« Je suis fou », Les Betteraves

Paroles de Je suis fou des Betteraves :

Je suis libre
Je peux mourir demain
Je peux me crever les yeux
Je peux me couper les deux mains
Vous pensez que je déprime
Mais votre hypocrisie m’étouffe
Vous croyez que je dérive
Mais vos pétards vous rendent ouf !

Ref :
Je suis fou
Vous ne me connaissez pas
Je m’en fous
Car je n’existe pas
J’aimerai rire
Mais vous ne m’amusez pas
J’ai besoin de vous dire
Mais vous ne comprenez pas
Je regarde le ciel
Mais il n’existe pas
Et quand je m’émerveille
YAARRRH ! je n’y crois pas

Ref

Un matin reveillé par un infirmier
Direction l’hopital pour etre examiné
Dans ma tete il paraît qu’un virus à germé
Je suis contaminé, je suis dégeneré !
Dans ma tete je suis enfermé
A jamais je suis comdamné
La medecine m’a abandonée
Je nsai plus ou aller

« Si je suis fou », Mino

Paroles de Si je suis fou de Mino :

A 20 ans, il a peur
A 30 ans, il a peur
A 40, à 50
Et ils se noient dans les pleurs
La peur de faire la gueule
La peur de sourire
D’un côté, la peur de vivre
De l’autre, la peur de mourir
Vivre dans ce monde
Est pour eux insupportable
S’en sortir avec les honneurs
Est devenu insurmontable
Et puis, le soir à table
C’est la potence à 20 h
Ca viole, ça tue
Ca vole en bas de ta rue
La misère se rapproche
La haine frappe à ta porte
Tellement peur de tout
Voilà qu’on tremble
Peur de la montée
Et tellement peur de la descente
Peur d’la vérité
Qu’on préfère qu’ils nous mentent
On sait de quoi ils sont capables
Et peur de savoir ce qu’ils veulent
La peur de vivre en couple
La peur de finir seul
J’te parle de toi
De moi, de lui, de nous
Raconte de vive voix
Comment parfois nos cœœurs se nouent
La peur de perdre son temps
Son argent et son emploi
La peur de perdre sa femme
Ses enfants et puis son toit
De perdre la figure
Et peur de perdre son amour-propre
Peur de perdre pas grand-chose
Parce qu’on n’a pas grand-chose
La peur d’être touché
En pleine intimité
A force de vivre couché
On en perd sa dignité
Et c’est toujours la même peur
Incisive, acérée
Et à force d’avoir peur
On finit par accepter
Accepter que par le monde
Des enfants soient maltraités
Que les cartons de nos télés
Soient les lits des délaissés
Accepter que dans les livres
Ils trafiquent notre histoire
C’est leur fonctionnement
Leur mode opératoire
Les maladies qu’ils élaborent
Dans leurs laboratoires
Les puces dans les passeports
Et les vaccins obligatoires
Et quand l’or noir est en jeu
Le G8 joue les arbitres
Et les semblants de présidents
Qu’ils mettent au pouvoir en Afrique
Accepter de vivre
Complètement robotisés
Que même l’indépendance
Soit colonisée
Accepter de survivre
Dettes sur dettes
Et les murs
Qui s’érigent dans nos têtes
C’est nos souffrances que l’on bâillonne
Les libertés se privatisent
L’indifférence qui rayonne
Avec elle rien ne rivalise
Et si c’est ça être normal
Vivre toujours pressés
Sous antidépresseurs
Stressés par l’oppresseur
C’est ça être normal
Moi, j’préfère ma folie
Si c’est ça être normal
Vivre à l’agonie
Alors c’est ça hein
Un quotidien d’alcoolique
Redeviens animal
Et fume pour supporter la vie
Mon état est stationnaire
Mon amour irrationnel
Ma folie est passagère
De moins en moins occasionnelle
Un œœil sur le monde
Un autre vers le ciel
Mais elle n’est pas préméditée
Mon écriture est passionnelle
Ils vous diront que je suis fou
Que j’crache sur la thune
Que j’vais finir sous les ponts
Entre la mer et l’amertume
Ils vous diront que je suis fou
Qu’ils connaissent mes lacunes
Que je n’traîne que dans la rue
Que j’ai niqué mes études
Ils vous diront que je suis fou
Que j’regarde que la pub
Que j’vais finir comme un loup
Rongé par la solitude
Et laissez-moi devenir fou
Je marche sous la lune
L’écriture est un combat
Moi j’y ai laissé des plumes
Et si j’avance, suivez-moi
Si j’recule, tuez-moi
Si je meurs, vengez-moi
Si je suis fou, enfermez-moi
Si je suis fou, arrêtez-moi
Parce que je ne m’arrêterai pas
J’ai p’têt perdu la tête
Mais je n’ai pas perdu la foi
Ce soir, devant la barre
Pas besoin de témoins
Je n’descends pas du singe
Moi, j’descends de chez-moi
Et je ne suis qu’un homme
Lancé en pleine course
Si je suis fou
Alors nous le sommes tous
Alors nous le sommes tous

Ils racontent que je suis fou
Que j’ferais mieux d’me taire
Que je ne sais pas tout
Que rien n’pourrait me satisfaire
Que dehors c’est l’été
Mais je vois bien que c’est l’hiver
Que la terre tourne à l’envers
A l’endroit, à l’enfer
Ils racontent que je suis fou
Que j’ferais mieux d’me taire
Que je ne sais pas tout
Que rien n’pourrait me satisfaire
Que dehors c’est l’été
Mais je vois bien que c’est l’hiver
Toute façon c’est comme ça
Que je ne pourrai rien y faire

La folie Méricourt

Théroigne de Méricourt fut une figure populaire de la révolution française.

Comme toutes les figures féminines de la Révolution, elle connut un destin tragique.
Elle échappera à la guillotine mais au printemps 1794, son frère la fait interner et la révolutionnaire passera les 23 dernières années de sa vie à l’asile.

[Tweet theme= »tweet-string-underlined »]Théroigne de Méricourt, figure de la révolution française, passa les 23 dernières années de sa vie à l’asile.[/Tweet]

 

mericourt

« Les souffrances au travail », N’est pas fou qui veut

podcast-france-inter-n-est-pas-fou-qui-veut-ophelie-vivier(ré)écouter l’émission N’est pas fou qui veut du 23 août 2015 ici.

Ophélie Vivier accueille Christophe Dejours.

[Tweet theme= »tweet-string-underlined »]réécouter l’émission de radio « N’est pas fou qui veut » sur les souffrances au travail.[/Tweet]

« La psychanalyse selon Jacques Lacan », N’est pas fou qui veut

podcast-france-inter-n-est-pas-fou-qui-veut-ophelie-vivier(ré)écouter l’émission N’est pas fou qui veut du 9 août 2015 ici.

Pour parler de Jacques Lacan, Ophélie Vivier accueille la psychanalyste Lilia Mahjoub et l’architecte Roland Castro.

« Comment ne pas être paralysé par l’angoisse et l’anxiété dans notre vie quotidienne? », Ça va pas la tête!

interview-france-inter-ca-va-pas-la-tete-230x180(ré)écouter l’émission Ça va pas la tête! du mardi du 12 juillet 2016 ici.

Ali Rebeihi accueille Christophe André, Fabrice Midal, Cécile Guéret et Gérard Bonnet.

[Tweet theme= »tweet-string-underlined »]Comment ne pas être paralysé par l’angoisse et l’anxiété dans notre vie quotidienne ?[/Tweet]

« Fou à lier », Feu! Chatterton

Paroles de Fou à lier de Feu! Chatterton:

J’y pense tout le temps
Et pour que ça passe, ça passe
Je m’automédique
J’avale, j’avale
Des ecstas merdiques
Et je me dis que
Ça va

Et quand tout fout le camp
Je prends la poudre d’escampette
Qu’à mes tempes mon pouls ralentisse
Que les voix se taisent
Après la tempête
Je flotte dessus mes hantises
Dessus la peur d’être fou
À lier
Marteau comme ici les requins
Que j’ai dans la coloquinte
Au fond du bocal
Fêlé
Ouais je crains de finir fou
À lier
Marteau comme ici les requins !
Sont-ce des tickets low-cost
Pour des cieux tropicaux ?

Pastilles multicolores
Pour que les Dieux décolèrent…
Dans la discothèque
Poussent des palmiers que les
Crocodiles accostent

Descendons en parachute
Dans cet infini paradis !

La pensée a ses terres
Pas vues des radars satellitaires
Cette île est-elle ici réelle
Abandonnée?
Ou bien dans ma tête
Récif peuplé de sirènes

Qui disent que je suis fou
À lier
Marteau comme ici les requins
Que j’ai dans la coloquinte
Un tout petit grain
Caféiné

Elles disent que je suis fou
À lier
Marteau comme ici les requins !
Sont-ce des tickets low-cost
Pour des cieux tropicaux?

Oh oh mais où suis-je ?
Et qui sont ces gens
Qui enfilent des perles aux cous
D’autres va-nu-pieds ?

Vite, je courtise
Les filles des locaux
Enfile des perles aux cous
D’autres vahinés !
Ooooh ! Vite, je courtise
Les filles des locaux
Enfile des perles au cou
De toutes ces vahinés

« On devient fou ici », Sexy Sushi

Paroles de On devient fou ici de Sexy Sushi:

Elle s’ennuie dans les rues, tourne en rond sur les places, tourne en rond dans sa tête, on devient fou ici

Elle s’ennuie dans sa vie, dans son corps elle s’ennuie, on s’ennuie dans la vie, on devient fou ici

Etc

« Pavillon 36 », Bérurier Noir

Paroles de Pavillon 36 de Bérurier Noir :

Des infirmiers-charcutiers
Viennent pour te casser la tête
Tu te masturbes d’vant la télé
Ils te camisolent comme une bête
Des psychiatres-policiers
Viennent pour t’électrocuter
Tu peux crier, tu peux pleurer
Il n’y a que les murs pour t’écouter

Pavillon 36, j’veux pas être oublié
Pavillon 36, ma pensée rectifiée
Pavillon 36, ma tête a explosée
Pavillon 36, tout électrocuté
Au pavillon des oubliés
Ça sent la merde et le vomi
Un pauv’gars lobotomisé
Tape dans ses mains et dans sa pisse
Un autre juste déconnecté
Prostré, sans mots, reste accroupi
Ici, vous êtes bien à Villejuif
Quartier des crimes thérapeutiques

Pavillon 36, top-secret médical
Pavillon 36, je suis un animal
Pavillon 36, électrocannibale
Pavillon 36, la mort ultrabrutale

Non ce n’est pas la Thaïlande
Il y a des quoi avoir les glandes
Au pavillon des oubliés
Les malades ont des chaînes aux pieds
Alors messieurs les pisse-copies
Qu’attendez-vous pour dénoncer
Vous qui voulez de l’éxotisme
L’enfer est là sous notre nez

Pavillon 36, j’veux pas être oublié
Pavillon 36, ma pensée rectifiée
Pavillon 36, ma tête a explosé
Pavillon 36, tout électrocuté!

Sous les coups de bottes ferrées
Des piqûres à l’eau dans les fesses
Plus pouvoir s’asseoir ni bouger
Les électrochocs font le reste
Si pour vous c’est pas d’la torture
Alors Pinochet est une fée
C’est vrai qu’ici il y a des ordures
Qui finissent par d’venir députés

Pavillon 36, top-secret médical
Pavillon 36, je suis un animal
Pavillon 36, électrocannibale
Pavillon 36, la mort ultrabrutale

Non ce n’est pas en Sibérie
C’est dans la banlieue de Paris
Qu’on applique la démocratie
A grands coups de lobotomie
Non ce n’est pas en Thaïlande
Excusez-moi j’ai envie d’rendre
Pour te guérir on te détruit
Quelle pourriture la psychiatrie…

Pavillon 36, j’veux pas être oublié
Pavillon 36, j’veux pas être enfermé
Pavillon 36, j’veux pas être oublié
Pavillon 36, j’veux pas être interné

De nouveaux lieux pour la folie

Aujourd’hui, si tu t’avises de perdre la raison, on va te faire soigner, et c’est pour ton bien puisque tu es un être souffrant et on peut t’aider à ne plus souffrir, surtout quand tu représentes un danger pour les autres et pour toi-même.

La folie vue du dehors, c’est ça, un danger et un risque. Il s’agit de nous protéger, et pour cela paradoxalement on enferme les gens. Il y a l’hôpital et au sein de cet hôpital, la chambre d’isolement, et dans la chambre d’isolement une personne qui ne peut que maudire le monde qui l’a faite enfermer.

Viennent ensuite les belles histoires de ceux qui se relèvent, retrouvent goût à la vie et font le tour du monde pour raconter leur parcours de rétablissement et incarner un message engagé et plein d’espoir.

Ces survivants de la psychiatrie ont une parole très appréciée car authentique, sans détours. Mais on en fait vite le tour. S’accomplir dans le rôle du patient rétabli qui s’exprime dans le monde clos des soignants et des élus, parfois même des entreprises, est une espèce de mascarade sociale.

Ne peut-on pas devenir des acteurs publics pour œuvrer à un décloisonnement du champ de la santé mentale au lieu de se cantonner toujours aux mêmes cases ?

Où sont les lieux de citoyenneté, les forum-citoyens, les maisons de quartiers, les cercles de réflexion pour discuter ensemble de la société que nous voulons construire ensemble ? Car à l’heure de la désagrégation du lien social, du démantèlement des lieux de soins au profit de logiques gestionnaires, comment voulez-vous porter réellement l’intégration du patient dans la cité ?

On nous dit qu’il n’y a plus de sous pour le soin à visage humain et que de ce fait les soignants n’ont plus le temps d’établir des relations de confiance par le dialogue. Face à ça, les patients sont-ils aussi désœuvrés, passifs et dépendants qu’on voudrait le croire ? On veut qu’ils deviennent des citoyens à part entière mais quelle image nous renvoie-t-on à part celles de personnes inadaptées à la vie économique. Le rôle de la personne prise en charge en psychiatrie doit-il se cantonner aux espaces de soins thérapeutiques ou peut-il s’ouvrir sur la ville et comment s’en donne-t-on les moyens ?

Décloisonner les lieux de la folie, ce n’est pas détruire les lieux de soins ou démultiplier les espaces démédicalisés mais bien trouver de nouvelles formes de convivialité autour de la folie. Il s’agit d’impliquer l’ensemble de la société, sans qu’il y ait d’un côté ceux qu’il faut soigner et de l’autre ceux qu’il faut informer ne serait-ce que parce qu’ils peuvent eux-mêmes perdre la tête un jour. La question n’est pas d’absorber les fous dans la structure sociale mais bien de créer des lieux d’échange et de citoyenneté où chacun puisse s’impliquer par choix et à sa manière dans la chose commune. Il existe des espaces mentaux, des espaces radiophoniques mais il nous faut aussi des espaces physiques de rencontre si on veut que la citoyenneté soit effective.

Puisse ce texte être une pierre à l’édifice.