La « participation des usagers » tu sais ce que c’est toi ? Bah euh…. Auto désignations, enquête de sens, enjeux et perspectives …

Merci à Céline Letailleur de partager avec nous son mémoire pour le Diplôme inter-universitaire « Santé mentale dans la communauté » (2014)!

pouvoir aux fous

Résumé: « La participation des usagers » est un concept socialement et politiquement construit qui fédère un ensemble toujours plus vaste de dimensions. Donner la parole aux personnes directement concernées sur certaines notions «usager», «participation des usagers», «empowerment», «recovery» permet de les mettre à l’épreuve de la réalité et réfléchir en creux à la question… Quelle voix critique peut se fait entendre et à quelle condition?

Le paradigme porté par la santé mentale communautaire commence à se diffuser. Les personnes ayant (eu) des troubles psychiques se l’approprient et se définissent, décrivent leur environnement avec un regard contestataire, tout en conformant une parole politique du « nous, citoyen-usager » aux exigences du « je ». On assiste à des modes différents d’appartenance et de rapports à la participation citoyenne, cherchant encore une crédibilité, une légitimité. Continuer la lecture de « La « participation des usagers » tu sais ce que c’est toi ? Bah euh…. Auto désignations, enquête de sens, enjeux et perspectives … »

« Les enchaînés », la santé mentale au Bénin et en Côte d’Ivoire

La St-Camille donne des services psychiatriques contemporains dans ses centres comme solution autre à l’enchaînement aux arbres, à l’exclusion sociale et à l’abandon pour les personnes atteintes de maladie mentale, selon la tradition africaine. Les Amis de la St-Camille développent des réseaux locaux d’entraide et de coopération pour la Côte d’Ivoire et le Bénin.

L’Association Saint-Camille-de-Lellis est une organisation caritative africaine de services pour malades mentaux implantée en Côte d’Ivoire depuis 1991. Depuis 2004, elle en a fait de même au Bénin.

Dans la compréhension africaine, un malade mental est un possédé du démon, il a été ensorcelé. Son délire, son comportement inhabituel, bizarre est ainsi interprété. Tout le monde se tient à distance, personne ne veut le toucher de peur d’être à son tour ensorcelé. En ville, il est errant, démuni et laissé à lui-même ; on s’en éloigne, on l’abandonne à son triste sort. Dans les villages, on l’enchaîne à un arbre à la marge du village et il y restera jusqu’à sa mort.

Par le travail acharné de son fondateur, Grégoire Ahongbonon, entouré d’une équipe qu’il a constituée autour de lui, dix centres opèrent actuellement en Côte d’Ivoire et cinq au Bénin. Le malade est accueilli dans un Centre d’Hébergement, diagnostiqué par un psychiatre, traité et entouré d’intervenants (ex-malades) qui lui assurent un milieu de vie soignant, aimant et revalorisant. Après quelques mois et selon son évolution personnelle, il est dirigé vers un Centre de Travail (ou Réhabilitation) dans la communauté pour y apprendre un métier et débuter son intégration à la vie sociale. Quand il est prêt, il est réintégré ensuite dans sa communauté d’origine (village, quartier). Un réseau externe assure médication et suivi médical dans la communauté. En 2015, on dénombre plus de 60,000 hommes et femmes qui ont profité de cette organisation de soin et qui sont maintenant actifs dans leur communauté. L’Association St-Camille ne compte que sur les dons pour fonctionner : aucune aide financière gouvernementale ne lui est fournie.