« Je ne pourrais croire qu’en un Dieu qui saurait danser. »
Friedrich Nietzsche
Ainsi parlait Zarathoustra (1883-1885)
Catégorie : A lire
François Tosquelles sur la psychanalyse [vidéo]
«La qualité essentielle de l’Homme c’est d’être fou (…). Tout le problème c’est de savoir comment il soigne sa folie». François Tosquelles
«Tosquelles parle le tosquellan – une langue privée faite de castillan, de catalan et de français». Gaston Ferdière dans Les Mauvaises fréquentations.
François Tosquelles, psychiatre catalan ou plutôt « psychiste », comme il aimait à le dire, ne fut pas seulement révolutionnaire politiquement parlant, il le fut aussi dans le champ de la psychiatrie, étant à l’origine d’un mouvement, dit de « psychothérapie institutionnelle», dont la caractéristique essentielle pourrait être justement celle d’être un mouvement.
Créer un déséquilibre comme mode d’expression d’une volonté de voir la vie l’emporter sur les tendances mortifères que sécrètent les institutions et la pathologie, tel pourrait être le sens de son combat comme il le fut et l’est encore pour nombre de ceux qui, à un moment ou à un autre, devinrent ses compagnons de route.
Pour aller plus loin:
https://histoireetsociete.wordpress.com/2013/03/17/une-politique-de-la-folie-par-francois-tosquelles/
La série en 5 articles de l’historien Philippe Artières et d’Eric Favereau sur Libération:
1/ 1940, quand le Dr Tosquelles arrive à Saint-Alban
2/ Quand le Dr Tosquelles combat la faim à Saint-Alban
3/ Quand le Dr Tosquelles rencontre Eluard à Saint-Alban
Du patient bourgeois de Freud au patient politique de Guattari
Dans un article précédent, on parlait de la méthode du patient traceur où l’étude du parcours d’un patient sert à analyser la performance des établissements de soins.
Ici, il sera question d’un article écrit par Jean-Philippe Cazier sur l’Anti-Œdipe qui nous sort de cette dérive scientiste (où le patient devient traceur!) et nous ramène dans le champ de l’humain et de la complexité de la psyché. Cet article didactique expose les positions de Félix Guattari et Gilles Deleuze face à l’héritage de Freud. Et on peut se demander si le patient-traceur n’est pas justement l’expression du même ordre économico-politique que du temps de Freud.
« L’« idéologie freudienne » pose comme immuable ce qui est pourtant l’expression d’un ordre social, politique et historique relatif, qu’elle légitime en l’affirmant indépassable. Freud, introduisant dans les conditions de la subjectivité les codes, les relations, les mythologies de la société capitaliste, ne se sépare pas d’une intériorisation et légitimation de celle-ci. Le freudisme participe à la production de subjectivités capitalistes – le capitalisme, comme toute configuration sociale et politique, produisant un certain ordre économico-politique mais aussi des subjectivités particulières.
Pour Guattari, la structure sociale, politique et économique, englobe la production de subjectivités relatives à cette structure et l’analyse des subjectivités ne se sépare pas de celle des conditions concrètes de leur production, des processus de subjectivation toujours relatifs. Le politique ne se sépare pas du subjectif, et la psychanalyse ou la psychothérapie ne devraient pas être séparées du politique. »
Continuer la lecture de « Du patient bourgeois de Freud au patient politique de Guattari »
Un chez soi d’abord
Découvrez le projet « Un chez soi d’abord » ou Housing First qui vient en aide aux personnes sans-abri souffrant de troubles psychiques.

« Les personnes qui vivent avec 650 dollars par mois (environ 500 euros) et qui connaissent des problèmes de santé mentale sévères ne sont pas arrivées dans la rue parce qu’elles étaient malades, mais parce qu’elles sont pauvres ! Par exemple, elles ont quitté leur appartement lors d’une hospitalisation en institution psychiatrique, et à leur sortie, elles se sont retrouvées à la rue et y sont restées. » déclare Sam Tsemberis, fondateur de Housing first.
Extrait de l’article: Cet homme détient l’idée de génie pour reloger les sans-abri…
Pour en savoir plus sur l’expérimentation en France (Lille-Paris-Marseille-Toulouse), cliquer ici.
Voir la vidéo: Une journée ordinaire au un chez soi d’abord
How Clubhouses fight the stigma of mental illness [ENG]
Merci à Charly pour ce témoignage écrit pendant son passage à Club Itaca Milano !
« My name is Charly and I’m a member of Clubhaus München Giesing since 1999.
Clubhouse has always been a training place for me. A training place for « normal life » outside the Clubhouse, in the midst of society. Continuer la lecture de « How Clubhouses fight the stigma of mental illness [ENG] »
Citation du jour
« Un névrosé est un homme qui construit un château dans le ciel.
Un psychotique est l’homme qui vit dedans.
Le psychiatre est celui qui collecte le loyer. »
Jerome Lawrence

Dans la tête d’un psy
Et là, il m’a répondu quelque chose que tout psy a dû entendre au moins une fois dans sa vie :
« Je ne vois pas pourquoi je dois voir un psy! Je ne suis pas fou! … Si? Je suis fou? »
Comment te dire, Pierre. C’est assez embêtant de se retrouver à devoir répondre à cette question. Si je te dis non, je considère que la folie existe, et que tu es dans la norme. Si je te dis oui, je considère que la folie existe, et on casse le lien. Or, en psychiatrie, le mot «folie», presque personne ne l’utilise. Pour une raison, sûrement.
Qui sont les « bons schizophrènes » ? [traduction]
Merci à Lau pour cette traduction!
« Quand vous êtes désigné comme fou, avoir « le bon » type de diagnostic peut faire la différence entre une vie productive et une condamnation à perpétuité. » Esmé Weijun Wang
[Cet article est traduit de l’article Who gets to be the « good schizophrenic » ? , initialement paru en anglais sur BuzzFeed.]

Chaque matin, je prends une petite pastille rose ; chaque soir je prends un et demi du même médicament rose. C’est, comme me l’explique mon psychiatre, ce qui m’a permis de fonctionner ces deux dernières années sans hallucinations ni délires. Mais quasi pendant toute l’année 2013, j’ai été une épave psychotique. Continuer la lecture de « Qui sont les « bons schizophrènes » ? [traduction] »
Vers une folie inclusive
Et si on cessait d’envisager l’inclusion sociale par les dispositifs institutionnels pour s’engager sur une voie nouvelle que je nommerai la folie inclusive !
Au lieu de demander à la société d’inclure pourquoi ne pas imaginer la folie comme une puissance incluante ?

9ème congrès de Réh@b: « De la réhabilitation au rétablissement : tous citoyens ! »
Le mouvement de réhabilitation, a un objectif essentiel, et peut-être unique : concourir au rétablissement des personnes victimes de troubles psychiques chroniques, portant atteinte à leur « empowerment ».
Mais se rétablir, recouvrer ses capacités, son autonomie, ce n’est pas encore la vie, une vraie vie. La vie, c’est vivre avec les autres, au milieu de la société. C’est la rencontre, l’échange, un rôle social, des proches, l’amour, un travail, des enfants, s’ils arrivent. C’est aussi, si ça se trouve, un engagement associatif, une foi, des créations, des opinions politiques. Bref, une participation citoyenne.
Notre prochain congrès de Réhab explorera ce passage, ce pont, du rétablissement à la citoyenneté. Du rétablissement pour la citoyenneté. Mais nous le savons, la citoyenneté n’est pas donnée. Elle se conquiert.
Cette conquête ne sera possible que si elle est aussi portée par une prise de conscience collective, une évolution de nos représentations, de la culture partagée par l’ensemble de notre société.
La réhabilitation, c’est un ensemble d’outils, de techniques, de démarches, de parcours organisés. Une organisation, une offre de ressources, proposée par des professionnels, à l’écoute respectueuse des usagers. Mais c’est aussi, pourquoi ne le dire, autant qu’un soin, un militantisme.
Plus d’infos sur: http://www.rehabilite.fr/
