Le langage de la folie [David Cooper]

David Cooper (1931-1986) est un psychiatre sud-africain, inventeur du terme antipsychiatrie, qui ressemble plus à une non-psychiatrie.

« La folie dont je veux parler est la folie qui est plus ou moins présente en chacun de nous, et pas seulement la folie qui reçoit un baptême psychiatrique…

Donc, quand j’utilise ici le mot « fou », je ne fais pas référence à une race spéciale d’individus : le fou en moi s’adresse au fou en vous dans l’espoir que le premier fou parle suffisamment clair et fort pour que le second l’entende.

La folie est un mouvement vers l’autonomie : voilà quel est le « danger » réel de la folie et la raison de sa violente répression.

Agir politiquement signifie simplement récupérer ce qui nous a été volé, à commencer par la conscience de notre oppression au sein du système capitaliste.

La folie est la révolution permanente dans la vie d’une personne. Tout délire est une déclaration politique. »

David Cooper

Un Récital Lexical

Un récital lexical, un film de Matthieu Dibelius.

Un dimanche par mois, au 10 rue Voltaire, juste derrière la cathédrale de Reims :
Des patients et des soignants se retrouvent pour réfléchir à voix haute.
Certains sont toujours là, quelques-uns viennent souvent, d’autres ne font que passer.

Les Hauts Parleurs bousculent les mots à la mode, les mots « commodes » que tout le monde emploie, mais que personne n’écoute.

En transgressant le « prêt-à-parler », ils se réapproprient le pouvoir perdu de « nommer ».

Après tout : que craignent les acteurs du capitalisme linguistique qui tentent de corseter la parole et d’en neutraliser l’errance ? Que la langue leur échappe, qu’elle se brise, se « dysorthographie », qu’elle devienne impossible à mettre en équations ?

1 – Toute parole, en tant qu’elle dit quelque chose, dit pourquoi il n’y a jamais de « dernier mot ».

2 – Le langage ne dit que ce qui fait encore défaut dans tout langage.

3 – La vie d’une langue ne dépend pas de ceux qui la parlent mais de ceux à qui elle s’adresse