Portrait de Moryotis

Comme Moryotis, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

Mes inspirations évoluent au fur et à mesure de mon existence.

Quand j’étais adolescent, c’était le Reggae, puis, en rentrant dans la vie active, il y a eu la spiritualité qui m’a beaucoup aidé, notamment l’alchimie, qui est une « science » pour se connaître d’avantage ; je crois donc beaucoup aux principes Jungiens qui un jour mangeront le casseur du siècle c’est-à-dire : Les idées délirantes de Freud.

Bon, je mets en avant mon esprit militant pour cette première question car je suis toujours en saine colère.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

Je n’ai pas vraiment de métier, je suis peut-être créateur de contenu sur internet de par mon blog, où mes idées fusent et je les arrête ici et là avec l’écriture.

J’aime la réalisation, la comédie, la photographie et écrire. Etc…

Même la pire chose finit par être aimée, je pense donc que passer 40 ans de sa vie à œuvrer pour une société qui ne vous aime pas et bien tu finiras certainement par être aimé. Bref, j’ai un métier passionnant.

En d’autres termes, je ne sais pas du tout, c’est pourquoi je me suis inscrit au Clubhouse, une association, je pense, pour les gens comme moi : perdu dans la réalité de cette société.

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

C’est un très large débat, votre site Comme des fous en fait bien le tour.

Personnellement, j’ai mis le doigt dans l’engrenage malencontreusement quand j’avais 19 ans, juste en me confiant que j’avais de petites pensées fluettes (hallucinations auditives) et rien de bien méchant et l’on m’a enfermé et contentionné puis cachetonné. La psychiatrie m’a tuée !

J’ai 43 ans aujourd’hui et accro aux neuroleptiques.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

Un tas de chose : c’est l’hypothèse que je défends constamment, c’est-à-dire de construire le beau, le juste et le Véritable.

D’étudier plus ce côté de l’indicible et non pas montrer toujours dans les médias et même les collectifs le côté sombre parce que cela me rend encore plus malade !

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Un statut, je lui demanderais un statut de « torturé ». Que l’on soit reconnu, d’ailleurs j’ai fait une vidéo qui illustre ce propos :

Une association que tu aimerais faire connaître ?

Clubhouse Lille.

Portrait d’Agathe

Comme Agathe, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

J’aime les choses et les êtres vivants fiables et précis : ordinateurs, chatons, et des compagnons bien choisis.

J’aspire à la solidarité et l’honnêteté dans ce monde.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

Je crée des sites web en indépendante, c’est une passion et je peux travailler quand je peux aussi longtemps que je peux et sans contraintes extérieures inutiles.

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

Arnaque intellectuelle, engagements sincères et carriérisme se côtoient un peu comme partout. Moitié politique politicienne et moitié sacrifice pour ses convictions.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

Le droit et le devoir de se laisser être soi dans un monde qui veut nous mouler depuis toujours pour entrer dans les cases.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Faire admettre que ce monde tel qu’il en arrive à être est fou bien avant ceux qui le composent.

Une page que tu aimerais faire connaître ?

Portrait de Léna Dormeau

Comme Léna, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

J’ai la chance et la joie immense d’être entourée de personnes incroyables ; pour ce qu’elles sont, ce qu’elles m’apportent et consolident en moi et hors de moi. J’ai, comme le dit l’adage, des ami.es proches qui se comptent sur les doigts d’une main. Pour filer la métaphore montagnarde, ce sont mes pitons dans la paroi du monde, j’en ai besoin pour m’accrocher, me diriger, ne pas tomber, me tenir à bout de bras parfois, à bout de force souvent.

Sans surprise j’aime la montagne donc, les Alpes particulièrement. Je suis une marcheuse de montagne (en solo) et je pratique l’alpinisme depuis peu. J’aspire à quitter Paris du coup, à un moment j’aurai davantage besoin d’espace, de calme et de hauteur à proximité.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

C’est toujours complexe pour moi la question du métier. Je n’ai jamais été formée à « un métier » en particulier. J’ai presque toujours eu un (souvent des) emploi(s) salarié(s) pour subvenir à mes besoins, mais j’ai toujours eu le souhait et la nécessité de chercher, d’écrire et de créer.

J’ai le privilège d’avoir aujourd’hui un travail salarié qui me plait (je travaille dans la prévention addicto), mais j’aime surtout mon activité en tant que chercheuse.

Mon taf de philosophe, ça consiste à tenter de recoller les morceaux de moi-même en passant par le monde (on fait tou.tes ça faites pas genre). En comprenant les structures qui m’entourent et les matrices qui me traversent, j’accepte un peu mieux l’existence, ses contradictions et son lot de souffrances.

C’est dit un peu rapidement mais c’est franchement l’idée. J’exerce une activité qui m’aide à vivre, et j’aime bien vivre, donc ça colle pas mal finalement. (j’aime bien le terme de Joan qui parle d’usager-chercheur. Je me sens usagère-chercheuse).

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

On a tou.tes une santé, et tou.tes une santé mentale. « Aller mal » relève de la santé mentale de la même façon que « se sentir heureu.x.se », angoissé.e ou euphorique l’est. Le monde de la santé mentale, c’est le monde ; ou plus exactement nos mondes, ceux qu’on habite et ceux qu’on porte.

C’est principalement une histoire de mondes qui ne cohabitent pas, ne communiquent pas et souvent ne se croisent pas. Je vais prêcher ma chapelle mais ce que je pense du monde de la santé mentale c’est qu’il repose sur des rapports de force et de pouvoir qui sont discriminants et délétères pour une large part de la population. Et on sait de quelle part il s’agit …

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

Je ne sais pas. C’est quoi la folie déjà ? 😄

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Haha jamais de la vie. Je lui demanderai de démissionner.

Aucune politique ou institution publique n’a ma confiance pour prendre des décisions majeures et décisives dans ce champs. Seuls les collectifs auto-déterminés et les communautés d’auto-support contiennent mon espoir d’un avenir meilleur.

Une page que tu aimerais faire connaître ?

https://www.lenadormeau.fr/Recherches en philosophie politique & santé mentale

Portrait de magnussoren

Comme magnussoren, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

Je vis en couple et j’ai 3 enfants, seul le dernier, lycéen, vit encore à la maison. Propriétaire depuis peu, je m’investis dans les travaux…

Je suis très impliqué dans le milieu associatif, je suis président d’une association qui promeut l’usage du vélo. Dans ce cadre, je gère un atelier participatif : nous aidons les adhérents à réparer eux-mêmes leur vélo et nous offrons une seconde vie aux vélos qu’on nous donne après les avoir réparé. Comme infirmier dans un Hôpital de Jour, certains usagers sont bénévoles au sein de l’association (c’est un des ateliers de l’HdJ).

Je collabore à d’autres associations disons « culturelles » dont le point commun est de toujours être inclusives.

J’aspire au partage, au bien-être et à un futur agréable… Vaste programme !

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

Diplômé depuis 1989, j’ai fait pas mal de type de services et d’hôpitaux (j’ai changé 2 fois de région)…

Je suis bien souvent découragé mais je continue…

Je l’aime parce que je me sens utile, qu’il me semble que je suis plutôt compétent et que je vois de nombreux usagers se rétablir.

Actuellement, je suis en poste en Hôpital de Jour où l’on part de la problématique de l’usager tel que lui nous la décrit, la plupart des ateliers se déroulent sur l’extérieur, nous travaillons le rétablissement et je me régale 😉

Je co-anime aussi un groupe de parole pour les aidants (souvent les parents, mais parfois les conjoints) et un groupe d’entendeurs de voix.

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

Ça avance, mais tellement lentement…

Il y a toujours plein d’hospitalisations dont je ne comprends ni le sens, ni l’intérêt…

Peu de remise en question, pas de réel accompagnement, de projet de soin personnalisé, où l’usager serait le cœur du dispositif.

Infantilisation de l’usager, ce sentiment de : « mais qu’est ce qu’il va faire sans nous« , et qui du coup ne permet pas à l’usager de développer ses ressources…

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

Houla!

J’ai essentiellement travaillé avec des personnes souffrant de psychose que j’ai rencontré le plus souvent en état de détresse et de souffrance (ce qui est le propre de l’hôpital)… Compliqué sur le coup d’y voir du positif…

A l’Hôpital de Jour, je vois la plupart des gens rétablis ou en cours de rétablissement… J’aime échanger avec eux sur comment on voit la vie…

C’est sûrement plus positif quand tu es Salvador Dali, ou je ne sais quel musicien, où tu peux trouver un exutoire, un moyen d’exprimer ta folie… ça me semble plus compliqué pour le quidam moyen…

C’est toujours compliqué avec quelque chose que tu subis…

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Le devenir, sûrement pas, on ne voudrait pas de moi 😉

Je demanderais un audit et une uniformisation des pratiques : je ne comprends pas pourquoi il peut y avoir autant de disparités de prise en charge selon l’endroit où tu habites, même dans le même hôpital selon le chef de service.

Je ne comprends pas pourquoi on ne gère que la crise et pas le rétablissement, qu’il n’y ait pas de plan de gestion de crise en sortant de l’hôpital avec des directives en cas de rechute…

Une association que tu aimerais faire connaître ?

L’association Roue libre, ou 2 fois par semaines les usagers de l’Hôpital de Jour ne sont plus des malades mais des bénévoles : https://www.facebook.com/RoueLibreBergerac

Portrait de miaou

Comme miaou, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

Le transféminisme, les questionnements et les groupes autour de l’antipsychiatrie et la neuroatypie, les chats, l’anarchisme et j’aspire a un monde un peu moins merdique et plus capitaliste !

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

J’adore dessiner, créer avec des matériaux à disposition et que je trouve, je crée des marionnettes et j’aime imaginer que je fais ça pour moi et pour changer un peu le monde à ma manière.

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

Le monde psychiatrique instauré et comment on « traite » les « malades » est une horreur, teinté d’infantilisation, de consentement bafoué, de rabaissement et culpabilisation.

Le monde de la santé mentale que je façonne avec mes amixs, et paires, et autour de la réflexion de « comment on fait mieux que ce qui nous entoure » est compliqué mais j’ai espoir que nous créons une petite bulle de répit et de care entre personnes concernées.

Et si ça peut éclabousser un peu de ça autour de nous, c’est encore mieux !

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

Tellement de choses !

L’inspiration, de la compréhension de soi, des autres, de l’entraide…

Perso, c’est en état de crise que je comprends mes fonctionnements, d’où ca vient, pourquoi ça vient, c’est un peu un capteur d’oppressions mais aussi de remise en question de moi (parce que je suis comme tout le monde, je fais de la merde aussi).

Je comprends aussi mieux les autres en débriefant de qu’est-ce qu’on traverse (neuroatypique ou pas) et j’ai l’impression que c’est une clé qui est super importante dans l’évolution de ce monde (de merde) pour aller vers du plus chouette.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Alors jamais je voudrais devenir ministre !

Et je trouve qu’on devrait s’organiser en groupe de parole, local, pour comprendre toutes les problématiques liées à cette question pour avancer.

Et qu’est-ce que j’aimerais y faire ou y voir faire, ben déjà, casser la monstrification du fou/de la folle, réflechir à des groupes d’entraide et de soutien qui ne fassent pas empirer les santés mentales souvent déjà pas au top, qu’on trouve des solutions adaptées à chaque personne et avec les personnes concernées pour qu’ielles/nous puissions évoluer plus sereinement.

Je crois qu’il faut casser en premier lieu les idées reçues / stigmatisations car c’est souvent objet de souffrances et rejets.

A bas les NORMES !

Une initiative que tu aimerais faire connaître?

https://soundcloud.com/user-529828307/quand-quelquun-est-a-terre-tu-le-ramasses

Portrait de MA Read

Comme MA Read, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

Carrie Fisher est mon inspiration. Sa disparition le 27 décembre 2016, à l’âge de 60 ans, m’avait fait de la peine. En effet, elle s’était à plusieurs reprises exprimée sur les maladies mentales ― un sujet quasiment inconnu d’Hollywood à l’époque où elle a commencé à en parler publiquement.

Elle avait témoigné avec une grande honnêteté de ses difficultés et de ses succès dans la bataille contre l’addiction et les troubles bipolaires, affichant une attitude extrêmement offensive lorsqu’il s’agissait de débattre des problèmes de santé mentale.

J’essaie au quotidien d’informer les gens sur l’importance d’une bonne santé mentale, et du rétablissement. J’informe sur les troubles bipolaires et je parle des maladies mentales sans tabous à travers ma page Facebook Bipolaire On Air.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

J’ai travaillé pendant 25 ans pour une organisation internationale œuvrant dans le domaine des droits de l’homme. Ça aussi, c’est inspirant pour moi. C’était un honneur.

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

Le monde de la santé mentale est un monde en train de changer.

Les personnes vivant avec un trouble psychique stabilisé comme moi ont pris conscience de leur savoir par expérience et de leur force et capacité de pair-aidant.

Nous pouvons aider les personnes en souffrance en leur montrant la voie du rétablissement.

À l’avenir, les équipes soignantes, comme au Canada, nous intégreront, reconnaissant la plus-value de la pair-aidance.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

La folie a toujours été présente dans ma vie.

Ma mère schizophrène a passé plus de temps à l’hôpital psychiatrique qu’à la maison. C’est ma grand-mère maniaco-dépressive qui m’a élevée.

Mon trouble bipolaire a rythmé ma vie avec des pics genre Everest et des lows aussi profonds que les abysses de l’Océan.

La folie est synonyme de grande souffrance.

Difficile d’en tirer du positif. Ce n’est que récemment, depuis mon implication sur les réseaux sociaux que je me dis que finalement mon vécu, mon rétablissement, ma force peuvent servir de moteur et d’inspiration à de nombreuses personnes en souffrance.

J’aimerais servir de phare et empêcher les naufrages sur les écueils de la Côte dans la tempête.

En septembre 2021, j’ai été élue présidente de la Maison de la Santé Mentale de l’Eurométropole de Strasbourg. Lorsque nous aurons levé les fonds nécessaires, nous accueillerons les gens dans un lieu convivial au centre-ville où ils pourront s’exprimer pleinement sans tabous au sujet de leur santé mentale ou de celle de leur proche. Nous les écouterons, nous échangerons et si nécessaire nous les orienterons dans leurs démarches et recherches de soins.

La santé mentale sera au cœur de la ville de Strasbourg !

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Non, devenir ministre ne m’intéresse pas.

Les ministres sont nommés par le chef de gouvernement et jusqu’à présent, aucun n’a doté le ministère de la santé des moyens nécessaires pour améliorer les services.

Je souhaiterais des investissements financiers massifs dans les hôpitaux psychiatriques pour augmenter le nombre de soignants, l’allègement de leurs tâches administratives afin qu’ils consacrent leur temps à la thérapie, au dialogue, aux activités diverses avec les patients.

Même chose pour l’ambulatoire, les CMP et autres devraient pouvoir aider les patients lorsqu’ils sortent de l’hôpital.

Enfin, les médecins généralistes devraient recevoir une formation supplémentaire afin d’orienter les patients montrant des signes précurseurs de troubles psychiques, vers des structures adaptées.

Une page que tu aimerais faire connaître?

La page Facebook Bipolaire On Air.

Portrait d’Elodith

Comme Elodith, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

D’abord une personne qui me tire vers le haut, ma fille, Judith.

C’est une belle personne pour laquelle j’ai beaucoup d’admiration. Sa vie n’est pas forcément simple avec un père absent depuis qu’elle est toute petite et une maman présente, trop ? Mais qui ne sera jamais ses deux parents.

En tout cas, je suis toujours là et toujours du mieux possible malgré le chaos que provoque parfois la bipolarité dans notre quotidien.

Ce que j’admire en elle, c’est sa volonté d’avancer, de comprendre pour dépasser les obstacles intelligemment. Elle se questionne beaucoup mais ses questions à propos de ce qu’elle ressent sont constructives, elle semble déjà bien se connaître ce qui, je trouve n’est pas donné à tout le monde.

Ce à quoi j’aspire ?… Un peu de sérénité. Pouvoir lâcher de temps en temps la vigilance et savoir me dire, « pas d’inquiétude, relax ».

Et aussi avoir un meilleur sommeil, c’est tellement important pour éviter que tout s’emballe.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

Je suis bibliothécaire.

J’aime ce métier car il est varié selon l’endroit où on l’exerce, bibliothèque universitaire ou bibliothèque municipale de grandes villes ou rurales… Selon les personnes qui la fréquentent, selon les demandes formulées. Les possibilités sont grandes de proposer une offre culturelle variée et d’être à l’écoute des demandes.

La relation avec les usagers est sans doute ce que j’apprécie le plus avec bien sûr ce rapport étroit au livre et aux connaissances.

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

C’est très compliqué. Dans le sens où, quand on parle de santé mentale cela présuppose déjà que cela ne va pas bien. C’est un début mais… Ce que je veux dire, c’est qu’en général, quand on se retrouve hospitalisé d’urgence ou non, en psychiatrie c’est rarement notre souhait le plus cher.

Il faudrait parvenir à ne pas tant occulter ces maladies psy afin de pouvoir mieux les reconnaître, les dépister et surtout les prendre en charge rapidement : 10 ans d’errance pour moi avant qu’un diagnostic de bipolarité soit posé à 25 ans. Et bien, ce diagnostic m’a fait du bien bizarrement, enfin, on savait ce qui n’allait pas.

La psychiatrie fait peur, il y a un grand travail de déstigmatisation à réaliser.

Comment voulez-vous que les malades se confient si on leur renvoie une telle image de défiance ?

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

De positif… Bon, mis à part la galère régulière et le chaos inhérent à « la folie », ce que l’on peut peut-être noter pour une majorité de ces personnes touchées par les maladies psychiatriques, c’est leur grande sensibilité.

Alors, d’un côté, elle peut être un obstacle à vivre sereinement mais, d’un autre, elle peut être source de créativité et d’expression.

C’est un moyen de s’exprimer important et utile.

Je veux quand même dire que ce mot « folie » est peut-être joli mais un peu réducteur à mon goût.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Non, je ne serai pas ministre, bien trop de stress pour moi !

En revanche, je peux lui dire qu’il y a encore beaucoup à faire en matière de santé mentale.

Sensibiliser, déstigmatiser, accompagner et informer un maximum pour dédramatiser.

Portrait d’Anne-Claire

Comme Anne-Claire, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

Ma principale inspiration c’est… mon mari.

On s’est rencontrés il y a plus de dix ans et je l’admire toujours autant. Il est calme, rassurant, stable, mon antithèse quoi. Bon, certains de ses défauts sont moins inspirants. Par exemple, sa phobie administrative, quand moi j’aime la paperasse (enfin du moins je sais m’y attaquer !) ou bien il est adepte du « faire à la dernière minute le couteau sous la gorge » quand je n’aime rien tant que d’organiser tout à l’avance. Mais j’espère atteindre un jour son niveau de « zenitude ».

De manière plus globale, les histoires m’inspirent, en particulier celles de mes amis, confiées autour d’un café brûlant ou d’un bon verre de rouge. Une anecdote, une confidence peut me guider, m’aider à trouver une idée ou encore m’aiguiller sur le sens à donner à ma vie.

Celle que j’admire le plus n’est pas une amie, mais on est encore plus intime : c’est ma psychologue. Elle me connait presque mieux que quiconque. Depuis quatre ans, ses conseils sont précieux et je ne me vois pas « lâcher sa main ». J’aimerais avoir sa classe, j’imagine que la vie est tellement plus simple pour elle, je ne connais ni ses failles ni ses traumatismes.

Plus près de moi, les deux lieux qui me ressourcent sont les deux maisons de mes grands-mères.

Si l’on me demande : « D’où viens-tu ? », je suis bien incapable de répondre en une phrase synthétique du tac au tac tellement j’ai déménagé. En revanche la stabilité, ce sont mes montagnes du Trièves et la mer à perte de vue de la presqu’île de Giens.

J’aspire à retrouver le sentiment de bien-être que j’ai quand je contemple la Méditerranée depuis la terrasse de ma grand-mère, un délicieux rayon de soleil me caressant le dos. Une vie sans peurs, sans angoisses, sans dépression. Une vie simple : une vie de femme, d’épouse, de mère, de journaliste. Vie aux mille facettes mais en paix.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

Je suis caméraman. Je travaille pour une chaîne locale d’actualité et je traite aussi bien des sujets culturels que sociétaux, économiques ou politiques. Ce que j’aime encore une fois c’est découvrir les histoires de ceux qui nous entourent, ce qu’un territoire a à nous offrir.

Mon métier est assez « technique ». Je dois gérer la lumière, le son, les couleurs, la beauté du cadre et j’aime ça. Me concentrer pour créer du « beau ». J’aime le filtre qu’est la caméra entre le monde et moi. Je ne reçois pas l’actualité en pleine tronche, je la vois à travers mon viseur, cela met une distance, une barrière qui me protège.

Je ne m’ennuie jamais, j’apprends plein de choses. Chaque jour est une nouvelle aventure ou presque !

J’ai trouvé ma place.

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

Je ne connais pas grand chose du monde de la santé mentale.

J’ai fait quelques incursions, très brèves, en hôpital psychiatrique et je n’ai pas été déçue du voyage. L’hôpital est souvent terne, moche, à l’abandon, la nourriture fade, les journées longues à tuer. Dans ces moments-là, on aurait besoin de beau, de confort, de tendresse : l’hôpital est loin de cela.

Heureusement qu’il y a les autres patients, on se serre les coudes, on discute, on se comprend sans jugements. Sans oublier certains infirmiers, à l’écoute et disponibles pour autre chose que distribuer nos médicaments journaliers.

Quand aux psychiatres, j’ai eu l’extrême honneur d’en rencontrer 13 en quatre ans (non, non je n’en change pas tous les mois promis, j’ai la même depuis deux ans maintenant, mais encore une fois j’ai beaucoup déménagé). Certains manquent clairement… de psychologie. Certaines phrases assassines sont restées gravées et ne me lâchent plus.

Heureusement, la bienveillance existe. Certains sont compétents et dignes de confiance.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

Je n’aime pas ce terme. Je souffre de troubles bipolaires mais où est la folie dans tout ça ?

Quand je n’arrive pas à me lever de mon lit un matin, même pas pour prendre ma douche ?

Quand la crise d’angoisse me fait vomir et me met au tapis à l’idée de vivre ma journée ?

C’est étonnant, dérangeant mais fou ?!

Peut-être que la « folie » c’est avoir fait l’expérience de la souffrance psychique, celle qui plie en deux et empêche d’avancer. Cette souffrance créée de l’empathie pour ceux qui souffrent et permet de les écouter sans jugements et d’accueillir leurs récits. Aider les autres permet de se décentrer, d’oublier son propre mal-être.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Ah, ah non, jamais… Je suis journaliste, attention au mélange des genres.

Les politiques je les interviewe, je les titille et leur pointe leurs incohérences mais jamais je ne me mettrais dans leurs chaussures.

En revanche, j’aimerais lui demander de mettre des moyens.

La clé pour soigner c’est d’avoir les moyens de le faire. De ne pas empiler les médicaments mais de prendre le temps d’écouter et d’accueillir.

Et puis, c’est du bon sens, mais les séances de psychothérapie devraient être remboursées ! Cela fait partie du « traitement » et cela coûte un rein ! Seuls ceux qui ont les moyens peuvent se les offrir.

Une initiative que tu aimerais faire connaître ?

https://www.maisonperchee.org/lespiailleries

Portrait de Maxime Perez Zitvogel

Comme Maxime, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

Dans ma vie de tous les jours, je suis amené à rencontrer des gens de tous horizons et ces rencontres me nourrissent beaucoup, elles me permettent d’avancer.

L’autre inspiration dans ma vie c’est mon passé familial. Je viens d’une famille qui a vécu la guerre. Cela a chamboulé les histoires de chacun mais ça ne les a pas empêché de réussir dans la vie, ce qui est un énorme enseignement pour moi.

J’ai eu la chance de grandir dans une maison où j’ai pu côtoyer des femmes incroyables comme ma tante, une chercheuse qui a décidé dès son plus jeune âge de dévouer sa vie aux autres, Agnès B., créatrice qui contribue à changer le monde.

Vous l’aurez compris, mes inspirations ce sont plutôt des femmes, d’ailleurs, je vous laisse vous renseigner sur mes trois co-fondatrices qui contribuent à mon éveil au quotidien.

Les fondateurs de la Maison Perchée, communauté d’esprits singuliers.

Mon père, mon frère et Gringe, qui a accepté d’être le parrain de notre association dès les premiers instants, contribuent à me tirer vers le haut.

Au delà des rencontres et des personnes, il y a trois éléments qui me permettent de trouver un certain équilibre dans la vie : la plongée, la marche et la musique.

J’ai eu la chance de pouvoir plonger dès mon plus jeune âge et le monde marin en général m’apporte un certain équilibre. Il n’y a que sous l’eau que je ne pense à rien d’autre, c’est le seul endroit où je n’ai pas les idées qui fusent. A l’opposé, la marche me permet d’avoir plein d’idées. Enfin, la musique qui m’accompagne au quotidien, est pour moi une source d’inspiration énorme. Comme par exemple le titre « Toucher l’horizon » de Oxmo Puccino.

J’espère trouver un jour l’équilibre parfait. Pour moi ce serait me réveiller avec le sourire, dormir sereinement et savoir que toutes les personnes qui comptent pour moi vivent la même chose.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

Mon métier je ne le décrirais pas trop, mais si je devais vous en parler je vous citerais Van Gogh, fameux bipolaire, qui a dit « Je fais toujours ce que je ne sais pas faire, pour apprendre comment le faire ». C’est pour cela que j’aime mon métier, parce que j’apprends tous les jours de nouvelles choses.

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

Ce qui est merveilleux, et flippant à la fois, c’est qu’il y a encore tout à faire.

A La Maison Perchée, notre baseline c’est « Tout seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin » et je suis très heureux de constater que l’ensemble des acteurs du milieu commencent enfin à se mobiliser.

Affaire à suivre !

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

Dans mon cas, assumer ma folie m’a permis de grandir et de m’éveiller.

Je pourrais simplement donner l’exemple suivant, quand j’étais au lycée on m’appelait « tomate rouge » quand je faisais une présentation, j’étais incapable de prendre la parole en public.

Aujourd’hui, j’enchaine les interviews, comme quoi quand on fait les choses avec le cœur, en s’assumant pleinement, tout est possible.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

A la base ça ne m’intéressait pas, j’étais apolitique.

En intégrant le système on se rend vite compte que c’est une nécessité pour faire réellement avancer les choses, du coup, l’avenir nous le dira. D’ailleurs, je viens d’être élu conseiller parisien des associations pour deux ans, c’est une première mais peut-être le début d’une autre histoire.

Aujourd’hui, je lui demanderais pourquoi les processus sont si complexes pour obtenir des subventions publiques et si peu adaptés aux personnes vivant avec un handicap.

Une initiative que tu aimerais faire connaître ?

Les Piailleries de La Maison Perchée.

Portrait de Géraldine

Comme Géraldine, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

À l’égalité !

On est tous pétris par les accidents de la vie, les joies, les rencontres, nos désirs… la vie quoi !

J’aspire à la parole et la sincérité.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

Mon métier c’est infirmière et j’ai mis du temps pour le choisir.

Je travaille en psychiatrie, c’est plus haine que amour vis à vis de l´institution mais je ne lâche pas le navire, je me dis que les choses peuvent changer et lutter pour des soins plus humains m’a permis d’élargir ma vision de la psy et faire de belles rencontres.

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

C’est violent pour les patients et les familles et les soignants.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

Mieux se connaître (étrange non ?).

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Du fric pour l’hôpital public !!! Je ne vais pas développer mais sinon, si on me donne les manettes, je saurai m’entourer et agir collectivement, pas comme un ministre en somme.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître ?

Comme des fous et Humapsy et tous celles et ceux que je connaîtrai j’espère bientôt.