Megacombi, l’émission qui ne vous laissera pas tranquille

(ré)écouter l’émission du radiozine Megacombi consacrée à la folie.
http://audioblog.arteradio.com/post/3062077/22_10__folie/ 

Remix de notre émission spéciale folie du 21 mars 2011 (à l’époque où la mégacombi avait lieu le lundi de 22h à minuit) dans laquelle toute l’équipe a été interné en HDT !
Avec :
– 4’48 psychose (Créa by Gribish sur Sarah Kane)
– Ivan et l’hornitoptère (docu-portrait schizophrénique by Méga)
– Le fou fan (interview by Combi)
– La chronique de Lacass: Qui sont les fous ?
Avec aussi un clin d’oeil à la colifata, à Antonin Artaud, des films « tetro », « rois et reines » et « très bien merci ».
Playlist
Bérurier noir – pavillon 36
Edith PIaf – Les blouses blanches
Sexy Sushi – on devient fou ici
Fatals picards – Schizophrène tu vas dans le mur

« Comment les patients transforment la psychiatrie? », Patrick Le Cardinal

Merci à Patrick Le Cardinal pour cet apport.
On peut quand même s’interroger si la place du patient rétabli est vraiment dans les services de psychiatrie? Ne peut-on pas se sortir du rôle de l’usager de service qui témoigne de sa propre expérience? A suivre…

Patrick Le Cardinal
Patrick Le Cardinal

« Bonjour, je travaille actuellement en tant que psychiatre au C.H.S. de la Savoie à Chambéry sur le secteur d’Aix-les-Bains. Je suis également coordonnateur de l’équipe – ESPLOR – Equipe de Soutien pour le Logement Orientée vers le Rétablissement.
J’ai auparavant travaillé au Centre Collaborateur de l’OMS à Lille, dirigé par le Docteur Jean-Luc Roelandt, en tant que chargé de mission sur la mise en place et l’évaluation du programme Médiateur de Santé-Pairs. (14) (20)
Si j’interviens ici en tant que professionnel, j’ai également une expérience personnelle de rétablissement d’un trouble de santé mentale.

Je remercie Pascal Mariotti, pour l’organisation et pour le choix audacieux du thème de cette journée en forme d’interrogation somme toute assez contemporaine : «Comment les patients transforment la psychiatrie ?»
Pour ma part, je dirais qu’avant de transformer la psychiatrie, les personnes vivant un parcours de rétablissement transforment d’abord et surtout les personnes qu’ils rencontrent… Continuer la lecture de « « Comment les patients transforment la psychiatrie? », Patrick Le Cardinal »

La longue histoire de l’intervention du juge dans les hospitalisations forcées

Merci à Virginie pour cette contribution!
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1789 :

– abolition des lettres de cachet qui étaient utilisées pour faire enfermer les « déments ».

– cette abolition est relative : si toute personne détenue par lettre de cachet doit être libérée, exception est faite pour les déments, qui ne sont libérables que sur production d’un certificat médical…

Le droit révolutionnaire prévoit que le juge doit désormais prononcer une mesure d’interdiction qui autorise le conseil de famille à maintenir la personne dans un hospice ou une maison de santé. Continuer la lecture de « La longue histoire de l’intervention du juge dans les hospitalisations forcées »

« Femmes Psychiatrisées, Femmes Rebelles », Martine Delvaux [livre]

Précisons que les mots folles et fous sont utilisés dans cet article avec une tendresse et un respect infinis. Ils ne s’agit pas d’éveiller la fougue des militants du tout pathologique.

« Vous m’avez jeté votre monde au visage comme un seau d’eau, je ne trouverai jamais le chemin, je suis perdue. » Valérie Valère

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On parle de la folie qui est devenue pathologie, des fous qui sont devenus des malades, mais que dit-on des folles ?

Y-a-t’il une spécificité de la folie au féminin ?

Quels rôles les femmes ont-elles joué dans les grandes transitions du regard que l’on porte sur la folie, sur l’internement et sur la pathologie psychiatrique ?

Les grandes folles de l’histoire comme Claudel, Zelda Fitzgerald, comme Dora qui inspira Freud ou Mary Barnes qui joua ce rôle pour Lacan, ont peut être marqué la lecture de la psychose plus que l’on ne l’imagine. C’est du moins la proposition de Martine Delvaux dans son livre Femmes psychiatrisées, Femmes rebelles.

Continuer la lecture de « « Femmes Psychiatrisées, Femmes Rebelles », Martine Delvaux [livre] »

Samedi 11 juin, la folie prend les rues de Paris [Mad Pride 2016]

Voilà que la folie se rebelle!

Enfin (!) dirons-nous, elle ose sortir de nos petites têtes et s’affirmer au grand jour pour ce qu’elle est : un enjeu de société et pas l’affaire d’un ou deux illuminés, ni le fond de commerce des laboratoires pharmaceutiques.

La folie en a assez d’être assimilée au fou furieux, à la faiblesse d’esprit, à la perte de raison, à l’inaptitude, à la déficience mentale.
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La folie nous guette, non pas comme une descente aux enfers si on s’avisait de craquer; la folie nous guette parce que nous ne sommes pas raisonnables par nature, nous avons tous des rêves fous, nous sommes tous avides de liberté.

La liberté du patient en psychiatrie, elle, est souvent bafouée, par des traitements traumatisants à l’hôpital et la mise sous médicaments à vie.
La liberté, ici, c’est d’abord celle de pouvoir se sortir du médical et retrouver le chemin de la vie en société.

La folie a la vie dure: a-social, anti-psychiatrie, anti-psychotique, anti-dépresseur, on traite la folie à coup de antis.

La folie, qu’on est tous en droit de revendiquer, c’est le droit de se lâcher, de danser, de chanter, d’exister socialement et pas juste le droit à la souffrance ou à l’oubli.

La Mad Pride, c’est la folie en marche.

La Mad Pride, c’est ceux qui ne s’arrêtent pas à l’étiquetage entre sains d’esprits et personnes diagnostiquées.La Mad Pride, c’est une marche des (in)désirables, de ceux qui croient pouvoir changer les regards en se rendant visibles et en défilant ensemble dans les rues.

La Mad Pride, c’est une marche tout public où chacun peut exprimer sa folie et tourner en dérision les diktats sociaux et culturels.

Sortir dans la rue c’est aussi lâcher son écran, c’est faire le choix de rencontrer l’autre, c’est choisir la vie sociale et donner envie et espoir aux plus isolés. Car la folie qui fait mal, n’est pas que dans le regards des autres, c’est aussi celle qui enferme en soi-même.

L’esprit Mad Pride c’est ouvrir un terrain d’expression pour la folie. C’est montrer ensemble qu’on peut s’en sortir et mettre en route une transformation de la société.

Nous vous invitons à rejoindre le cortège du samedi 11 juin 2016, départ à 14H de la rue Crozatier, Paris 12e (devant l’Hôpital Saint-Antoine) en direction de la place de la République où se tiendra un débat à l’arrivée (et oui, la folie aussi se met debout)

Déguisés ou pas, venez avec vos slogans, vos pancartes et votre bonne humeur !