« Il faudra qu’un jour on puisse se demander avant toute intervention psychiatrique : qu’est-ce qui se manifeste dans cette crise ? Qu’est-ce qui s’y joue ? Qu’est-ce qui s’y donne à voir et à entendre ?
Et bien sûr que cette crise ne soit pas celle du malade qui pique sa crise, mais un simple événement, une rupture, l’éclatement de quelque chose qui ne pouvait plus durer. Et que ce que l’on appelle guérison ne soit pas retour à l’état antérieur, que ce qu’on appelle thérapeutique ne soit plus entreprise de restauration de l’ordre antérieur. »
La psychiatrie doit être faite/défaite par tous, Roger Gentis (1973)


D’Érasme à Lacan en passant par Artaud, Foucault, Deleuze et Guattari, (ré)écoutez la semaine consacrée à la folie dans l’émission de philosophie
« D’une certaine manière, la folie est pour chacun de nous une tentation et un danger permanents, et si elle nous effraye tant chez autrui, c’est sans doute qu’elle réactive notre propre refoulé. Aussi préférons-nous exclure plutôt que d’être exclu. (…) À propos de l’exclusion, du rejet social, il conviendra de se demander si toute collectivité n’a pas besoin de fous, de déviants, de délinquants pour y inscrire sa négativité. Les victimes sacrificielles, les rôles maudits ne sont-ils pas nécessaires pour qu’une ligne de partage puisse être tracée entre la raison et la déraison, entre le permis et le défendu, entre le convenable et l’indécent, entre ce qui rassure et ce qui menace ? » Roland Jaccard
De nos jours, on explique la folie à partir du modèle bio-psychosocial. On parle d’une vulnérabilité génétique sur laquelle viennent jouer des facteurs liés à l’environnement extérieur et à des expériences de vie particulièrement stressantes.