Portrait de Luc

Comme Luc, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Mes inspirations dans la vie sont les gens qui parviennent à vivre avec leur authenticité propre. Qui n’ont pas peur des grosses cassures ou des gens cassés, qui ne vont pas se forcer à être drôle. Poelvoorde par exemple ou Edouard Baer.

Les chemins de montagne en crête exposés aux vents me dynamisent comme ils reposent ma tête.

L’activité est la tendresse. La pratique de la sensualité.

J’aspire à la paix, à la stabilité, au pardon et à l’amour.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je ne travaille pas vraiment. Depuis 2005, fin des mes études supérieures, j’ai du avoir une trentaine de contrat mais travailler moins de 7 ans en tout.

J’aimerais un métier de communication, d’apprentissage mutuel.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Pauvre. Dans les deux sens.

En tant que borderline, il y a par exemple une structure thérapeutique à Montpellier mais qui n’est ouverte qu’aux femmes…

J’ai vu je ne sais combien de thérapeutes et c’est difficile. La seule chose est d’avoir une routine ; surtout dans les relations, je commence à le comprendre que maintenant.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La fantaisie, la sensibilité, l’audace, l’intensité.

Moi je me vois souvent comme un ouvre-boîte des émotions des autres, pour le meilleur et pour le pire.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Je lui demanderais une éducation aux relations interpersonnelles dès le collège, ainsi qu’un apprentissage de l’amour. Aussi montrer de l’empathie pour ces troubles invisibles.

Pour contrer notre refus et notre indigence de travailler les relations humaines. Le jetage permanent. La notion de pardon et de repentance aussi qui sont cruellement absentes de la société actuelle.

Portrait de Laetima

Comme Laetima, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

J’aspire à un monde meilleur où tout le monde soit accepté avec ses différences. Les voyages et les rencontres de personnes que j’accompagne au quotidien dans mon métier d’éducatrice m’inspirent.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je suis éducatrice spécialisée et j’ai créé mon association Inclusion 49 pour l’insertion sociale des personnes en situation de handicap psychique.

J’adore mon métier pour les rencontres que j’y fais au quotidien et aussi car j’ai l’impression d’être utile. Cela me permet toujours de relativiser et de me remettre en question à chaque instant.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Il y a encore des progrès à faire mais c’est en bonne voie. Je suis régulièrement en contact avec l’hôpital et d’autres associations et avec des pairs-aidants. La parole se libère et il est temps. Il faut aller vers le grand public et parler de santé mentale avec tout le monde pour une meilleure inclusion de chacun et vers le rétablissement.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Ma folie est souvent synonyme d’originalité, de divergences, de vision différente du monde. Cela amène à se poser des questions et, pour moi, ça permet d’évoluer.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Ministre, non car je trouve cela difficile de mettre en place des choses pour tout le monde alors que chaque situation est différente.

Je lui demanderais de parler de santé mentale et de mettre plus en lumière les personnes touchées par une situation de handicap psychique.

Une page que tu aimerais faire connaître?

www.facebook.com/Inclusion49/

Portrait d’Octarine

Comme Octarine, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Illustration: C’est une image de madame pourquoi, parce que je me pose plein de questions, parce que j’appartiens à la génération Y (why), et parce que je ne sais pas qui je suis.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Le théâtre, la littérature, les personnes empathiques, intelligentes, calmes et bienveillantes, la mer démontée en Bretagne.

J’aspire à un monde plus raisonnable. Qui se préoccupe davantage de la santé et de la culture de ses habitants que du profit. Qui oriente massivement son énergie collective vers des solutions sur des problèmes à long terme.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je n’ai pas un « vrai métier » dans le sens où je travaille très peu et où c’est au black. Je donne des cours de piano.

J’aime la présence des élèves et voir leurs progrès, essayer de trouver des solutions à chaque problème. J’aime donner des cours particuliers car je peux m’adapter à chaque élève.

J’ai suivi des formations (par exemple musique et dyslexie, apprentissage du braille musical), j’essaie d’élargir mon répertoire…

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Il me faudrait un roman. Tout ce que je peux dire, c’est que je suis perturbée depuis la petite enfance, que j’ai été déscolarisée en troisième (1996) et qu’après le lycée j’ai sombré. Ma première TS remonte à décembre 2000 et j’ai été depuis dans le circuit psy avec différents essais.

On m’a refusé un diagnostic que je réclamais sous prétexte que c’était « stigmatisant »… après un immense coup de chance, j’ai enfin trouvé le bon docteur en 2008.

Il m’a diagnostiquée, borderline, et m’a donné des solutions concrètes. Il me suit toujours aujourd’hui.

Donc pour résumer, je pense que c’est globalement un monde de merde mais qu’il existe quand même des gens compétents. Seulement tout le monde n’y a pas accès et c’est profondément injuste.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

J’écris ça en plein confinement et contrairement à la majorité de mes concitoyens, celui-ci ne me dérange absolument pas.

Je donne mes quelques cours par Skype, j’ai des amis au téléphone, mais enfin je n’ai plus la pression des rendez-vous et de mes annulations régulières. Je n’ai plus à faire des calculs d’apothicaire pour savoir quels engagements je peux prendre, pour pouvoir les honorer tous.

En temps normal, mon trouble est sans doute aussi à la source de grandes joies car je suis hyper sensible et peux donc vibrer très intensément sur une musique, à en avoir des frissons et une explosion dans le cerveau, comme un orgasme, pareil au théâtre quand toute une salle partage la même émotion.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Clairement pas. Déjà parce que je suis tellement fatigable, susceptible, je ne peux pas travailler en équipe, etc. Et surtout parce que c’est un domaine si complexe dont je ne connais finalement pas grand-chose en dehors de ma propre expérience.

Je lui demanderais d’avoir la possibilité d’avoir une aide à domicile pour les courses, le ménage, la cuisine, etc car je ne peux rien faire de cela toute seule. Et mon mari le fait franchement comme un adolescent ou jeune étudiant et je me sens honteuse et dégradée de vivre dans cet environnement. Être à l’hôpital c’est pas drôle mais au moins c’est propre et on mange équilibré.

Une association que tu aimerais faire connaître?

AAPEL : Association d’Aide aux Personnes avec un État Limite, borderline ou personnalité limite.

« Réalités », une BD d’Axell plop

« Yo, j’ai fait une bande dessinée qui parle de psychose pour les 23 heures de la BD. Ça parle du rapport aux voix et délires et de comment les comprendre. » @PatateVolant

Nous la reproduisons ci-dessous avec son autorisation et avec un immense plaisir!

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Enfermée dehors [Agathe]

S-1 : Une semaine avant le confinement à l’hôpital Esquirol, Agathe cherche à sortir, Agathe est enfermée dedans, les gens vont un viennent dehors.

J+0 : Début du confinement dehors, Agathe sort de l’hôpital Esquirol. Restent ceux qui vivent une forme d’hospitalisation sociale et qui resteront dedans et peut-être plus jamais dehors… Le capitaine, Marion, le petit chameau, le croyant vertueux… Les autres sont déjà partis avant le début de la trève hivernale… Alexander, et tous ceux dont personne ne connait le nom parce qu’ils ne nous l’ont pas dit… Alain est resté dedans car les écoles doivent restées fermées. Il n’y a plus les centres aérés, ni la classe, ni le sport, juste la cantine. Esquirol est quasiment sans mouvement et bientôt renfermé. Agathe, elle, est sortie.

S+3 : Agathe est maintenant enfermée dehors, plus personne ne va et vient dehors. Ni elle, ni les autres. Tout le monde est enfermé dedans ou dehors.

Vive le confinement sous contrainte, qui a permis à Agathe de ne plus être enfermée dedans mais bien enfermée dehors (mais à la maison) 😉

« Le syndrome de la flute de pan » chez l’homme in DSM-72

Dans un précédent post, nous avions examiné un syndrome plus présent de nos jours chez les femmes d’un âge certainement jeune, « le syndrome de la princesse au petit pois ». Communément plus présent dans les capitales, ce syndrome se révèle à l’adolescence et se renforce à l’âge adulte en présence d’argent et de pouvoir masculin. Chez l’individu masculin, un autre syndrome est également cardinal, constitutif de l’être vivant masculin, présent à l’état latent voire toujours présent. Il s’agit du syndrome de la flute de pan. Il s’avère également plus couramment observé dans les zones urbaines capitales des différents pays qu’ont examiné notre étude épiodémiologique.


Définition : Le syndrome de la flute de pan est un syndrome dans lequel l’être masculin se targuant de grande fortune et de faits de gloire devient héros de sa propre fiction et parvient par là à exister aux yeux de ses semblables féminins. L’exploitation faite par les êtres féminins atteintes du syndrome de la princesse au petit pois du syndrome masculin de la flute de pan mène au syndrome du pigeon pendu (Cf. illustration photograhique).


Étiologie : La psychiatrie française considère le syndrome de la flute de pan comme répondant au syndrome de la princesse au petit pois, il est avéré toujours cardinal, c’est à dire toujours plus que présent même à l’état latent.

Symptômes : Les symptômes sont toujours présents à l’état latent et se répercutent de façon héréditaire par l’héritage génétique et financier voire foncier.

Traitements : La feuille de coca, comme euphorisant rendant partiellement attaché aux autres par effet autopersuadant du bien fondé des paroles et des actes de la princesse au petit pois, apparait être le meilleur traitement après les feuillez de pavot de 3ème génération. Le rapport au monde complexe du patient peut être aussi traité par la répercution de son héritage matériel et génétique sur une descendance humaine ou canine voire par dons et legs financiers aux animaux domestiques.

Spleen, le podcast

Nous vous invitons à découvrir Spleen, le tout nouveau podcast de Lorine Le Louvier sur la santé mentale : https://lasouffleuse.com/index.php/spleen/

Spleen est un podcast sur la santé mentale. On y parle de dépression, de TOC, de dépression du post-partum, de schizophrénie… Des personnes extraordinaires vous racontent leurs vies bouleversées par le trouble psychique. C’est un podcast qui est là pour se sentir moins seul.e dans ces angoisses, ces peurs irrationnelles, les pensées sombre, la tristesse infinie, la culpabilité de ne pas être « normal »… C’est aussi pour les proches des personnes concernées pour vous aider à mieux comprendre, à être plus emphatique et juste dans vos réactions… 

Attention, ce podcast aborde des sujets sensibles. Il y est question de santé mentale et de pulsions suicidaires.

C’est un podcast de Lorine Le Louvier avec une musique de Olivier Delhomme et Guillaume Piolat. C’est une production La Souffleuse.

https://lasouffleuse.com/index.php/spleen/

Voyage en folie

Ces vacances-là, il est difficile de ne pas s’en souvenir toute sa vie.

J’avais prévu de faire les vacances traditionnelles entre copains, un road-trip en Espagne, les vacances rêvées et tant attendues. Je les attendais d’autant plus que je sortais d’une lourde dépression, qui m’avait clouée au lit pendant tout l’hiver. J’avais perdu goût à tout, et voyais le monde à travers un filtre noir que je peinais à enlever. A cette période, je ne comprenais que trop bien le vers de Baudelaire « quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle ».

Pour m’en sortir, mon médecin m’avait prescrit des médicaments que je prenais docilement chaque soir. Peu à peu, je sentais qu’ils faisaient effet, et je retrouvai progressivement mon état normal. Je me sentais bien, très bien, et même un peu trop bien.

A l’arrivée du printemps, je commençais à retrouver ma forme physique et mentale, et au rythme des bourgeons qui commençaient à éclore, de nouvelles idées et projets émergeaient de toutes parts. Toute l’énergie que j’avais laissé hiberner pendant l’hiver revenait de manière décuplée. Le printemps correspondait aussi à mon anniversaire, je fêtais ma naissance et sentais en même temps que je renaissais. Je m’amusais à retrouver ces petits plaisirs que l’on connait tous, mais que j’avais oublié durant mon hibernation: chanter sous la douche « toute la musique que j’aime », danser le Mia devant mon miroir, mettre des vêtements pleins de couleurs… Je n’avais jamais touché un bonheur aussi pur, sans limite, c’était de la drogue naturelle, c’était dingue, c’était fou…

Et oui, c’était le mot, c’était « fou ». Je faisais ce qu’on appelle un épisode « maniaque ». Pour ceux qui ne connaissent pas, un épisode maniaque est ce qui s’oppose à la dépression: alors qu’une dépression est un trop bas d’énergie, un épisode maniaque est une explosion d’énergie où l’on se sent pousser des ailes, où l’on est comme sous extasie sans prise de substance, où l’on se prend pour un sur-homme, ou dans mon cas, pour une sur-femme.

Lorsque mon entourage a réalisé ça, au lieu de m’envoyer en road-trip en Espagne, ils m’ont envoyé en confinement à Sainte-Anne. Deux styles, deux ambiances.

Je comprends que par rapport à tous les voyages que vous allez raconter, celui à Sainte-Anne est celui qui fait le moins rêver. Mais dans le genre « destination unique au monde » je pense que je marque un point.

J’ai décidé de vivre ce voyage en Folie comme une touriste curieuse qui se prête au jeu. J’espérais ne pas vivre cette expérience tous les 4 matins, fallait donc que j’en profite.

Au début, c’était un choc, je ne vais pas vous mentir. Compte tenu du fait que je me considérais comme la reine du monde, j’avais du mal à comprendre pourquoi ils me mettaient en pyjama bleu, m’enlevaient mes bijoux et tout moyen de communication avec l’extérieur, et trouvais que c’était un traitement peu adapté pour une reine.

Comme vous pouvez l’imaginer, pour descendre de mon trône et revenir dans le monde réel, je n’ai pas pu éviter la case médicaments ainsi que l’état léthargique que l’on connaît chez les patients en psychiatrie. Mais j’aimerai aussi aborder des aspects plus plaisants, que l’on n’évoque trop peu dans ce type de récit de voyage.

On ne voit d’un hôpital psychiatrique que ses murs blancs, ses chambres sombres, ses médicaments à forte dose… Mais si l’on regarde bien, il y a aussi un jardin dans lequel on peut se balader, méditer, prendre l’air frais. L’hospitalisation est aussi un moment où l’on est confinés, coupés du monde extérieur, soit le moment idéal pour prendre du temps pour soi, lire, écrire, dormir…

On fait de belles rencontres, parfois atypiques certes, mais qu’est-ce qu’on cherche d’autres en voyage que d’être dépaysé? Toutes les expressions « on s’amuse comme des fous », « plus on est de fous plus on rit » ne viennent pas de nul part, et prennent sens plus que jamais dans un hôpital psychiatrique.

Et surtout, ne croyez pas! Moi aussi j’ai eu droit à mon amour de vacances, à ma romance sans lendemain!

Tous les jours, j’attendais la visite de mon jeune et bel interne… Julien … le Docteur Mamour de Grey’s Anatomy version psychiatrie.

Quand on est hospitalisé, les occupations sont rares, la solitude est grande, et l’ennui peut l’être aussi. De la même façon qu’il est nécessaire de sortir faire les courses en plein confinement pour ne pas devenir fou, il est tout aussi important d’avoir un Docteur Mamour durant une hospitalisation en psychiatrie, pour ne pas devenir encore plus fou. Sans le savoir, il jouait un réel rôle essentiel dans ma santé mentale.

On parlait littérature, il me conseillait des livres. Je le faisais rire car je faisais la « fofolle », j’avais le droit, j’étais là pour ça.

Ça aurait peut-être été une belle romance si je l’avais rencontré durant mon road-trip en Espagne, sous un coucher de soleil avec une jolie robe à fleurs. Mais non, je l’ai rencontré à Sainte-Anne, sous l’éclairage des néons, en pyjama bleu. Deux styles, deux ambiances.

Après deux semaines, j’étais triste de le quitter, tout en espérant ne pas être amenée à le revoir.

Je garde de ces vacances un souvenir ni positif, ni négatif, juste unique en son genre. Une parenthèse de mon existence, un endroit en dehors du monde que j’ai pris plaisir à visiter mais dans lequel je n’aimerai pas retourner.

Voilà pour mon voyage, et si vous y allez un jour, n’hésitez pas à m’appeler, j’ai quelques bonnes adresses à vous donner. 😉

Nana