Un regard critique sur la psychothérapie institutionnelle d’aujourd’hui.

La psychiatrie est en état d’urgence. Le nombre d’individus en souffrance psychique ne cesse de croître.

Ici et là, le personnel soignant se met en grève, dénonçant le manque de moyens de ce secteur considéré comme « parent pauvre » de la médecine.

Dans ce contexte de crise majeur, quelques îlots sont considérés comme derniers bastions d’une psychiatrie humaniste : ceux où est pratiquée la « psychothérapie institutionnelle ».

Monument à elle seule, eu égard par exemple au foisonnement d’écrits produits à son sujet et ce, depuis sa création dans les années 50, elle fait figure d’ « intouchable ».

Pourtant ici ou là, on peut trouver quelques très rares écrits osant décrire sa lente dérive.

« Fini la résistance, l’art, la philosophie, mai 68, les textes inédits, la réflexion, la remise en cause permanente…vive les certitudes, les reprises, les jugements, le cinéma d’auteur et les légumes bio de l’AMAP » peut-on lire dans un texte, sur ce site même.

Hormis leur cadre idyllique, les cliniques de Loir et Cher ne sont plus que l’ombre pâlie de ce qu’elles, sans doute, furent…

Une ambiance rendue pesante par l’amoncellement des non-dits, l’absence de réelle prise en compte de la parole des « soignés » (et à plus forte raison lorsque celle-ci est critique), tout cela contribue à produire une atmosphère figée où dans la plupart des cas, les patients n’entrevoient pas d’autres alternatives que celle de la résignation.

Dans ce contexte, seule l’offre culturelle fait figure d’échappatoire. Et elle y est là, omniprésente, au détriment de la réflexion.

Il vaut mieux ne pas tenter de parler hors des lieux estampillés « de soin », que sont les cabinets des divers psychiatres. Les moniteurs sont bien trop affairés à « gérer » les affaires courantes, ménage y compris, pour prendre le temps de l’écoute.

Et pourtant, Jean Oury disait : « Soigner les malades sans soigner l’hôpital, c’est de la folie ».

De nombreux patients connaissent cette phrase célèbre, du moins dans son essence. Alors ils s’interrogent : « Oui, mais qu’est-ce qui est mis en place pour la soigner, la clinique ? (ou l’hôpital…).

Réponse : le Club (thérapeutique)…  Le Club ? Rien à voir dans le réel avec un lieu de soin concernant l’hôpital lui-même…

Et voici d’ailleurs ce qu’on peut lire dans le même texte du site : « Les clubs thérapeutiques ressemblent trop aux professionnels (…). Ils (les clubs) rendent particulièrement lisibles aux soignés les désirs des soignants qui y participent ».

Et pourtant… même si la pratique est loin d’en être généralisée à toutes les institutions, il existe encore ici ou là des lieux où l’on fait appel à des intervenants extérieurs pour régler les inévitables conflits inhérents à toute vie institutionnelle.

Alors, telle une famille repliée sur elle-même, où règne le vieil adage qu’il vaut mieux laver son linge sale en famille, la P.I. a depuis longtemps pris le chemin d’un repli sur soi qu’on peut qualifier de quasi-paranoïaque.

En effet, qu’est-ce que les lieux en question ont à redouter des pouvoirs publics actuels ?

La psychanalyse n’y fait plus qu’office de vernis de façade. Là comme ailleurs l’industrie pharmaceutique y est aussi ancrée que dans n’importe quel hôpital psychiatrique lambda.

Et contrairement à l’hôpital public sommé d’accueillir n’importe quel patient, ce n’est pas le cas de la plupart des cliniques P.I. Les patients qui se révèlent dangereux sont priés d’aller se soigner ailleurs.

Tout au plus lui reproche-t-on d’être un lieu de vie, plutôt qu’un lieu de soin.

Et planent alors sur les patients comme une sourde menace : « Vous n’êtes pas contents ? Allez donc voir comment les choses se passent ailleurs… Et revenez donc parler des contentions que vous aurez subies ».

Et silence radio sur les « piqûres retard » imposées et autres soins où l’assentiment éclairé du patient fait figure de vœu pieux.

« La pratique de la psychothérapie institutionnelle, ça évoque parfois plus de l’incestuel qu’un espace de transition » peut-on lire toujours dans le même texte.

A présent et peut-être depuis toujours, c’est donc de médiation qu’il devrait être question. A savoir introduire « du tiers », là il où il fait cruellement défaut. Et « à défaut », ce sont par exemple les stagiaires sitôt arrivés que déjà partis, qui remplissent cet office. C’est à eux que les patients osent confier leurs griefs. Mais le stagiaire/confident parti, ce sont des paroles qui resteront comme autant de lettres mortes.

Il est pourtant plus que temps que les cliniques de psychothérapies institutionnelles acceptent elles aussi, d’accueillir et d’entendre les revendications pourtant claires de nombreux patients : De l’écoute ! (et pas que des gouttes).

Et l’écoute ne devrait être réduite à sa plus simple expression, à savoir la seule écoute concernant le récit de la quotidienneté, sous fond de discrète surveillance.

Être à l’écoute des mouvements psychiques d’un être, repérer les non-dits et les répétitions qui jalonnent son discours et sa vie, c’est avoir foi dans les effets curateurs d’une parole libérée, cœur vivant du soin.

Mais combien de temps encore l’étendard « Tosquelles » sera-t-il déployé, pour faire barrage à toute remise en cause de l’ordre établi ?

Ici comme ailleurs les temps glorieux sont utilisés pour faire taire toute parole qui pourrait pourtant être porteuse d’une sève nouvelle. Rien de nouveau sous le soleil…

Mais nous ne sommes pas des imbéciles. A l’ombre des châteaux, les gueux, un jour ou l’autre, porteront haut leur espoir d’un renouveau.

Marie

Un monde sans psy ?

Une réflexion personnelle en écho au documentaire Un monde sans fous ? de Philippe Borrel.

Quand on ne va pas bien, on nous dit toujours d’aller voir un psy. Et souvent, par peur et par fierté, on n’y va pas.

Parce que demander de l’aide à un psy, c’est reconnaître qu’on a un problème. Et, dans notre société, mieux vaut ne pas montrer de fragilité surtout mentale car on pourrait nous prendre pour un fou.

Celui qui va chez le psy, c’est le maillon faible, celui qui ne supporte plus son environnement, non pas seulement parce qu’il a un problème dans sa tête mais peut-être aussi parce que collectivement, dans sa famille ou sa communauté, quelque chose ne tourne pas rond. C’est l’idée que chaque personne en souffrance incarne un malaise social. C’est une souffrance dans le sens où on est en rupture avec notre entourage et qu’on ne trouve pas notre place parmi les autres.

On imagine aussi qu’aller voir un psy c’est réservé à une élite, à ceux qui en ont les moyens et ça peut même être branché de dire qu’on va chez son psy.

Je ne te ferai pas ici l’éloge du psy, je voudrais plutôt interroger la peur et le rejet que peut inspirer tout ce qui est « psy » et imaginer un monde sans psy.

Un monde sans psychose, par exemple, mais avec des états de conscience altérée qui témoignent d’une histoire de vie où le psychotique ne serait pas l’incurable mais une personne en quête de changement, pour qui ses expériences, ses émotions et ses pensées ne sont pas que des symptômes d’une pathologie.

Un monde sans psychiatre mais avec des soignants de l’âme qui savent dialoguer, désamorcer une situation et user modérément de médicaments psychotropes avec le consentement éclairé de la personne.

Un monde sans hôpital psychiatrique puisque personne ne veut finir chez les fous et, du coup, plus de services fermés, ni de chambre d’isolement, ni de contention.

Un monde sans psychothérapie institutionnelle, serait-ce un monde où on s’arrêterait de penser les lieux de soins et où on se contenterait d’une explication biologique de la souffrance?

Est-ce que la maladie mentale est une maladie du cerveau inventée par les neuropsychiatres pour se faire de l’argent ?

Un monde sans psychisme, ne serait-ce pas aussi un monde sans rêves ni inconscient? Quelle place pour la psychanalyse, pour l’interprétation et la mise en sens du passé comme du présent, est-elle encore opérante et peut-elle nous aider à nous émanciper?

Et que faire de la psychoéducation ou de la réhabilitation psychosociale, sont-elles réellement des inventions pour redonner au psychiatrisé un pouvoir sur la maladie et une place dans la société?

Si on t’a dit d’aller voir un psy, c’est sûrement un psychologue, c’est peut-être une bonne chose que de pouvoir déposer ton vécu avec une personne formée à l’écoute, mettre des mots et dénouer une souffrance qui pourrait s’aggraver. Et quand c’est grave, on appelle le psychiatre, qui contrairement au psychologue, peut te prescrire des médicaments pour apaiser l’angoisse.

Dans un monde sans psy, le médecin généraliste serait en première ligne. Si tu fais une dépression sévère, il te prescrira des antidépresseurs et te conseillera d’aller voir un thérapeute. Du coup, tu tomberas sur des gens formés à l’écoute et aux relations interpersonnelles ou alors à des techniques plus comportementales pour t’aider à résoudre des situations bloquantes.

Quand on traite uniquement les comportements ou les symptômes « sans psy », on cherche à objectiver un problème et à le régler par un exercice, un protocole ou un médicament. La psy, elle, est un défi pour la science et la neuroscience car la psy s’intéresse à la personne et pas qu’au cerveau. La psy parle à l’humain pendant que le scientifique ne cherche souvent qu’à identifier, quantifier, diagnostiquer et éradiquer un problème.

Politiquement, c’est assez contradictoire, car on cherche à développer le pouvoir d’agir des usagers en santé mentale tout en dévalorisant ce qui n’est pas quantifiable comme le soin non-médicamenteux ou la parole. Les usagers doivent participer et s’exprimer dans des lieux où leur parole est niée. 

Et si on est capable de compter le nombre de chambres d’isolement ou de contentions mécaniques effectués, pourquoi ne pas simplement abolir ces pratiques et fixer un objectif de tolérance zéro en maltraitance?

Outre la peur du citoyen envers la psy, il y a la peur du personnel soignant envers l’imprévisibilité et la violence des patients. Car dans un monde sans psy, sans psychodynamique ni psychopathologie, il ne reste plus que la psychodynamite qui explose quand le temps, l’envie, la confiance, le sentiment d’être en sécurité et le collectif sont défaillants au sein d’une équipe soignante.

Un monde sans psy, ça coûte sûrement moins cher au Ministère de la santé, on s’appuiera alors sur les accompagnateurs, les aidants et pair-aidants, les facilitateurs, les conseillers d’insertion et animateurs comme pour oublier l’existence même de cette dimension psy qui reviendra sur le devant de la scène uniquement au prochain fait divers ou à la prochaine crise. Et là on dira d’un tel qu’il était fou ou qu’elle était folle et que c’est comme ça, il n’y a rien à comprendre ni à espérer de ces gens-là

La Trame ouvre ses portes à Saint-Denis!

La Trame est un lieu d’accueil, d’orientation et d’échange pour les personnes en souffrance psychique et sociale, leurs proches et les professionnels du Nord-Ouest de la Seine-Saint-Denis.

Un local lumineux ouvert sur la ville qui propose de tisser les liens sur le territoire de la Seine-Saint-Denis en complément des Groupes d’Entraide Mutuelle (GEM), d’apporter un soutien social dans les démarches administratives et un soutien moral autour d’un café.

L’équipe de la Trame propose de vous recevoir avec ou sans rendez-vous, du lundi au vendredi, pour vous informer, vous orienter et échanger avec vous autour de vos interrogations et de vos difficultés.

La Trame vous rencontre sur rendez-vous ou sans rendez-vous lors des permanences ouverte au local du 6, rue du 4 septembre 93200 Saint-Denis selon les horaires suivants :
Mardi – 14h/19h
Mercredi – 14h/17h
Jeudi – 14h/17h

Participer à la vie de La Trame

Si vous souhaitez participer à la vie de La Trame, un temps d’échange est organisé le jeudi de 15h30 à 17h. Le local de La Trame est aussi un espace ressource spécialisé avec de la documentation, des brochures, des livres et des revues, consultables sur place ou disponible à l’emprunt.

Sur le territoire

  • Une assemblée un lundi par mois en alternance à la Maison de la Vie Associative de Saint-Denis ou au Centre Social Nelson Mandela d’Epinay-sur-Seine.
  • Bruit de couloir, une émission de radio hebdomadaire le jeudi après-midi.
  • Les Paysages de la Folie et autres événements publics sur le territoire.
  • Des interventions impliquant des pairs-aidants autour des activités de La Trame dans les universités, les centres de formation et autres dispositifs sanitaires, médico-sociaux et sociaux.

Contacts

Local de La Trame 
6, rue du 4 septembre 93200 Saint-Denis
Métro Ligne 13 Porte de Paris
Tram 8 Square de Geyter
Téléphone : 01 70 32 22 53
Mail : latrame.aplainevie@lamayotte.fr
Blog: latrame93.wordpress.com

Texte constitutif du réseau européen « Alternative à la psychiatrie », MARGE #6, 1975

Nous vous invitons à écouter cette émission de Crio Cuervos pour en savoir plus sur le journal et le mouvement MARGE créé en 1974.

Nous reproduisons ci-dessous l’article paru dans le n°6 de Marge (pdf en fin d’article) : Texte constitutif du réseau européen « Alternative à la psychiatrie »

Le réseau regroupe:

Les personnes et groupes présents les 24, 25 et 26 janvier 1975 à la rencontre « Alternative au secteur » : équipes de santé mentale, psychiatres, infirmiers, psychiatrisés, avocats, communautés, etc. ont décidé de former un réseau européen qui assurera une coordination entre eux, ainsi qu’avec toutes les équipes qui se joindront à ce réseau en accord avec son texte constitutif.

  • tout d’abord les psychiatrisés mais égaIement tout groupe décidé à lutter contre l’oppression qu’il subit,
  • tous ceux qui sont les promoteurs et les animateurs de fait d’expériences collectives psychiatriques ou non qui constituent des alternatives au secteur ou des tentatives de destruction de l’asile,
  • enfin tous ceux, travailleurs de la santé mentale ou non, qui refusent de s’inscrire comme les agents d’un ordre psychiatrique répressif et exigent que soient traités les vrais problèmes sur un mode autre que technocratique.

Deux à trois personnes par pays effectueront la coordination au niveau européen. Cette coordination comporte:

  • échanges d’informations sur les expériences et les luttes des uns et des autres,
  • lutte contre la répression,
  • réalisation d’actions communes.

Le secrétariat européen sera assuré par une personne belge jusqu’à la tenue d’une prochaine rencontre. A partir de cette rencontre qui aura lieu dans six mois environ, le secrétariat européen devra être assuré par une personne appartenant au pays où se tiendra cette nouvelle rencontre.

Préambule

Nous estimons que les luttes sur la santé mentale doivent s’insérer dans l’ensemble des luttes des travailleurs pour la défense de leur santé et en, coordination avec toutes les luttes des forces sociales et politiques pour la transformation de la société. Il ne s’agit pas, pour nous, d’obtenir la tolérance pour la folie mais de faire comprendre que la folie est l’expression de contradictions sociales contre lesquelles nous devons lutter comme telles. Sans transformation de la société il n’y a pas de psychiatrie meilleure mals toujours une psychiatrie oppressive.

Nous refusons d’enfermer dans la terminologie psychiatrique les problèmes d’aliénation et de marginalisation alimentés par le système sociopolltlque.

Nous exigeons de cesser d’être les agents passifs d’un système de répression de fait des marginaux sous couvert de soins et de réadaptation.

Le réseau se fixe pour objectifs:

  • la plus large information sur les expériences psychiatriques ou non de destruction de l’asile, d’alternative au secteur, de travail dans la communauté, le soutien de ces expériences et leur défense par tous les moyens (de presse, financiers, juridiques, etc.),
  • l’analyse politique collective des situations locales et des institutions en place en démontant les mécanismes économiques et politiques qui légitiment et perpétuent les dites institutions répressives tout en entretenant des processus de marginalisation,
  • le soutien aux luttes en cours dans le champ des institutions psychiatriques inséparables des autres luttes menées par les marginalités et les couches sociales opprimées,
  • une recherche active de tous les moyens visant à faire disparaître le monopole du pouvoir psychiatrique au bénéfice d’une lutte menée par les intéressés eux-mêmes dans le cadre des luttes sociales qui commencent à l’école, dans le quartier, dans le milieu de travail et dans la ville,
  • l’exigence d’une relation concrète entre les pratiques et les discours théoriques tenus à leur propos.

L’hôpital psychiatrique

L’hôpital psychiatrique est encore de droit l’épine dorsale du dispositif du secteur. Toute tentative de sectorisation ou de psychiatrie dans la communauté n’aboutira qu’à une miniaturisation de l’hôpital si on ne casse pas la logique de l’hôpital.

Cette rupture – qui constitue un des axes fondamentaux du réseau international que nous avons constitué – vise à définir, en premier lieu, avec l’optique médicale du traitement de la « maladie mentale » et avec les impératifs de rentabilité qui lui sont systématiquement conjoints (par exemple les notions d’acte médical, de prix de journée, de lit, etc.). L’existence de métiers de soin de la folie (psychiatres, infirmiers, éducateurs, etc.) participe des systèmes généraux de contrôle, de normalisation et de répression. La folie pose des questions dont les réponses sont à chercher à un tout autre niveau que celles qui sont apportées par des corps de métiers spécialisés. Ce n’est pas parce qu’il y a quelque part une souffrance qu’on doit s’en remettre systématiquement à la machine médicale.

Quoiqu’il, en soit, dans l’immédiat, il ne saurait y avoir de doute, il est nécessaire:

  • d’arrêter toute nouvelle construction d’hôpitaux psychiatriques et de services spécialisés. Dans les pays qui sont saturés par ce genre d’équipements répressifs et où les effectifs des hôpitaux ne cessent de décroître, à quoi bon vouloir les remplir de force? Dans les pays où ces équipements sont en « retard », il est primordial de lutter contre leur construction et le type d’impasse qu’elle implique,
  • d’engager dès maintenant un processus de reconversion des hôpitaux psychiatriques existants. Il ne saurait s’agir d’une liquidation bureaucratique du type de celle qui a été faite en Californie. Il n’est pas question de léser une couche de travailleurs et de jeter les gens à la rue. Ce processus de reconversion devra être pris en charge par l’ensemble de ceux qui vivent la folie, de ceux qui vivent par la folie, de ceux qui vivent avec la folie, avec les différents groupes sociaux qui sont intéressés à cette reconversion et qui ne sont pas nécessairement branchés sur la folie.

L’enfance

C’est de plus en plus tôt que les enfants sont marginalisés et exclus de l’école, et dirigés vers les institutions psychiatriques. C’est pourquoi l’enfance est un front de lutte essentiel pour notre réseau. Le secteur et les institutions parallèles sont la caution et l’instrument privilégié de cette exclusion car ils offrent aux enfants, aux adultes et aux enseignants des possibilités de prise en charge démultipliées proposées comme solutions techniques individuelles à des problèmes politiques. L’idéologie psychanalysante est une des formes les plus subtiles mises en place actuellement pour entretenir ce système.

La fonction actuelle de la psychiatrie infantile est de traiter médicalement des enfants qui lui sont envoyés pour retard scolaire ou inadaptation à la structure scolaire. Dans notre lutte, l’école a une importance stratégique essentielle.

Nous proposons de constituer plusieurs groupes internationaux de travail au sein du réseau:

  • pour analyser précisément la situation de la psychiatrie infantile et de l’école dans les différents contextes nationaux, locaux, etc.
  • pour réunir les expériences qui, lorsqu’elles sont isolées, sont immédiatement récupérées,
  • pour penser à des possibilités de liaisons concrètes au niveau du quartier avec les travailleurs, les groupes politiques, les groupes d’action, les enseignants compte tenu des incompréhensions qui peuvent éventuellement surgir auprès des organisations syndicales,
  • pour élaborer des formes de lutte et la possibilité de faire surgir une pratique alternative,
  • enfin pour laisser la plus grande place à la parole des enfants qui sont les premiers Intéressés.

Justice et psychiatrie

La justice et la psychiatrie sont deux modalités complémentaires d’intervention contre la déviance. Délinquance et maladie mentale deviennent équivalentes. Contre l’alliance entre justice pénale et psychiatrie, nous voulons développer l’alliance des travailleurs de la santé mentale avec les avocats et magistrats de gauche. Il s’agit d’utiliser leurs pouvoirs respectifs non pas pour l’oppression des déviants mais pour faire éclater les contradictions sociales à la base de la déviance.

  1. Nous devons participer à la défense des internés comme des psychiatrisés, obtenir pour eux le respect des droits que les constitutions garantissent à tout citoyen, des droits élémentaires de l’individu.
  2. Nous devons notamment lutter pour le droit à l’information des internés et des psychiatrisés sur ce qui se passe dans les institutions où ils vivent. Le réseau doit contraindre la presse à aborder ces questions. Il doit permettre l’information réciproque sur les luttes menées dans chaque pays à ce sujet.
  3. Nous pouvons dès maintenant publier largement les expertises psychiatriques. Nous pouvons aussi constituer des groupes de psychiatres qui se mettent à la dispositions des inculpés.
  4. Nous demandons l’abolition des lois sur les hôpitaux de force, sur la toxicomanie, contre les alcooliques dangereux, sur le placement d’office.
  5. Nous dénonçons l’intervention croissante des psychiatres dans les prisons et la délivrance de neuroleptiques aux détenus pour maintenir l’institution.
  6. Nous remettons en cause les mesures de surveillance pénale auxquelles participent les psychiatres à qui les juges délèguent de plus en plus leur pouvoir. Nous refusons le rôle policier du secteur (fichage, traitements forcés).
  7. Le réseau que nous constituons est ouvert à tous les groupes, de magistrats, de détenus, de défense juridique, qui luttent dans la même direction. Son organe de coordination travaillera en relation avec la coordination internationale des mouvements de justice démocratique.

Les psychiatrisés

Ls psychiatrisés et internés ne sont pas seulement des marginaux puisqu’ils sont des travailleurs ou chômeurs ayant subi l’exploitation ou la répression de la société capitaliste.

Seule une transformation de la société, un affrontement de classe, et à condition qu’ils y participent pourra supprimer l’institution psychiatrique avec ses nombreux bras (asile, hôpital psychiatrique, secteur, prison, etc.). Nous devons lutter contre l’idéologie psychanalytique qui récupère leurs discours et leurs luttes dans une nouvelle forme subtile de répression et de quadrillage policier: le passage de l’hôpital psychiatrique au secteur.

Nous devons également supprimer les rapports soignants-soignés reproduisant la domination de classe. Nous réclamons pour les mouvements de psychiatrisés et d’internés le droit d’information, d’organisation et de liberté d’expression, le droit de consultation et de retrait des dossiers, le droit à l’information médicale et au refus des médicaments, l’abolition des lois d’internement et de collocation.

Témoignage de Shana Dubé : « Ne jamais abandonner »

« Au début, j’étais gênée de dire que j’avais des problèmes et que j’avais été hospitalisée en psychiatrie. J’étais gênée aussi de dire que je prenais de la médication, mais il ne faut pas avoir honte. »

Témoignage au Psychodon 2019 à l’Olympia

Didier Meillerand : Joan, tu es le créateur du blog Comme des fous, quel est ton objectif ?

La folie expliquée simplement comme une maladie du cerveau, c’était assez désespérant pour moi. Je voulais montrer que ces expériences ont une richesse, qu’il y a un sens derrière la souffrance, pour à la fois déstigmatiser et donner de l’espoir, en valorisant la parole des personnes directement concernées.

Didier Meillerand : Quand tu parles de ton trouble, quel mot tu mets dessus?

Moi, je dis que je suis psychiatrisé. J’ai vécu des expériences de soin traumatisantes comme quand on m’a attaché aux urgences ou mis à l’isolement à l’hôpital.

Ce qui ne m’empêche pas d’être solidaire avec les urgentistes actuellement en grève dans toute la France.

Par chance, j’ai découvert par la suite le soin par la relation et par le dialogue et j’ai pu être accompagné par une clinique de soins-études pour finir mon mémoire d’architecture.

Didier Meillerand : Toi l’architecte, qu’est-ce que tu aimerais construire ?

J’aimerais qu’on construise ensemble une société capable d’accueillir la fragilité, qu’on cesse de voir la maladie psychique comme un dysfonctionnement individuel et qu’on puisse avoir une réponse collective, avec toutes les bonnes initiatives, pour permettre aux gens de trouver un accompagnement dans le soin tout comme dans la vie en général.

Que peut-on espérer d’un soignant en psychiatrie ?

Message aux étudiants, internes, aide-soignants et futurs infirmiers : n’oubliez pas que le soin en psychiatrie repose sur votre capacité à entrer en contact avec l’autre, cet autre qui a perdu temporairement contact avec la réalité et qui dépose en vous sa confiance et son espérance d’aller mieux.

La meilleure technique en psychiatrie c’est la parole.

Le soin en psychiatrie ne se résume pas aux actes techniques : l’injection et la distribution de médicaments, la prise de sang ou encore la mise sous contention mécanique. Vous n’êtes pas là simplement pour regarder le patient discuter avec le médecin psychiatre ou pour l’attacher quand il devient agressif.

Les maladies psychiques sont des maladies de la relation, des troubles du comportement qui expriment une difficulté d’être au monde, d’entrer en contact et en relation avec les autres. La maladie est aussi une solitude invivable.

Si beaucoup voient les malades comme des bêtes sauvages qui peuvent devenir incontrôlables et violentes, dîtes-vous que de l’autre côté, beaucoup voient les blouses blanches comme des automates dénués d’humanité.

La compétence d’entrer en relation avec le patient (voire le transfert) n’est pas réservée qu’au médecin psychiatre. La parole n’est pas un luxe mais la condition même du soin. Si les médicaments servent à apaiser l’angoisse et les symptômes, ils n’ont pas d’autre propriété que de permettre au patient de redescendre de son nuage pour entamer le vrai soin, celui qui lui permettra de mettre un sens à sa crise et de verbaliser son vécu.

Soigner c’est tout simplement redonner vie et voix au patient pour qu’il puisse rentrer en contact avec les autres.

Cela passe également par les médiations artistiques et corporelles.

Si la parole du patient est reine, il ne faut pas oublier celle des soignants et aide-soignants. Car ils souffrent souvent en silence du manque d’échanges et de sens dans leur pratique au quotidien. Contraints à attacher, à mettre à l’isolement à l’hôpital parce que les mots ne suffisent plus, incapables de désamorcer une situation et d’apaiser un patient par la parole.

Chaque malade a besoin d’être écouté et renforcé dans sa confiance en l’autre. Pour ne pas sombrer, le malade doit pouvoir se raccrocher à quelque humanité bienveillante et rassurante, de la part des soignants comme des autres patients.

Chaque soignant doit pouvoir être une présence parlante et rassurante, plus qu’un technicien du soin, il devrait pouvoir compter sur une solidarité collective pour résoudre les conflictualités et ne pas déconnecter son humanité quand il doit faire face à la terrifiante angoisse qui habite le malade.

La souffrance psychique fait peur mais ce n’est pas une fatalité quand elle trouve en l’autre une présence thérapeutique. La thérapie sous ses formes variées ne devrait pas se limiter à réparer les circuits de pensée défaillants comme on répare un ordinateur mais devrait permettre à chaque personne de trouver une place dans la société et dans la communauté des humains.

On peut mettre le patient au travail, lui trouver un logement, le rendre acteur de sa vie mais là où la médecine et la technique montrent leur limite c’est dans la mise en relation de la personne pour qu’elle trouve plaisir et envie d’être avec les autres et ne pas rester un patient réautomatisé et adapté.

Si certains n’ont pas envie de trouver un sens à leur souffrance ou fouiller dans leur passé, la thérapie doit tout de même permettre de retrouver la parole et un plaisir d’exister.

Joan

« Carpe Diem » de Walt Whitman

Ne laisse pas le jour finir sans avoir grandi un peu,
Sans être heureux, sans avoir atteint tes rêves.
Ne te laisse pas vaincre par la déception.
Ne laisse personne t’enlever le droit de parler, c’est presque un devoir.
N’abandonne pas le désir de faire de ta vie quelque chose de spécial.
Crois bien que les mots et la poésie peuvent changer le monde.
Quoi qu’il advienne, notre être profond reste intact,
Nous sommes pleinement des êtres de passion.
La vie est désert et oasis.
Nous tombons, nous avons mal, nous apprenons, nous sommes les acteurs de notre histoire,
En dépit des vents contraires, ce travail puissant continue,
Tu peux en écrire une strophe.
Ne cesse jamais de rêver, parce que dans son rêve, l’homme est libre
Ne t’abandonne pas à la pire des fautes, le silence.
La plupart des hommes vivent dans le silence. Echappe-toi !
Apprécie la beauté des choses simples.
Tu peux écrire des poèmes sur des choses simples
Mais on ne peut voguer contre soi-même
Cela fait de la vie un enfer.
Aime la peur qui te fait aller de l’avant
Vis intensément, sans médiocrité
N’oublie pas que tu es le futur et aborde cette tâche avec fierté, sans crainte,
Apprends de ceux qui peuvent t’instruire
Ne laisse pas la vie s’écouler sans vivre cela.

Psychose d’État : non au fichage à l’hôpital

psychiatrie policière

Début mai, alors que la société française s’émouvait du « fichage » par les autorités sanitaires des personnes blessées lors des mouvements sociaux (comprendre les gilets jaunes) à travers le fichier « SI-VIC » – système d’information pour le suivi des victimes, mis en place après les attentats de 2015, on apprenait également qu’un décret allait permettre aux autorités de croiser les données de la base HOPSYWEB relative aux hospitalisations psychiatriques sans consentement et le FSPRT (Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste).

En clair, les gilets jaunes sont fichés lorsqu’ils vont à l’hôpital tout comme le sont les psychiatrisés dans le cadre de la « prévention de la radicalisation à caractère terroriste ».

Cependant, personne ne soupçonnerait un gilet jaune d’être un potentiel terroriste contrairement aux psychiatrisés.

Le cyberflicage de la psychiatrie

Dans les deux cas, les fichiers utilisés sont nés de la menace terroriste. On s’en souvient, la réponse à cette menace à été la mise en place de l’État d’urgence, titre récemment repris par deux psychiatres dans leur livre sur l’état de la psychiatrie.

L’état d’urgence en psychiatrie ce n’est pas l’État d’urgence et pourtant…

A force de jouer sur les mots, à force d’amalgames, on en vient à croire que l’acte fou des terroristes est le symptôme d’un trouble mental. Et que par conséquence, les fous furieux, les agités, sont de potentiels terroristes.

On nage dans la psychose. Non pas celle des sujets qualifiés de psychotiques par la psychiatrie mais bien la psychose au sens général, celle de toute une société traumatisée par le terrorisme. Nous voilà méfiants, apeurés, attentifs à tout ce qui pourrait être un attentat, un bagage abandonné, une cathédrale qui brûle. Et l’État, perméable à cette inquiétude collective et à cet état d’alerte permanent, tente naturellement de prévenir un futur attentat.

La psychose d’État atteint maintenant la psychiatrie. Il faut ficher, fliquer, pour contrôler l’incontrôlable.

Le problème c’est que les personnes hospitalisées sans leur consentement en psychiatrie sont tout aussi perméables à cette psychose collective. Notre société a peur des attentats et la sensibilité exacerbée des personnes relevant de la psychiatrie n’échappe pas à cette peur. Du coup, la peur envahit les hôpitaux, les patients ont peur, les soignants aussi…

On finit en psychiatrie lorsqu’on perd le lien avec la société.

La psychiatrie, lieu d’asile et de répit, doit permettre au patient de retrouver ce lien avec la société. Malheureusement, le lieu même où il se retrouve privé de liberté le condamne à l’exclusion par la société.

Le patient psychiatrique se retrouve en service fermé, à avaler des médicaments qui altèrent ses facultés intellectuelles tout autant qu’ils les réhabilitent.

Et le lien social dans tout ça? C’est le rôle des soignants que d’apaiser la peur, de recréer un lien de confiance, de rétablir la communication avec le monde extérieur. Le patient délirant, envahi par ses idées, reprend peu à peu contact avec les autres.

Pendant ce temps, dehors, il est suspecté de radicalisation par les autorités.

La psychiatrie, stigmatisée pour son rôle de contrôle social des déviants, est en crise. Et souvent, loin d’être thérapeutique, elle se fait maltraitante. Et pourtant, c’est souvent le dernier lieu de répit pour les personnes désocialisées et en prise avec une grande détresse intérieure.

La folie c’est aussi un symptôme du social.

C’est un sujet délicat, pour moi, car terrorisme et psychiatrie étaient au cœur de mon délire lorsque j’ai été hospitalisé en 2017.

C’est comme si j’étais un révélateur des malaises de la société, comme un fou qui révèle cet inconscient collectif, à la fois troublé et troublant.

Alors en crise, je me retrouvais dans un train aux Pays-Bas poursuivi par ma cousine et bientôt la police. La police néerlandaise arrête le train pour m’emmener voir un psy. Ne souhaitant pas descendre du train, je commence à dire que je ne suis pas un terroriste. Le policier m’aide à descendre et me dit « You are Fucking Crazy ». Je trouve ça violent. Je vois un psychiatre qui, après discussion, me laisse repartir avec ma cousine.

Le lendemain, j’ai paniqué lorsque j’ai appris que ma famille venait me chercher, alors j’ai appelé la police. J’ai cherché le meilleur motif pour se faire arrêter et j’ai dit en anglais « I am a terrorist of love, my heart is a bomb ». J’étais réellement amoureux, mais pas un « terroriste tout court ».

La police néerlandaise a déboulé en 20 minutes et m’a globalement bien traité, ils m’ont mis au cachot toute la nuit comme la chambre de soins intensifs de l’hôpital sauf qu’avec une caméra de surveillance. J’ai voulu dialoguer car je souffrais psychiquement, ils m’ont enlevé la bible quand j’ai commencé à déchirer les pages, puis enlevé le matelas, coupé l’eau et la lumière, peut-être pour que je dorme, mais pour moi c’était une vraie torture intérieure. Un psy a bien été appelé, il m’a vu deux secondes et est reparti. Le matin, interrogatoire, moi qui essayais d’appeler le consulat de France, et puis libéré lorsque ma famille a confirmé mon passé psychiatrique, la justice néerlandaise ayant mis comme condition le rapatriement d’urgence.

Arrivé en France, la police est venue me chercher lorsque j’ai appelé la police néerlandaise pour avoir les enregistrements vidéo de « ma torture ». S’en suit la contention d’office à la Pitié Salpêtrière et une hospitalisation sous contrainte. J’ai alors cru que les policiers s’étaient déguisés en soignants et ils m’ont mis en chambre de soins intensifs, m’ont piqué avec de l’Haldol avec les renforts. Après une semaine en service de réanimation à cause de l’Haldol, je réintègre le pavillon fermé où ça parle beaucoup Coran, il faut croire que sociologiquement on était nombreux à être d’origine arabe. Je vous rassure, j’étais le seul « terroriste potentiel » et j’avais du mal à expliquer à l’un des patients pourquoi j’ai longuement crié « Adama Traoré » et « Allah Akbar » pendant ma semaine de chambre d’isolement.

Quand je vous dis que la psychose est collective…

JOAN

Faut-il préférer la scientologie à la psychiatrie ? #scientologievspsy

33 millions d’euros, c’est l’argent déboursé par un investisseur privé pour installer les locaux de la scientologie à Saint-Denis (93).

Il faut arrêter de stigmatiser la scientologie, il faudrait plutôt l’éradiquer. 
On pourrait remplacer le mot scientologie par psychiatrie, et c’est bien là le problème.

Mais pourquoi faire le lien entre scientologie et psychiatrie?

C’est simple, la scientologie prétend exercer une emprise mentale exclusive sur ses adeptes et c’est pour ça que la psychologie et la psychiatrie la gênent, puisque c’est leur rôle de soigner le mental.

En effet, la doctrine dianétique inventée de toute pièce par le créateur de la scientologie est vendue comme une méthode pour atteindre le bien-être mental, et ce, sans médicaments ni psychologue.

Les médicaments sont remplacés par des vitamines et le psy est remplacé par un « pair » scientologue plus expérimenté appelé auditeur, qui écoute et prend des notes en interrogeant la personne sur ses problèmes existentiels.

Comme la psychanalyse, cette méthode est dite analytique, on cherche à trouver la cause des problèmes pour s’en libérer. Sauf que pour atteindre le bien-être, il faut passer des paliers avant de pouvoir découvrir l’explication ultime (ou plutôt première) sur l’origine des maux de l’homme. Celle-ci a été écrite par le créateur de la scientologie, un brillant écrivain de science-fiction. Selon lui, il aurait existé une humanité il y a quelques millions d’années dans une société similaire à la nôtre et ce sont les âmes de ces premiers humains avec leurs souffrances qui entrent dans le corps de chaque nouveau-né. Et c’est de ça dont il faut se libérer et se purger et non pas de ses propres traumatismes.

Le problème c’est que cette méthode fantasque a déjà donné lieu à un drame. Elly Perkins, adepte américaine de la scientologie, est morte sous les coups de couteaux (77 en tout) de son fils Jeremy, atteint de troubles psychiatriques, pour qui elle refusait tout soin psychiatrique, tout en lui imposant les méthodes et les vitamines des scientologues.

Malheureusement, les troubles psychiatriques lorsqu’ils ne sont pas accueillis et traités par des spécialistes peuvent aboutir au pire.

On ne peut pas nier que la psychiatrie peut aussi conduire à la mort, on a tous entendu parler de suicides à l’hôpital, il s’agit d’un sujet délicat mais on ne peut pas réduire la psychiatrie à ça. La psychiatrie maltraitante et les mauvais psy existent également, mais l’approche clinique et médicale transmise depuis deux siècles et complétée par les découvertes liées aux mécanismes de défense et de l’inconscient sont indéniablement plus rationnels que la méthode scientologue. Cette dernière est même dangereuse.

Il est étrange de voir que les psy et les élus ne réagissent pas face à l’expansion de la scientologie qui profite de la détresse et de la méfiance collective par rapport à la psychiatrie pour recruter des adeptes.

Ainsi, l’association CCDH qui fait son beurre sur les abus de la psychiatrie est en même temps une vitrine de la scientologie en France pour recruter les laissés pour compte de la psychiatrie.

A Saint-Denis, c’est une autre association « Le chemin du bonheur » qui a pris ses quartiers pour diffuser et recruter des adeptes en quête de bien-être.

Le bien-être est souvent promu par l’Organisation Mondiale de la Santé et les politiques publiques de l’Etat visant à réduire l’impact des maladies psychiatriques et les coûts liés aux hospitalisations en psychiatrie. Sous couvert de bien-être et de positivisme, on nie la souffrance et la spécificité psychiatrique et sa complexité qui nécessite une formation des professionnels au dialogue et au soin relationnel pour désamorcer les situations potentiellement dangereuses. Cette spécificité du soin psychique ne saurait se limiter à la formation des seuls soignants de la psy mais mériterait d’être transmise au reste de la société pour faire reculer la peur et la psychophobie tout en faisant reculer les dérives sectaires comme la scientologie.

Pour ceux qui voudrait approfondir la supercherie de la scientologie, voici l’excellent documentaire « Going clear » traduit en français.