte pas 1 euro, l’argument budgétaire ne peut pas être opposé.

J’aimerais que le monde de la psychiatrie se mobilise enfin sur cette question.


Loi de 1901 sur les associations

Article 1

L’association est la convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun, d’une façon permanente, leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices. Elle est régie, quant à sa validité, par les principes généraux du droit applicables aux contrats et obligations.

L’article 1 exclut a priori les mineurs et les personnes sous curatelle ou tutelle (les principes généraux du droit applicables aux contrats et obligations = les incapacités).

(…)

Article 2 bis

Tout mineur peut librement devenir membre d’une association dans les conditions définies par la présente loi.

Tout mineur âgé de moins de seize ans, sous réserve d’un accord écrit préalable de son représentant légal, peut participer à la constitution d’une association et être chargé de son administration dans les conditions prévues à l’article 1990 du code civil (= on lui appliquera les règles de responsabilité des mineurs, pas celles des majeurs). Il peut également accomplir, sous réserve d’un accord écrit préalable de son représentant légal, tous les actes utiles à l’administration de l’association, à l’exception des actes de disposition.

Tout mineur âgé de seize ans révolus peut librement participer à la constitution d’une association et être chargé de son administration dans les conditions prévues à l’article 1990 du code civil. Les représentants légaux du mineur en sont informés sans délai par l’association, dans des conditions fixées par décret. Sauf opposition expresse du représentant légal, le mineur peut accomplir seul tous les actes utiles à l’administration de l’association, à l’exception des actes de disposition.

L’article 2 bis a été créé spécialement pour créer des droits pour les mineurs au nom de la citoyenneté.

Il suffit de créer un article 2 ter pour les majeurs sous curatelle ou tutelle.

Virginie,
Club trouble(s) Fête, branche dissidente

L’avis d’André Bitton pour le CRPA (Cercle de Réflexion et de Proposition d’Actions sur la psychiatrie) :

Je pense que ce n’est pas réformer la loi du 1er juillet 1901 sur le contrat d’association qu’il faut prôner, mais bien que la France se mette en conformité avec les recommandations du Conseil de l’Europe et de la Rapporteure spéciale des nations-unies concernant les mesures de protection :

– Abolir la tutelle complète,

– Réduire drastiquement le nombre de personnes sous curatelle, et mettre en oeuvre les mesures d’accompagnement à la gestion qui sont dans les textes et qui sont sous-utilisées.

Une troisième mesure serait nécessaire d’ordre psycho-éducatif ou ré-éducatif (mais ce serait révolutionner l’ordre familial et social) : favoriser le libre arbitre chez les personnes atteintes de pathologie mentale… au lieu de faire l’inverse et de renforcer l’aliénation des patients.

Merci à vous.

Groupe d’Entraide Mutuelle, l’équation impossible?

Le texte qui va suivre a été élaboré en 2016 par des animateurs, stagiaires, intervenants travaillant dans quatre Groupes d’Entraide Mutuelle 
de Seine Saint Denis et du Val d’Oise (Montreuil, Aulnay-Sous-Bois, Saint-Denis et Arnouville). En janvier 2019, les animatrices et animateurs des GEM de Saint-Denis, Epinay-sur-Seine, Montreuil, Bobigny, Bondy, Persan et Arnouville se réunissant lors de rencontres mensuelles réactualisent ce texte à l’occasion de l’appel de la journée du 22 janvier 2019 et pour faire écho aux tentatives de constructions communes qui émanent partout en France au sein du mouvements des Gilets Jaunes.

Ce texte espère souligner les difficultés que partagent les travailleurs et travailleuses de ces différents GEM d’abord et peut-être, si d’autres personnes s’y reconnaissent, pour dégager des problèmes plus structuraux.

Les Groupes d’Entraide Mutuelle (GEM) sont issus de la loi du 11 février 2005 pour « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées« . Il en existe aujourd’hui à peu près 500 en France (100 GEM de plus depuis 2016) et sont financés par les ARS (Agence Régionale de Santé) à hauteur maximale de 77000€ par an (2000€ d’augmentation depuis 2016). Les GEM ont la particularité de relever d’une approche globale de la santé portée par le service public. Statut hybride devant s’organiser en association Loi 1901, s’inspirant des clubs thérapeutiques mais détaché de la logique hospitalière, ils naissent parallèlement à la destruction progressive des secteurs de la psychiatrie (coupe budgétaire massive, diminution des nombres de lits, logique de l’urgence contre une logique de l’accueil, augmentation des pratiques de contentions…). La loi santé, dite loi Touraine, instaurant les Groupements Hospitaliers de Territoires (GHT) s’inscrit parfaitement dans ce processus.

De par la possibilité que les GEM offrent aux personnes qui les fréquentent d’être partie prenante d’une collectivité active et d’y être accueillies en trouvant une place et une fonction sociales qui leur conviennent, les Groupes d’Entraide Mutuelle sont des outils très précieux. Il nous faut cependant dans le même temps être conscient.e.s des logiques actuelles qui gouvernent les modalités de prise en charge (pour ne pas dire de « gestion ») des personnes qui ont à faire avec la psychiatrie. Les GEM ne peuvent remplacer l’importance du travail effectué dans de nombreuses unités intra-hospitalières, CMP, hôpitaux de jour, CATTP, … Les GEM ne peuvent pas remplacer non plus le travail des services médico-sociaux (SAVS, SAMSAH, ESAT…) et des services sociaux (CCAS, 115, ASE, …).

Lorsque ces lieux (qu’ils relèvent du sanitaire, du médico-social ou du social) ne sont pas ou plus en capacité d’accueillir, alors les situations difficiles auxquelles les adhérent.e.s des GEM font face ont un impact immédiat sur la vie et l’ambiance des GEM – et donc sur le travail de leurs animateurs et animatrices. Accueil, disponibilité, vigilance, amicalité doivent pouvoir réunir leurs conditions d’existence au sein de l’ensemble des dispositifs existants.

Deux divisé par deux égal un. A un on ne fait pas équipe.

Deux, c’est le nombre de salarié.e.s qui habituellement travaillent dans un GEM. Divisé par deux car en général, vu l’insuffisance de la subvention, l’un et l’autre travaillent à temps partiel. Mais peut-être faut-il entrer dans le détail pour comprendre l’équation impossible à laquelle les GEM sont confrontés.

Si l’on considère que le nombre de personnes accueillies par les GEM a considérablement augmenté ces dernières années (certains GEM comme Saint-Denis, Montreuil, Aulnay-sous-Bois peuvent accueillir entre vingt et trente personnes par jour.)

Si l’on considère que les besoins exprimés par les personnes accueillies dans les GEM ne cessent d’augmenter : besoins de soins, de relations, d’activités, de revenus, de logements.

Si l’on considère que ni les personnes qui fréquentent les GEM, ni les besoins qu’ils expriment n’ont de raison de diminuer compte tenu des réformes successives.

Si l’on considère le territoire d’implantation de certains GEM (territoires du 93 précaires et avec une population grandissante).

Si l’on considère que les nécessaires activités à développer pour que les GEM soient autre chose que des salles d’attente.

Si l’on considère la disponibilité, l’attention, la présence requises.

Si l’on considère la gestion du GEM, la comptabilité, les rapports d’activité, les recherches de subvention, à faire avec la participation des adhérent.e.s.

Si l’on considère le travail de secteur à savoir la mise en relation du GEM avec d’autres institutions : secteurs de psychiatrie, services médico-sociaux, services municipaux, vie associative environnante, maisons de quartier, cinéma, librairie, médiathèque,…

Si l’on considère la nécessité pour les adhérent.e.s qui le souhaitent et les animateurs/animatrices de se former à la dynamique de la vie associative et à l’accueil de personnes parfois très fragiles.

Si l’on considère l’obligation d’ouvrir les GEM un nombre d’heures minimum par semaine, ce qui oblige les salarié.e.s à se répartir les jours de la semaine et à ouvrir l’un sans l’autre – ce qui, selon les lieux, les moments et compte-tenu des situations parfois difficiles auxquelles ils sont susceptibles de faire face, est tout simplement irresponsable de la part de l’autorité de tutelle.

Si l’on considère que beaucoup d’animateurs/animatrices doivent trouver un second emploi compte tenu du caractère précaire de celui qu’ils ont déjà.

Si l’on considère que dans ces conditions, un travail d’équipe est impossible.

Si l’on considère que cette situation impossible ne peut que fabriquer chez les salarié.e.s une grande fatigue psychique – fatigue psychique incompatible avec le fait de « bien faire son travail ».

Si l’on considère que pour cette somme de travail, deux SMIC à mi-temps pour les animateurs/animatrices, et au mieux quelques AAH, RSA, revenus d’arrêts longue maladie ou de statut d’invalidité pour les adhérent.e.s, stagiaires et bénévoles qui font vivre le GEM – au nom d’une « pair-aidance » à bas prix – ne peuvent pas suffire.

Si l’on considère que le coût des loyers en continuelle augmentation qui engloutit une part importante de la subvention d’une majorité de GEM et limite généralement le nombre de salarié.e.s à deux à temps partiel.

Si l’on considère que les animateurs et animatrices, s’ils veulent développer le travail de secteur, le travail d’équipe, les activités d’atelier, la vie associative, l’autonomie des usagers, devront faire de nombreuses heures supplémentaires (forcément non-payées, au vu d’une subvention insuffisante).

Alors nous concluons qu’il s’agit là d’une situation impossible :

  • Situation impossible pour toutes les personnes qui circulent dans ces lieux et les font vivre.
  • Situation impossible pour que les travailleurs et travailleuses des GEM ne veulent plus accepter.
  • Situation impossible qui est faite à l’ensemble de la société.

Pour cela nous demandons :

Le doublement de la subvention de tous les GEM

La mise à disposition de locaux gratuits par l’Etat ou les collectivités territoriales pour les GEM

Le retrait de la loi Touraine.

Tout cela afin notamment d’augmenter le nombre de salariés, de revaloriser leur salaire, de rémunérer intervenants et stagiaires et d’acquérir un budget de fonctionnement décent à la hauteur du besoin réel de ces associations.

Afin de tisser un réseau d’entraide toujours plus dense et vivable dans nos quartiers, dans nos campagnes.

Afin de garantir un accueil digne, dans les GEM comme ailleurs (Hôpitaux, CMP, services sociaux, médico-sociaux, …)

Vous pouvez nous contacter à cette adresse mail dédiée:
gemprecaire@gmail.com

Manifeste fondateur du T.R.U.C

Terrain de Rassemblement pour l’Utilité des Clubs

Terrain de Rassemblement pour l’Utilité des Clubs

Au cours de ces trois dernières années, les échanges interclubs se sont élargis et ont pris de l’ampleur au niveau national et international. Forts de ces expériences nouvelles, les clubs de Reims et Saumery ont organisé successivement, en 2015 et 2016, les premiers forums des clubs thérapeutiques pour que tous puissent s’y rencontrer.

Lors de ces échanges, ont été évoquées nos valeurs partagées, nos singularités et la volonté de se retrouver annuellement autour d’un forum itinérant. De ces rencontres, ont émergé l’idée d’une fédération et de réunions régulières pour échanger autour de ce projet. Continuer la lecture de « Manifeste fondateur du T.R.U.C »

L’Entre-temps fête ses 10 ans, samedi 5 novembre 2016 à Saint-Denis

L’Entre -Temps, le groupe d’entraide mutuelle de Saint-Denis, fête ses 10 ans, le samedi 5 novembre 2016 à partir de 15 heures jusqu’à la nuit.

Venez nombreux !

gem l'entre-temps

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Auto support en santé mentale en France

Les Groupes d’EntrAide Mutuelle : Historique, Politique, et Réalité Locale

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Cet article a pour objectif de situer le contexte historique et politique d’émergence d’un nouveau type d’organisation associative dans le champ de la santé mentale en France : les groupes d’entraide mutuelle (GEM). Il s’agit d’avoir une approche descriptive du phénomène en s’interrogeant particulièrement sur l’entraide. Deux analyses seront proposées, l’une portant sur la dimension relationnelle de l’entraide, l’autre portant sur les effets bénéfiques de l’entraide. Lire l’article.

source: Vincent Girard, « Dossier n° 13 – Auto support en santé mentale en France », Bulletin Amades [En ligne], 75 | 2008, mis en ligne le 01 septembre 2009, consulté le 23 septembre 2016. URL : http://amades.revues.org/515

« Groupe d’Entraide Mutuelle: Outil de Réinsertion? », Colloque Fnapsy du 21 octobre 2016

La FNAPSY, Fédération Nationale des Associations d’usagers en Psychiatrie, organise un Colloque au Ministère de la Santé, le 21 Octobre 2016 sur les GEM : Outil de réinsertion ?

Inscription gratuite pour les usagers et bénévoles au lien suivant.

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