Portrait de Lucie Decour

Comme Lucie, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

J’aspire à la liberté, aux voyages, aux rencontres. J’aime être entourée des personnes que j’aime et organiser des fêtes.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je suis Rédactrice Web (malgré moi) et au final ça me plaît beaucoup parce que j’ai une grande marge de progression. Le sujet est tellement riche ! Je suis donc en mode « in progress ». 

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Je pense qu’individuellement chacun fait ce qu’il peut mais que collectivement on serait plus fort… 

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La connaissance de soi, le sentiment d’une liberté et d’un pouvoir infinis (symptômes aigus de manie), la rencontre avec l’humanité de certains soignants, je peine à trouver quand même… 

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Justement, je projette de lui écrire une lettre. J’ai dans l’idée d’aborder la chose sous l’angle de notre intense souffrance qu’il ne pourra jamais expérimenter. Faire le parallèle avec la qualité de la gestion de la souffrance physique et réclamer plus dans les traitements. Je l’avoue, j’aurais tendance à pencher pour les théories du tout biologique (bien que je ne renie pas les effets positifs des approches « softs » de la psychiatrie.) Pour moi la réponse est dans la qualité des traitements pour libérer les malades de l’enfermement psychique.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

https://www.udaf16.org/rechercher-une-association/entre-parentaide/

Souffrance psychique, souffrance physique.

Que de fois l’on entend dire que les douleurs psychologiques ne sont pas aussi graves que les douleurs du corps, du cancer, des handicaps physiques.

Peut-on déjà vraiment les comparer ?

Une amie chère, un jour, a véritablement hurlé devant mes yeux ébahis, que mon enfer n’était rien en comparaison aux enfants battus, aux personnes cassées dans leur corps. Je fus qualifiée d’égoïste, et incendiée verbalement alors que j’expliquais mon calvaire.

Quelle surdité, de la part de beaucoup, lorsque vous criez à l’aide, que vos voix vous harcèlent. Alors vous expliquez vous être mutilée, vous être tapée la tête contre les murs, autoagressée.

Mais sans doute est-ce en raison de nos appels successifs, que nous sommes qualifiées de personnes se victimisant !?

L’abandon.

Oui, il y a l’hôpital, lieu d’accueil, que je remercie. Mais ainsi plus de dérangements. L’on n’a plus à voir notre visage clos, vague, ou crispé de tourments, déformé par les cris. La bave au coin des lèvres s’invite aussi.

Nous sommes calmes, l’âme « morphinée » grâce aux pilules d’oubli.

Bien sûr, les plaies du malade psychique ne se voient pas, mais comment peut-on délibérément nous dire de cesser nos larmes torrentielles alors que les douleurs des harcèlements intérieurs sont un brasier de tortures ?

Que l’on nous gave d’antipsychotiques est une chose qui peut se comprendre, vue du côté du corps médical, ou être tolérée un temps, mais ces pratiques nourrissent l’exclusion, l’endormissement tant du dit « malade » que du cercle familial, social.

Toujours, tout va vers le plus fort, le plus combatif, et ces critères sont donnés, à juste titre, aux souffrances physiques, aux cicatrices de l’acte chirurgical, aux douleurs de la chimiothérapie.

Je n’aurais pas ce courage, d’ailleurs, je cesserais de me battre. Mais pourquoi ne veut-on pas entendre, non plus, que les molécules destinées à « soulager » nos terreurs, détruisent notre cerveau, nous mènent vers de grosses pathologies… physiques.

N’est-t-il pas sensé de se dire alors, que pour en arriver là, il fallait bien que l’urgence le nécessite. Oui, je conteste ces méthodes lorsqu’elles sont l’unique moyen, et le critère absolu, mais nos cris de souffrance n’en sont pas moins réels.

De plus, nos traitements nous font dormir. Grossir aussi puisqu’ils sont des inhibiteurs de la satiété. En conséquence, nous sommes vus comme des paresseux, des morfales. Les allocations, qui nous permettent de vivre, nous sont renvoyées au visage comme un sacrifice fait par la société, pour nous, dits « inactifs » ou dépendants.

Je remercie, bien sûr, de recevoir cet argent.

Nos parcours sont des chemins de croix, et l’humanité existe par nous, aussi.

Un être se blesse au corps et hurle de douleur. Nous sommes blessés au cœur, à l’âme, nous le manifestons de la même façon. La différence est que l’on ne voit pas notre fracture, car elle est loin en nous, invisible. Le langage que nous utilisons souvent pour montrer que c’est tout autant l’enfer, est de nous scarifier. Là, la psyché pose son empreinte, sa blessure, alors on voit. Ou pas.

KERIDWEN

(illustration Robot Hugs)

Psychiatrie connectée : le mouchard à avaler.

[starbox id=maladementale]

Keridwen nous partage sa réflexion sur l’Abilify Mycite, comprimé contenant une puce électronique permettant de savoir s’il a été ingéré. Pour les patients ingérables, des mouchards ingérables!

Le rêve américain est psydérant : la puce à avaler, qui traque le risque de non-observance chez la personne schizophrène, ou bipolaire, ou en profonde dépression, est née.

Je suis schizophrène, et bien sûr quelle joie de lire que les géants créateurs de nos hosties bleues, sont tellement soucieux de notre santé mentale, qu’apparut sur le marché Outre Atlantique cette révolution, mue par l’empathie, bien évidemment.

Une lampe est-elle intégrée au système ? Une bande son ? Une caméra ? Une brosse à dents ?

Me revient vaguement en mémoire le conte de cet homme avalé par une baleine, et qui, en attendant de pouvoir sortir de l’estomac, patiente en bouquinant, et s’éclaire à la faible lueur d’une bougie.

Les conséquences de l’ingestion de cette puce sont considérables, et peuvent mener, encore une fois, au décès. Va-t-on comme correcteur nous prescrire le collier assorti ?

Merci, mesdames et messieurs les géants.

Pourquoi toujours l’irrésistible envie de refaire la tapisserie et ravaler une architecture qui contenait à l’origine tout, pour que nous soyons autosuffisants que ce soit métaboliquement ou mondialement ? Le but désormais est de griffer le papier peint pour pouvoir faire appel au décorateur. Créer les poisons de toutes sortes, médicaments, nourriture, polluants, engendrant le mal, puis entretenir une dépendance aux soins modernes toujours plus nombreux. Des addictions sont réelles, mais l’Addiction suprême est de trouver cohérent ce processus, de l’intégrer à l’inconscient collectif en douce et mine de rien.

C’est à l’humanité que la puce Mycite est distribuée, nous sommes un estomac géant.

 La réalité du schizophrène espionné (il est vrai que nous sommes paranoïaques !) par une puce ingérée, pour vérifier son observance, est un symbole.

Nous retrouvons aussi, le besoin, pour la Norme, de soumettre le différent minoritaire à un dictat et le formater. Quel que soit le prix à payer, quitte à tuer, de quelque manière que ce soit. En agissant ainsi, la Norme reste sur son trône et régente.

Il est possible d’être emprisonné à l’extérieur, aussi, et la liberté est d’une relativité exemplaire.

KERIDWEN

Pour aller plus loin :
https://www.humanite.fr/sante-un-mouchard-dans-vos-pilules-645924

La guérison en psychiatrie

Vidéo : En psychiatrie peut-on parler de guérison ? De rémission ? Quel avenir pour le rétablissement ?

Débat animé par Aude Caria. Avec :
– Marie Koenig (Docteure en psychologie, psychologue clinicienne, auteure de l’ouvrage « Le rétablissement dans la schizophrénie »)
– Céline Letailleur (Paire-ingénieure de recherche, chargée de la recherche participative, COFOR)
– Laurent Marty (Anthropologue de la santé, Département de Médecine générale de l’Université Clermont-Auvergne)

Parler de guérison en psychiatrie, ça vous fait sourire ?

A quoi vous fait penser le mot « guérison » ?

La plupart du temps, on s’empêche d’y penser comme si c’était un faux espoir et même un interdit.

Mieux vaut parler de soin et de rétablissement, surtout quand on a connu des rechutes. Se rétablir, dans le sens de mener une vie satisfaisante parmi les autres qu’on soit suivi et médicamenté à vie, tel serait la marche à suivre : un processus d’amélioration plutôt qu’une finalité à atteindre.

Et parler de guérison, ça serait réduire la maladie à une approche médicale, on guérit les maux du corps mais guérit-on les maux de l’esprit?

En même temps, la guérison ne porte-t-elle pas en soi un espoir? Ne connait-on pas nombre d’exemples de personnes diagnostiquées psychotiques qui s’en sont sorties?

A quoi sert le diagnostic précoce tant réclamé si c’est pour devenir un malade chronique et donc incurable ?

La folie, la psychose, serait une structure mentale immuable. La maladie chronique tout autant. On nous parle d’améliorer les stratégies thérapeutiques grâce à la science mais la guérison est-elle de son ressort ?

Retrouver le lien perdu avec le monde, comprendre comment on en est arrivé là pour prendre un nouveau départ, est-ce du ressort de la médecine?

Le soin psychique relève-t-il de la psychiatrie ? Et si oui, dans quel objectif ?

guérison psychiatrie

L’avis de Jules :

Il me semble que le mot « Guérison » cela signifie résolution définitive d’une condition évolutive affectant la santé.

Cela présuppose qu’on soit ‘malade’ au départ.

Cela présuppose l’approche médicale des demandes psychosociales.

Cela présuppose un modèle: le modèle médical du handicap psychosocial.

C’est à dire que le médecin transforme la demande psychosociale complexe d’une personne unique en une maladie médicale.

Ce n’est pas le seul modèle.
Le modèle social basé sur les droits de l’homme est le modèle recommandé par l’ONU (Convention CDPH).

Par rapport à sa demande psychosociale, la personne peut choisir l’approche médicale, mais il existe d’autres approches, par exemple sociales, relationnelles, communautaires, psychologiques, psychothérapeutiques, existentielles ou spirituelles.

Le mot guérison n’a pas de sens en dehors de l’approche médicale, c’est pourquoi la généralisation n’a pas de sens non plus.
Si on tient absolument au concept, on devrait parler de la cessation de l’approche médicale par rapport à une demande psychosociale spécifique sur une durée déterminée.

Par exemple une personne a été étiquetée schizophrène, elle sort de l’hopital, elle réussit son sevrage des neuroleptiques, elle essaie différentes approches, communautaires, psychothérapeutiques, et ne consulte plus jamais un psychiatre ni ne prend aucun médicament. Elle est « guérie » parce qu’elle a cessé de faire confiance aux médecins. 

J’en connais, c’est vrai, les psychothérapies corporelles de résolution des traumatismes (transe respiratoire, travail sur les émotions, travail sur le corps) cela marche pour certaines personnes, il n’y a plus de motif de consulter mais à la place clarté et sérénité. Vraiment, cela vaut le coup, et les personnes ne sont pas informées que c’est possible.

Commentaire de Jules Malleus sur Facebook

Un regard critique sur la psychothérapie institutionnelle d’aujourd’hui.

La psychiatrie est en état d’urgence. Le nombre d’individus en souffrance psychique ne cesse de croître.

Ici et là, le personnel soignant se met en grève, dénonçant le manque de moyens de ce secteur considéré comme « parent pauvre » de la médecine.

Dans ce contexte de crise majeur, quelques îlots sont considérés comme derniers bastions d’une psychiatrie humaniste : ceux où est pratiquée la « psychothérapie institutionnelle ».

Monument à elle seule, eu égard par exemple au foisonnement d’écrits produits à son sujet et ce, depuis sa création dans les années 50, elle fait figure d’ « intouchable ».

Pourtant ici ou là, on peut trouver quelques très rares écrits osant décrire sa lente dérive.

« Fini la résistance, l’art, la philosophie, mai 68, les textes inédits, la réflexion, la remise en cause permanente…vive les certitudes, les reprises, les jugements, le cinéma d’auteur et les légumes bio de l’AMAP » peut-on lire dans un texte, sur ce site même.

Hormis leur cadre idyllique, les cliniques de Loir et Cher ne sont plus que l’ombre pâlie de ce qu’elles, sans doute, furent…

Une ambiance rendue pesante par l’amoncellement des non-dits, l’absence de réelle prise en compte de la parole des « soignés » (et à plus forte raison lorsque celle-ci est critique), tout cela contribue à produire une atmosphère figée où dans la plupart des cas, les patients n’entrevoient pas d’autres alternatives que celle de la résignation.

Dans ce contexte, seule l’offre culturelle fait figure d’échappatoire. Et elle y est là, omniprésente, au détriment de la réflexion.

Il vaut mieux ne pas tenter de parler hors des lieux estampillés « de soin », que sont les cabinets des divers psychiatres. Les moniteurs sont bien trop affairés à « gérer » les affaires courantes, ménage y compris, pour prendre le temps de l’écoute.

Et pourtant, Jean Oury disait : « Soigner les malades sans soigner l’hôpital, c’est de la folie ».

De nombreux patients connaissent cette phrase célèbre, du moins dans son essence. Alors ils s’interrogent : « Oui, mais qu’est-ce qui est mis en place pour la soigner, la clinique ? (ou l’hôpital…).

Réponse : le Club (thérapeutique)…  Le Club ? Rien à voir dans le réel avec un lieu de soin concernant l’hôpital lui-même…

Et voici d’ailleurs ce qu’on peut lire dans le même texte du site : « Les clubs thérapeutiques ressemblent trop aux professionnels (…). Ils (les clubs) rendent particulièrement lisibles aux soignés les désirs des soignants qui y participent ».

Et pourtant… même si la pratique est loin d’en être généralisée à toutes les institutions, il existe encore ici ou là des lieux où l’on fait appel à des intervenants extérieurs pour régler les inévitables conflits inhérents à toute vie institutionnelle.

Alors, telle une famille repliée sur elle-même, où règne le vieil adage qu’il vaut mieux laver son linge sale en famille, la P.I. a depuis longtemps pris le chemin d’un repli sur soi qu’on peut qualifier de quasi-paranoïaque.

En effet, qu’est-ce que les lieux en question ont à redouter des pouvoirs publics actuels ?

La psychanalyse n’y fait plus qu’office de vernis de façade. Là comme ailleurs l’industrie pharmaceutique y est aussi ancrée que dans n’importe quel hôpital psychiatrique lambda.

Et contrairement à l’hôpital public sommé d’accueillir n’importe quel patient, ce n’est pas le cas de la plupart des cliniques P.I. Les patients qui se révèlent dangereux sont priés d’aller se soigner ailleurs.

Tout au plus lui reproche-t-on d’être un lieu de vie, plutôt qu’un lieu de soin.

Et planent alors sur les patients comme une sourde menace : « Vous n’êtes pas contents ? Allez donc voir comment les choses se passent ailleurs… Et revenez donc parler des contentions que vous aurez subies ».

Et silence radio sur les « piqûres retard » imposées et autres soins où l’assentiment éclairé du patient fait figure de vœu pieux.

« La pratique de la psychothérapie institutionnelle, ça évoque parfois plus de l’incestuel qu’un espace de transition » peut-on lire toujours dans le même texte.

A présent et peut-être depuis toujours, c’est donc de médiation qu’il devrait être question. A savoir introduire « du tiers », là il où il fait cruellement défaut. Et « à défaut », ce sont par exemple les stagiaires sitôt arrivés que déjà partis, qui remplissent cet office. C’est à eux que les patients osent confier leurs griefs. Mais le stagiaire/confident parti, ce sont des paroles qui resteront comme autant de lettres mortes.

Il est pourtant plus que temps que les cliniques de psychothérapies institutionnelles acceptent elles aussi, d’accueillir et d’entendre les revendications pourtant claires de nombreux patients : De l’écoute ! (et pas que des gouttes).

Et l’écoute ne devrait être réduite à sa plus simple expression, à savoir la seule écoute concernant le récit de la quotidienneté, sous fond de discrète surveillance.

Être à l’écoute des mouvements psychiques d’un être, repérer les non-dits et les répétitions qui jalonnent son discours et sa vie, c’est avoir foi dans les effets curateurs d’une parole libérée, cœur vivant du soin.

Mais combien de temps encore l’étendard « Tosquelles » sera-t-il déployé, pour faire barrage à toute remise en cause de l’ordre établi ?

Ici comme ailleurs les temps glorieux sont utilisés pour faire taire toute parole qui pourrait pourtant être porteuse d’une sève nouvelle. Rien de nouveau sous le soleil…

Mais nous ne sommes pas des imbéciles. A l’ombre des châteaux, les gueux, un jour ou l’autre, porteront haut leur espoir d’un renouveau.

Marie

Un monde sans psy ?

Une réflexion personnelle en écho au documentaire Un monde sans fous ? de Philippe Borrel.

Quand on ne va pas bien, on nous dit toujours d’aller voir un psy. Et souvent, par peur et par fierté, on n’y va pas.

Parce que demander de l’aide à un psy, c’est reconnaître qu’on a un problème. Et, dans notre société, mieux vaut ne pas montrer de fragilité surtout mentale car on pourrait nous prendre pour un fou.

Celui qui va chez le psy, c’est le maillon faible, celui qui ne supporte plus son environnement, non pas seulement parce qu’il a un problème dans sa tête mais peut-être aussi parce que collectivement, dans sa famille ou sa communauté, quelque chose ne tourne pas rond. C’est l’idée que chaque personne en souffrance incarne un malaise social. C’est une souffrance dans le sens où on est en rupture avec notre entourage et qu’on ne trouve pas notre place parmi les autres.

On imagine aussi qu’aller voir un psy c’est réservé à une élite, à ceux qui en ont les moyens et ça peut même être branché de dire qu’on va chez son psy.

Je ne te ferai pas ici l’éloge du psy, je voudrais plutôt interroger la peur et le rejet que peut inspirer tout ce qui est « psy » et imaginer un monde sans psy.

Un monde sans psychose, par exemple, mais avec des états de conscience altérée qui témoignent d’une histoire de vie où le psychotique ne serait pas l’incurable mais une personne en quête de changement, pour qui ses expériences, ses émotions et ses pensées ne sont pas que des symptômes d’une pathologie.

Un monde sans psychiatre mais avec des soignants de l’âme qui savent dialoguer, désamorcer une situation et user modérément de médicaments psychotropes avec le consentement éclairé de la personne.

Un monde sans hôpital psychiatrique puisque personne ne veut finir chez les fous et, du coup, plus de services fermés, ni de chambre d’isolement, ni de contention.

Un monde sans psychothérapie institutionnelle, serait-ce un monde où on s’arrêterait de penser les lieux de soins et où on se contenterait d’une explication biologique de la souffrance?

Est-ce que la maladie mentale est une maladie du cerveau inventée par les neuropsychiatres pour se faire de l’argent ?

Un monde sans psychisme, ne serait-ce pas aussi un monde sans rêves ni inconscient? Quelle place pour la psychanalyse, pour l’interprétation et la mise en sens du passé comme du présent, est-elle encore opérante et peut-elle nous aider à nous émanciper?

Et que faire de la psychoéducation ou de la réhabilitation psychosociale, sont-elles réellement des inventions pour redonner au psychiatrisé un pouvoir sur la maladie et une place dans la société?

Si on t’a dit d’aller voir un psy, c’est sûrement un psychologue, c’est peut-être une bonne chose que de pouvoir déposer ton vécu avec une personne formée à l’écoute, mettre des mots et dénouer une souffrance qui pourrait s’aggraver. Et quand c’est grave, on appelle le psychiatre, qui contrairement au psychologue, peut te prescrire des médicaments pour apaiser l’angoisse.

Dans un monde sans psy, le médecin généraliste serait en première ligne. Si tu fais une dépression sévère, il te prescrira des antidépresseurs et te conseillera d’aller voir un thérapeute. Du coup, tu tomberas sur des gens formés à l’écoute et aux relations interpersonnelles ou alors à des techniques plus comportementales pour t’aider à résoudre des situations bloquantes.

Quand on traite uniquement les comportements ou les symptômes « sans psy », on cherche à objectiver un problème et à le régler par un exercice, un protocole ou un médicament. La psy, elle, est un défi pour la science et la neuroscience car la psy s’intéresse à la personne et pas qu’au cerveau. La psy parle à l’humain pendant que le scientifique ne cherche souvent qu’à identifier, quantifier, diagnostiquer et éradiquer un problème.

Politiquement, c’est assez contradictoire, car on cherche à développer le pouvoir d’agir des usagers en santé mentale tout en dévalorisant ce qui n’est pas quantifiable comme le soin non-médicamenteux ou la parole. Les usagers doivent participer et s’exprimer dans des lieux où leur parole est niée. 

Et si on est capable de compter le nombre de chambres d’isolement ou de contentions mécaniques effectués, pourquoi ne pas simplement abolir ces pratiques et fixer un objectif de tolérance zéro en maltraitance?

Outre la peur du citoyen envers la psy, il y a la peur du personnel soignant envers l’imprévisibilité et la violence des patients. Car dans un monde sans psy, sans psychodynamique ni psychopathologie, il ne reste plus que la psychodynamite qui explose quand le temps, l’envie, la confiance, le sentiment d’être en sécurité et le collectif sont défaillants au sein d’une équipe soignante.

Un monde sans psy, ça coûte sûrement moins cher au Ministère de la santé, on s’appuiera alors sur les accompagnateurs, les aidants et pair-aidants, les facilitateurs, les conseillers d’insertion et animateurs comme pour oublier l’existence même de cette dimension psy qui reviendra sur le devant de la scène uniquement au prochain fait divers ou à la prochaine crise. Et là on dira d’un tel qu’il était fou ou qu’elle était folle et que c’est comme ça, il n’y a rien à comprendre ni à espérer de ces gens-là

La Trame ouvre ses portes à Saint-Denis!

La Trame est un lieu d’accueil, d’orientation et d’échange pour les personnes en souffrance psychique et sociale, leurs proches et les professionnels du Nord-Ouest de la Seine-Saint-Denis.

Un local lumineux ouvert sur la ville qui propose de tisser les liens sur le territoire de la Seine-Saint-Denis en complément des Groupes d’Entraide Mutuelle (GEM), d’apporter un soutien social dans les démarches administratives et un soutien moral autour d’un café.

L’équipe de la Trame propose de vous recevoir avec ou sans rendez-vous, du lundi au vendredi, pour vous informer, vous orienter et échanger avec vous autour de vos interrogations et de vos difficultés.

La Trame vous rencontre sur rendez-vous ou sans rendez-vous lors des permanences ouverte au local du 6, rue du 4 septembre 93200 Saint-Denis selon les horaires suivants :
Mardi – 14h/19h
Mercredi – 14h/17h
Jeudi – 14h/17h

Participer à la vie de La Trame

Si vous souhaitez participer à la vie de La Trame, un temps d’échange est organisé le jeudi de 15h30 à 17h. Le local de La Trame est aussi un espace ressource spécialisé avec de la documentation, des brochures, des livres et des revues, consultables sur place ou disponible à l’emprunt.

Sur le territoire

  • Une assemblée un lundi par mois en alternance à la Maison de la Vie Associative de Saint-Denis ou au Centre Social Nelson Mandela d’Epinay-sur-Seine.
  • Bruit de couloir, une émission de radio hebdomadaire le jeudi après-midi.
  • Les Paysages de la Folie et autres événements publics sur le territoire.
  • Des interventions impliquant des pairs-aidants autour des activités de La Trame dans les universités, les centres de formation et autres dispositifs sanitaires, médico-sociaux et sociaux.

Contacts

Local de La Trame 
6, rue du 4 septembre 93200 Saint-Denis
Métro Ligne 13 Porte de Paris
Tram 8 Square de Geyter
Téléphone : 01 70 32 22 53
Mail : latrame.aplainevie@lamayotte.fr
Blog: latrame93.wordpress.com

Portrait de Georges

Comme Georges, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Mes aspirations sont de co-créer une société plus vivable et plus supportable pour chacun.

Je propose de partager mon savoir que j’ai acquis au fil de mon expérience de vie et donc de participer à embellir le monde par le partage l’échange et le respect de tous et de chacun.

Je vis dans le département de l’Essonne et je rencontre des gens parfois exceptionnels car tellement empreint d’une humanité chère et tant génératrice de bien-être.

J’ai été hospitalisé en psychiatrie trois ou quatre fois, je ne sais plus trop, et aujourd’hui je suis sorti d’affaire et je propose du bénévolat.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je n’ai jamais eu un véritable métier. Mes expériences professionnelles ont été un patchwork de différentes choses trouvées au hasard des pérégrinations de mes multiples périodes de chômage entrecoupées aussi de périodes de formations notamment dans le domaine de l’audiovisuel et du spectacle.

Aujourd’hui je vis grâce à une AAH et je propose du bénévolat en regard avec le bagage que je me suis créé au fil de mes expériences de vie. Certains diront compétences… Je trouve que c’est une belle manière d’exprimer son humanité.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Le monde de la santé mentale est très vaste et j’ai pu l’observer et le vivre de l’intérieur.

Je trouve si triste et stérile l’approche qu’ont les médecins et la société en général sur la santé mentale car je crois qu’il y a bien plus de fous a lier en dehors que dans les hôpitaux psychiatriques !

Je crois qu’il faudrait remettre totalement en question notre appréhension de ce qu’est la « folie ». Tous autour de moi me voient d’une manière qui leur est propre et quelque part standardisée par notre société… mais ce qu’ils ne savent pas c’est qu’au fur et à mesure, je suis un chemin bien précis et hors de toute folie sauf de voir des fous partout!

Ce chemin est cohérent malgré les apparences et je gagne en intuitivité de jours en jours… Je crois savoir que les shamans de certaines régions du monde voient tout autrement les « fous », ils les voient comme des guérisseurs qui s’ignorent et comme des personnes approchées par des puissances et des dons particuliers de l’humanité qu’ils ne savent pas encore gérer ce qui amène selon eux a des dérèglements du psychisme. Je trouve que cette approche de la santé mentale est une piste qui mériterait d’être explorée.

Pour conclure, je ne crois pas à un état de folie définitif et je pense que c’est un passage qui dure plus ou moins longtemps selon le cas de chacun.

C’est l’enfermement chimique qui fait prolonger une situation malgré une « guérison » totale… en définitif si j’ai bien compris une chose c’est que malade mental un jour malade mental toujours… et ça c’est très dur à assumer dans cette société de la peur…

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Je vous citerai juste cette phrase que j’ai inventée un jour que la folie m’a ouvert grand sa porte… Je parle de la sensation réelle que passée cette porte j’y serais définitivement enfermé… Je pouvais entrevoir clairement dans ma psyché cette porte entrouverte :

« La folie passagère et conseillère théière du chaos… « 

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Qu’à jamais il y ait une telle chose !

Mais si c’était le cas, je lui demanderais de regarder la santé mentale en face et d’y voir la résultante d’une société défaillante sur de nombreux plans…

Et que plus la société se montre défaillante à garantir la liberté, le comblement des besoins élémentaires de chacun et une vie épanouissante pour tous alors elle fabriquera des malades de toutes sortes dont des malades mentaux…

Ne l’oublions jamais, le psychisme est un émetteur et un récepteur et est en interaction permanente avec son environnement et ce sur tous les plans existant.

Texte constitutif du réseau européen « Alternative à la psychiatrie », MARGE #6, 1975

Nous vous invitons à écouter cette émission de Crio Cuervos pour en savoir plus sur le journal et le mouvement MARGE créé en 1974.

Nous reproduisons ci-dessous l’article paru dans le n°6 de Marge (pdf en fin d’article) : Texte constitutif du réseau européen « Alternative à la psychiatrie »

Le réseau regroupe:

Les personnes et groupes présents les 24, 25 et 26 janvier 1975 à la rencontre « Alternative au secteur » : équipes de santé mentale, psychiatres, infirmiers, psychiatrisés, avocats, communautés, etc. ont décidé de former un réseau européen qui assurera une coordination entre eux, ainsi qu’avec toutes les équipes qui se joindront à ce réseau en accord avec son texte constitutif.

  • tout d’abord les psychiatrisés mais égaIement tout groupe décidé à lutter contre l’oppression qu’il subit,
  • tous ceux qui sont les promoteurs et les animateurs de fait d’expériences collectives psychiatriques ou non qui constituent des alternatives au secteur ou des tentatives de destruction de l’asile,
  • enfin tous ceux, travailleurs de la santé mentale ou non, qui refusent de s’inscrire comme les agents d’un ordre psychiatrique répressif et exigent que soient traités les vrais problèmes sur un mode autre que technocratique.

Deux à trois personnes par pays effectueront la coordination au niveau européen. Cette coordination comporte:

  • échanges d’informations sur les expériences et les luttes des uns et des autres,
  • lutte contre la répression,
  • réalisation d’actions communes.

Le secrétariat européen sera assuré par une personne belge jusqu’à la tenue d’une prochaine rencontre. A partir de cette rencontre qui aura lieu dans six mois environ, le secrétariat européen devra être assuré par une personne appartenant au pays où se tiendra cette nouvelle rencontre.

Préambule

Nous estimons que les luttes sur la santé mentale doivent s’insérer dans l’ensemble des luttes des travailleurs pour la défense de leur santé et en, coordination avec toutes les luttes des forces sociales et politiques pour la transformation de la société. Il ne s’agit pas, pour nous, d’obtenir la tolérance pour la folie mais de faire comprendre que la folie est l’expression de contradictions sociales contre lesquelles nous devons lutter comme telles. Sans transformation de la société il n’y a pas de psychiatrie meilleure mals toujours une psychiatrie oppressive.

Nous refusons d’enfermer dans la terminologie psychiatrique les problèmes d’aliénation et de marginalisation alimentés par le système sociopolltlque.

Nous exigeons de cesser d’être les agents passifs d’un système de répression de fait des marginaux sous couvert de soins et de réadaptation.

Le réseau se fixe pour objectifs:

  • la plus large information sur les expériences psychiatriques ou non de destruction de l’asile, d’alternative au secteur, de travail dans la communauté, le soutien de ces expériences et leur défense par tous les moyens (de presse, financiers, juridiques, etc.),
  • l’analyse politique collective des situations locales et des institutions en place en démontant les mécanismes économiques et politiques qui légitiment et perpétuent les dites institutions répressives tout en entretenant des processus de marginalisation,
  • le soutien aux luttes en cours dans le champ des institutions psychiatriques inséparables des autres luttes menées par les marginalités et les couches sociales opprimées,
  • une recherche active de tous les moyens visant à faire disparaître le monopole du pouvoir psychiatrique au bénéfice d’une lutte menée par les intéressés eux-mêmes dans le cadre des luttes sociales qui commencent à l’école, dans le quartier, dans le milieu de travail et dans la ville,
  • l’exigence d’une relation concrète entre les pratiques et les discours théoriques tenus à leur propos.

L’hôpital psychiatrique

L’hôpital psychiatrique est encore de droit l’épine dorsale du dispositif du secteur. Toute tentative de sectorisation ou de psychiatrie dans la communauté n’aboutira qu’à une miniaturisation de l’hôpital si on ne casse pas la logique de l’hôpital.

Cette rupture – qui constitue un des axes fondamentaux du réseau international que nous avons constitué – vise à définir, en premier lieu, avec l’optique médicale du traitement de la « maladie mentale » et avec les impératifs de rentabilité qui lui sont systématiquement conjoints (par exemple les notions d’acte médical, de prix de journée, de lit, etc.). L’existence de métiers de soin de la folie (psychiatres, infirmiers, éducateurs, etc.) participe des systèmes généraux de contrôle, de normalisation et de répression. La folie pose des questions dont les réponses sont à chercher à un tout autre niveau que celles qui sont apportées par des corps de métiers spécialisés. Ce n’est pas parce qu’il y a quelque part une souffrance qu’on doit s’en remettre systématiquement à la machine médicale.

Quoiqu’il, en soit, dans l’immédiat, il ne saurait y avoir de doute, il est nécessaire:

  • d’arrêter toute nouvelle construction d’hôpitaux psychiatriques et de services spécialisés. Dans les pays qui sont saturés par ce genre d’équipements répressifs et où les effectifs des hôpitaux ne cessent de décroître, à quoi bon vouloir les remplir de force? Dans les pays où ces équipements sont en « retard », il est primordial de lutter contre leur construction et le type d’impasse qu’elle implique,
  • d’engager dès maintenant un processus de reconversion des hôpitaux psychiatriques existants. Il ne saurait s’agir d’une liquidation bureaucratique du type de celle qui a été faite en Californie. Il n’est pas question de léser une couche de travailleurs et de jeter les gens à la rue. Ce processus de reconversion devra être pris en charge par l’ensemble de ceux qui vivent la folie, de ceux qui vivent par la folie, de ceux qui vivent avec la folie, avec les différents groupes sociaux qui sont intéressés à cette reconversion et qui ne sont pas nécessairement branchés sur la folie.

L’enfance

C’est de plus en plus tôt que les enfants sont marginalisés et exclus de l’école, et dirigés vers les institutions psychiatriques. C’est pourquoi l’enfance est un front de lutte essentiel pour notre réseau. Le secteur et les institutions parallèles sont la caution et l’instrument privilégié de cette exclusion car ils offrent aux enfants, aux adultes et aux enseignants des possibilités de prise en charge démultipliées proposées comme solutions techniques individuelles à des problèmes politiques. L’idéologie psychanalysante est une des formes les plus subtiles mises en place actuellement pour entretenir ce système.

La fonction actuelle de la psychiatrie infantile est de traiter médicalement des enfants qui lui sont envoyés pour retard scolaire ou inadaptation à la structure scolaire. Dans notre lutte, l’école a une importance stratégique essentielle.

Nous proposons de constituer plusieurs groupes internationaux de travail au sein du réseau:

  • pour analyser précisément la situation de la psychiatrie infantile et de l’école dans les différents contextes nationaux, locaux, etc.
  • pour réunir les expériences qui, lorsqu’elles sont isolées, sont immédiatement récupérées,
  • pour penser à des possibilités de liaisons concrètes au niveau du quartier avec les travailleurs, les groupes politiques, les groupes d’action, les enseignants compte tenu des incompréhensions qui peuvent éventuellement surgir auprès des organisations syndicales,
  • pour élaborer des formes de lutte et la possibilité de faire surgir une pratique alternative,
  • enfin pour laisser la plus grande place à la parole des enfants qui sont les premiers Intéressés.

Justice et psychiatrie

La justice et la psychiatrie sont deux modalités complémentaires d’intervention contre la déviance. Délinquance et maladie mentale deviennent équivalentes. Contre l’alliance entre justice pénale et psychiatrie, nous voulons développer l’alliance des travailleurs de la santé mentale avec les avocats et magistrats de gauche. Il s’agit d’utiliser leurs pouvoirs respectifs non pas pour l’oppression des déviants mais pour faire éclater les contradictions sociales à la base de la déviance.

  1. Nous devons participer à la défense des internés comme des psychiatrisés, obtenir pour eux le respect des droits que les constitutions garantissent à tout citoyen, des droits élémentaires de l’individu.
  2. Nous devons notamment lutter pour le droit à l’information des internés et des psychiatrisés sur ce qui se passe dans les institutions où ils vivent. Le réseau doit contraindre la presse à aborder ces questions. Il doit permettre l’information réciproque sur les luttes menées dans chaque pays à ce sujet.
  3. Nous pouvons dès maintenant publier largement les expertises psychiatriques. Nous pouvons aussi constituer des groupes de psychiatres qui se mettent à la dispositions des inculpés.
  4. Nous demandons l’abolition des lois sur les hôpitaux de force, sur la toxicomanie, contre les alcooliques dangereux, sur le placement d’office.
  5. Nous dénonçons l’intervention croissante des psychiatres dans les prisons et la délivrance de neuroleptiques aux détenus pour maintenir l’institution.
  6. Nous remettons en cause les mesures de surveillance pénale auxquelles participent les psychiatres à qui les juges délèguent de plus en plus leur pouvoir. Nous refusons le rôle policier du secteur (fichage, traitements forcés).
  7. Le réseau que nous constituons est ouvert à tous les groupes, de magistrats, de détenus, de défense juridique, qui luttent dans la même direction. Son organe de coordination travaillera en relation avec la coordination internationale des mouvements de justice démocratique.

Les psychiatrisés

Ls psychiatrisés et internés ne sont pas seulement des marginaux puisqu’ils sont des travailleurs ou chômeurs ayant subi l’exploitation ou la répression de la société capitaliste.

Seule une transformation de la société, un affrontement de classe, et à condition qu’ils y participent pourra supprimer l’institution psychiatrique avec ses nombreux bras (asile, hôpital psychiatrique, secteur, prison, etc.). Nous devons lutter contre l’idéologie psychanalytique qui récupère leurs discours et leurs luttes dans une nouvelle forme subtile de répression et de quadrillage policier: le passage de l’hôpital psychiatrique au secteur.

Nous devons également supprimer les rapports soignants-soignés reproduisant la domination de classe. Nous réclamons pour les mouvements de psychiatrisés et d’internés le droit d’information, d’organisation et de liberté d’expression, le droit de consultation et de retrait des dossiers, le droit à l’information médicale et au refus des médicaments, l’abolition des lois d’internement et de collocation.

Témoignage de Shana Dubé : « Ne jamais abandonner »

« Au début, j’étais gênée de dire que j’avais des problèmes et que j’avais été hospitalisée en psychiatrie. J’étais gênée aussi de dire que je prenais de la médication, mais il ne faut pas avoir honte. »