Appel à témoignage : contention et isolement

Pour les besoins d’un reportage pour France Télévisions, nous recueillons vos témoignages sur l’expérience vécue de la contention (être attaché.e à un lit avec des sangles), de mise en chambre d’isolement et sur les techniques d’apaisement aux urgences et en psychiatrie en France.

Il s’agit de libérer la parole et d’informer sur la généralisation ou non de ces pratiques de dernier recours.

Que vous soyez patient, proche ou soignant, vous pouvez nous transmettre vos témoignages écrits par message privé ou à l’adresse : contact@lightskyblue-penguin-597208.hostingersite.com

Le « G.E.M Le Canal » en Occitanie

Le projet de GEM Le Canal est un évènement majeur concernant la rencontre de groupes d’entraide mutuelle, avec un périple sur une péniche en passant par plusieurs villes et en y faisant des escales.
Pour plus d’informations sur cela, vous pouvez aller voir le Facebook : Asso MicroSillons ou même nous contacter au 09 50 55 99 35 ou par mail : association.microsillons@gmail.com .

Un mental d’acier pour vaincre la folie.

Comment développer un mental ou un moral d’acier face à l’épreuve de la folie ?

La folie est sûrement la chose la plus déstabilisante qui puisse nous arriver.

Quand elle nous emporte ou qu’elle commence à s’ancrer chez un proche, on aimerait savoir réagir, ne pas se laisser noyer et reprendre pied. On aimerait reprendre le contrôle sur ce qui semble incontrôlable.

Ecrire, c’est déjà une manière de se détacher de l’expérience vécue en essayant de mettre des mots à ce qui arrive (et vos précieux commentaires seront les bienvenus). Réussir à en parler, c’est encore plus fort mais souvent impossible.

Aussi rationnels que nous puissions être, nous savons que certaines choses échappent aux mots et que verbaliser n’est pas toujours suffisant, la folie est souvent plus forte que nos tentatives de mise en mots.

Et pourtant, si j’écris ici cette incantation, c’est pour mobiliser d’autres ressources que nous avons tou.te.s même quand le moral et la raison flanchent. Comme on dit aussi, parfois il suffit d’une rencontre pour changer le cours d’une vie.

Je ne parle pas forcément de magie ou de spiritualité, bien que ça pourrait nous aider, ou d’une méthode scientifique pour se reconnecter au réel et au temps présent comme pourraient le proposer les méditants et autres psychologues positivistes.

J’aimerais plutôt vous proposer un peu d’espoir, un peu de tendresse, un peu de vie, un peu d’humanité dans un monde qui s’assombrit dans nos tristes solitudes et dans un déchainement d’actes destructeurs sur notre écosystème et sur l’humanité, d’un système capitaliste qui ne prend pas la peine de protéger le vivant et les liens qui se nouent entre nous.

Et ce n’est pas juste la faute au système si des gens ne se soucient pas des autres ou tirent profit de situations d’oppression pour trouver leur bien-être mais il suffit d’atterrir en psychiatrie pour voir que la violence est aussi systémique au-delà des bonnes volontés des professionnels.

Car oui, la folie est en nous mais elle est surtout autour de nous. S’isoler peut s’avérer utile pour se ressourcer et survivre à la souffrance. Mais l’isolement est souvent une conséquence et pas un choix.

Choisir de s’en sortir, de sortir dehors, même si c’est dur, même si ça fait peur.

Et pourtant, avec le temps, le mental s’aguerrit, certains même guérissent de leur folie.

Comment garder un mental d’acier face à la folie, face à l’injustice, face au désespoir et ne pas se laisser emporter par le va et vient des coups que nous infligent le monde et que nous nous infligeons à nous-mêmes ?

Il faut du caractère, du cœur et de la détermination pour vaincre le désespoir. Vaincre non pas pour écrire l’ « histoire des vainqueurs », mais redevenir maîtres de nos choix, sur nos vies, sur nos corps, et se rencontrer pour créer une alternative à ceux qui sont laissés au bord de la route dans un élan insensé de progrès et de croissance économique.

On n’y arrive pas du jour au lendemain, et si constance et patience ne sont pas l’ami du fou, avec le temps on finit par apprendre le soin de soi et des autres. Aimer la vie c’est aussi un choix et un jour on se rend compte que la vie reprend son cours et qu’elle nous aime en retour. Alors partageons nos folies et ne les laissons pas nous anéantir.

« Le Fumoir », Marius Jauffret

La rentrée littéraire d’Alexª (épisode 2)

« Chaque année en France 90 000 personnes sont hospitalisées en psychiatrie sans leur consentement. C’est cette expérience de privation de liberté que raconte Marius Jauffret dans ce livre sensible et touchant ».

À mesure des pages, on est plongé dans une lente description narrative des premiers pas de Marius dans l’univers psychiatrique : microscopique et clinique, cette immersion en est pour autant très vivante.

Le temps s’étire à mesure des minutes, des heures, des journées qui n’en finissent pas.

Il est question ici de l’expérience contrainte de l’hôpital psychiatrique qui rend fou.

Les internés occupent le temps en fumant beaucoup, beaucoup, Marius essaye de contenir le temps infini en fumant beaucoup, beaucoup…

J’ai moi aussi beaucoup fumé dans les fumoirs emblématiques des institutions psychiatriques dans lesquelles j’ai été hospitalisée.

J’ai beaucoup fumé à la lecture de ce récit, comme si le réalisme de la plume de Marius me plongeait de nouveau dans l’enfermement asilaire.

Cette histoire, c’est un condensé de vies heurtées en toute une existence et en une poignée de semaines.

On y fait la connaissance de personnalités attachantes, parfois dangereuses mais en souffrance, toujours victimes du système de l’enfermement psychiatrique sans consentement.

Leurs vérités chevillées au corps et au cœur nous renseignent de leurs parcours de vie heurtés.

On y rencontre Norah, la jeune et tendre « princesse » orientale, le pyromane, la vieille femme anorexique qui décède devant Marius.

Il y a Damien, le jeune infirmier désabusé, il y a Madame Perpétuité, il y a Kiki le cracheur à l’expérience asilaire affutée et sa philosophie kikienne.

ll y a le « noir », proxénète respectable, il y a N’Goma le basketteur professionnel devenu unijambiste, il y a André ancien cadre dans l’agroalimentaire, il y a la méchante racaille-rappeur, il y a Virginie, Alexandra, Amélie et les autres…

Tous vivent la même expérience entre les murs de cet hôpital psychiatrique du 13ème arrondissement parisien dans cet espace clos, sans liberté sans d’autres activités que fumer, même la visite du psychiatre est rare.

Le temps de l’internement en HP est tellement long qu’il sort du cadran de la montre Rolex du médecin psychiatre, le docteur Faucon qui porte bien son patronyme.

Dans ce livre bouleversant Marius Jauffret nous embarque avec lui dans une dénonciation politique de l’internement systémique de ces personnalités singulières : ces individualités, c’est nous tous.

Cocktail explosif et indigne que l’asile distribue quotidiennement à ces patients : manque de personnel, aucun suivi, l’observation y est un concept fumeux, l’écoute est inexistante.

La prise en charge est « une pyramide de foutaises ».

Sans compter l’administration systématique, quotidienne à chacun des patients, peu importent leur pathologie, leur humeur, leur état, de la pilule neuroleptique star de l’internement : le Largactil, traitement de courte durée des états d’agitation et d’agressivité au cours des états psychotiques aigus et chroniques, schizophrénies, délires chroniques, délires paranoïaques, psychoses hallucinatoires chroniques, préparation à l’anesthésie, anesthésie potentialisée.

La vieille psychiatrie dans le nouveau monde !

L’ennui sous camisole chimique est légion, la réclusion ce sont les capacités mentales qui régressent.

Finit-on par s’accoutumer à la claustration, par faire de l’asile son toit dans une rhétorique de désespéré ?

Le patient est considéré comme un vulgaire criminel emprisonné qui ne peut pas plaider l’innocence.

Qu’est-ce qu’un minable fou ordinaire, c’est l’incarnation de Kiki.

L’asile a rendu ces gens encore plus fous que ce que le système pouvait imaginer : « ils ont créé un asile dans l’asile, une forme de libération dans l’enfermement ».

« L’emprisonnement asilaire, c’est de la torture et on ne peut pas humaniser la torture.

Attribuer une maladie à un innocent afin de le criminaliser pour avoir une raison de l’enfermer relève d’une perversion inégalable ».

Le salut est au futur dans la projection livrée au psychiatre d’une vie petite, d’une petite vie.

Marius Jauffret a eu cette chance de ne pas avoir été totalement broyé par cette hospitalisation sous le régime de l’HDT, laissant libre court à une révolte naissante et germante.

Ne pas oublier que le cerbère de l’asile est une tumeur coriace.

FUMER TUE, ÊTRE INTERNÉ TUE.

L’INTERNEMENT SYTÈMIQUE TUE, L’INTERNEMENT SYSTÈMIQUE REND FOU !

Marius aura été hospitalisé 27 780 minutes dans un HP parisien.

Alexandra Ecalard-Wager

LE FUMOIR

MARIUS JAUFFRET

Parution le 4 septembre 2020, aux éditions Anne Carrière.

Résistance érubescente [Nébuleuse]

Je peins, vis, meurs et respire en Rouge et de pleins d’Autres Couleurs également.

C’est comme si je défiais le ciel à coup de poignard d’amour écarlate, rubis, ponceau et acajou. 

Pourtant, le Rouge du monde est banal.

Des fast food aux voitures, des révoltés conformistes au coca-cola, du père Noël aux roses de la saint Valentin, des supermarchés aux visages rouges de colères.

Mais le mien et le nôtre est un volcan qui éjacule des formes et vomit des comètes embrasées et incontrôlables dans leur ardeurs fulgurantes.  

Il détruit à jamais le vide et réussit à retourner dans le ventre de sa mère pour apprendre à renaître.

Il crie, hurle.

Il est fou et tellement lucide.

Il est tendre, beau, laid et martyr puis danse avec le bleu pour former le mystique des mystères et le cantique des cantiques .

Il est pudeur tendre, fragile et sauvage, dévouement divin, transgression chaste et passionnée de l’interdit qui devient liberté. 

Il est masturbation féminine et sang des Femmes et des artistes martyr du monde.

Il est la Vulve crucifiée aussi sacrée que le Christ.

Il est l’enracinement libérée dans la terre-mère, la force de tous les jours qui empêchent le combat courageux de se supprimer.

Il est la fureur déchaînée et salvatrice des Artistes Peintres, le yin et le yang déchaînés qui s’affrontent dans un seul corps. 

Il est la lave d’un volcan trop calme qui explose de vie et de mort.

Il est l’ennui mortuaire qui se transforme en réflexion tourmentée et extatique. 

Il est le coquelicot qui se brise si vite mais se reconstitue aussi tout pour donner une touche sanglante, vivante et passionnée au paysage Vert si beau mais un peu trop calme.

Allié de la Couleur Orange mirobolante, enflammés, totalement libre, immortelle et crépusculaire qui ose tout de même le combattre, ils forment ensemble la flamme de la liberté qui poussent dans un carnet ou quelques rimes de poésie hurlent et dansent en défiant merveilleusement le souffle de l’éternité.

Nébuleuse

https://www.tumbral.com/blog/nebuleuse-mirobolante

Entretien avec Gringe : « Ensemble, on aboie en silence »

Entretien exclusif de Comme des fous avec Gringe à l’occasion de la sortie du livre: Ensemble on aboie en silence, un récit à deux voix, à quatre mains, à deux paires d’yeux entre Gringe et Thibault, son frère cadet souffrant d’un trouble psychique.

« Un récit sans complaisance, une déclaration d’amour fraternel ».

Delphine de Vigan

Sensibilité, sincérité, authenticité s’empare du sujet.

Touché, coulé…

Fil rouge de l’amour fraternel d’une grande justesse.

C’est un authentique coup de tête narratif, une création littéraire saisissante sans complaisance, sans fard, sans artifice.

Tantôt frérot tragique, tantôt frérot magique : Thibault le beau !

Allez, venez les amis, on va aboyer en silence encore et encore en lisant ce texte incandescent.

Gringe se révèle une plume ravageuse, comme son histoire avec Thibault.

Thibault est un enfant de la Lune, Guillaume (Gringe) est un enfant de la Lune, des garçons de la Lune.

Et non les gars, vous n’êtes pas des enfants oubliés…

Ça claque grave, comme une fulmination.

La meute silencieuse des invisibles a rendez-vous avec la Lune.

Ceux qui savent, savent et les autres sauront désormais.

Gringe est un sniper qui nous tire les portraits d’un frère fou, d’un frère raté : deux frères adorés que vous n’avez pas fini d’aimer.

Alexandra Ecalard-Wager

ENSEMBLE ON ABOIE EN SILENCE

GRINGE

Parution le 9 septembre 2020, aux éditions Harper Collins Traversée.

« Révolte » de Nébuleuse Mirobolante

Regardez votre corps de l’intérieur. 

Priez-le, exterminer le diable de la société teigneuse et les regards allumeurs des néons blafards. 

Regardez votre corps de l’intérieur…

Je suis une femme qu’on traite sans vergogne de folle et comme dirait ma chère Brigitte Fontaine  » je suis inadaptée » .

Mes tétons ne sont pas cachés sous un tissu inepte nommé soutien-gorge.

Mon corps est une histoire pleine de déboires et de gloires.

Je peux enfin l’affirmer aujourd’hui. 

Je suis une sorcière, une voyoue, une dingue, une excentrique sortie des enfers et pourtant croyante dont le cœur est doté d’une innocente rage.

Je suis une sorcière qui aimerait être salope mais pour être salope il faut exploser la gueule du viol qui a souillé votre peau de femme considérée comme petite chienne assaillie.

Dans cette guerre génocidaire contre nous, celle que l’on tait quotidiennement et transforme en banalité anodine voire romantique, nous ne sommes pas des petites capricieuses, bien au contraire.

Nous souffrons du mal que la société nous fait, tout en cherchant à sortir de l’air de l’apitoiement stérile d’un chevalier faussement puissant, courtois et surtout ridicule sur nos êtres et conditions.

Nous exigeons le droit à la dignité de nos peaux, corps, esprits et identités. 

Pour exploser la gueule de ce mal-être, il faut exorciser le regard des hommes.

Il faut faire jaillir la poilue des jambes et des bras, la putain, la prude, le garçon, la punk, la marginale ou juste la femme affranchie sans tomber dans le cliché d’une accro à la drogue, détruite par les médicaments et le Sex&Rock&Roll.

Votre injonction totale et sans demi-mesure d’indépendance pour bourgeoise dictant un faux féminisme ne marchera point pour une femme handicapée en fauteuil roulant, subissant des remarques acides et putrides sur son poids et sa condition, ni pour une bipolaire tout de même guerrière subissant des accès maniaques et dépressifs. 

La connasse libre, Femme et mirobolante peut dépendre financièrement de sa famille, d’un homme ou d’une femme.

Il faut juste oser cracher dans les idées, si ces imbéciles l’insultent, la rejettent et la démolissent pour quelques poils sous les bras ou une orientation non hétérosexuelle. 

Elle peut-être croyante et uriner des bateaux sur le dos des évêques poltrons, puritains et fachistes car Dieu est une pute divine et immaculée qui a vendu une partie de son être pour créer la Terre et la Femme.

Il n’y a pas de règlements féministes.

Le seul règlement principal est cette recherche de liberté totale d’âme qui est un chemin semé d’embûches quasi impossible mais réalisable avec beaucoup de rudesse et de cœur façonné par soi-même.

Il faut tenter de s’aimer enfin soi-même, d’aimer nos folies et nos nudités. 

La naissance est dans la chatte et sans nous, qu’on appelle hystériques ou putes, ces même gueux ne seraient pas nés et seraient encore entrain de jouer au domino dans les fesses du néant.

Et d’ailleurs ?

Pourquoi les faire naître, ces hommes?

Si c’est pour qu’un jour petit monsieur me demande de m’habiller décemment devant ses copains aux voix d’autruches mutantes et demeurées alors que je me serais tapé des mois et des mois de souffrance pour enfanter cet ingrat sexiste et influençable ?

Je veux chanter et danser seins nus dans les fontaines un jour sans qu’un père de famille moraliste et lui-même bien plus hystérique que nous, ne vienne se trimbaler avec sa pudeur étriquée.

Je veux me sentir un jour sainte presque pudibonde et un jour salope libérée avec une panoplie de nuances et de dérives cosmiques dont le garçon qui est mon âme.

Mon corps est à moi et pas au dernier clampin qui fait tournoyer sa nouille en espérant cuisiner un wok. 

Je l’explore et le fait mouiller.

Je regarde le sang s’écouler hors de ma chatte galactique sans honte et sans-gêne. 

Un jour lorsque je serai bien mieux dans ma peau et certaine, j’irais même jusqu’à faire du burlesque avec la culotte ensanglantée, sans cache-téton, juste mon corps libre dans le vent de l’affranchissement.

Je veux m’exciter moi-même, devant mon gras pendant et sexy.

Et si un régime miracle s’offrirait à moi un jour dans une publicité, je mangerais la télévision dans de la sauce tomate et une pizza aux débris de d’abrutis.

Vous voyez comme un con de femme peut la rendre intelligente et comme un concombre d’homme peut le rendre néant et béant ?

J’aime manger et parler la bouche pleine, être une bête primitive désorganisée, une clown féminiazi dont le seul crime est de s’habiller de teintes bariolées et de vouloir rétrécir les phallus qui envahissent, tels des mutants de sciences fictions, les cerveaux des hommes .

Nous sommes beaucoup à être des salopes détraquées, un peu/beaucoup  basanées, trop prudes et/ou trop spéciales. 

Les hôpitaux psychiatriques débordent de fous et de folles que sont ces psychiatres sur-médicamentant via les lobbys pharmaceutiques en diabolisant de façon arbitraire le cannabis ou même les plantes médicinales légales qui pourraient peut-être pour certaines pallier au Xanax voire même au Valium .

Renseignez-vous bien et vous verrez que la loi abolissant le métier d’herboriste en tant que profession officiellement reconnue fut instaurée sous le régime de Vichy.

Notre France serait-elle si progressiste, humaniste et ouverte d’esprit?

Non, je ne le croirai jamais.

On les shoote, les taillade à la seringue, à la piqûre forcée.

Ceux et celles qu’on nomme folles et les fous ne peuvent plus s’asseoir et si l’on se plaint, la violence institutionnelle devient effervescente.

Les blagues sur la chambre d’isolement et les camisoles chimiques ou contentions fleurissent sur le net et dans les discussion entre amitiés.

Nous sommes des bêtes marquées au bétail pendant que la fausse pseudo  bien-pensance des normopathes blaireaux se rit de nous sans risque.

Abolissons alors les insultes discriminantes à notre égard et réapproprions-nous ces langages. 

Tentons de transformer ces lois grotesques en espérant obtenir dans ce chaos consumériste, dominant, discriminant et répressif, une petite ou grande lumière colorée d’espoir.

Osons danser dans la rue, nous, Femmes, bonne sœurs lesbiennes, putes, drag-queen obèses, clochards transgenres, bipolaires excentriques, chanteuses d’opéra noire et de cité, néo-hippies, prêtres travestis, clowns dépressives .

Osons-nous affranchir de carcan patriarcal, normatif et oppressif.

Osons être dissidentes, puantes, étranges, estropiées. 

Osons le « nous-même ».

Connectons-nous aux esprits des plantes, des couleurs et des vulves.

Je suis Rouge sang.

Je ne suis ni communiste, ni anarchiste, psychopathe ou marchande de fraise.

Je suis Rouge Femme.

J’ai arrêté beaucoup d’étiquettes pour mettre un soleil dans mon âme.

Si il faut forcément boire de la bière et faire des pogos avec des tatouages destroy tout en étant athée pour être punk, j’emmerde les punk et si mes histoires sont trop galactiques et bizarres pour les néo-hippies, j’emmerde les hippies bobos.

J’avoue que j’aime l’étiquette du féminsime car elle pue merveilleusement et que je suis une féministe bizarre, regardée comme une ovni par certaines.

Pas besoin de manifester pour être forcément légitime.

Tout le monde n’est pas valide.

Je le répète.

Ces personnes ne sont pas valides mais intelligentes et leur réflexions comptent avec ce désir toujours aussi ardent de dépasser cette infantilisation de nos corps et de nos êtres.

Les Couleurs Orange et Rouge furent pour moi le fruit d’une profonde et grande libération personnelle qui est le tout petit début à peine entamé du grand chemin d’envol qui me mènera à la lumière du Jaune et du Multicolore.

Ma Racine reste Couleur Sang de Martyr de l’Art, de la Salope Libre, de la Prude et de la Merveilleuse détraquée Orangée-Rouge que je suis.

Carmin, citrouille, vermillon ou framboise-écarlate…

Peu importe.

Je suis une Couleur Chaude et une Femme chaude qui n’existe pas pour t’allumer mais pour embraser la flamme de la liberté infâme et inadaptée. 

Nébuleuse,
nebuleusemirobolante@gmail.com

« On a dit de moi que j’étais un schizophrène », bande-dessinée de Jules

En France, les personnes qui reçoivent certains diagnostics sont stigmatisées socialement et peuvent être contraintes par la justice à être hospitalisées, possiblement attachées sur un lit, mises en isolement, et à recevoir des injections forcées de médicaments. Elles peuvent aussi perdre le droit de gérer leurs affaires elles-mêmes, ainsi que d’autres droits de l’homme. C’est horrible et tant que cela sera pratiqué, je demanderai que cela soit aboli et j’invite chacun à faire de même.

Je dessine et je publie mes dessins habituellement sur le blog du Collectif depsychiatriser là: https://depsychiatriser.blogspot.com/

Le pseudonyme que j’utilise est Jules.

« Éclatement de la famille et désagrégation de la personnalité », Musky Munshine

Quand les visages évidents ayant peuplé mon enfance se détournent et s’en vont faire leur vie, la fissure devient béante. L’unification de la personne est impossible, plus aucun « autre » stabilisant à portée de regard.

Le passé est inaccessible car les yeux aimés se sont clos, je suis aveugle, la main du prochain n’est plus là pour m’offrir l’aide, de mes expériences et de mes acquis.

L’enfer c’est l’incapacité de la relation, à quoi bon apprendre si c’est pour s’entraîner éternellement à jouer à la balle contre le mur qui me sépare du dehors.

La relation numérique ne remplace pas l’échange réel, sans l’autre  » vrai  » la conscience s’effrite. Si vous avez un vrai  » autre  » conservez-le il est précieux car c’est par lui que vous accédez au réel.

Les deux  » autres  » sont nécessaires : le premier c’est l’autre du passé dont le souvenir structure le psychisme, le second c’est l’autre du présent qui permet la relation et entretient l’élan vital.

Les membres de la famille offrent en sacrifice le  » fou  » sur l’autel de leur tranquillité, les fantômes filiaux et les secrets cachés dans la cave des non-dits rongent l’esprit du malheureux dément. Le sorcier suggère de conjurer le mal par l’absorption de pilules, elles feront taire le pestiféré, qui, allongé sur l’autel, conteste son sort. Une fois calmé et bavant on offre au pauvre diable un pinceau afin qu’il peigne sa douleur sur les murs de sa caverne.

Il est loin le temps de la jeunesse quand prôner la folie en tant que distinction était un honneur, la marque de la différence.

Fierté de l’oiseau libre volant au dessus du troupeau, mais hélas le temps use et la masse est trop forte, ils sont trop nombreux à bêler et à médire.

Discours décousu et incohérent, délire d’un cerveau malade, la folie est amoureuse, ses bras enlacent l’élu de son cœur et le sépare du réel en lui soufflant à l’oreille :  » Tu as une mission « .

Étrange missionnaire que ce prophète muet qui fait rire la foule, il reçoit ses révélations au fond de son lit et lorsqu’il peut en sortir s’en va annoncer aux braves gens que la vérité ne se trouve pas dans les supermarchés.

Etre un mouton, mon rêve, je voudrais bêler et consommer pour être comme les autres, avoir l’illusion du bonheur et dire adieu à madame la folie.

Musky Munshine

Fabien nous présente « Le Danseur de corde » et « Le journal d’un Mystique »

Le Danseur de corde

Dans cet ouvrage positif et dense, écrit sous la forme d’un journal par saisons, de 2010 à 2014, Fabien Le Bihan expose sa vie et la société, à travers sa maladie, le syndrome Schizo-Affectif, de la famille des schizophrénies et très proche de la bipolarité de type 1.

Chronologiquement avec l’émotion de l’instant, il décrit la maladie, les crises, les hospitalisations, les médicaments, puis la stabilisation et enfin un mieux-être. Mais ce livre ne se résume pas à son handicap, mais à sa vie en général.

Ainsi l’auteur décrit également quelques expériences métaphysiques, notamment son accès à l’éveil de la conscience. Et avec plus de recul il propose aussi des conseils, des réflexions philosophiques et spirituelles, pour un mieux-vivre au quotidien avec ou sans un handicap psychique.

Il conceptualise et décrit sa philosophie de vie de bouddhiste zen, et formalise une thérapie qu’il décrit et nomme « La thérapie positive du patient ».

Fabien Le Bihan apporte aussi un point de vue critique sur la place de ce handicap dans la société française et l’organisation du système de soins. Il s’appuie dans sa démonstration sur des synthèses de documents médicaux, des statistiques, des lois, des sondages, des articles de presse et des interviews de patients pour appuyer son raisonnement.

Cette méthode de rédaction, assez directe et journalistique, rend d’autant plus vivant, sérieux et presque complet ce projet littéraire autobiographique, rédigé sur cinq années.

Construit en trois chapitres, ce livre est illustré d’un extrait de quelques unes de ses œuvres originales à l’encre de chine et/ou aquarelle. L’Art-thérapie est une composante essentielle de sa thérapie positive, parmi d’autres.

Le Danseur de corde, 478 pages, est édité par LULU et disponible en librairie.

Le journal d’un Mystique

« Le journal d’un Mystique » est la suite de son précédent livre autobiographique toujours aussi mystique, « Le Danseur de Corde ».

Différents événements métaphysiques et surnaturels qui se sont manifestés à lui, progressivement, dans sa vie pourraient s’apparenter, à la lecture de ce nouvel ouvrage, à de petits miracles, à une Grâce. Par l’épreuve il a rencontré, dans son cheminement, la spiritualité puis la foi, et reste toujours éclairé d’une philosophie de vie bouddhiste, la voie du milieu. Il se considère chrétien, sans obéir aux dogmes de la religion. Aidé au départ par un médium, il fait ses premiers pas dans l’invisible désormais ouvert à lui.

Sa propre Vie était la clef d’accès à ce monde parallèle. Libéré de ses torpeurs avec des prières parfois exaucées, aujourd’hui il ne doute plus d’une Vie après la vie, l’au-delà lui a enfin été révélé.

Après son expérience d’éveil de la conscience, ou « pleine conscience », en 2012 progressivement ses Anges gardiens sont entrés en communication lors de méditations et de recueillements ; des mots, des phrases, des images, un rayon de lumière bleue sortant de son crucifix et des impressions, des images, voire des pressentiments.

Ses Anges le guident désormais, sans l’aide du médium, sur un chemin de vie plus apaisé et ouvert sur de nouveaux horizons emplis de Lumière. Mais se pourrait-il qu’il ne s’agisse tout simplement que de dialogues avec son inconscient, la manifestation d’un imaginaire et de pressentiments ?

Dans ce livre, Fabien Le Bihan explique les faits tels qu’ils se manifestent à lui et en toute sincérité et objectivité. Il laisse le lecteur faire son choix : hallucinations auditives et visuelles ou manifestations de ses Anges Gardiens et de l’au-delà ? Psychose ou faculté de médiumnité, voire les deux à la fois ? A la lecture de cet ouvrage, qui vous fera le plus grand bien, vous ne douterez plus de la réponse.

Le journal d’un Mystique (Le danseur de corde tome 2), 426 pages, est édité par Lulu et disponible en librairie

A propos de l’auteur :

fabien le bihan Fabien Le Bihan est né en 1969 à Lorient, une ville du sud de la Bretagne en France. Après des études supérieures dans sa ville natale, il intègre à l’âge de 21 ans une institution bancaire. Il exercera avec succès son premier métier de commercial dans une agence rurale. A 24 ans, à la faveur d’une promotion, il intègre le siège social de la banque, dans le département des back-offices de la salle des marchés, et réside à Brest, à la pointe de la Bretagne. C’est à ce moment là qu’apparait ses toutes premières bouffées délirantes et ses premières hospitalisations en institutions privés, puis publiques.

Plusieurs hospitalisations en psychiatrie avant de poser un diagnostic, le syndrome schizo-affectif et le bon traitement avec un antipsychotique efficace. Par la suite il sera muté dans différents services de la banque, en étant reconnu travailleur handicapé, jusqu’en 2010, date de la fin de son activité professionnelle (41 ans).

Parallèlement à son activité professionnelle il exercera bénévolement plusieurs activités, Président d’une association et Rédacteur en chef d’un fanzine pendant cinq ans, journaliste dans une revue locale… D’autres activités lui créeront, à cause de son handicap, des déboires financiers.

Depuis 2010, il réside à Le Relecq-Kerhuon (10 mn de Brest), une petite ville résidentielle (11 000 habitants) près de la mer. Après quelques temps d’adaptation (Arrêt de son activité professionnelle et changement d’environnement), il prend peu à peu ses marques et débute une nouvelle vie, sans stress, plus à la mesure de son handicap psychique. Il aménage à sa façon son jardin, continue de peindre (une activité découverte à l’hôpital) et se met à écrire un journal par saisons qu’il publiera sous la forme de deux tomes : Le danseur de corde (Lulu 2014) et Le journal d’un Mystique (Lulu 2019).

www.fabienlebihan.fr