« Journée Mondiale des Réfugiés »

Billet traduit de la page LoComún, merci à elles! Gracias!

« Ce lundi c’était la Journée Mondiale des Réfugiés. Pour l’occasion, quelques médias et des collectifs de professionnels, se sont fait l’écho des « problèmes de santé mentale » dont souffre ce groupe de personnes, obligées d’abandonner leurs foyers, leur famille et amis et confrontées au déracinement et à l’insécurité.

Et dans une tentative de définition du « problème », ou de cerner ces individus « autres », ils nous ont fourni des données épidémiologiques, des probabilités, des statistiques et des diagnostics, et nous avons pu lire des phrases du type: « les réfugiés ont plus de problèmes d’anxiété et de dépression », « les réfugiés ont trois fois plus de risque de souffrir de schizophrénie et de troubles psychotiques », « le trouble de stress post-traumatique est plus fréquent parmi les réfugié », « des thérapies psychologiques à l’attention des traumas multiples chez les réfugiés », « les enfants réfugiés ont des problèmes de comportement et d’adaptation ». Comme si le « problème » était parmi les autres et que ce n’était pas le problème de tous.

Nous ne doutons pas des bonnes intentions qu’il peut y avoir derrière ces affirmations, mais nous défendons que la santé mentale n’est pas, quand bien même on veuille nous le vendre, quelque chose d’individuel, mais bien quelque chose d’ordre relationnel, dans le collectif, dans le commun. C’est pour cela que nous croyons qu’en diagnostiquant les réfugiés, on n’accepte les préceptes de la « maladie mentale » et qu’on ne tombe -à nouveau- dans le piège de penser la santé mentale comme quelque chose d’individuel.

[Tweet theme= »tweet-string-underlined »]Nous défendons que la santé mentale n’est pas quelque chose d’individuel mais bien quelque chose d’ordre collectif[/Tweet]

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« En aidant si peu ces réfugiés, à évacuer leurs traumatismes, est-ce qu’on n’est pas en train de fabriquer des psychotiques, de préparer des nouvelles générations de terroristes ? »

C’est la question que posait ce midi Daphné Bürki à son invité, le Dr. Alain Serrie, à propos des enfants dans les camps de réfugiés au Moyen-Orient.
Pour resituer cette question dans son contexte, le docteur venait d’affirmer qu’il faut accompagner ces enfants le plus tôt possible pour faire en sorte qu’ils ne développent pas des psychoses qui nécessitent après une vraie prise en charge psychiatrique.

Quand Daphné Bürki parle à son tour de « psychotiques », faut-il entendre par là la mue de l’état traumatique en une maladie d’ordre psychique? Elle veut sûrement dire que, faute d’un soutien psychologique, l’enfant traumatisé peut devenir lui-même un bourreau.
Mais peut-on vraiment faire l’amalgame entre psychotique et terroriste?