Les terroristes sont-ils des « fous » ?

A cette question, le psychiatre Boris Cyrulnik, répondait récemment que les terroristes « ne sont pas des fous du tout (…), mais des gens en difficultés psychosociales, éducatives, qui ont été façonnés intentionnellement par une minorité pour prendre le pouvoir (…) ».

En réalité, un terroriste pourrait tout à fait être atteint d’une maladie relevant d’une prise en charge en psychiatrie (on peut en effet être à la fois dépressif et terroriste par exemple). Mais ce que Boris Cyrulnik sous-entend, c’est que les terroristes ne sont pas nécessairement des personnes atteintes de troubles mentaux, et surtout que l’on ne tue pas parce que l’on est « fou » (fort heureusement, puisqu’aujourd’hui 18% de la population souffre d’un trouble mental).

Les comportements des terroristes sont donc davantage contrôlés par des variables socio-éducatives et ne dépendent pas de leur santé mentale. Vouloir psychiatriser ce type de comportements est donc une erreur qui ne fait que stigmatiser un peu plus la « folie ». Et surtout, cela encourage à déresponsabiliser les auteurs des attentats.

Lu sur: http://blog.francetvinfo.fr/dans-vos-tetes/2015/01/17/le-terrorisme-un-trouble-mental.html

Le terrorisme n’est pas une maladie mentale

   blogschizo

Juste une précision parce que la lecture de certains commentaires sur le net ont fini de me faire désespérer du genre humain après cette journée de merde: merci de laisser les schizophrènes et toutes les personnes souffrant de troubles mentaux en-dehors de la merde qui a eu lieu aujourd’hui (l’attentat à Charlie Hebdo) Etre terroriste ne veut pas dire être schizophrène. Les schizophrènes n’ont absolument rien avoir avec cette histoire, alors merci de ne pas traiter les terroristes de schizo à tout va. Il ne faut pas être malade pour tuer, il faut encore moins être schizophrène, il suffit d’être humain, c’est comme ça depuis la nuit des temps.

« Je ne suis pas schizophrène… »

J’aimerais porter une réflexion sur cette expression: « Je ne suis pas schizophrène ».

Pourquoi ? Parce qu’elle est rentrée dans le langage courant pour désigner la schizophrénie comme un état pathologique de dédoublement de la personnalité.

Par cette négation « je ne suis pas… », on affirme son intégrité, je ne suis pas de ceux qui soufflent le chaud et le froid, qui défendent une chose et son contraire selon le contexte.

En clair, le schizophrène serait celui qui perd le contrôle de soi, submergé par une double-personnalité.

C’est quelque chose qui ne choque plus, le ministre de la diplomatie française a beau maîtriser les ficelles du langage pour ne froisser personne, il déclare son honnêteté à la télé par un cinglant « Je ne suis pas schizophrène… ».

Cette affirmation par la négativité ne va pas dans le sens d’une déstigmatisation des troubles psychiques, si chacun se rassure en disant en public : « encore heureux que je ne suis pas schizophrène » !

La stigmatisation commence pas les mots utilisés et je vous invite à être juste dans leur emploi, que vous soyez diplomate ou simple citoyen.

qui-je-suis_s

Conférence « Dépression liée au travail et Burn out », vendredi 9 octobre à Paris.

Rendez-vous vendredi 9 octobre 2015, à Paris, au Palais du Luxembourg, pour la conférence:
Dépression liée au travail et Burn-out : « Réalité et Prévention» 
Entrée libre et gratuite sur inscription.

(ré)écouter « Les psys se confient » sur France Inter

Christophe André, Fatma Bouvet de la Maisonneuve et Caroline Duret, tout trois médecins psychiatres, nous parlent de l’évolution de la relation entre entre le thérapeute et son patient et nous rappellent l’importance de recréer du lien social dans nos sociétés.
http://www.franceinter.fr/player/export-reecouter?content=1162217

Pour des usagers de la psychiatrie acteurs de leur propre vie.

Les trois notions, rétablissement, inclusion sociale et empowerment, créent un nouveau paradigme qui situe l’usager de la psychiatrie comme moteur de sa propre vie, au sein d’une collectivité dans laquelle il est citoyen à part entière et où les services de santé mentale se donnent les moyens de soutenir son autonomie plutôt que de perpétuer son rôle traditionnel de « patient ». Déclinées dans cet ouvrage à travers de multiples expériences concrètes dans divers pays, elles sont au centre d’un débat né du constat de l’échec de nos sociétés occidentales contemporaines à pleinement réintégrer les personnes vivant avec un trouble psychique.
La notion de rétablissement rappelle que, même pour des pathologies lourdes comme la schizophrénie, les psychoses, la majorité des patients se rétablissent et mènent leur vie comme tout un chacun. Continuer la lecture de « Pour des usagers de la psychiatrie acteurs de leur propre vie. »

Le soutien à l’emploi (ou les pratiques de « job coaching ») : une nouvelle stratégie d’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap psychique

Par Bernard Pachoud et Christophe Allemand.

Résumé: Alors que les pratiques traditionnelles de réadaptation au travail et d’aide à la réinsertion font preuve d’une efficacité modeste en termes d’insertion dans l’emploi, en particulier dans un marché de l’emploi tendu, les pratiques dites de « soutien à l’emploi » (supported employment) ou de « job coaching » suscitent l’intérêt en raison de leur bien meilleure efficacité en termes d’accès à l’emploi, selon les résultats convergents de nombreuses études. Elles reposent sur la stratégie du «Place and train», insérer d’abord puis former et soutenir dans le cadre de l’activité de travail, ces différentes tâches étant assurées dans la durée par une même personne, le job coach. À partir des données de la littérature concernant ce type de pratiques, nous nous interrogerons sur les ressorts de son efficacité et les possibilités de sa mise en œuvre en France. Continuer la lecture de « Le soutien à l’emploi (ou les pratiques de « job coaching ») : une nouvelle stratégie d’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap psychique »

« Les enchaînés », la santé mentale au Bénin et en Côte d’Ivoire

La St-Camille donne des services psychiatriques contemporains dans ses centres comme solution autre à l’enchaînement aux arbres, à l’exclusion sociale et à l’abandon pour les personnes atteintes de maladie mentale, selon la tradition africaine. Les Amis de la St-Camille développent des réseaux locaux d’entraide et de coopération pour la Côte d’Ivoire et le Bénin.

L’Association Saint-Camille-de-Lellis est une organisation caritative africaine de services pour malades mentaux implantée en Côte d’Ivoire depuis 1991. Depuis 2004, elle en a fait de même au Bénin.

Dans la compréhension africaine, un malade mental est un possédé du démon, il a été ensorcelé. Son délire, son comportement inhabituel, bizarre est ainsi interprété. Tout le monde se tient à distance, personne ne veut le toucher de peur d’être à son tour ensorcelé. En ville, il est errant, démuni et laissé à lui-même ; on s’en éloigne, on l’abandonne à son triste sort. Dans les villages, on l’enchaîne à un arbre à la marge du village et il y restera jusqu’à sa mort.

Par le travail acharné de son fondateur, Grégoire Ahongbonon, entouré d’une équipe qu’il a constituée autour de lui, dix centres opèrent actuellement en Côte d’Ivoire et cinq au Bénin. Le malade est accueilli dans un Centre d’Hébergement, diagnostiqué par un psychiatre, traité et entouré d’intervenants (ex-malades) qui lui assurent un milieu de vie soignant, aimant et revalorisant. Après quelques mois et selon son évolution personnelle, il est dirigé vers un Centre de Travail (ou Réhabilitation) dans la communauté pour y apprendre un métier et débuter son intégration à la vie sociale. Quand il est prêt, il est réintégré ensuite dans sa communauté d’origine (village, quartier). Un réseau externe assure médication et suivi médical dans la communauté. En 2015, on dénombre plus de 60,000 hommes et femmes qui ont profité de cette organisation de soin et qui sont maintenant actifs dans leur communauté. L’Association St-Camille ne compte que sur les dons pour fonctionner : aucune aide financière gouvernementale ne lui est fournie.