« Le Fumoir », Marius Jauffret

La rentrée littéraire d’Alexª (épisode 2)

« Chaque année en France 90 000 personnes sont hospitalisées en psychiatrie sans leur consentement. C’est cette expérience de privation de liberté que raconte Marius Jauffret dans ce livre sensible et touchant ».

À mesure des pages, on est plongé dans une lente description narrative des premiers pas de Marius dans l’univers psychiatrique : microscopique et clinique, cette immersion en est pour autant très vivante.

Le temps s’étire à mesure des minutes, des heures, des journées qui n’en finissent pas.

Il est question ici de l’expérience contrainte de l’hôpital psychiatrique qui rend fou.

Les internés occupent le temps en fumant beaucoup, beaucoup, Marius essaye de contenir le temps infini en fumant beaucoup, beaucoup…

J’ai moi aussi beaucoup fumé dans les fumoirs emblématiques des institutions psychiatriques dans lesquelles j’ai été hospitalisée.

J’ai beaucoup fumé à la lecture de ce récit, comme si le réalisme de la plume de Marius me plongeait de nouveau dans l’enfermement asilaire.

Cette histoire, c’est un condensé de vies heurtées en toute une existence et en une poignée de semaines.

On y fait la connaissance de personnalités attachantes, parfois dangereuses mais en souffrance, toujours victimes du système de l’enfermement psychiatrique sans consentement.

Leurs vérités chevillées au corps et au cœur nous renseignent de leurs parcours de vie heurtés.

On y rencontre Norah, la jeune et tendre « princesse » orientale, le pyromane, la vieille femme anorexique qui décède devant Marius.

Il y a Damien, le jeune infirmier désabusé, il y a Madame Perpétuité, il y a Kiki le cracheur à l’expérience asilaire affutée et sa philosophie kikienne.

ll y a le « noir », proxénète respectable, il y a N’Goma le basketteur professionnel devenu unijambiste, il y a André ancien cadre dans l’agroalimentaire, il y a la méchante racaille-rappeur, il y a Virginie, Alexandra, Amélie et les autres…

Tous vivent la même expérience entre les murs de cet hôpital psychiatrique du 13ème arrondissement parisien dans cet espace clos, sans liberté sans d’autres activités que fumer, même la visite du psychiatre est rare.

Le temps de l’internement en HP est tellement long qu’il sort du cadran de la montre Rolex du médecin psychiatre, le docteur Faucon qui porte bien son patronyme.

Dans ce livre bouleversant Marius Jauffret nous embarque avec lui dans une dénonciation politique de l’internement systémique de ces personnalités singulières : ces individualités, c’est nous tous.

Cocktail explosif et indigne que l’asile distribue quotidiennement à ces patients : manque de personnel, aucun suivi, l’observation y est un concept fumeux, l’écoute est inexistante.

La prise en charge est « une pyramide de foutaises ».

Sans compter l’administration systématique, quotidienne à chacun des patients, peu importent leur pathologie, leur humeur, leur état, de la pilule neuroleptique star de l’internement : le Largactil, traitement de courte durée des états d’agitation et d’agressivité au cours des états psychotiques aigus et chroniques, schizophrénies, délires chroniques, délires paranoïaques, psychoses hallucinatoires chroniques, préparation à l’anesthésie, anesthésie potentialisée.

La vieille psychiatrie dans le nouveau monde !

L’ennui sous camisole chimique est légion, la réclusion ce sont les capacités mentales qui régressent.

Finit-on par s’accoutumer à la claustration, par faire de l’asile son toit dans une rhétorique de désespéré ?

Le patient est considéré comme un vulgaire criminel emprisonné qui ne peut pas plaider l’innocence.

Qu’est-ce qu’un minable fou ordinaire, c’est l’incarnation de Kiki.

L’asile a rendu ces gens encore plus fous que ce que le système pouvait imaginer : « ils ont créé un asile dans l’asile, une forme de libération dans l’enfermement ».

« L’emprisonnement asilaire, c’est de la torture et on ne peut pas humaniser la torture.

Attribuer une maladie à un innocent afin de le criminaliser pour avoir une raison de l’enfermer relève d’une perversion inégalable ».

Le salut est au futur dans la projection livrée au psychiatre d’une vie petite, d’une petite vie.

Marius Jauffret a eu cette chance de ne pas avoir été totalement broyé par cette hospitalisation sous le régime de l’HDT, laissant libre court à une révolte naissante et germante.

Ne pas oublier que le cerbère de l’asile est une tumeur coriace.

FUMER TUE, ÊTRE INTERNÉ TUE.

L’INTERNEMENT SYTÈMIQUE TUE, L’INTERNEMENT SYSTÈMIQUE REND FOU !

Marius aura été hospitalisé 27 780 minutes dans un HP parisien.

Alexandra Ecalard-Wager

LE FUMOIR

MARIUS JAUFFRET

Parution le 4 septembre 2020, aux éditions Anne Carrière.

Entretien avec Gringe : « Ensemble, on aboie en silence »

Entretien exclusif de Comme des fous avec Gringe à l’occasion de la sortie du livre: Ensemble on aboie en silence, un récit à deux voix, à quatre mains, à deux paires d’yeux entre Gringe et Thibault, son frère cadet souffrant d’un trouble psychique.

« Un récit sans complaisance, une déclaration d’amour fraternel ».

Delphine de Vigan

Sensibilité, sincérité, authenticité s’empare du sujet.

Touché, coulé…

Fil rouge de l’amour fraternel d’une grande justesse.

C’est un authentique coup de tête narratif, une création littéraire saisissante sans complaisance, sans fard, sans artifice.

Tantôt frérot tragique, tantôt frérot magique : Thibault le beau !

Allez, venez les amis, on va aboyer en silence encore et encore en lisant ce texte incandescent.

Gringe se révèle une plume ravageuse, comme son histoire avec Thibault.

Thibault est un enfant de la Lune, Guillaume (Gringe) est un enfant de la Lune, des garçons de la Lune.

Et non les gars, vous n’êtes pas des enfants oubliés…

Ça claque grave, comme une fulmination.

La meute silencieuse des invisibles a rendez-vous avec la Lune.

Ceux qui savent, savent et les autres sauront désormais.

Gringe est un sniper qui nous tire les portraits d’un frère fou, d’un frère raté : deux frères adorés que vous n’avez pas fini d’aimer.

Alexandra Ecalard-Wager

ENSEMBLE ON ABOIE EN SILENCE

GRINGE

Parution le 9 septembre 2020, aux éditions Harper Collins Traversée.

Fabien nous présente « Le Danseur de corde » et « Le journal d’un Mystique »

Le Danseur de corde

Dans cet ouvrage positif et dense, écrit sous la forme d’un journal par saisons, de 2010 à 2014, Fabien Le Bihan expose sa vie et la société, à travers sa maladie, le syndrome Schizo-Affectif, de la famille des schizophrénies et très proche de la bipolarité de type 1.

Chronologiquement avec l’émotion de l’instant, il décrit la maladie, les crises, les hospitalisations, les médicaments, puis la stabilisation et enfin un mieux-être. Mais ce livre ne se résume pas à son handicap, mais à sa vie en général.

Ainsi l’auteur décrit également quelques expériences métaphysiques, notamment son accès à l’éveil de la conscience. Et avec plus de recul il propose aussi des conseils, des réflexions philosophiques et spirituelles, pour un mieux-vivre au quotidien avec ou sans un handicap psychique.

Il conceptualise et décrit sa philosophie de vie de bouddhiste zen, et formalise une thérapie qu’il décrit et nomme « La thérapie positive du patient ».

Fabien Le Bihan apporte aussi un point de vue critique sur la place de ce handicap dans la société française et l’organisation du système de soins. Il s’appuie dans sa démonstration sur des synthèses de documents médicaux, des statistiques, des lois, des sondages, des articles de presse et des interviews de patients pour appuyer son raisonnement.

Cette méthode de rédaction, assez directe et journalistique, rend d’autant plus vivant, sérieux et presque complet ce projet littéraire autobiographique, rédigé sur cinq années.

Construit en trois chapitres, ce livre est illustré d’un extrait de quelques unes de ses œuvres originales à l’encre de chine et/ou aquarelle. L’Art-thérapie est une composante essentielle de sa thérapie positive, parmi d’autres.

Le Danseur de corde, 478 pages, est édité par LULU et disponible en librairie.

Le journal d’un Mystique

« Le journal d’un Mystique » est la suite de son précédent livre autobiographique toujours aussi mystique, « Le Danseur de Corde ».

Différents événements métaphysiques et surnaturels qui se sont manifestés à lui, progressivement, dans sa vie pourraient s’apparenter, à la lecture de ce nouvel ouvrage, à de petits miracles, à une Grâce. Par l’épreuve il a rencontré, dans son cheminement, la spiritualité puis la foi, et reste toujours éclairé d’une philosophie de vie bouddhiste, la voie du milieu. Il se considère chrétien, sans obéir aux dogmes de la religion. Aidé au départ par un médium, il fait ses premiers pas dans l’invisible désormais ouvert à lui.

Sa propre Vie était la clef d’accès à ce monde parallèle. Libéré de ses torpeurs avec des prières parfois exaucées, aujourd’hui il ne doute plus d’une Vie après la vie, l’au-delà lui a enfin été révélé.

Après son expérience d’éveil de la conscience, ou « pleine conscience », en 2012 progressivement ses Anges gardiens sont entrés en communication lors de méditations et de recueillements ; des mots, des phrases, des images, un rayon de lumière bleue sortant de son crucifix et des impressions, des images, voire des pressentiments.

Ses Anges le guident désormais, sans l’aide du médium, sur un chemin de vie plus apaisé et ouvert sur de nouveaux horizons emplis de Lumière. Mais se pourrait-il qu’il ne s’agisse tout simplement que de dialogues avec son inconscient, la manifestation d’un imaginaire et de pressentiments ?

Dans ce livre, Fabien Le Bihan explique les faits tels qu’ils se manifestent à lui et en toute sincérité et objectivité. Il laisse le lecteur faire son choix : hallucinations auditives et visuelles ou manifestations de ses Anges Gardiens et de l’au-delà ? Psychose ou faculté de médiumnité, voire les deux à la fois ? A la lecture de cet ouvrage, qui vous fera le plus grand bien, vous ne douterez plus de la réponse.

Le journal d’un Mystique (Le danseur de corde tome 2), 426 pages, est édité par Lulu et disponible en librairie

A propos de l’auteur :

fabien le bihan Fabien Le Bihan est né en 1969 à Lorient, une ville du sud de la Bretagne en France. Après des études supérieures dans sa ville natale, il intègre à l’âge de 21 ans une institution bancaire. Il exercera avec succès son premier métier de commercial dans une agence rurale. A 24 ans, à la faveur d’une promotion, il intègre le siège social de la banque, dans le département des back-offices de la salle des marchés, et réside à Brest, à la pointe de la Bretagne. C’est à ce moment là qu’apparait ses toutes premières bouffées délirantes et ses premières hospitalisations en institutions privés, puis publiques.

Plusieurs hospitalisations en psychiatrie avant de poser un diagnostic, le syndrome schizo-affectif et le bon traitement avec un antipsychotique efficace. Par la suite il sera muté dans différents services de la banque, en étant reconnu travailleur handicapé, jusqu’en 2010, date de la fin de son activité professionnelle (41 ans).

Parallèlement à son activité professionnelle il exercera bénévolement plusieurs activités, Président d’une association et Rédacteur en chef d’un fanzine pendant cinq ans, journaliste dans une revue locale… D’autres activités lui créeront, à cause de son handicap, des déboires financiers.

Depuis 2010, il réside à Le Relecq-Kerhuon (10 mn de Brest), une petite ville résidentielle (11 000 habitants) près de la mer. Après quelques temps d’adaptation (Arrêt de son activité professionnelle et changement d’environnement), il prend peu à peu ses marques et débute une nouvelle vie, sans stress, plus à la mesure de son handicap psychique. Il aménage à sa façon son jardin, continue de peindre (une activité découverte à l’hôpital) et se met à écrire un journal par saisons qu’il publiera sous la forme de deux tomes : Le danseur de corde (Lulu 2014) et Le journal d’un Mystique (Lulu 2019).

www.fabienlebihan.fr

« They Call Them Camisoles » de Wilma Wilson, une analyse de Nausica Zaballos

« On les appelle Camisoles » : la carrière, outre-tombe, de Wilma Carnes Wilson, starlette alcoolique internée, auteure féministe divorcée et rousse incandescente assassinée.  

Le Camarillo Hospital, hôpital psychiatrique californien, ouvrit ses portes en 1933. Jusqu’à sa fermeture, en 1996, il suscita un vif intérêt tant de la part de l’opinion publique que des législateurs ou de la communauté médicale. Reconnu comme un lieu pilote pour l’innovation thérapeutique grâce à notamment ses partenariats avec l’université de Californie à Los Angeles (UCLA), il fut également l’objet de controverses suite à des dénonciations de maltraitances. En 1976, un Grand Jury fut saisi afin d’enquêter sur les circonstances dans lesquelles des patients avaient trouvé la mort. Le Camarillo Mental Hospital fit également les choux gras de la presse à scandale en accueillant comme patients des meurtriers tels Elizabeth Mae Duncan[1] ou la baby-sitter étrangleuse, Delora Campbell. L’hôpital se situait près des studios hollywoodiens et de nombreuses célébrités au nombre desquelles les musiciens de jazz Charlie Parker et Phineas Newborn vinrent y faire soigner leurs dépressions nerveuses et addictions. Si les stars hollywoodiennes veillaient à ne pas ébruiter leur internement, d’autres patients, se servirent de leur séjour au Camarillo Mental Hospital comme d’un tremplin vers la gloire. Ce fut le cas de Wilma Carnes, dite Wilma Wilson, starlette qui travaillait comme doublure dans les ballets aquatiques tournés à Los Angeles. Elle publia en 1940 aux éditions Lymanhouse un ouvrage intitulé They Call Them Camisoles dénonçant la violence des traitements imposés aux femmes alcooliques internées.

They Call Them Camisoles possède une dimension historique indéniable. De nombreuses informations factuelles agrémentées d’analyses subjectives aident l’historien à mieux appréhender la relation patient-soignant au sein du Camarillo Mental Hospital à la fin des années 1930. Mais, ce livre est aussi un objet narratif protéiforme qui montre comment le récit d’une patiente psychiatrique échappe aux visées traditionnelles de témoignages d’interné(e)s. L’auteur y endosse de multiples rôles cinématographiques : celui de la fausse ingénue qui utilise son pouvoir de séduction pour adoucir son quotidien au Camarillo Mental Hospital puis celui de la penseuse féministe se dissimulant sous le masque de la femme fatale.

Stratégies de survie d’une fausse ingénue.

Quelles sont les stratégies mises en œuvre par Wilma Wilson pour survivre aux conditions, parfois difficiles, d’hospitalisation sans froisser l’institution psychiatrique ? L’auteur va d’abord se renseigner sur l’univers asilaire. Wilma Wilson précise qu’elle a rapidement envisagé son internement comme la possibilité de réaliser un reportage journalistique, entreprise rappelant d’autres écrits, ceux de Nellie Bly (reporter au New York World) qui simula la folie pour réaliser une enquête sur les conditions d’internement au Women’s Lunatic Asylum Blackwell’s Island. Wilma écrit : « Je développai rapidement un intérêt croissant pour l’hôpital (…) J’interrogeai de manière extensive toute personne qui passait à ma portée. Je posais des questions sur la gestion financière de l’hôpital, les différents protocoles et la variété de traitements. » (Wilson, p.151) Le lecteur apprend ainsi que la superficie de l’hôpital était de 30 yards, que nourrir un patient coûtait 4 cents et demi par jour et que les aides-soignants bénéficiaient d’une paie conséquente pour l’époque –100 dollars- par mois. (p.152)

La réclusion géographique et sociale imposée par l’internement empêchait Wilma d’échapper à sa condition de patiente psychiatrique. Les notes qui ont servi de mémento pour la production littéraire à venir devaient être rédigées sous l’œil de ses compagnes de captivité et de ses gardiens. Pour éviter que son calepin ne soit confisqué par des médecins soucieux de contrôler des informations susceptibles d’être divulguées à la presse, Wilma explique qu’elle le cachait au milieu du linge sale, dans le service de nettoyage auquel elle avait été affectée. Consciente des risques encourus, Wilma mit en place des stratégies pour passer inaperçue au milieu des vrais fous. Afin de poursuivre ses activités d’écrivain sans être importunée, Wilma décida de cacher sa « normalité » à tous. Comme de nombreuses patientes se livraient à l’écriture de manière compulsive et effrénée, il ne lui restait plus qu’à adopter le comportement pathologique de ses congénères : « On pouvait voir à tout moment dans la buanderie plusieurs femmes démentes : elles écrivaient avec furie. L’une d’entre elles écrivait au président, l’autre envoyait sa lettre d’amour quotidienne à Clark Gable alors que Verna, couchait sur papier, ses poèmes pour la gloire. » (p.151)  

Même si Wilma Wilson masque une grande partie de ses griefs sous des descriptions humoristiques, ses écrits n’en revêtent pas moins une dimension polémique alimentée par un sentiment d’injustice. Selon elle, la mixité entre publics était une grave erreur. Elle dépeint les efforts déployés par les patients alcooliques pour demeurer à l’écart des « véritables fous » : « Nous nous cachions dans une pièce vide pour éviter autant que possible d’être à proximité des patients psychotiques. » (p.42) Le drame de la patiente Wilma est de devoir occulter aux médecins son regard critique afin d’espérer pouvoir quitter l’hôpital. Le récit de l’apprentie actrice relate ainsi un jeu de dupes plus subtil qu’il n’y paraît au premier regard. Au fil des pages, le lecteur s’interroge légitimement sur la propension des médecins à cerner le « cas » Wilma Wilson.

Wilma : une femme insaisissable, une femme malade ?

Le jugement clinique sur la patiente Wilma, omniprésent dans They Call Them Camisoles, n’est pas une clef d’analyse suffisante pour cerner la personnalité de l’auteur. A contrario, il renforce la critique des médecins dressée par l’ex-patiente. Afin d’adapter son comportement aux attentes des médecins, Wilma Wilson a demandé à une patiente employée comme secrétaire de jeter un œil sur son dossier médical. Wilma réfute la pertinence des critères retenus par les médecins pour justifier son internement. Les expressions utilisées pour qualifier Wilma ne renvoient pas aux troubles psychiatriques dont elle pourrait éventuellement être atteinte mais constituent des jugements moraux. Wilma est ainsi décrite comme une malade désinvolte et séductrice. (p.182-183) A travers le récit de différents entretiens médicaux, Wilma s’évertue à critiquer les critères utilisés pour évaluer l’état mental des patients. Ses sarcasmes, à l’encontre d’un test de QI, révèlent qu’une simple erreur de date ou de calcul pouvait être fatale aux patients : « Je me souvenais des quatre derniers présidents mais les filles durent me rappeler les quatre premiers. Washington, Adams, Jefferson, Madison. J’enregistrais mentalement les quatre premières lettres de leurs noms, juste avant de franchir la porte de la salle d’examen (…) Lorsque les fées se penchèrent sur mon berceau, elles oublièrent de m’offrir la prudence et les mathématiques. Je comptais mécaniquement en me servant de mes doigts cachés sous le bureau. » (p.61-63)

Les entretiens avec les médecins psychiatres, hommes ou femmes, sont présentés comme de parfaits exemples de non-communication : « J’étais assise dans la rangée de patients qui s’apprêtaient à rencontrer comme chaque mardi l’équipe médicale. Je tremblais de tous mes membres. (…) J’étais crispée, comme une accusée au regard défiant. J’eus l’impression que leur froideur m’était entièrement dirigée. J’appris par la suite qu’il est contraire aux règles de réserver un accueil chaleureux aux patients alcooliques. » (p.130) La rencontre tourne à la confrontation car le malade est dépossédé de sa liberté de rétorquer ou d’exiger des explications : « Le docteur ne fit aucun commentaire, ce qui n’était pas surprenant. A ma connaissance, jusqu’à présent, ils n’ont jamais donné de réponse claire et directe à un patient durant un entretien médical hebdomadaire. » (p.131)

La survie n’est garantie que par l’adaptation du patient à son environnement. Constamment en alerte, Wilma Wilson apprend vite quels sont les stratagèmes pour obtenir davantage de nourriture à la cantine, pour être envoyée dans une aile d’hôpital plus accueillante, pour bénéficier d’autorisations de sortie. La nouvelle venue dans l’univers psychiatrique décide également de se choisir des instructrices qui accepteront de partager avec elle leurs stratégies de coping. On retrouve ainsi, bien des années avant sa légitimation institutionnelle, la figure du survivor (survivant aux « mauvais » traitements psychiatriques). Au fil des pages du témoignage se dessine une solidarité féminine qui se dresse face à un monde autoritaire dominé par l’absurde. Wilma et ses compagnes de chambre se jurent de venir en aide aux nouvelles arrivées comme Elise : « Nous avions établi un programme très sérieux pour être en mesure de la surveiller et de la soutenir si nécessaire. » (p.54) Le savoir expérientiel des patientes s’oppose au savoir scientifique des soignants.

Bien souvent internées sur décision familiale pour un comportement jugé contraire aux bonnes mœurs, les patientes alcooliques sont confrontées à une institution qui prône l’acquisition de capacités ménagères comme unique réhabilitation. Un article rédigé par John Abbott et publié le 22 mars 1938 dans le Berkeley Daily Gazette expliquait que les thérapies occupationnelles étaient au cœur du protocole de soin de l’hôpital : « la couture et la peinture pour les femmes, l’apprentissage du bricolage pour les hommes a permis à de nombreux patients de se débarrasser de leurs obsessions tout en découvrant de nouvelles activités. »  Alors que Wilma Wilson doit se plier à un rôle de maîtresse de maison en porte à faux avec ses aspirations d’actrice, elle prend aussi conscience qu’elle doit continuer d’user de ses charmes pour adoucir son quotidien. Une compagne d’infortune lui conseille de prendre soin de son apparence : « Suis mon conseil, continue à te maquiller (…) Les hommes qui travaillent à la cafétéria te serviront des portions de nourriture plus importantes. On doit beaucoup flirter pour espérer manger normalement. » (Wilson, p.55) Pour la starlette habituée à se mettre en valeur sur les plateaux de tournage, l’hôpital se meut alors en décor idéal pour faire montre de toute l’étendue de ses talents de séductrice.

L’hôpital : décor de cinéma pour un personnage de séductrice ?

Selon Wilma, l’hospitalisation permet de cacher à l’opinion publique des figures féminines que la doxa ne saurait supporter. Usant et abusant de sarcasmes, Wilma pointe du doigt une institution hospitalière obsolète, car d’un autre âge. Les thérapeutiques occupationnelles en vigueur à l’époque ne soignent pas l’addiction des patients alcooliques. Mais, en se portant volontaire pour aider les aides-soignants au sein du service d’hydrothérapie, Wilma se fait paradoxalement complice d’un système qu’elle pointe du doigt. (p.74) Faire carrière à l’hôpital, c’est avant tout gravir les échelons d’une hiérarchie implicite qui divise les malades en deux groupes : les patients jugés trop instables pour se voir confier une occupation et les autres. La diversité des postes occupés par les patients employés comme main d’œuvre non rémunérée témoigne d’une division des travailleurs en deux groupes : les cols blancs et les cols bleus. D’abord chargée de nettoyer le sol ou de faire enfiler des camisoles à des patientes syphilitiques (p.94-95), Wilma est ensuite responsable du service de la buanderie (p.143) puis autorisée à créer un atelier de chants. Son parcours témoigne d’une véritable ascension professionnelle au sein du Camarillo Mental Hospital : Wilma a réussi sa carrière de patiente. L’ouvrage, parsemé de dessins humoristiques, recèle une illustration qui montre Wilma coiffée de la toque des étudiants américains diplômés. (p.271) Pourtant, malgré la métaphore de l’étudiante appliquée, présente tout au long du récit, l’ouvrage de Wilma Wilson représente un désaveu pour l’institution psychiatrique.

L’auteur ne cache pas qu’elle doute de sa capacité à demeurer sobre dans le futur : « La prochaine fois que je mourrais d’envie de prendre un verre, je m’assommerais en ingurgitant du sirop pour dormir, ou bien je me rendrais malade en avalant de l’ipecac comme vomitif. » (p.268) Cependant, Wilma se défend d’avoir publié un document à charge. Elle met en garde les personnes qui seraient tentées de considérer They Call Them Camisoles uniquement comme une critique de l’institution psychiatrique : « Je ne sais pas contre qui je dirige mes remarques assassines. Je ne vise certainement pas les patients psychiatriques. Ils sont confrontés à des problèmes qui fendent le cœur. Je n’accuse pas non plus les alcooliques (…) Les aides-soignants ? La plupart d’entre eux font preuve de patience, de compréhension et de gentillesse dans des situations très tendues. Les docteurs ? Ce sont des hommes et des femmes stressés, ployant sous le travail, acculés de tous côtés par de malheureuses histoires. L’état ? La Californie croule sous son fardeau de pauvres. » (p.269)

En fait, They Call Them Camisoles se présente comme un tremplin vers la postérité. L’auteur tire d’une expérience douloureuse un récit édifiant qui, en sus de dénoncer les conditions de détention psychiatrique de patientes alcooliques, offre un rôle à contre-emploi à une starlette en quête de gloire. Le récit de Wilma constitue une célébration d’elle-même. Les atermoiements de l’aspirante actrice, reine de l’attitude désinvolte, ne portent pas toujours sur l’enfermement psychiatrique mais bien plus, sur son incapacité à faire bonne figure dans un univers de crasse qui est l’antithèse de la sophistication. Elle est outrée par la taille des serviettes : « Elle avait la taille et la forme d’un mouchoir pour homme et elle avait bien besoin d’être lavée. » (p.49)

Sous le masque de la femme brisée par l’expérience asilaire se cache la fausse ingénue qui tente d’amadouer médecins et juges. Les larmes, pense-t-elle, susciteront la pitié d’un docteur : « Je contemplais l’épaule du médecin. Il avait une belle carrure. Exactement l’épaule qu’il me fallait pour créer l’illusion que j’incarnais Niobé. » (p.64) Wilma pense échapper à l’internement grâce à sa beauté naturelle : « Le juge m’étudia des pieds à la tête. Même si je n’étais pas à mon avantage après une nuit passée en prison (…) j’étais loin de ressembler aux autres prisonniers. » (p.54)

Elle tourne en dérision le psychiatre chargé de déterminer si elle souffre de paranoïa afin de glisser au lecteur que les hommes, fascinés par sa beauté, la suivent régulièrement en voiture dans la rue : « Deux hommes qui conduisaient une Dusenberg me suivirent un jour sur une bonne longueur de rue. Je voulais le dire au médecin mais je pense qu’il ne m’aurait pas prise au sérieux, il aurait pris mes propos pour de la vantardise. » (p.64) Malgré sa tendance à vanter sa plastique, Wilma est bien consciente des dangers à revêtir une attitude de séductrice dans un univers condamnant l’autonomie des désirs sexuels féminins. Wilma Wilson s’apitoie sur le sort d’une jeune femme atteinte de syphilis : « Je rencontrai (…) une fille qui avait passé plus d’un an dans l’aile 6 parce qu’elle était atteinte de syphilis. Je me demande comment elle a fait pour demeurer saine d’esprit. De toute façon, elle était si pleine d’amertume à sa sortie qu’elle a certainement dû avoir un comportement anormal par la suite. » (p.89)

La mention constante de son pouvoir de séduction et les indices semés quant à son irréprochable plastique ne seraient-ils pas destinés aux réalisateurs se trouvant éventuellement parmi ses futurs lecteurs ? En concentrant la narration autour d’événements qui lui permettent de se présenter comme une héroïne de film, Wilma Wilson échappe à la stigmatisation de l’internée. Elle transforme son témoignage en une carte de visite originale à l’intention des studios et elle évite, par ailleurs, de voir son discours censuré. L’auteure mentionne par ailleurs que certains faits devaient être passés sous silence : « On me remit un formulaire sur lequel figurait la question ‘Avez-vous déjà été témoin d’un acte de maltraitance commis par un aide-soignant sur la personne d’un patient ?’ (…) Une petite voix me dit que si jamais je répondais ‘oui’, je pourrais rencontrer des obstacles sur mon chemin vers la sortie. » (p.72) La dimension humoristique du témoignage de Wilma réside dans un comique de situation fondé sur le décalage entre les préoccupations d’une jeune vamp et les exigences d’un système psychiatrique qui, par certains aspects rappelle l’univers carcéral. Mais, la distance humoristique ne doit pas faire oublier au lecteur que la description du quotidien des patientes est placée sous le sceau d’une dénonciation des rôles imposés aux femmes internées. They Call Them Camisoles, discours féministe, dépeint des jeunes femmes contraintes d’embrasser des carrières de femmes au foyer si elles veulent espérer quitter un jour l’hôpital.

En ce sens, il s’inscrit dans la lignée des récits autobiographiques, écrits dès la fin du XIXe siècle, par des femmes dénonçant le recours à l’internement comme moyen de contrôle social par des maris jaloux et possessifs.

Pour mémoire, on se réfèrera ainsi à The Prisoners’ Hidden Life Or Insane Asylums Unveiled publié en 1868 par Elizabeth Packard, internée pendant trois sur demande de son mari, le révérend Theophilius Packard, pour des raisons de divergences religieuses. Le militantisme d’Elizabeth Packard contribua à l’adoption d’une loi accordant aux femmes mariées de l’Etat de l’Illinois la possibilité de bénéficier d’une audience avant d’être internées.

Dénonciation de l’hôpital comme lieu de réhabilitation sociale normative.

Pour les patientes alcooliques, dépressives ou hystériques, l’hôpital devient une école des bonnes manières, étape indispensable vers la réhabilitation sociale. Les dialogues entre médecins, infirmières et patientes retranscrits par Wilma dépeignent des rapports de forces où l’on s’adresse à la malade, infantilisée, comme à une enfant capricieuse. Internées sur décision familiale, ces patientes abandonnent tout espoir d’échapper au joug marital ou maternel. Wilma rapporte ainsi les propos d’une amie : « Si ta famille veut te faire interner de nouveau, ils le peuvent (…) Connaissant bien mon mari, je suis persuadée qu’il voudra que je lui obéisse les yeux fermés au moindre claquement de doigt. Même si je ne me remets pas à boire (…), il recommencera à me faire souffrir en menaçant de me retirer la garde de mon enfant. » (Wilson, p.197)

Selon les médecins, le mariage semble, pour des femmes suicidaires, alcooliques ou dépressives, la seule porte de salut en dehors des murs de l’hôpital. Mais, le seul moyen de trouver un mari pour des femmes ayant été internées est de se transformer en parfaites maîtresses de maison. Une employée conseille à Wilma de garder en mémoire tous les gestes appris au sein de l’hôpital : « ‘Si tu as prévu de te marier, Wilma, tout ce que tu apprendras ici te sera d’utilité pour ton couple.’ » L’auteure ironise : « J’étais dubitative quant à l’utilité de ce conseil. Forcer Ricky [son futur mari] à enfiler une camisole ne me servira à rien. » (p.78-79)

Selon Wilma, l’hôpital psychiatrique, par la promotion de thérapies occupationnelles ménagères, favorisait la reproduction, à travers la relation infirmière-patiente, d’interactions familiales dysfonctionnelles. Le couple mère castratrice / fille acting-out se reconstituait dans la relation infirmière-patiente : « Des mères autoritaires (…) n’acceptaient pas que leurs filles soient devenues des adultes indépendantes. Certaines mères étaient prêtes à tout pour contrôler à nouveau leurs enfants. » (p.198)

D’après Joel Braslow, à l’intérieur des hôpitaux psychiatriques californiens des années 1930, les aides-soignantes étaient les exécutrices d’une conception de la médecine psychiatrique inspirée par des thérapies morales et hygiénistes. Les faits et gestes des patientes étaient épiés par des auxiliaires de soin en surnombre. Lors de l’internement de Wilma Wilson, le nombre de patientes s’élevait à 90 pour plus de 100 aides-soignantes. (Wilson, p.55-56) La réhabilitation sociale passait aussi par l’acceptation d’un règlement qui exigeait de toutes les patientes de fournir des efforts lors de la réalisation de tâches ménagères. Wilma Wilson nettoyait plusieurs kilomètres de couloirs par jour. La laverie prenait en charge les vêtements de plus de 300 patients. L’hôpital était loin d’être le lieu de villégiature espérée par certaines patientes comme Jo, mère au foyer alcoolique, internée sur recommandation médicale afin de se reposer : « Je suis venue ici avec le ferme espoir de reprendre des forces (…) Je me retrouve à la buanderie pour plus de quatre mois ! » (p.138) Wilma Wilson écrivait aussi que « la centrale électrique, la buanderie, la boulangerie, le pressing et la ferme fonctionnent grâce au travail des patients. » (p.106) Pourtant, les médecins se gardaient bien de justifier l’existence de thérapies occupationnelles par une gestion quasi autarcique, en autosuffisance, de l’hôpital. Le docteur Stoddard insiste ainsi sur les bienfaits du travail manuel : les patients luttent contre l’ennui et acquièrent des compétences pour subvenir à leurs besoins ultérieurs. (p.43)

L’importance accordée aux thérapies occupationnelles mises en place au sein des hôpitaux psychiatriques californiens renseigne également sur le degré de liberté des femmes californiennes à se définir professionnellement dans les années 1930. Le parcours professionnel de Wilma Wilson ne pouvait que lui être reproché. Elle quitte son emploi de secrétaire médicale pour exercer ses talents de danseuse. (p.64) Doublure d’actrice, elle s’illustre également dans des ballets aquatiques. Financièrement autonome, ses choix professionnels témoignent aussi d’un corps en mouvement. Or, au sein du Camarillo Mental Hospital, Wilma Wilson découvre que le modèle d’épouse au foyer est prôné dans la mesure où il facilite un contrôle des corps féminins.

Un questionnement sur la peur du féminin ?

L’hôpital, pourtant dépeint comme un lieu de villégiature par certains médecins, ne se prête pas au soin des corps. Le désir de soigner son apparence en se coiffant et se maquillant révèlent des tendances érotomanes ou nymphomanes qu’il faut traiter. L’absence d’espaces réservés à la toilette intime limite la propension des femmes à affirmer leur féminité. Wilma regrette ainsi le nombre réduit de miroirs. (p.87) Les chambres de l’hôpital ne possèdent pas de penderies ou de commodes. (p.83) 

Un souci de sécurité ne justifie pas de telles mesures. Les miroirs et les rasoirs ne sont pas confisqués aux patients hommes. Selon Wilma, le fonctionnement administratif de l’univers hospitalier asilaire, monde fait pour et par les hommes, traduit, une peur de la féminité. Les femmes ne peuvent avoir accès au reflet de leur propre corps ; celui-ci, objet de délit, doit également être caché aux yeux extérieurs : « Jouxtant notre service, on trouvait une aile réservée aux hommes, une aile dite ‘ouverte’, ce qui signifie que les patients étaient autorisés à se rendre dans le jardin pour fumer ou se promener, un autre exemple du favoritisme. Aucune aile où l’on trouvait des femmes n’était ouverte. Pour les psychiatres, la place de la femme est à la maison, enfermée. » (p.209)

Alors que l’expression de la féminité est condamnée, l’hypersexualisation masculine crée de l’émulation parmi les employés mâles ; ces derniers s’identifient volontiers aux patients alcooliques qui bénéficient régulièrement de passe-droits. (p.89)

Le corps féminin était considéré par beaucoup de médecins comme un terreau favorable au développement de maladies mentales diagnostiquées à travers l’analyse de manifestations physiologiques typiquement féminines telles que les règles. L’attention médicale accordée à l’expression de la coquetterie relevait d’une forme de prévention thérapeutique. Le corps féminin recelait en lui les traces d’une propension à la folie. Dans les années 1930 et 1940, la trace de « catamenial records » dans les archives de différents hôpitaux californiens établissent la corrélation faite par les médecins et le personnel soignant entre les menstrues et l’état mental des patientes. (Braslow, p.157) D’après le récit de Wilma Wilson, l’alcoolisme des femmes était, dans l’esprit des thérapeutes, intimement lié à l’exercice d’une sexualité anormale et dangereuse à laquelle il fallait opposer un modèle de femme au foyer. La vitalité sexuelle observée chez des patients mâles alcooliques n’était, elle, en aucun cas symptomatique d’une maladie mentale.

Les patientes étaient soumises à des injonctions contradictoires. L’internement avait été décrit comme l’occasion rêvée de rencontrer un homme bien né : « ‘Choisis-toi un millionnaire !’ devint un proverbe familier à cause du Docteur Stoddard qui nous avait assuré que l’hôpital regorgeait de gosses de riches venus s’y faire soigner. » (p.218) Mais, l’univers asilaire favorisait une animalisation des comportements : « Elles urinaient et déféquaient sur elles (…) Certaines grimpaient aux arbres (…) avalaient la poussière ou les détritus trouvés sur le sol. » (p.93) Wilma regrettait d’être confrontée à l’image inquiétante de femmes aux corps abîmés par l’expérience de l’internement : « Le bain constituait un moment très déplaisant car les douches grouillaient de corps déformés. » (p.139)

Wilma Wilson fut internée sur décision du juge (et recommandation de sa propre mère !) à la fin des années 1930, après avoir été arrêtée pour conduite en état d’ivresse. Après quatre mois de traitement, elle obtint le droit de quitter le Camarillo Hospital. Son témoignage fut publié en 1940. L’amendement Volstead interdisant la vente d’alcool avait été abrogé en 1933. Comme le prouve son récit autobiographique, Wilma Wilson était davantage l’héritière des suffragettes américaines que des représentantes puritaines des mouvements de tempérance.

They Call Them Camisoles est un récit qui se nourrit de multiples ambiguïtés. Célébration de la femme fatale, il n’en demeure pas moins malgré lui un manifeste sur la condition féminine. Récit d’une survivante de l’expérience de l’internement psychiatrique, il illustre aussi la difficulté de l’auteur à assumer son statut de patiente mentale. Carte de visite d’une starlette plus tout à fait jeune à l’égard des studios, il n’en écorne pas moins la réputation –déjà sulfureuse- de son auteur. La fin tragique de Wilma Wilson, rousse incandescente divorcée en 1941, évoque davantage une pulp fiction qu’une screwball comedy. Son nom apparaît pour la dernière fois dans les colonnes du Los Angeles Times durant le mois de juin 1943 dans la rubrique crimes. Le 5 juin, deux jours après son assassinat, la police découvre son corps nu mutilé sur son lit dans son appartement d’Hermosa Beach, une copie de They Call Them Camisoles à terre. L’enquête conclue qu’après une soirée très arrosée et un bain à bulles, l’ex-actrice de 31 ans a tenté de résister aux avances de Michael Strigano, un militaire âgé de 22 ans. Celui-ci lui aurait administré 25 coups à la tête puis, il aurait tabassé son corps. Ce meurtre sordide est à l’image du clivage symbolisant le comportement de Wilma qui avait choisi l’humour et la comédie pour masquer la réalité blafarde de son existence. Néanmoins, le tour de main de l’auteure est d’avoir écrit un récit traversant les âges et l’imposant comme une sulfureuse femme fatale. Il n’est pas alors étonnant de constater que 70 ans après sa mort, elle est encore citée par Larry Harnisch, spécialiste de l’affaire judiciaire du Dahlia Noir –autre aspirante actrice assassinée- dans les colonnes du Los Angeles Times.

Nausica Zaballos.


[1] Voir le chapitre consacré à Elizabeth Mae Duncan dans Au-delà du Dahlia Noir, E-Dite, collection Noire, 2011.

Ouvrages cités et lectures conseillées.

Grand Jury Report, County of Ventura, 12 janvier 1977.

Wilson, Wilma. They Call Them Camisoles. Lymanhouse: 1940.

Zaballos, Nausica. Au-delà du Dahlia Noir, E-Dite, collection Noire, octobre 2011.

Zaballos, Nausica. Vie et Mort du Camarillo Hospital. L’Harmattan, 2014.

Abbott, John. “Complete Insanity Hospital.” Berkerley Daily Gazette, 22 mars 1938

Bly, Nellie (1887). Ten Days in a Mad-House. http://digital.library.upenn.edu/women/bly/madhouse/madhouse.html

Russell, Ross. Bird lives! Da Capo Press, 1996, pages 225-226. Première édition : 1973.

Jazz Magazine, “Conversation avec Al Levitt”, mai 1981.

Packard, Elizabeth. The prisoners’ hidden life, or, Insane asylums unveiled: as demonstrated by the report of the Investigating committee of the legislature of Illinois, together with Mrs. Packard’s coadjutors’ testimony. Chicago: 1868.

Braslow, Joel. Mental Ills and Bodily Cures. Psychiatric Treatment in the First Half of the Twentieth Century. University of California Press: 1997, page 26.

Los Angeles Times. “Woman who overindulged tells inside story of ‘cure’.” 16 février 1941.

 “Soldier to Face Court-martial in Woman’s Death.” 11 juin 1943.

« Quand la dépression est là ! » de Bruno Maquet [livre]

Un livre recommandé par Lou Kema : « Quand la dépression est là ! La place de l’aidant naturel. » Paru le 7 février 2020 aux Editions du Panthéon.

Un témoignage fort et courageux à lire:

Avec « Quand la dépression est là ! » Bruno Maquet donne sa voix à celles et ceux qui sont présents pour celui qui tombe et ne se relève pas. Il témoigne avec force et courage que l’aidant c’est celui que, d’ordinaire, on ne voit pas. Un ouvrage aussi nécessaire que remarquable.

« Comment tenir en estime et promouvoir la personne aidée sans la classer, la catégoriser et la marginaliser ?

Comment lui redonner son autonomie sans la réduire à ses dépendances et à ses manques ?

Comment l’accompagner en respectant et en promouvant sa liberté, son devenir, sa capacité relationnelle ?

La personne aidée ne se définit ni par sa fonction, ni par son handicap, ni par sa maladie, ni par son âge, ni même par son sexe.

La personne ayant à vivre une souffrance mentale doit être reconnue et accueillie avec sa différence, et non pas définie par sa disparité sous peine de non-reconnaissance de son être. »

Un jour, tout bascule, le fil fragile de l’existence se rompt et le couple heureux fait face à l’irruption de la dépression. Lui devient le soutien, l’étai de son épouse malade.

Pris entre les difficultés du quotidien et la taraudante question – la maladie a-t-elle une fin, même temporaire ? – il leur faut tous deux lutter et se relever.

Le travail de résilience, pour dépasser la souffrance psychique et l’épuisement, peut alors faire son œuvre.

La lecture de ce récit éclaire à elle seule la situation de l’aidant.e, mais aussi de l’aidé.e. Douloureux et en mots justes, il opère cette nécessaire transmission.

https://www.editions-pantheon.fr/catalogue/quand-la-depression-est-la/

Joan a lu « Architecture pour la psychiatrie de demain »

Cet ouvrage collectif rassemble un panel d’auteurs d’horizons variés comme le député Denys Robiliard, des directeurs d’hôpitaux, des soignants (psychiatres et infirmiers), des architectes mais aussi des directeurs des investissements et de l’immobilier.

On regrettera l’absence de contributions de la part d’usagers de la psychiatrie bien que les auteurs insistent sur le rôle important qu’ils auront dans la psychiatrie de demain.

Le livre présente 20 projets et établissements, parmi les 635 établissements autorisés pour l’activité de psychiatrie en France, sous la forme de fiches où le texte prend le dessus sur les images et les plans d’architecture.

Au-delà de ces fiches-projets, ce sont les contributions théoriques qui prédominent parmi lesquelles on peut piocher des idées intéressantes.

Mais revenons sur ce titre prometteur: l’architecture de la psychiatrie de demain.

La psychiatrie de demain

La psychiatrie est ici définie comme l’étude médicale des maladies mentales. On se situe dans le champ de la santé, du sanitaire et, finalement, qu’est-ce que le lieu de la psychiatrie sinon un hôpital entre les mains d’un médecin psychiatre et son équipe soignante.

La psychiatrie de demain remet en cause l’hospitalo-centrisme au profit d’une psychiatrie « hors les murs » rendue apparemment possible par l’apparition des neuroleptiques dans les années 1950. Disons qu’avant c’était l’asile de fous et que maintenant les patients sont médicamentés donc plus calmes et réinsérables. Héritière de la psychiatrie de secteur, la psychiatrie de demain sortira de son cloisonnement pour se rapprocher des soins somatiques et de l’hôpital général mais aussi du champ social et médico-social.

A travers plus de coordination et d’ouverture, il s’agit de redonner au patient le goût de la vraie vie en dehors des lieux de soin. On entrevoit cependant le risque d’un soin « médico-technique » qui se résumerait à trouver les bonnes doses de médicaments laissant de côté le soin relationnel.

L’architecture psychiatrique

« Ce qui compte, c’est de construire un lieu de vie agréable, lumineux, favorisant la rencontre, le bien-être… Ce qui vaut pour le bien-portant vaut pour la personne fragilisée! »

Donato Severo

Qu’est-ce qui distingue l’hôpital psychiatrique de l’hôpital général? Sûrement les soins sous contrainte.

Le livre n’interroge pas l’existence de secteurs fermés et des chambres d’isolement où l’on place les patients agités. Cependant, il évoque l’exemple des espaces fermés-fermables comme une alternative intéressante:

Cette zone à géométrie variable de 5 chambres par unité permet en usage fermé de contenir un patient dans une zone de circulation fermée avec espaces communs et extérieurs, mais d’avoir un usage classique de chacune de ces chambres en autorisant la circulation dans tout le service et ceci grâce à une double porte.

L’architecture peut avoir une fonction apaisante mais pas que:

« L’apaisement n’est sans doute pas une condition suffisante… Pour qu’ils recouvrent cette place tant convoitée, encore faut-il qu’ils puissent s’ouvrir à l’autre et au monde extérieur. Or cette ouverture peut aussi être du ressort de l’architecture.

L’espace individuel qui se projette sur l’espace collectif, l’espace collectif qui se projette sur l’espace extérieur, l’espace extérieur qui se projette sur la ville… sont autant de projections successives qui, traitées avec subtilité et poésie, contribuent à une socialisation progressive. »

Victor Castro, architecte.

Il s’agit idéalement de lutter contre la sensation d’enfermement, d’ouvrir les lieux sur la ville, mais les questions de sécurité notamment du personnel soignant semblent peu conciliables avec cet idéal.

« Un espace suffisamment ouvert pour que le patient ne se sente pas enfermé et suffisamment contenant pour qu’il ne se sente pas esseulé. »

Les patients sont décrits comme imprévisibles ou alors en état de confusion. La hantise de la crise suicidaire semble orienter tous les aménagements intérieurs, on ferme les fenêtres pour éviter les défenestrations et on supprime tout matériel pouvant servir le passage à l’acte. On aurait apprécié une approche sensible de ce que vit le patient.

Concernant l’organisation spatiale, on nous suggère des bâtiments en forme d’étoile ou alors en forme de papillon avec un poste de soins central et des unités de chambres en périphérie mais on a du mal à distinguer la puissance évocatrice de ces formes de leur réelle pertinence en terme d’architecture.

Enfin, certaines expressions en anglais dans le texte comme magnet hospitals, design thinking, digital hospital, healing environment bien qu’évocatrices, auraient mérité d’être expliquées plus concrètement au-delà de leur effet « magique ».

On aurait aimé plus d’exemples d’architecture extra-hospitalière mais il faut souligner la qualité des projets choisis et de l’édition.

 

Architecture pour la psychiatrie de demain / sous la direction de Yann Bubien & Cécile Jaglin-Grimonprez. 

Presses de l’EHESP, 2017.

Agathe a lu « L’asile de Hanwell » [L. Dubois]

Nous avons lu L’asile de Hanwell : un modèle utopique dans l’histoire de la psychiatrie anglaise ? de Laurence Dubois, paru tout récemment aux Presses de la Sorbonne Nouvelle. Alors que dire de cet ouvrage ?

En général…

D’abord, les critiques. À la lecture, on sent comme un malaise. Un malaise parce que les situations heureuses, le caractère idyllique de l’asile de Hanwell sous la direction de Connolly, apparaissent presque surécrits comme un acteur peut surjouer. Et c’est le même sentiment qui prévaut quand il s’agit de décrire l’asile après son départ. On est passé d’un bonheur dans les prés à un malheur sombre entre les pierres. On sent une accentuation des effets d’engouement et de dénonciation par l’usage d’une certaine rhétorique qui amène à douter de la réalité de ces descriptions de la vie au sein de l’asile de Hanwell. Alors certes, c’est très documenté, mais documenté par les archives des soignants et de l’institution, ce qui induit un prisme déformant très choquant à la lecture. La conservation d’un regard plus critique sur ces archives et la mise en lumière des stratégies des acteurs dans ces rapports et notes diverses auraient pu être bénéfiques. On se demande même par moment, si à trop vouloir se démarquer de Foucault et de l’antipsychiatrie, on ne glisse par sur la pente dangereuse de l’approbation directe au discours institutionnel et soignant. À la lecture, on ressent un peu cette idée que de toute façon, il n’y a que les non-fous qui peuvent objectivement juger des fous et de leur vie.

Par ailleurs, on sent chez l’auteur cette volonté de se démarquer de Foucault jusque dans des critiques qui montre son refus de souligner les enjeux de pouvoir au sein de l’asile. En témoigne cette citation :

« Ce qui semble inexact [chez Foucault], en revanche, et largement inapplicable dans le cas de Hanwell, est l’idée que cette intériorisation de la contrainte [qui se substitue à la contrainte physique] s’accompagnerait, comme l’affirme Foucault, d’une volonté d’inculquer aux patients un sentiment de culpabilité et de terreur permanentes. »

Mais, la question n’est pas tant celle de la volonté de Connolly que les effets manifestes de l’institution psychiatrique et des conséquences de la structuration de cette institution, sur les personnes. L’inculcation d’un sentiment de culpabilité et de terreur est inhérente à la structure même de la psychiatrie, à l’enfermement, et au recours au punitif pour réguler les comportements, même s’il ne s’agit pas de punitions corporelles. Et je ne pense pas que Foucault loge cette volonté dans des personnes responsables au sein de l’institution, mais dans le dispositif lui-même.

On a l’étrange sentiment que le positionnement intuitif contre les analyses de Foucault, mais plus largement contre les analyses en termes de pouvoir et de politique, font délaisser à l’auteur une part non négligeable de la réalité de l’univers asilaire.

Sur Hanwell

Cela étant, sur le contenu de la vie telle qu’elle nous est décrite au sein de l’asile de Hanwell, il est vrai que le modèle de cette institution est assez étonnant d’innovation thérapeutique. Et comme le souligne l’auteur, à la fin de l’ouvrage, peu de services de psychiatrie contemporaine peuvent se prévaloir d’offrir un cadre et un mode de vie semblable à leurs patients. Le moral management et le non-restreint apparaissent là comme des modèles de soin de cet asile, là où le dernier congrès français de psychiatrie s’ouvrait sur la thématique « isolement et/ou contention ». Donc, si la description est parfois idyllique, on peut comprendre l’engouement de l’auteur pour des pratiques aujourd’hui quasiment oubliées. Les divertissements sont restés dans les institutions devenus une forme de routine occupationnelle pour les patients. Mais ce qui m’est apparu comme le plus novateur, ce n’est pas tant ce souci du moral management, du non-restreint ou des divertissements, c’est bien cette idée de l’école, de l’instruction et des bibliothèques au sein de l’asile. Les cours de jours concernent 10% à 15% des patients qui a une époque où l’analphabétisme est fortement répandu, peuvent s’instruire a minima. Des instituteurs sont recrutés, des conférences et cours du soir organisés. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça interroge sur les pratiques actuelles en psychiatrie, où les seules activités simili-intellectuelles offertes aux patients se résument à de la remédiation cognitive sur des petits jeux sur ordinateur. Cette dimension d’instruction pour le bien-être, mais aussi pour ce qu’on appellerait aujourd’hui le développement personnel, ou encore une forme de citoyenneté active est totalement éliminée des parcours en psychiatrie. La lecture elle aussi est une grande oubliée de la psychiatrie… Une petite citation de l’ouvrage pour marquer le décalage entre ce lieu et cette époque et la France de 2017 :

« Les Commissioners of Lunacy, quant à eux, ne sont absolument pas convaincus par les efforts déployés pour promouvoir la lecture, et affirment en 1859 que « la quantité de livres et de périodiques fournis [aux patientes] est très insuffisante ». »

Alors première chose, les Commissioners of Lunacy, sont des inspecteurs des asiles qui évaluent les établissements asilaires de l’époque, notamment par le biais de rencontre avec les patients. En 2017, en France, leur équivalent est le Contrôleur des lieux de privation de liberté. Si les mots ont un sens, je pense que ces deux terminologies font écho à deux réalités…

Deuxième chose, ils estiment la quantité de livres et périodiques disponibles. Allez aujourd’hui dire à un contrôleur des lieux de privation de liberté qu’il n’y a pas de bibliothèque dans votre hôpital ! Je n’ai jamais vu de livres en 5 séjours dans des hôpitaux différents !

En somme, je trouve cette citation très exemplaire de l’évolution de la gestion publique de la maladie mentale. Hors du débat sur le caractère idyllique de Hanwell, c’est aussi le rapport politique à la santé mentale qui est à mon sens à interroger. Plus que des soignants supermen qui révolutionnent le monde de la psychiatrie, ce qui est nécessaire aujourd’hui, c’est bien des décisions et des positions politiques fortes.

De Hanwell en 1850 à Paris en 2017

On voit bien que l’expérience du non restreint et du moral management s’arrête par un retour aux pratiques de contention en raison de l’inefficacité sur le plan clinique du moral management. Mais alors, qu’en est-il du bien-être des patients ? Le bien-être des patients s’avère-t-il être un souci secondaire pour des sociétés où seul l’homme utile et utilisable par elle est valorisé ?

Par ailleurs, l’ouvrage interroge. Car si le cycle d’espoir thérapeutique débuté avec le non restreint, s’achève avec le développement des thèses eugénistes, on peut se demander où va nous amener l’espoir actuel du rétablissement ? Les cycles d’espoir pour la thérapeutique sont suivis de phases de désillusions, qui amorcent des retours en arrière. Du coup, que va-t-il en être du bien-être des patients, quand on doutera de la possibilité rétablissement en santé mentale d’être généralisé à tous les patients, quand on doutera de ses potentialités ? Car finalement, ces choix de sociétés sur la façon dont nous voulons traiter les fous, sont avant tout civilisationnels, politiques et humains parfois. Mais on est d’accord avec l’auteur, revenir à ce moment hanwellien pourrait déjà être salutaire dans bien des lieux de « soins ».

« Sous l’emprise de la folie? » de Caroline Protais

L’expertise judiciaire face à la maladie mentale (1950-2009)

sous l'emprise de la folie
de Caroline Protais aux éditions de l’EHESS.

Aujourd’hui les psychiatres intervenant en justice exposent de plus en plus les malades mentaux criminels à la sanction pénale et à la prison.

Passant au crible un ensemble d’expertises psychiatriques, Caroline Protais analyse comment a évolué le discours professionnel dominant : à l’humanisme des premiers aliénistes du XIXe siècle s’est substituée à partir des années 1960 une tendance punitive sans cesse accrue et toujours d’actualité.

Entre histoire et sociologie, cet ouvrage offre non seulement une rétrospective originale des pratiques psychiatriques depuis les années 1950, mais également une réflexion sur une problématique qui travaille nos sociétés depuis toujours : celle de la responsabilité humaine face aux errements de la raison.

SOMMAIRE Continuer la lecture de « « Sous l’emprise de la folie? » de Caroline Protais »

« C’est pas si grave », Catherine Brettes

« C’est pas si grave » de Catherine Brettes, un livre à découvrir et à télécharger.

c'est pas si grave catherine brettes

« Ruby trente-sept ans, divorcée, mère de Jade, vit avec sa fille âgée de dix ans à Antibes, chez Marc et cherche du travail.

Ruby est victime de crises étranges qui la conduisent à l’hôpital psychiatrique, sans qu’on ne sache pourquoi. Une énième hospitalisation lui apprend qu’elle est atteinte d’une maladie incurable : le trouble bipolaire. Docile, elle prend son traitement et entame une thérapie.

Son internement dure huit interminables jours, elle y subit contention, humiliation, médication. Pour tenir, elle se réfugie dans sa passion, le dessin et fait appel, régulièrement, à ses pensées positives.

Quand elle sort, elle est abandonnée de tous. Pour ne pas mourir, elle pense à Jade. Grâce au docteur Ali, psychiatre exceptionnel, elle tente de comprendre ses fuites dans la déraison, de contrôler ses crises, de se prendre en charge pour se réinsérer et récupérer sa fille.

Pour ça, elle doit répondre à ces questions : Qui est-elle ? Comment éviter les rechutes ? Peut-elle encore être aimée ?

De cette quête surgissent des souvenirs d’enfance qui la ramènent à Paris, vers un passé hors norme.

De retour à Valberg, elle vit un nouvel épisode maniaque. À l’hôpital, grâce au docteur Ali, elle se remet vite et sort après trois jours, juste à temps pour récupérer Jade.

Elle rencontre Olivier. Il est super mais réussira-t-elle à l’aimer et, surtout, à se faire aimer ? »

Recueil de poèmes : Le défilé des âmes

Un joli projet d’Irène Philippin et Jacqueline Dupuis à soutenir jusqu’au 30 mars 2017!

Le défilé des âmesLe recueil que nous avons créé avec Jacqueline Dupuis se veut original !
Il parle d’un thème peu commun : « les âmes » !
Âme de la Nature, âme de la Tendresse mais aussi de la Tristesse ou de la Violence
« Le défilé des âmes » se compose de 37 poèmes accompagnés par 37 illustrations.

Nous vous proposons un beau et grand voyage!
Si vous désirez y participer, vous n’avez qu’à me joindre sur mon adresse mail :
irene.philippin@hotmail.com
sans oublier de me transmettre votre adresse postale.

Nous allons imprimer selon les demandes donc plus on est, moins le recueil sera cher.
Aujourd’hui le prix du recueil tourne autour de 16.50€ frais de port compris (4.38€…).

J’espère que notre idée vous séduira !
A très bientôt peut-être !

Irène Philippin

« La poésie sera le remède insensé

A cette quête intense où s’éveille le jour

Là tout est bien rangé mais qui connaît l’amour ? »

L’une écrit de la poésie, l’autre dessine… Elles ont en commun l’expérience de la souffrance psychique et le désir d’en faire quelque chose de beau. Continuer la lecture de « Recueil de poèmes : Le défilé des âmes »