[youtube https://www.youtube.com/watch?v=NMHTJlkF_vA]
Extrait de l’émission Philosophie de Raphaël Enthoven, avec Mathilde Marès en invitée, le 14 février 2016 sur Arte.
A (re)voir en intégralité sur: https://www.youtube.com/watch?v=dmwLMxllAcA
Changer les regards sur la folie
[youtube https://www.youtube.com/watch?v=NMHTJlkF_vA]
Extrait de l’émission Philosophie de Raphaël Enthoven, avec Mathilde Marès en invitée, le 14 février 2016 sur Arte.
A (re)voir en intégralité sur: https://www.youtube.com/watch?v=dmwLMxllAcA
[IT] Tante grazie a Maurizio, Manuela e Silvana per questa prima contribuzione!
Club Itaca Milano sta lavorando da tempo sui temi della Recovery ed è partito da queste due definizioni che vorremmo condividere con chi è interessato.
« Recovery non significa prettamente guarigione.
Recovery non è uno schema né un traguardo o una destinazione.
Recovery è un atteggiamento, un modo di vivere il quotidiano e di affrontarne le sfide.
Essere in Recovery significa ammettere i limiti in modo da poter vedere infinite possibilità. Recovery significa avere il controllo.
Recovery è insistere, lottare e rinascere.
Recovery è un processo non lineare definito dalla successione dei risultati raggiunti.Il processo di recovery si può meglio definire come una serie di piccoli inizi e di passi ancor più piccoli. I professionisti non possono costruire lo spirito della Recovery e consegnarlo agli utenti. La Recovery non può essere forzata. Ciononostante, si possono creare ambienti in cui coltivare il processo di Recovery.
In Recovery, le persone con disturbo psichico devono voler tentare e fallire e tentare di nuovo. »
Patricia Deegan
Continuer la lecture de « Definire la Recovery [Club Itaca Milano] »
Penser et se donner les moyens d’agir collectivement, voilà comment on pourrait résumer l’ambition de l’Institut pour la Démocratie en Santé (IPDS), lancé à Paris lors du forum du 1er février 2016.
Pensé comme un Institut des patients, il vise à promouvoir la participation active des citoyens dans le système de santé à travers la formation, la recherche, la diffusion et la coordination d’approches nouvelles.
Cette institutionnalisation de la démocratie en santé répond à un besoin d’impulser et de dynamiser les pratiques participatives incluant les professionnels et les personnes concernées. A nous de nous approprier cet outil et de faire nôtre la devise « Rien pour nous sans nous. »
Voir le discours d’ouverture de Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes qui appelle à « l’empouvoirment« :
[youtube https://www.youtube.com/watch?v=YhFP_DCJVL4]
[FR]
Expliquer ma dépression à ma mère : une conversation.
Maman, ma dépression prend plusieurs formes. Une journée, elle est aussi petite qu’une libellule dans la paume d’un ours.
Le lendemain, elle est l’ours.
Ces jours-là, je fais la morte jusqu’à ce que l’ours me laisse tranquille.
J’appelle les mauvais jours : « Les jours noirs. »
Maman dit : « Essaie d’allumer des chandelles. »
Mais quand je vois des chandelles, je vois la chair d’une église, le vacillement d’une flamme, des étincelles d’un souvenir naissant…
Je suis debout à côté de de son cercueil ouvert.
Ce moment où j’apprends que tous les gens que je connaîtrai dans ma vie vont mourir un jour.
Par ailleurs, maman, je n’ai pas peur du noir. Peut-être que cela fait partie du problème.
Maman dit : « Je croyais que le problème était que tu ne pouvais pas sortir du lit. »
Je ne peux pas, l’anxiété me tient en otage dans ma maison, dans ma tête.
Maman demande : « Elle arrive d’où, l’anxiété? »
L’anxiété est la cousine en visite, qui arrive de l’extérieur et que la dépression s’est sentie obligée d’inviter à la fête.
Maman, je suis la fête. Seulement, je suis une fête à laquelle je n’ai pas envie d’être.
Maman demande : « Pourquoi n’essaies-tu pas d’aller à de vraies fêtes, voir tes amis? »
Bien sûr, je fais des plans. Des plans de sorties auxquelles je n’ai pas envie d’aller.
Je fais des plans parce que je sais que je devrais avoir envie d’y aller, je sais qu’à d’autres moments j’aurais eu envie d’y aller.
Mais ce n’est pas amusant de s’amuser quand tu n’as pas envie de t’amuser, maman.
Tu vois maman, chaque nuit l’insomnie m’étreint dans ses bras et me plonge vers la cuisine. Dans la lumière de la cuisinière l’insomnie me fait croire à cette idée romantique que la lune est ma compagne parfaite.
Maman dit : « Essaie de compter les moutons. »
Mais ma tête ne sait que compter les raisons de rester éveillée.
Alors je vais prendre des marches, mais mes rotules tremblent et se cognent comme des cuillères en argent tenues par des bras forts avec des poignets branlants.
Elles résonnent dans mes oreilles comme des cloches d’église maladroites qui me rappellent que je suis une somnambule marchant sur un océan de joie dans lequel je ne peux pas me baptiser.
Maman dit : « Le bonheur est un choix. »
Mais mon bonheur est aussi vide que la coquille d’un œuf percé.
Mon bonheur est une forte fièvre qui va casser.
Maman dit que je suis tellement bonne pour faire tout un plat avec rien et me demande soudainement si j’ai peur de mourir.
Non, maman, j’ai peur de vivre.
Maman, je me sens seule.
Je crois que j’ai appris, quand papa est parti, comment changer la colère en solitude et la solitude en « occupée »
Donc quand je dis que j’ai été super occupée dernièrement, je veux dire que je m’endormais sur le divan en écoutant SportsCenter pour éviter d’affronter le côté vide de mon lit.
Mais ma dépression me ramène toujours à mon lit jusqu’à ce que mes os deviennent les fossiles oubliés du squelette d’une ville engloutie.
Ma bouche, un jardin d’os, de dents brisées à force de se mordre elles-mêmes.
L’auditorium vide de ma poitrine se pâme dans les échos d’un battement de cœur.
Mais je ne suis qu’une touriste indifférente ici.
Je ne saurai jamais vraiment où j’ai été.
Maman ne comprend toujours pas.
Maman, ne vois-tu pas que moi non plus?
source: http://gatineau.rougefm.ca/rachelcustin/story.aspx?ID=2189268
…à la Salpêtrière on prend les femmes mendiantes mais aussi de plus en plus les filles de joie, les folles les orphelines, les libertines, les protestantes, les juives, les impies, les criminelles, les paralytiques, les ivrognes, les mourantes, les sorcières, les mélancoliques, les aveugles, les adultérines, les voleuses, les homosexuelles, les épileptiques, les magiciennes, les convulsionnaires, les dépravées, les séniles, les idiotes, les cartouchiennes, les intrigantes, les érotomanes, les filles gâtées, les suicidaires, les bohémiennes, les filles grosses, les crétines, mélangées, entassées, emprisonnées, vieilles, jeunes, enfants, les familles, les voisins, les maris, demandent, dénoncent, le Roi signe, la police rafle, la Salpêtrière se construit s’organise, s’agrandit de siècles en siècles, le plus grand lieu d’enfermement des femmes, jusqu’à six mille, huit mille détenues ensemble…
L’exposition « Sens dessus dessous » à la Ferme du Vinatier (près de Lyon) interroge les usages et les représentations du vêtement à l’hôpital psychiatrique : une autre manière d’envisager la place du malade et les enjeux, anciens et actuels, de la psychiatrie.
[youtube https://www.youtube.com/watch?v=5hvuO3aQlXU]
source: http://www.rue89lyon.fr/2016/02/02/en-video-camisole-fou-vetements-hopital-psychiatrique/
« Qu’en est-il de la folie? Au lieu de la caractériser comme un désordre de la raison, il faut au contraire marquer l’élément affectif, passionnel, qui modifie la relation du sujet à la réalité, élit un objet partiel ou total, s’attache à lui plus ou moins exclusivement, réorganise la perception du monde autour de lui, l’entoure d’une aura qui fait de lui l’unique ou l’irremplaçable, captive le Moi et l’aliène, s’en forme une représentation intérieure obsédante et surinvestie et constitue la logique qui justifie son état intérieur. »
André Green
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Une très belle campagne à visage découvert venue de Barcelone, réalisée par l’association Obertament (ouvertement en catalan) qui lutte contre la stigmatisation en santé mentale.
Angel et Manel témoignent de leur relation professionnelle [CAT-ESP-EN]
Montse et Cristina nous parlent de leur grande amitié. [CAT-ESP]
[FR]
Qu’on ne peut exprimer par des mots en raison de son intensité ou de sa nature.
L’amour, la folie, la dépression sont des expériences intimes ineffables.
L’expérience vécue dépasse les mots, il est propre à chacun mais doit-on pour autant renoncer à chercher les mots pour l’exprimer ? Peut-on s’appuyer sur les mots pour construire une expérience commune à deux, à plusieurs ?
Non pas pour plonger les autres dans notre abîme mais pour créer la possibilité d’accueillir ces expériences, singulièrement humaines, de manière collective et dépasser le stade du rejet social.
Vivre les choses c’est toujours mieux que de les penser, mais penser et raconter aux autres permet aussi de ne pas rester prisonnier de soi-même et de tisser des liens avec le monde.

[ESP] Lo inefable Continuer la lecture de « L’ineffable [FR-ESP] »