« Mon expérience au sein de l’institution psychiatrique », T. A

« J’ai eu deux expériences au sein de deux institutions psychiatriques. La première fois j’y suis allé de moi-même. La seconde fois c’est un membre de ma famille qui m’y a mis. Ce texte a pour but de faire un retour de ces expériences singulières, au sein d’un lieu d’enfermement, vécues par un révolutionnaire du XXIème siècle. Il y a bien des jeunes qui emploient ces termes alors pourquoi s’en priver ? 

Révolutionnaire sur le plan moléculaire, mais pas seulement, aussi car je viens de lire « Les nouveaux ESPACES de liberté » de Negri et Guattari. Donc révolutionnaire dans le sens de se battre pour trouver un travail qui puisse nous enrichir. 

« Seul un immense mouvement de réappropriation du travail, en tant qu’activité libre et créatrice, en tant que transformation des rapports entre les sujets, seul un dévoilement des singularités individuelles et/ou collectives, écrasées, bloquées, dialectisées, par les rythmes de la contrainte, engendrera de nouveaux rapports de désir susceptibles de « retourner » la situation présente. » 

Depuis que j’ai vingt ans j’ai toujours refusé de poursuivre mes études à la fac d’économie car l’idéologie néolibérale me déplaisait. J’ai donc préféré m’autoformer par le biais de mes expériences associatives et entrepreneuriales. S’ajoute à cela, des compléments de formation comme un Brevet Professionnel, une Validation d’Acquis de l’Expérience et les fabriques de sociologie qui allaient plus dans le sens de mes valeurs et qui m’ont permis de me situer dans un environnement professionnel et pédagogique. 

En France mes premières expériences furent précaires mais guidées au départ par mes passions. Ce furent des expériences politiques solides car elles ont mis en jeu différents éléments de créativité, d’engouement collectif mais aussi de nombreuses remises en question. Celles-ci étaient faites dans des lieux qui ne m’appartenaient donc pas, et que nous squattions car nous faisions partie de ces dépossédés, non propriétaires et tributaires d’occupations passagères. Que ce soient les MJC (-Maisons des Jeunes et de la Culture-), les salles de concert, les parkings et les gymnases publics mis à disposition gratuitement. Tout y était négocié en luttant pour les avoir le temps d’un week-end, d’une journée, d’une semaine et quelques rares fois pour de long mois carnavalesques pour l’événement le plus réussit. Même la presse nous la squattions. Nous étions un peu des gitans qui essayaient de s’intégrer à l’espace public privatisé par certains. De cette première expérience durant laquelle je n’ai jamais eu un seul contrat de travail, j’ai appris à gérer les dépenses et les recettes ainsi que la communauté de manière collective. Il m’aura fallu beaucoup de temps et de moments de réflexions en collectif et en individuel pour mettre les bons mots sur ces actions : luttes de dépossédés. 

Chaque micro tendu était, à l’époque, une manière d’exprimer nos existences de minoritaire. En tout, plus d’une participation à 30 événements dans trois départements limitrophes et de nombreuses dates à travers la France qui ont favorisé à ce que des gens se côtoient, que des amitiés se soudent, que des talents se découvrent et que plusieurs autres prennent le relais. Lancer un mouvement, il fallait le faire quand même… 

S’en est suivi de plusieurs petits boulots et contrats précaires, jusqu’au jour où j’ai entrepris de traverser la frontière pour aller voir si l’herbe y était plus verte ailleurs. En effet, elle l’a été ! 

Premier CDI signé à 31 ans, dans un autre pays que le siens, à plus de 600 km de son chez soi. Enfin un peu de sédentarité dans le travail, bien que mon expérience nomade me poursuivra dans mon style de vie en Van pour ne pas payer un loyer exorbitant et pour pouvoir profiter un peu d’un lieu stable dans lequel insuffler un moment pédagogique fort. Enfin, son chez soi, c’est presque une blague ! 

J’ai beaucoup plus déménagé que ressenti un chez moi. Enfin ça vaut le détour un métier qui plaît, mais ça laisse tout de même des expériences d’enfermement. 

On a tous nos problèmes, mais mon changement moléculaire s’est accompagné de nombreux conflits avec des proches qui ont abouti à ma première expérience dans un hôpital psychiatrique. 

J’ai fait une espèce de voyage cosmique, une espèce de transe ou je continuais mes expériences pédagogiques mais en totale liberté, sans contrainte institutionnelle. Ce voyage me conduisit par mes propres soins chez un médecin, puis aux urgences. Aux urgences, ne surtout pas hausser trop le ton sinon vous vous retrouverez comme moi attaché et sous cachetons qui me paralysèrent la bouche durant deux jours. Tout ça bien-sûr sans avoir le droit d’appeler un proche à moi qui aurait peut-être pu m’aider à mieux vivre cette situation. Après une nuit aux urgences, les infirmiers me proposèrent d’aller « me reposer » dans un hôpital psychiatrique. Pouvais-je refuser dans l’état dans lequel j’étais ? Bien-sûr que non ! 

J’arrivais donc dans un hôpital où les patients m’accueillirent avec bienveillance. Heureusement qu’ils y en avaient qui faisaient gaffe aux autres. C’est surtout grâce à la force du collectif de psychiatrisés que j’ai su que comme j’étais venu de moi-même, je pouvais sortir à ma demande. Beaucoup de rencontre durant ces deux jours d’enfermement. J’y ai su que l’hôpital pouvait garder des personnes ayant été interdites de territoire. J’ai appris à faire semblant d’avaler des cachetons dont je ne savais pas les effets. Vous comprendrez que ceux qui m’avaient bloqué la bouche ont suffi à me remettre de mon délire. Car il fallait être éveillé pour ne pas souffrir encore plus. J’y ai fait des sessions freestyle avec certains, des partis de ping-pong avec d’autres, fumer de gros pétards en scred, vu des situations de délire aussi. Rencontré des gens très intelligents, de classes sociales différentes, de genres différents. J’ai vu qu’à la différence de ce que peuvent dire certains journalistes critiques de cultures urbaines, des gens de quartiers populaires y font de longs séjours également. De très très longs pour certains qui y finissent comme des légumes du fait des doses de cheval qu’on leur administre. 

Enfin j’ai fini par négocier ma sortie, en disant que j’avais vécu un épisode artistique fort ou je créais des situations dans l’espace public. En ne manquant pas de partager aux psychiatres mes connaissances sur des psychanalystes comme Félix Guattari. Connaissances qui me permettaient d’échanger avec eux sur les méfaits de leur institution, que ça soit sur le plan de l’architecture des lieux, ou du manque de prise en charge artistique par le personnel de l’établissement. 

Ma deuxième expérience fut plus longue car elle dura un peu plus d’un mois. Cette fois-là mon errance artistique fut beaucoup plus intense. Elle dura cinq jours ou j’allais de villes en villes diffuser ma révolte. De Besançon à la Seine St Denis, d’Aix en Provence à Montpellier, de gare en gare, d’auto-stoppeur à l’accueil de certaine personne chez elle, d’aéroport à des squat improvisés dans des hôtels de luxes. Bref l’aventure fut belle et bonne. 

Mon hospitalisation se déroula sous les yeux d’une infirmière au CMP (centre médico-psychologique) qui me « suit » encore aujourd’hui alors qu’elle a bien moins de connaissance dans la psychanalyse institutionnelle et dans l’art-thérapie que moi ! Où est la logique ! Les psychiatrisés sont-ils mieux formés aujourd’hui que ceux qui sont sensés les soigner !? Catastrophe ! L’institution psychiatrique est-elle en train de tomber elle aussi ? 

Je fus conduit à l’hôpital en taxi ! La classe. Arrivé là-bas, et étant dans le service adulte, je tombais à la table de psychiatrisés que je trouvais bien endormis. Ceci m’énerva et lors d’une discussion avec le médecin je lui dis un peu trop fort que je pouvais m’énerver contre certains patients si on me laissait encore manger en face d’eux. Chose que je n’aurais jamais dû dire car cela me valut une semaine à l’isolement enfermé dans une chambre comme un prisonnier. Avec une seule sonnette pour appeler les infirmiers qui ne venaient même pas toujours me voir. C’est la solitude qu’il faut affronter dans ces moments-là. Pour trouver des occupations je cassais la manette des rideaux avec laquelle je construisais un arc non pas parce que j’étais original mais pour ne pas devenir plus fou que je ne l’étais. Je lisais aussi tous les mots gravés sur les murs de nombreux patients qui avaient dû être enfermés avant moi dans cette chambre. Le jour de la fin de mon isolement, je ne manquais pas après m’être fait quelques potes de psychiatrisés, de m’échapper de l’institution. J’escaladais donc le grillage et je me rendais à la sortie de l’hôpital en scred. J’allais en stop d’Uzès à Montpellier. Bref je continuais ma grande balade artistique situationniste en rencontrant de nouvelles subjectivités à qui, au passage, je grattais quelques sous pour manger. Arrivé à Montpellier, j’allais y voir des potes dans notre hangar favori. Je couchais chez l’un d’eux et après discussion avec lui je me disais que j’allais retourner à l’hôpital de moi-même le lendemain. Celui-ci m’amena à l’hôpital de Montpellier où je me fis ramener en taxi une nouvelle fois à Uzès. Une fois revenu, je ne manquais pas de me faire pleins de copains psychiatrisés qui avaient su pour ma fugue. Après on ne m’enferma plus jamais car j’avais dit aux médecins que cette réaction était dû à mon enfermement. J’avais aussi changé de secteur. J’étais dans le secteur jeune. Oui en psychiatrie on est souvent mené d’un service à l’autre sans savoir pourquoi. Les infirmiers te font signer des papiers pour te faire gober des médicaments légalement. Les fois où j’ai lu ces papiers je ne comprenais que dalle à ce qu’on allait m’administrer. Tous les matins rendez-vous à 8h pétante pour ta petite gélule à la queuleuleu avec tes amis psychiatrisés. S’en suivent pas mal d’actions de ma part pour réagir à mon enfermement. Poèmes écrits sur les tableaux qui descendaient l’institution psychiatrique, collage de journaux appelant à la révolte, vol en compagnie d’œuvre d’art, tagage au dentifrice dans ma chambre…  

Mais aussi beaucoup de discussions intéressantes entre psychiatrisés, des écoutes de musique en groupe, matage de télé, jeux de société…Les journées sont longues à l’hôpital et tu n’as droit qu’à quelques sorties quand ton état est considéré comme stabilisé à l’abilifail. Ce mois-là il n’y a qu’une infirmière qui se donna le droit de nous faire un atelier d’écriture. Le bagne ! J’ai eu un jour une prise de bec avec une infirmière qui ne voulais pas que je me lève de ma chaise pour aller chercher de l’eau par moi-même. Le comble de cette institution morte de l’intérieur ! 

La redescende médicamenteuse est dure car elle te fait déprimer à mort et les médecins attendaient cet état de faiblesse de ma part pour me prendre entre quatre yeux à huit contre un et me dire que j’étais diagnostiqué schizophrène ou bipolaire de type deux. Ils n’étaient pas d’accord entre eux. Mais sans ça le diagnostic était fortement abusé avec du recul aujourd’hui. Cette journée là je l’ai prise comme un châtiment. Impossible de dire quelque chose pour rétorquer car les médicaments m’avait mis chaos et dans une tourmente psychologique extrême. C’est le moment où tu commences à fermer ta gueule car tu te dis qu’il y a que ça qui pourra te faire sortir de ce cauchemar. Je n’aurais jamais dû accepter la piqûre obligatoire qui te met vraiment au plus bas de tes capacités mentales et physiques. Toute mon énergie s’en était retournée et même plus l’envie d’aller faire du sport ou quoi que ce soit. Je suis sorti de l’hôpital dans un état de déprime maximale. Quelle est donc le but de cette institution ? Ne doit-elle pas soigner les gens ? J’ai mis un an et demi à lutter pour changer de traitement dans un premier temps. Passer de la piqûre à l’aripiprazole. La piqûre obligatoire est faite pour que les patients prennent leurs traitements soi-disant. Moi elle me plomba psychiquement et physiquement en me laissant dans un état dépressif. J’ai beaucoup dessiné et marché à ce moment-là pour lutter contre cet état. Un an et demi de grande solitude aussi. Au début mon état ne pouvait pas me permettre de faire mes propres choix par rapport au médecin. Un jour, j’ai vu l’infirmière en urgence comme j’étais dans un état de déprime extrême. A la limite du suicide. Elle a prévenu le médecin qui a comme un robot réagit en me donnant encore plus de médicament. Des antidépresseurs, antidépresseurs que je n’ai pris qu’au début. Ce fut ma première révolte. Puis j’ai décidé de ne plus prendre la piqûre. J’ai raté mon rdv exprès et j’ai attendu que le CMP m’appelle pour leur dire que je voulais absolument changer de traitement. Première victoire. Le médecin m’a d’abord prescrit 20mg de l’aripiprazole. Dose que je me suis permis de réduire le deuxième jour au vu des effets. Pendant quelques mois j’ai baissé à 10mg, puis à 5mg et aujourd’hui je ne suis qu’à 2,5mg. A cause de ces traitements j’ai eu des problèmes gastriques et j’ai eu aussi des hémorroïdes. Re-sociabiliser avec les amis a été une longue route, ainsi que de retrouver ma confiance en moi afin de continuer ma lutte pour avoir un travail. 

Ce texte existe aussi pour dire que même si ces expériences ont été difficiles, n’en demeure pas moins qu’elles furent enrichissantes pour la lutte. Elles m’ont fait prendre conscience que j’avais beaucoup plus de légitimité pour parler des vrais besoins des psychiatrisés que les médecins qui ne sont même pas capables pour la majorité de tester les traitements sur eux-mêmes. 

Moi aujourd’hui j’ai ces expériences et j’en connais les effets. Avec mes connaissances en psychothérapie institutionnelle et en art-thérapie par le biais de mes auto-apprentissages, cela me permet d’ouvrir ma ganache. J’ai deux interrogations qui me viennent. Comment faire quand, son entourage ont un rapport assez proche de l’institution psychiatrique, leur faire ressentir que rien n’y est fait pour vraiment soigner les gens ? Et comment faire pour collectiviser nos expériences par rapport à cette institution pour la changer ou la réinventer ? Il n’y a pas que la gestion des entreprises qui doivent être reprises par les ouvriers mais aussi la gestion des hôpitaux par les usagers EUX-MÊMES. Pour une révolte des FOUS !! Et pour tous ces infirmiers, médecins, psychologues et autres professionnels du soin qui voudraient être de notre côté, pensez déjà à lutter pour vos conditions de travail. Afin que vous puissiez travailler dans de meilleures conditions et prodiguer des soins dans le respect des libertés des patients ! Après, seulement, nous pourrons discuter !! »

T. A – pour aller plus loin : intermittent-du-skatepark.com

« Psychiatrie : Avis de défaillance généralisée » [Libé]

« Recours à la contention, locaux indignes, non-respect des droits des patients… Dans une synthèse de 135 rapports, l’Union des familles et amis de personnes malades ou handicapées psychiques UNAFAM dresse un état des lieux alarmant du secteur en France. «Libé» y a eu accès en exclusivité. »

Il faut brûler l’institution psychiatrique.

TW : 🔥🔥🔥

Il faut brûler l’institution psychiatrique.

Et sur ses cendres fumantes, dessiner des lignes pour ne pas oublier et puis semer des graines et en faire des parcs. Des lits où on attache les gens, pour quoi faire ? Autant leur donner un coussin sous un pommier ombragé sur lequel ils puissent y appuyer leur dos. Vous me direz qu’elle a bon dos l’institution, que parfois elle sauve des vies, que parfois elle crée le lien humain qui a été perdu dans la folie mais quand il fera froid dehors et qu’on aura faim et bien, nous les fous, on mangera des pommes (et des vivres on en trouvera à même la terre) et on se chauffera avec des lampes chauffantes comme dans les terrasses des cafés.

On dira qu’à l’époque, comme dans les terrasses à fumeurs, il n’en manquait pas des briquets et qu’il n’en manquait pas des fumeurs pour passer leurs journées à cloper et puis qu’un pyromane est passé par là et a tout brûlé en prévenant tout le monde à l’avance.

Aucun mort, aucun blessé, plus de souffrance, plus de hurlements dans les chambres d’isolement, rien que des cendres et des dessins au sol, des traits blancs sur des cendres noires pour dire l’enfer. L’enfer de l’enfermement psychiatrique et sa pharmacie à psychotropes qui deviendrait soudain herboristerie et même fleuristerie. On y ferait pousser les graines d’une nouvelle liberté thérapeutique sur un fond de musique classique ou de NTM, au choix.

Oui, tout brûler et en musique plutôt que de recycler, réformer, refinancer, et d’enfermer encore et encore les plus fragiles, allumer la mèche et ne garder de cet enfer que la mémoire et la dette morale envers les psychiatrisés.

Réflexions partiales sur A la folie de Joy Sorman [Valérie Korn]

Joy Sorman va pendant un an, tous les mercredis visiter un hôpital psychiatrique. C’est une enquête sur le terrain qui a pour but de témoigner de la vie dans cette institution.

Ce livre est bien sûr subjectif car il n’est pas fait de chiffres et de statistiques mais d’une rencontre entre une écrivaine et les protagonistes d’un hôpital psychiatrique.

Il y aurait beaucoup à redire sur cet hôpital ; d’abord que c’est un lieu fermé, donc les patients qui y résident ont des troubles profonds, puisque certains comme Franck y résident depuis 37 ans.

On pourrait critiquer cette vision en disant qu’aujourd’hui la plupart des hospitalisations ne se font pas à vie mais sont plutôt de courte durée. Les « patients » psychotiques ayant très souvent un « chez eux » que ce soit dans une demeure privée ou  un foyer thérapeutique. Il y a en effet eu un mouvement de dépsychiatrisation dans les années 70 qui a renvoyé les psychotiques dans la société avec un suivi notamment dans les CMP.

Quid des névrosés en clinique qui font une dépression ? Aujourd’hui on entend le terme de burn-out partout, symptôme d’une société malade?

Un terme revient souvent dans ce livre, c’est celui de folie. Peut-être est-ce ainsi que l’on définit ceux qui ne seront pas « récupérables » pour la société.

C’est peut-être l’écueil de ce livre, de montrer ce qui depuis toujours a fasciné le public chez les « fous », ces comportements incompréhensibles: hallucinations, violences envers soi et les autres.

Peut-être pour dire que cette « folie » est de l’autre côté, que les bien-portants n’en seront jamais atteint, bref pour se rassurer.

Mais quid de la souffrance.  Y aurait-il une souffrance « saine », celle qui fait qu’un jour un  névrosé attente à ses jours parce qu’il vit un événement insupportable et une souffrance « folle » celle qui s’exprime de façon incompréhensible pour le commun des mortels ; en est-elle pour autant injustifiée?

La question qui se pose à notre société est :  allons-nous continuer à rejeter ces » fous » en dehors de l’humanité ou allons-nous essayer d’appréhender ce qui fait qu’un jour un humain bascule hors de la réalité.

Il y a clairement un choix plus difficile que l’autre.

C’est vrai que le discours ambiant est de dire que cela est une question de gènes et d’hormones. Ah bon il y aurait un gène du bonheur…. N’est-ce pas là plutôt le fantasme de savants fous…

Ah qu’il est dur de renoncer à son fantasme de toute puissance et de reconnaître sa condition humaine…

Certes les traitements hormonaux ont calmés des douleurs psychiques et il n’est pas question de critiquer le soulagement qu’ils ont pû apporter aux patients.

 Mais qui voudra regarder en face la question du sens de la vie, de son existence, de son désir. (Les scientifiques ne savent pas répondre à ces questions et d’ailleurs on ne devrait même pas la leur poser) et pourtant elles se posent aux psychotiques comme aux autres.

Je tiens cependant à rendre hommage à cette écrivaine. Elle s’est impliquée réellement dans cette immersion dans la folie, et ce qui est rassurant c’est qu’elle réussit à poser plus de questions que de donner des réponses définitives. Il y a là une vraie réflexion politique qui est tout à fait pertinente et en tant qu’ex pratiquante de ces hôpitaux psychiatriques je l’en remercie. Je ne connais pas ses autres livres mais je sais que j’ai lu une humaniste et je sais ce qu’elle dirait des conditions de vie dans les prisons, dans les banlieues, tous les laisser pour compte de la société. Après tout on a ce qu’on mérite dans la vie…

Peut-être un jour la société essaiera-t-elle de répondre à ces questions, mais  pour l’instant force est de constater qu’elle est dans le déni… On dort plus tranquillement sur ses deux oreilles en étant indifférent à la souffrance du monde…Même quand c’est la souffrance de son voisin.

Schizophrène et menotté

Ce récit n’est qu’un point de vue personnel, le mien, sur la façon dont j’ai été traité voire maltraité. Suite à une bagarre intrafamiliale, je décide d’appeler la police afin de porter plainte au milieu de la nuit. La police débarque et écoute les versions de chacune des personnes concernées, me demandant au passage si j’avais pris mon traitement.

Le traitement qui me sera réservé me semble indigne, avec le recul, mais voici ce qui s’est passé ce dimanche.

Ils m’emmènent en toute discrétion, menottes en mains, jusqu’au commissariat du 13e arrondissement de Paris où m’attend souriant l’officier-lieutenant qui aime se faire appeler Jolly Joe.

Puis on monte à l’étage voir l’Officier de Police Judiciaire pour recevoir ma plainte.

S’en suit une mise en cellule d’attente, ils me dépouillent de mes affaires et me placent dans une cellule sauf qu’ils oublient au passage de m’informer de mes droits car pour eux ce n’est pas une garde à vue.

Je commence à m’agiter, Jolly Joe en profite pour rassurer mes camarades de garde à vue d’une nuit comme quoi je suis schizophrène, et au bout de quelques heures je repars menotté vers le Centre Médico-Judiciaire de l’Hôtel-Dieu pour une expertise psychiatrique, le tout en roulant à 100 à l’heure dans les rues de Paris, chaque freinage me produisant une douleur atroce aux mains attachées dans le dos.

Arrivés là-bas, les trois officiers de police qui m’ont accompagné sont bien embêtés d’attendre d’autant qu’il est l’heure de déjeuner. Je vois enfin un expert psychiatre qui me demande des trucs relevant du secret médical mais il me laisse entendre que je pourrais souffrir de troubles schizo-affectifs.

Une fois passé entre ces mains expertes, on me remet les menottes et on m’embarque au commissariat du 13e, cette fois en respectant les feux rouges. Et là, je reste menotté dans une autre voiture de la police-urgence en attendant un ordre venu d’en haut du commissaire pour savoir dans quel hôpital me transférer. L’ambiance est détendue, on papote des heures avec les flics en attendant les ordres, le tout avec les poignets menottés et douloureux.

Je change de voiture et on m’emmène à l’IPPP, l’Infirmerie de la Préfecture de Police de Paris. Là, je me montre hyper conciliant pour éviter la contention mécanique une fois défait de mes menottes.

La nuit se passe tranquillement et ils décident de me transférer à Soisy-sur-Seine, l’hôpital de mon secteur situé à 40 km.

Sauf que pour le transfert, ils sont obligés de m’attacher avec une ceinture de contention. Alors quand j’arrive à bon port, je me montre revendicatif cherchant des témoins qui puissent voir la façon dont ils m’ont attaché. Au prétexte de cette agitation soudaine, les infirmiers de Soisy appellent les renforts et me mettent immédiatement en chambre d’isolement et ce, pour quelques jours, une vraie torture psychique. Comme je suis conciliant, ils me laissent sortir au bout de quelques jours mais la question reste entière sur cette façon de traiter le « schizophrène dangereux », que je ne suis pas et qui ne demandait qu’à être entendu et protégé par la police.

La douleur [Autiste invisible]

Je tremble. Comme souvent, avec ces médicaments. Je tremble et je bois du café, plus qu’à l’ordinaire. Mais qu’est-ce qui est encore ordinaire ? Mon espoir tient en quatre molécules, six comprimés, deux prises par jour, tous les jours, week-end compris. Que serais-je sans mes médocs, mes béquilles de vie, mes compagnons de route ? Est-ce que j’en aurai besoin toute ma vie durant ?

Je tremble. Comme souvent, avec ces médicaments. Je tremble et je bois du café, plus qu’à l’ordinaire. Mais qu’est-ce qui est encore ordinaire, en ces temps troublés, secoués par des tempêtes internes et externes ? Est-ce que j’ai de l’espoir pour moi, pour l’être humain dans sa globalité ? J’en sais rien, je ne me pose plus la question. Se poser, s’arrêter d’avancer pour se poser la question de l’espoir, c’est déjà amorcer une rechute, me semble-t-il. Je n’ai pas le luxe de pouvoir me permettre une pause dans mon avancée, comme le font parfois les personnes saines d’esprit. Enfin, saines d’esprit. Pas malades, disons. Voilà, pas malades, tandis que moi je le suis et depuis un bon bout de temps. Alors, qu’est-ce que l’espoir ? Une attente de lendemains meilleurs ? Si c’est ça, je n’en veux pas. Je refuse de m’engoncer dans une position d’attente, dans une forme de passivité alors que désormais et depuis peu, je suis à même d’avancer. Alors attendre et espérer, très peu pour moi. La vie n’ayant pas de sens, si je m’arrête, je m’effondre. Dès lors, je n’ai strictement aucun intérêt à ralentir le rythme simplement pour « espérer » des jours meilleurs, attendre le retour du chant des oiseaux et d’un ensoleillement plus long. Au contraire, je prends chaque saison comme elle vient, avec son lot de nuit et d’ennui, ou de luminosité et de vitalité.

Ça va probablement sembler contradictoire, mais j’aimerais bien que le temps s’arrête. Là, maintenant, avec vous, ou bien dans une heure ou deux. Que je conserve les acquis dont je bénéficie en ce moment, de peur qu’ils ne s’enfuient. Mes capacités cognitives en partie retrouvées, la faim qui est à nouveau équilibrée, l’humeur qui est stable et mon chat qui m’aime comme un enfant quand on se fait un câlin d ‘enfer. J’aimerais que tout ça ne disparaisse jamais. Si je résume, j’en suis à espérer ne pas perdre ce que j’ai. Alors attendre que d’autres choses ou personnes entrent dans m vie pour la chambouler, très peu pour moi, non merci. Je préfère me contenter de ce dont je dispose présentement et qui m’a longtemps fait défaut : un sentiment d’amour, me sentir digne, moins de questions qui tournent en boucle dans ma tête et plus de légèreté, malgré les 20 kg de plus. Bref, l’envie de vivre. Il aura quand même fallu que j’attende 30 ans pour découvrir cette sensation. Croyez-moi, c’est long, et c’est un euphémisme que de dire que je me lasse vite.

Alors, que me restait-il dans ces moments d’hiver, où le froid m’envahissait toute entière et l’incompréhension dominait mes pensées ? Il me restait un trop plein d’espoir, justement. Espoir que tout s’arrangerait comme par miracle, qu’un mec entrerait dans ma vie sans crier gare, que je serais alors une autre, moins angoissée, plus belle et surtout plus cool. Avec le recul, je prends conscience que j’ai passé mon enfance et le début de ma vie d’adulte à attendre un miracle à la con et à me détester. Pas étonnant que je change souvent de coupe ou de couleur de cheveux, car fréquemment, je n’en peux plus de ma gueule. Bon, c’est aussi un pied de nez envers les conventions qu’on tente de nous imposer, c’est vrai. Mais en terme de rébellion, on a quand même fait plus radical et engagé que d’aller chez le coiffeur et de ressortir irrémédiablement déçue. Mais qu’est-ce que je n’aime pas chez moi, bordel ? J’ai passé 29 ans à osciller entre le rêve d’être une autre, consensuelle, et l’envie de m’affirmer.

Pour moi, l’espoir est quelque chose de vain, d’idéaliste et d’irréalisable. L’espoir c’est quand, bourrée de TOC, au collège ou au lycée, je rêvais de déménager, ou plutôt de mourir, pour qu’au moins une fois, une seule fois, mes camarades me témoignent un brin de compassion. Je voulais les voir chialer et me regretter, parce qu’on ne peut pas vraiment dire que j’attirais les foules ou que je savais me faire des amis. J’ai passé le plus clair de mon enfance protégée dans ma bulle mais souffrant de la solitude. C’est un sentiment que je ne souhaite à personne : se voir comme un extra-terrestre, se croire adoptée, ne pas faire partie de la même espèce que mes congénères. Et tenter de s’adapter à un univers de lois et de règles incompréhensibles. J’ai plutôt réussi, de manière générale, mais ça m’a demandé tellement d’énergie.

L’espoir, c’est croire que je pourrais être une autre, sans handicap, sans autisme. Tiens, mon stylo me lâche au moment où je dois écrire « autisme », probablement le mot et le mal crucial de ce texte. Avec Alex, un ami lui aussi autiste, on s’est déjà demandé si on accepterait de se faire injecter un vaccin qui nous guérirait de notre état et nous ferait être comme tout le monde, à la manière des mutants dans X-Men qui se font injecter le sérum pour devenir de simples humains. Je n’en sais rien, je n’ai pas tranché la question. Alex, lui, était totalement pour. Pourquoi ? Parce qu’il a trop souffert et qu’il en chie encore beaucoup trop. Moi je n’en sais rien mais l’espoir me semble être comme cette attente interminable qu’un vaccin voie le jour pour soigner une pathologie qui n’en est pas une et que j’aimerais que la société accepte. Alors non, je ne me tape pas la tête contre les murs et oui, je sais parler. Mais la comparaison avec une personne lambda – les neurotypiques, comme on aime vous appeler – s’arrête là. Pour le reste, je me sens tellement différente. Et c’est ça pour moi, l’attente, l’espoir : une injonction à devenir une autre, à quitter ma peau pour rentrer dans le rang. Ces dix dernières années, j’ai fourni tellement d’efforts pour tenter de ressembler à tout le monde que j’ai oublié qu’il me fallait aussi de l’énergie pour demeurer en vie. Alex, lui, souffre surtout du fait que son trouble se voit beaucoup plus que le mien.

On s’est bien trouvés, tous les deux. Au début, quand on s’est rencontré, on ne se supportait pas. Lui trouvait que je n’avais rien d’une autiste et usurpais la place de quelqu’un d’autre à l’hôpital, moi je ne comprenais pas qu’il ne fasse pas plus d’efforts pour cacher ses stéréotypies et tout ce qui pouvait se voir et le rattacher à l’étiquette « autiste ». Finalement, on s’est compris et beaucoup apprécié. Mais Alex s’apprête à nous quitter. C’est son choix.

L’espoir consisterait, dans la présente situation, à tout faire pour qu’il change d’avis, qu’il revienne sur sa décision. Sauf que tout ce que je peux faire pour mon ami, c’est lui souhaiter une bonne traversée du Styx et lui demander de m’attendre pour qu’on se retrouve dans quelques décennies. Lui a décidé de se suicider parce qu’il n’en peut plus et je le comprends. Alors ne vous dites jamais qu’on fait semblant, qu’on pourrait faire des efforts, qu’on exagère. Votre espoir de nous voir changer nous étouffe, nous bride. Notre espoir, c’est qu’un jour, seulement un jour, vous compreniez la douleur qui a été ou est la nôtre. Alex va me manquer.

autisteinvisible@gmail.com

L’impasse au bout de la nuit

« Me voilà en train de filmer ma propre mise à l’oubli.

Mais que s’est-il passé pour en arriver à allumer ma caméra dans un lieu de soin psychiatrique (ce qui est interdit) ?

Pas grand chose et à la fois tellement de choses, on sait bien comme ça part au quart de tour dans ce genre de situation. L’objet du litige, un gobelet de calmant versé au sol le dos appuyé sur les portes du service fermé (celui qui a les chambres d’isolement) en guise de sit-in improvisé.

Derrière cette porte, les oubliés de la psychiatrie, ceux que l’on soigne sans leur consentement le temps qu’ils acceptent la sédation imposée.

Car là était le dilemme, sédation ou prédation.

Je ne voulais pas me faire sédater, ce qui m’aurait sûrement évité de re-débouler menottes en mains les portes cette fois-ci ouvertes quelques minutes plus tard pour une mise à l’isolement et piqûre tenu par les policiers. J’écris à une vingtaine de jours d’intervalle, le temps qu’ils ont jugé utile de me garder en me demandant gentiment d’effacer la vidéo de mon éjection de la polyclinique de la rue Wurtz, celle qui deviendra qui le sait mon lieu de soin privilégié pour éviter de finir à l’hôpital des oubliés celui de Soisy en banlieue parisienne.

Car les oubliés, on ne les garde que 72h au centre-ville et on les envoie après validation du juge des libertés au pavillon fermé, celui où ils m’ont tenu 5 jours entiers sans pause ni considération en chambre d’isolement, celle où on te laisse hurler et taper sur la porte comme bon te semble dans la limite de ta santé physique. Car la torture psychique, elle, n’a toujours pas trouvé d’issue et l’impasse reste entière dans ces pavillons de l’oubli qu’on appelle la psychiatrie. »

Joan

https://www.instagram.com/tv/CJsUQYrgEpp/?utm_source=ig_web_button_share_sheet

La torture psychique a un prix

Ayant reçu une facture me réclamant 180 euros après un séjour de 12 jours (comme le nom du film de Raymond Depardon) à l’hôpital psychiatrique, je m’interroge sur le sens de ce courrier et la violence que cela signifie pour moi.

Car je n’ai aucunement envie de payer une telle somme pour un séjour en chambre d’isolement où le « forfait psy » perd son sens car il n’y a pas eu de soin psychique. En effet, quand on est enfermé, on ne vous parle pas dans un but thérapeutique, on ne fait que vous nourrir et vous médicamenter.

Comme le dit l’image, cette contribution c’est pour le ménage et l’hébergement, alors vous me direz que ce n’est pas cher pour un toit comparément à un hôtel.

Sauf que la psychiatrie asilaire n’est pas un lieu accueillant ou un refuge pour les personnes en souffrance, les chambres fermées à clé m’ont toujours poussé au désespoir et j’appelle cela de la torture. Les gens en chambre d’apaisement passent leur journée à hurler et à taper à la porte du plus fort qu’ils peuvent et je n’étais pas l’exception.

D’où ma question, doit-on payer quand on se fait torturer psychiquement ?

Ne devrait-il pas y avoir une réparation de leur part, peut-être pas une indemnisation mais au moins une reconnaissance que les droits de l’homme ont été bafoués.

Comprenez-vous la violence qu’une telle facture représente ? Non pas pour mon porte-monnaie car je ne paierai peut-être pas, malgré les menaces des huissiers, mais pour la dignité humaine ? Comment accepter de financer un lieu de torture psychique ?

La santé psychique a bien un prix, 180€ pour 12 jours, mais je refuse de financer à posteriori et de force un lieu de torture psychique appelé soi-disant établissement de santé mentale.

Ce n’est pas au patient de s’endetter pour financer les soins non-consentis. La psychiatrie manque peut-être de moyens mais ce n’est pas au psychiatrisé de financer un système qui bien souvent le maltraite et le traumatise.

Ou alors, je veux bien payer la nourriture et le ménage mais d’abord il faut leur signifier combien ils sont systématiquement maltraitants dans le service fermé de cet établissement public de la banlieue d’Evry.

Vous voudriez des moyens pour la psychiatrie, l’argent est sûrement le nerf de la guerre pour former et recruter du personnel mais commencez par respecter les droits de l’homme, par abolir la contention, par demander le consentement au patient, à ne pas sédater de force et par trouver des clés pour ouvrir toutes ces portes qui ferment toute possibilité d’échange et de relation sécurisante et pacifiée entre patients et soignants.

Il faut de l’argent pour financer de tels services, mais à quel prix et selon quelle éthique ?

« Je suis un monstre qui vous parle », Paul B. Preciado

En novembre 2019, Paul Preciado s’exprime devant 3500 psychanalystes lors des journées internationales de l’Ecole de la Cause Freudienne à Paris. Devant la profession qui l’a diagnostiqué « malade mental » et « dysphorique du genre », il s’appuie sur Kafka et son Rapport pour une académie, dans lequel un singe parlant discourt devant une assemblée de scientifiques. Loin de toute émancipation, le singe parlant de Kafka explique que son apprentissage du langage ne fut qu’un passage d’une cage à une autre  : des barreaux de fer à la subjectivité humaine.

Depuis sa cage de «  mutant  », il ne s’agit pas pour Preciado de parler de l’homophobie ou la transphobie des pères fondateurs de la psychanalyse, mais de montrer la complicité de celle-ci avec une idéologie de la différence sexuelle datant de l’ère coloniale, aujourd’hui rendue obsolète par les moyens dont nous disposons pour influer sur nos corps et notre façon de procréer.

Surtout, le philosophe lance un appel à la transformation des discours et des pratiques psychologiques et psychanalytiques  : dans les années à venir, nous devrons élaborer collectivement une épistémologie capable de rendre compte de la multiplicité des vivants, sans réduire le corps à sa force reproductive hétérosexuelle, et qui ne légitime pas la violence hétéro-patriarcale et coloniale.

La conférence provoque un séisme dans l’auditoire et depuis les associations psychanalytiques se déchirent. Filmé par des smartphones, le discours est mis en ligne et des fragments sont retranscrits, traduits et publiés sur internet sans souci d’exactitude. Afin d’élargir le débat, il importait de publier ce texte dans son intégralité.

https://www.grasset.fr/livres/je-suis-un-monstre-qui-vous-parle-9782246825562#
je suis un monstre qui vous parle preciado

Collages virtuels

« Même folle, je ne veux pas qu’on m’attache. »
« Je ne serai jamais seul.e même à l’isolement. »
« Non c’est non, même en psychiatrie. » #ConsentMatters
« Les neuroleptiques, c’est automatique ? »
« Soigner c’est cher, abandonner c’est gratuit. »
« Soyons fous, dépsychiatrisons-nous! », Collectif Dépsychiatriser

Série de collages librement inspirés du site collagesvirtuels.fr