Source : La folie au travail, rencontre-débat suite à la projection du film « De bon matin ».
Auteur/autrice : Joan
Pour des usagers de la psychiatrie acteurs de leur propre vie.
Les trois notions, rétablissement, inclusion sociale et empowerment, créent un nouveau paradigme qui situe l’usager de la psychiatrie comme moteur de sa propre vie, au sein d’une collectivité dans laquelle il est citoyen à part entière et où les services de santé mentale se donnent les moyens de soutenir son autonomie plutôt que de perpétuer son rôle traditionnel de « patient ». Déclinées dans cet ouvrage à travers de multiples expériences concrètes dans divers pays, elles sont au centre d’un débat né du constat de l’échec de nos sociétés occidentales contemporaines à pleinement réintégrer les personnes vivant avec un trouble psychique.
La notion de rétablissement rappelle que, même pour des pathologies lourdes comme la schizophrénie, les psychoses, la majorité des patients se rétablissent et mènent leur vie comme tout un chacun. Continuer la lecture de « Pour des usagers de la psychiatrie acteurs de leur propre vie. »
Le soutien à l’emploi (ou les pratiques de « job coaching ») : une nouvelle stratégie d’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap psychique
Par Bernard Pachoud et Christophe Allemand.
Résumé: Alors que les pratiques traditionnelles de réadaptation au travail et d’aide à la réinsertion font preuve d’une efficacité modeste en termes d’insertion dans l’emploi, en particulier dans un marché de l’emploi tendu, les pratiques dites de « soutien à l’emploi » (supported employment) ou de « job coaching » suscitent l’intérêt en raison de leur bien meilleure efficacité en termes d’accès à l’emploi, selon les résultats convergents de nombreuses études. Elles reposent sur la stratégie du «Place and train», insérer d’abord puis former et soutenir dans le cadre de l’activité de travail, ces différentes tâches étant assurées dans la durée par une même personne, le job coach. À partir des données de la littérature concernant ce type de pratiques, nous nous interrogerons sur les ressorts de son efficacité et les possibilités de sa mise en œuvre en France. Continuer la lecture de « Le soutien à l’emploi (ou les pratiques de « job coaching ») : une nouvelle stratégie d’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap psychique »
« Les enchaînés », la santé mentale au Bénin et en Côte d’Ivoire
La St-Camille donne des services psychiatriques contemporains dans ses centres comme solution autre à l’enchaînement aux arbres, à l’exclusion sociale et à l’abandon pour les personnes atteintes de maladie mentale, selon la tradition africaine. Les Amis de la St-Camille développent des réseaux locaux d’entraide et de coopération pour la Côte d’Ivoire et le Bénin.
L’Association Saint-Camille-de-Lellis est une organisation caritative africaine de services pour malades mentaux implantée en Côte d’Ivoire depuis 1991. Depuis 2004, elle en a fait de même au Bénin.
Dans la compréhension africaine, un malade mental est un possédé du démon, il a été ensorcelé. Son délire, son comportement inhabituel, bizarre est ainsi interprété. Tout le monde se tient à distance, personne ne veut le toucher de peur d’être à son tour ensorcelé. En ville, il est errant, démuni et laissé à lui-même ; on s’en éloigne, on l’abandonne à son triste sort. Dans les villages, on l’enchaîne à un arbre à la marge du village et il y restera jusqu’à sa mort.
Par le travail acharné de son fondateur, Grégoire Ahongbonon, entouré d’une équipe qu’il a constituée autour de lui, dix centres opèrent actuellement en Côte d’Ivoire et cinq au Bénin. Le malade est accueilli dans un Centre d’Hébergement, diagnostiqué par un psychiatre, traité et entouré d’intervenants (ex-malades) qui lui assurent un milieu de vie soignant, aimant et revalorisant. Après quelques mois et selon son évolution personnelle, il est dirigé vers un Centre de Travail (ou Réhabilitation) dans la communauté pour y apprendre un métier et débuter son intégration à la vie sociale. Quand il est prêt, il est réintégré ensuite dans sa communauté d’origine (village, quartier). Un réseau externe assure médication et suivi médical dans la communauté. En 2015, on dénombre plus de 60,000 hommes et femmes qui ont profité de cette organisation de soin et qui sont maintenant actifs dans leur communauté. L’Association St-Camille ne compte que sur les dons pour fonctionner : aucune aide financière gouvernementale ne lui est fournie.
(ré)écouter « Être fou, un peu, beaucoup », Tea Time Club du dimanche 16 août 2015 sur France Inter
Pour notre réunion du thé dominicale, on se demande qui sont les excentriques, les décalés, les irrévérencieux, les fantasques, les fous et à partir de quand on le devient, on se demande où on place les limites de la folie, ici et ailleurs. On va commencer par la folie ordinaire et en deuxième heure, on parlera de cette folie qu’on ne peut plus contrôler, qui peut causer beaucoup de tort et des méthodes qu’on met en place pour soigner ceux qui en souffrent en Argentine, au Bénin, en Tunisie, en Belgique.
Lien: http://www.franceinter.fr/emission-tea-time-club-etre-fou-un-peu-beaucoup

Moi, ce qui me fait du bien, c’est…
« Moi, ce qui me fait du bien, c’est…
· faire une longue balade méditative en vélo
· cuisiner et recevoir à dîner des gens que j’aime
· faire du ski de fond dans les bois et sentir mes joues bien rouges
· rire »
Julie D. Continuer la lecture de « Moi, ce qui me fait du bien, c’est… »
Le défi de l’inclusion

« Le corps et l’esprit sont très étroitement connectés », Christophe André
L’un et l’autre sont aussi indissociables que les pensées et les émotions, explique le psychiatre Christophe André. Pour ce grand partisan de la psychologie positive, apprendre à gérer ces interactions nous permet d’améliorer notre santé. Continuer la lecture de « « Le corps et l’esprit sont très étroitement connectés », Christophe André »
Passer de l’asile à la Cité, de l’aliéné au citoyen : un défi collectif
Aude Caria, directrice du Psycom, Sophie Arfeuillère, Céline Loubières et Camille Joseph chargées de mission du Psycom Paris (75).
L’usage des stéréotypes et la stigmatisation représentent un phénomène universel et nécessaire aux êtres humains, au niveau cognitif et social. Son éradication ne peut pas constituer un objectif en soi, encore moins dans le domaine de la psychiatrie, car la folie est intrinsèque à l’être humain et les stigmates du fou joueront toujours un rôle social important. Continuer la lecture de « Passer de l’asile à la Cité, de l’aliéné au citoyen : un défi collectif »
Comment « faire une place » à un « usager » dans un réseau de professionnels en santé mentale ? Erwan Autès
Résumé: L’intégration des profanes dans le monde professionnel fait l’objet de nombreuses études dans le champ de la santé. La psychiatrie est un cas de mise à l’épreuve de cette politique d’intégration de la citoyenneté à partir du statut d’usager. Dans une perspective d’anthropologie politique de la santé mentale, attentive aux enjeux de catégorisation des usagers, l’article porte sur ce que révèle une traduction locale du projet politique de participation des usagers à travers l’intégration de profanes dans un réseau en santé mentale. Les résultats soulèvent les paradoxes de l’intégration d’un « usager » dans un réseau de professionnels en santé mentale et esquissent une typologie des mécanismes inclusifs et ségrégatifs. Continuer la lecture de « Comment « faire une place » à un « usager » dans un réseau de professionnels en santé mentale ? Erwan Autès »