« Les fous marchent pour sortir du silence » écrivait dans Libé, Eric Favereau, pour la première édition de la Mad Pride à Paris, pendant que l’Agence France-Presse titrait « Les malades mentaux défilent contre la descrimination ».

Le slogan « Fous, et alors ? » rappelle la récente campagne d’affichage « Une de ces personnes est handicapée psychique, et alors ? ». Ces slogans ont pour but d’interpeller le grand public, de rendre visible une population ignorée : celles des usagers des services en santé mentale.
Le terme usager désigne le patient qui bénéficie de soins en psychiatrie. Il hérite dans l’imaginaire collectif de la place qu’occupait le fou du temps où il était enfermé à l’asile. Le patient psychiatrique d’aujourd’hui, lui, se soigne en ville, hors les murs, et s’efforce pour être reconnu en tant que citoyen à part entière. Mais l’image du fou lui colle à la peau. Continuer la lecture de « La Mad Pride, revendiquer la folie ? »

Partons de la conclusion qui résume assez bien la teneur de
Dans son texte « Temps maudit, temps tolérable », Giuliana Galli Carminati nous parle du rapport des psychotiques au temps et la difficulté de se raccorder au temps présent:
« Lorsqu’on écoute le discours d’un patient psychotique ou lorsqu’on observe son comportement, on constate des bizarreries, des incohérences, des contradictions, voire « des idées délirantes, des hallucinations prononcées, un discours désorganisé, ou un comportement désorganisé ». Pourtant ces patients semblent suivre certaines logiques. Aussi étranges qu’elles puissent nous paraître, ces logiques présentent néanmoins des fils conducteurs assez typiques, dont la caractéristique commune est d’être déconnectée de la réalité. Ainsi, l’observation clinique nous place devant ce paradoxe selon lequel les discours et les comportements des patients psychotiques sont incohérents, bien qu’ils semblent suivre certaines logiques, ce qui explique d’ailleurs que des savants, notamment des mathématiciens, puissent présenter des symptômes psychotiques sans que leur facultés logiques soient altérées. »
J’aimerais réagir à cette phrase entendue sur les ondes de