Passer de l’asile à la Cité, de l’aliéné au citoyen : un défi collectif

Aude Caria, directrice du Psycom, Sophie Arfeuillère, Céline Loubières et Camille Joseph chargées de mission du Psycom Paris (75).

L’usage des stéréotypes et la stigmatisation représentent un phénomène universel et nécessaire aux êtres humains, au niveau cognitif et social. Son éradication ne peut pas constituer un objectif en soi, encore moins dans le domaine de la psychiatrie, car la folie est intrinsèque à l’être humain et les stigmates du fou joueront toujours un rôle social important. Continuer la lecture de « Passer de l’asile à la Cité, de l’aliéné au citoyen : un défi collectif »

Comment « faire une place » à un « usager » dans un réseau de professionnels en santé mentale ? Erwan Autès

Résumé: L’intégration des profanes dans le monde professionnel fait l’objet de nombreuses études dans le champ de la santé. La psychiatrie est un cas de mise à l’épreuve de cette politique d’intégration de la citoyenneté à partir du statut d’usager. Dans une perspective d’anthropologie politique de la santé mentale, attentive aux enjeux de catégorisation des usagers, l’article porte sur ce que révèle une traduction locale du projet politique de participation des usagers à travers l’intégration de profanes dans un réseau en santé mentale. Les résultats soulèvent les paradoxes de l’intégration d’un « usager » dans un réseau de professionnels en santé mentale et esquissent une typologie des mécanismes inclusifs et ségrégatifs. Continuer la lecture de « Comment « faire une place » à un « usager » dans un réseau de professionnels en santé mentale ? Erwan Autès »

« Chez toute personne dite saine persiste une part de folie gardée », Guy Baillon

L’assimilation de la folie au crime doit être désamorcée avec détermination. Certains médias jouent là un rôle exécrable, faisant le choix déterminé de nourrir ces peurs pour attirer les lecteurs et les pétrifier. Pour tenter de modifier cette peur de la folie nous avons deux arguments :

  • Des chiffres : les enquêtes successives montrent que les personnes présentant des troubles psychiques graves ne sont pas plus souvent auteurs de crimes que la moyenne de la population. Pour les récidivistes, c’est encore plus net, elles sont très inférieures. Il a été montré récemment que leurs violences ne sont pas supérieures à la moyenne. A l’inverse, ces personnes sont 17 fois plus souvent victimes de délits et d’agression que le reste de la population.
  • Le point fort reste la découverte en 1800 de Pussin (gardien à Bicêtre), de sa femme Marguerite et de Pinel (médecin), qui ont constaté que les troubles psychiques les plus graves sont variables et évolutifs. Ils ont alors affirmé que « la folie totale n’existe pas », que « chez les personnes troublées existe toujours une part de raison gardée ».

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Les mots qui fâchent… Petit glossaire de précautions sémantiques en psychiatrie.