Isolée !

Ce texte est extrait de Pour une psychiatrie bientraitante, Expériences et réflexions d’une patiente et d’un infirmier. Laurence Martin, Christophe Médart. 2014 disponible en téléchargement gratuit.

isolée

Pour aller plus loin: Communiqué du 25 mars 2017 à propos des recommandations de la Haute Autorité de Santé sur la contention en psychiatrie.

Je pleure, je pleure tellement que les larmes coulent dans mes oreilles, trempent mon visage, mes cheveux et les draps. Mais je ne peux pas m’essuyer les yeux car ils m’ont attachée.

Clouée dans ce lit et enfermée seule dans cette chambre pour avoir trop souffert. Souffert à avoir voulu mourir. Pour me sauver, je me suis coupée, j’ai fait couler mon sang pour arriver à supporter cette douleur, pour arriver à vivre. Mais ils n’ont pas compris, ils ne comprennent pas que je fais ça pour me sauver.

Et maintenant je veux mourir pour de bon. Je souffre tellement et je suis seule, seule comme un chien. J’attends un geste d’humanité. Je suis attachée, isolée. Comme je préfère pleurer seule chez moi qu’à côté d’eux qui ne me parlent pas…

ON ME FAIT DU MAL COMME ON NE M’EN A JAMAIS FAIT

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Et si le meilleur accompagnateur était un pair?

pair aidant

La philosophe Hannah Arendt disait que « comprendre, c’est se réconcilier avec le monde ». Comprendre un phénomène qui nous dépasse, se réconcilier avec lui, pour  agir de façon constructive et le faire évoluer. Cette démarche met bien en lumière les enjeux soulevés par le handicap psychique dans le monde professionnel.

Les entreprises sont souvent démunies pour accompagner des salariés concernés. Dans le même temps, les personnes qui y sont confrontées ont beaucoup de mal à en parler. La crainte de voir sa crédibilité et ses capacités remises en cause est forte. Le terme handicap psychique  soulève encore plus de questions qu’il n’apporte d’éléments de compréhension.

Comment distinguer la souffrance de la maladie psychique proprement dite ? Quelle est la différence entre le burn-out, la dépression, les troubles anxieux et la bipolarité ? Quelle est la frontière entre le handicap psychique et les risques psychosociaux ? Où commence le rôle de l’entreprise et où s’arrête-t-il ? Comment aider un salarié à se maintenir dans l’emploi ? Pourquoi prendre le risque d’insérer des personnes potentiellement fragiles dans l’entreprise ? Continuer la lecture de « Et si le meilleur accompagnateur était un pair? »

[SISM 2017] Réflexions d’une consultante sur le handicap psychique et la santé mentale au travail (4/4)

A l’occasion des Semaines d’information sur la Santé Mentale du 13 au 26 mars 2017, Philippa vous propose un feuilleton « santé mentale et emploi » en 4 épisodes!

INTRODUCTION

Vous devinez peut être qu’avec un job un pareil, on ne s’ennuie pas. La grande aventure commence dès que j’essaye d’expliquer mon métier à quelqu’un. Je vois le visage de mon interlocuteur se déformer et prendre un air inquiet. La phrase qui suit est presque toujours la même : « ah la la la ça ne doit pas être facile » ou bien « le handicap psychique ? Mais ils ne peuvent pas travailler ces gens-là ? »

Nombreuses sont les idées reçues, elles sont aisément formulées, comme s’il était normal d’en avoir. Faire de la formation sur le handicap psychique, c’est d’abord et avant tout travailler sur les préjugés pour faire évoluer les mentalités.

En dehors des experts et des personnes concernées, rares sont ceux qui savent de quoi il s’agit. Même pour les milieux spécialisés, les contours du handicap psychique sont parfois difficiles à tracer. Alors qu’il s’agit d’une thématique complexe et passionnante qui est aussi un véritable enjeu de société.

C’est pourquoi à l’occasion de ces SISM sur la santé mentale et le travail, je vous propose de partager avec vous, quelques-unes de mes réflexions.

ÉPISODE 1 : LA LOI DE 2005 A FAIT DE LA SANTÉ MENTALE UN SUJET DE SOCIÉTÉ…

ÉPISODE 2 : L’ÉMERGENCE DE BONNES PRATIQUES EN FAVEUR DE L’INSERTION.

ÉPISODE 3 : QUELS FREINS DANS LE MONDE PROFESSIONNEL?

épisode 4 : La santé mentale des salariés : un enjeu majeur que les dirigeants ont du mal à prendre en compte

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[SISM 2017] Réflexions d’une consultante sur le handicap psychique et la santé mentale au travail (3/4)

A l’occasion des Semaines d’information sur la Santé Mentale du 13 au 26 mars 2017, Philippa vous propose un feuilleton « santé mentale et emploi » en 4 épisodes!

INTRODUCTION

Vous devinez peut être qu’avec un job un pareil, on ne s’ennuie pas. La grande aventure commence dès que j’essaye d’expliquer mon métier à quelqu’un. Je vois le visage de mon interlocuteur se déformer et prendre un air inquiet. La phrase qui suit est presque toujours la même : « ah la la la ça ne doit pas être facile » ou bien « le handicap psychique ? Mais ils ne peuvent pas travailler ces gens-là ? »

Nombreuses sont les idées reçues, elles sont aisément formulées, comme s’il était normal d’en avoir. Faire de la formation sur le handicap psychique, c’est d’abord et avant tout travailler sur les préjugés pour faire évoluer les mentalités.

En dehors des experts et des personnes concernées, rares sont ceux qui savent de quoi il s’agit. Même pour les milieux spécialisés, les contours du handicap psychique sont parfois difficiles à tracer. Alors qu’il s’agit d’une thématique complexe et passionnante qui est aussi un véritable enjeu de société.

C’est pourquoi à l’occasion de ces SISM sur la santé mentale et le travail, je vous propose de partager avec vous, quelques-unes de mes réflexions.

ÉPISODE 1 : LA LOI DE 2005 A FAIT DE LA SANTÉ MENTALE UN SUJET DE SOCIÉTÉ…

ÉPISODE 2 : L’ÉMERGENCE DE BONNES PRATIQUES EN FAVEUR DE L’INSERTION.

épisode 3 : Quels freins dans le monde professionnel?

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[SISM 2017] Réflexions d’une consultante sur le handicap psychique et la santé mentale au travail (2/4)

A l’occasion des Semaines d’information sur la Santé Mentale du 13 au 26 mars 2017, Philippa vous propose un feuilleton « santé mentale et emploi » en 4 épisodes!

INTRODUCTION

Vous devinez peut être qu’avec un job un pareil, on ne s’ennuie pas. La grande aventure commence dès que j’essaye d’expliquer mon métier à quelqu’un. Je vois le visage de mon interlocuteur se déformer et prendre un air inquiet. La phrase qui suit est presque toujours la même : « ah la la la ça ne doit pas être facile » ou bien « le handicap psychique ? Mais ils ne peuvent pas travailler ces gens-là ? »

Nombreuses sont les idées reçues, elles sont aisément formulées, comme s’il était normal d’en avoir. Faire de la formation sur le handicap psychique, c’est d’abord et avant tout travailler sur les préjugés pour faire évoluer les mentalités.

En dehors des experts et des personnes concernées, rares sont ceux qui savent de quoi il s’agit. Même pour les milieux spécialisés, les contours du handicap psychique sont parfois difficiles à tracer. Alors qu’il s’agit d’une thématique complexe et passionnante qui est aussi un véritable enjeu de société.

C’est pourquoi à l’occasion de ces SISM sur la santé mentale et le travail, je vous propose de partager avec vous, quelques-unes de mes réflexions.

ÉPISODE 1 : LA LOI DE 2005 A FAIT DE LA SANTÉ MENTALE UN SUJET DE SOCIÉTÉ…

épisode 2 : L’émergence de bonnes pratiques en faveur de l’insertion.

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[SISM 2017] Réflexions d’une consultante sur le handicap psychique et la santé mentale au travail (1/4)

A l’occasion des Semaines d’information sur la Santé Mentale du 13 au 26 mars 2017, Philippa vous propose un feuilleton « santé mentale et emploi » en 4 épisodes!

Introduction

Vous devinez peut être qu’avec un job un pareil, on ne s’ennuie pas. La grande aventure commence dès que j’essaye d’expliquer mon métier à quelqu’un. Je vois le visage de mon interlocuteur se déformer et prendre un air inquiet. La phrase qui suit est presque toujours la même : « ah la la la ça ne doit pas être facile » ou bien « le handicap psychique ? Mais ils ne peuvent pas travailler ces gens-là ? »

Nombreuses sont les idées reçues, elles sont aisément formulées, comme s’il était normal d’en avoir. Faire de la formation sur le handicap psychique, c’est d’abord et avant tout travailler sur les préjugés pour faire évoluer les mentalités.

En dehors des experts et des personnes concernées, rares sont ceux qui savent de quoi il s’agit. Même pour les milieux spécialisés, les contours du handicap psychique sont parfois difficiles à tracer. Alors qu’il s’agit d’une thématique complexe et passionnante qui est aussi un véritable enjeu de société.

C’est pourquoi à l’occasion de ces SISM sur la santé mentale et le travail, je vous propose de partager avec vous, quelques-unes de mes réflexions.

Épisode 1 : La loi de 2005 a fait de la santé mentale un sujet de société…

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De la psychothérapie institutionnelle en général et de ses dérives en particulier

Merci à Virginie pour cette contribution.

psychothérapie institutionnelle

« Qui est fou, les patients ou nous (les enfants ou les adultes) ?»
Ferenczi

« Sans la reconnaissance de la valeur humaine de la folie, c’est l’homme même qui disparaît…Je prends constamment appui sur le sol de l’enfance, c’est de là que j’avance avec le plus de certitude. Il importe de retrouver les cailloux que l’enfance a laissés, eux seuls permettent de ne pas s’égarer dans les dédales de la vie adulte. »
François Tosquelles

« Je n’ai point d’espoir de sortir par moi de ma solitude. La pierre n’a point d’espoir d’être autre chose que pierre.
Mais de collaborer, elle s’assemble et devient temple.
Citadelle, je te bâtirai dans le cœur de l’homme. »
Saint Exupéry

Chers professionnels, sans distinction de corps, grade, échelon, statut, fonction, sexe (enfin si peut-être, parce que le club c’est masculin, la psychothérapie institutionnelle mixte et l’institution féminin ?), etc. etc. Continuer la lecture de « De la psychothérapie institutionnelle en général et de ses dérives en particulier »

Je n’irai pas voter et pourtant… je politise ma folie

Comme dirait le Zinzin Zine, le psychologique c’est politique!

Peut-on politiser la folie?

Pour ceux qui connaissent le discours d’Antony du président Sarkozy, la réponse est évidente.

« Le 2 décembre [2008], le chef de l’Etat a parlé de réformes de la loi d’hospitalisation ; demandé la création de 200 chambres d’isolement ; exigé le contrôle des permissions de sortie ; proposé la systématisation des soins sous contrainte. Plus saisissant, il a suggéré l’utilisation de bracelets électroniques pour les malades, à l’instar des délinquants. »
Eric Favereau dans Libération 

Quand le malade devient un risque pour la société, il faut le soumettre aux soins. Sa place est à l’hôpital pas en prison, dira-t-il.

Citoyens à part entière

Moi qui écris ces lignes, je me revendique comme sujet politique, citoyen à part entière, et non comme objet bénéficiaire de soins. Et pourtant, je n’irai pas voter…

Nombreuses sont les initiatives pour solliciter le pouvoir politique en cette période d’élection présidentielle. J’ai moi-même écrit le discours d’un président aux usagers de la psy.

On cherche à s’unir pour que la santé mentale ait voix au chapitre dans cette campagne: avec des pétitions, celle pour un plan psychique de l’UNAFAM/Santé Mentale France/Aire, celle pour demander un programme pour la santé mentale par le Pr. Lançon, ou encore le consensus de Blois. Pendant ce temps, d’autres organisent un TRUC pour fédérer les clubs thérapeutiques ou des marches citoyennes pour la santé mentale comme La Mad Pride.

D’autres encore, des soignants en majorité, se réunissent publiquement, c’est le cas du Collectif des 39 ou de Psy, soins et accueil né à Nuit Debout.

Il faut reconnaître que dans le paysage de la santé mentale en France, l’union n’est pas de mise. Tout le monde rêve d’une psychiatrie à visage humain, d’un corps soignant capable d’accueillir la souffrance psychique, en prenant en compte l’avis des familles et des patients.

On reproche au pouvoir psychiatrique ce qu’on reproche au pouvoir politique, son incapacité à régler le problème. Certains diront qu’ils n’ont pas les moyens de leurs ambitions, que le pouvoir n’est pas entre leurs mains, que c’est le manque d’argent qui est en cause. Quand on ferme les lits dans les hôpitaux psychiatriques, c’est pour désaliéner et intégrer le malade dans la cité ou c’est juste un aveu d’impuissance?

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Comment réagir face à quelqu’un qui perd la tête?

On a tous de bonnes raisons de devenir fou – le stress, le travail, une vie difficile – mais que faire face à quelqu’un qui perd la tête ?

perdre la tête

Bien souvent on est paralysé par la situation et on ne sait pas quoi dire à cette personne qui semble avoir coupé les ponts de toute communication rationnelle. Soit parce qu’elle est en pleurs ou qu’elle hurle un monologue interminable.

Pour renouer le dialogue, même si la personne se comporte comme telle, et elle s’en rend bien compte, ne commencez pas par la traiter de folle. Au lieu de cela, cherchez plutôt à comprendre ce qui la rend folle. Continuer la lecture de « Comment réagir face à quelqu’un qui perd la tête? »

Le discours d’un président aux usagers de la psy

Discours fictif d’un(e) président(e) en campagne.

discours d'un président

Mes chers compatriotes,

Laissez-moi vous raconter une anecdote : l’autre jour, alors que j’entrais chez le boulanger pour acheter un pain au chocolat, un jeune homme m’interpelle et me dit d’un ton sérieux : moi aussi je suis schizophrène. Il m’expliqua qu’à force de nous entendre répéter dans les médias, nous les politiciens, que nous ne sommes pas schizophrènes, il avait tourné le dos à la politique et à ce monde plus fou que lui.

A mon tour, je vais vous avouer ma folie. Oui, je suis fou, assez pour croire que je peux redresser notre pays et fou pour croire que l’avenir de ce jeune homme sera en société et non pas une vie d’errance solitaire.

Si je suis élu à la tête de l’Etat, je ferai du bien-être mental le premier indicateur de la richesse de notre pays. Un peuple heureux et en bonne santé, voilà ce à quoi nous devons tendre. Aujourd’hui, on voudrait nous faire croire qu’on ne plus vivre heureux, que la science et la technologie progressent au détriment de notre bonheur, qu’il y a toujours plus malheureux que soi. La détresse de la société s’exprime dans le nombre de personnes fréquentant les services de psychiatrie de notre pays : 2,4 millions à ce jour.

La souffrance psychique et la violence de nos modes de vie n’est pas qu’une affaire privée, elle est partout, aussi bien à la maison qu’à l’Assemblée, au travail comme dans la rue. Trop souvent elle condamne à l’isolement et au rejet social. Notre société fabrique des malades au rythme qu’elle les rejette. Le suicide, la souffrance au travail, les addictions, les troubles du sommeil, les dépressions, nous sommes tous concernés de près ou de loin par la santé mentale. Continuer la lecture de « Le discours d’un président aux usagers de la psy »