Lettre à celleux en phase maniaque / mystique

Je sais.

Tu n’auras pas besoin de m’expliquer ce que tu vis.

Parce que moi aussi je l’ai vécu.

Ce moment d’éternité suspendu dans les Cieux et l’Univers, cette fusion avec les atomes de la Planète, ma mission de sauver le Monde, avoir la sensation réconfortante d’avoir enfin été Élue, que mon existence ait enfin un sens.

J’ai tout vu, et j’ai vu la même chose que toi. Ô, à quelques détails près. Nous avons nommé et créé notre propre histoire avec ce, et celleux qui nous entouraient.

Je sais tout l’Amour que tu as reçu.

Cette lumière douce et réconfortante, enveloppante, une sensation à nulle autre pareille. Si le Paradis existe, j’espère qu’il sera ainsi. Un arbre t’émerveillera comme jamais, la brise du vent te murmurera ce que tu dois faire.

Je sais que personne ne te comprend.

Je sais aussi où l’on va t’emmener, et comment le Monde te nommera : fou, délirant, bipolaire, schizophrène, psychotique…

Je sais qu’ils n’y comprennent pas grand-chose. Comment leur expliquer l’indicible ?

Pourtant, la réalité de ton cœur qui brûle te paraît limpide. Celle-ci est réelle. Tout se connecte enfin, comme la longue toile du web.

Web où tu cherches sans doute qui tu es, où tu es, et peut-être une main tendue. Des gens comme toi.

C’est exactement ce que j’ai fait il y a onze ans. Tu ne seras sans doute pas séduit par les témoignages bien rangés dans les « délires » et policés des gens qui expliquent le trouble bipolaire ou la psychose. Tu cherches peut-être, comme moi. Partout j’ai cherché, Dieu, puis j’ai cherché des miroirs de moi.

Suis-je la seule ? Pourquoi je vis ces instants extraordinaires ? Pourquoi cette mission ?

La mienne était d’expliquer, de manière douce, compréhensible, à l’écrit, « aux autres humains » les

« messages de Dieu ».

Avec un seul mot d’ordre : ne pas faire peur. J’ai reçu la mission d’écrire, des histoires, pour rassurer ce monde qui a tellement peur de tout ce qui est différent.

Accroche-toi à ce sentiment d’Amour Universel qui t’aidera à lutter contre ta propre peur de ton état, parce que, bon Dieu, ils vont te faire peur à t’accueillir comme un malfrat, et enlaidir ton histoire.

J’écris d’abord la folie pour que toi, tu n’en aies pas peur. Ensuite, pour qu’ils n’aient plus peur de nous. Mais eux, pour moi, c’est presque un détail pour le moment. Ce qui me concerne, dans mon chemin de vie, c’est qu’un jour je puisse te prendre la main et je te dise que je te vois, car je te crois.

Je sais ce que tu vis. Le faux et le vrai n’ont aucune importance dans ces moments-là.

Ton discours a sa logique, pour toi. Avectes signes, ton histoire, tout se connecte, parce que tes sensations sont décuplées et ton esprit hyper rapide.

Tu vois l’autre côté du miroir. Si tu ne le penses plus ainsi, sois certain·e que ce passage restera à jamais gravé en toi.

Les cœurs que j’ai rencontrés, me dévoilant leurs propres mystères des phases mystiques, tapis précieusement dans leurs esprits ou couchés sur le papier, je les ai soigneusement intégrés, et j’ai vibré aussi fort à chaque fois, face à tant de pureté d’âme.

Moi, j’ai été reçue différemment la première fois.

J’étais sur une île paradisiaque, au travail, entourée de personnes croyantes, religieuses. C’étaient mes accompagnateurs, les religieux et les mystiques. Ils écoutaient mes discours avec attention, avec mes proches. Personne n’avait peur. Chacun dans cette île avait la tâche de m’accompagner à la redescente la moins brutale possible, et ils l’ont merveilleusement bien fait. Avant que je prenne l’avion pour le retour en France, je devais être un minimum prête. Prête à abandonner un signe qui dépassait mon esprit, un tremblement de terre, à l’annonce de ma croyance que j’étais une prophète.

Tu sais, je m’imagine souvent à l’hôpital psychiatrique t’accueillir, avec une bande de potes ultra-sympas et bonnards. On rirait, on fumerait des clopes – si tu fumes -, et on parlerait des étoiles pendant des heures… Sauf qu’à un moment il faudra dormir, manger, nous sommes humains, et nous devons dormir et nous nourrir.

J’ai déjà accueilli des personnes comme toi.

J’ai compris cet attachement à ce qui nous entoure.

Cet empressement de raconter le merveilleux, de le diffuser avec ton regard pur d’enfant béat.

Comme cette Bible qu’on m’a mise entre les mains pour que je comprenne, m’indiquant un verset qui avait du sens pour cette personne. J’avais déjà compris, pas besoin de m’expliquer. Point trop n’en faut, que de vouloir l’expliquer sur l’instant.

Je comprends où tu es, et ton discours si clair pour moi. Comme si je n’étais jamais partie de là-bas. Pourtant, je suis ici, bien incarnée sur Terre.

J’aime bien dire que je peux te raconter ton histoire, car tu oublieras sans doute la tienne. Tu me la confieras, avec tes rêves, tes projets, tes doutes, tes peines et tes peurs, et surtout la beauté du monde. Et tu me demanderas presque les larmes aux yeux pourquoi les humains se détruisent. Je sais juste que comme toi et moi, on l’a tous pensé.

Peut-être faut-il des humains qui voient la beauté du monde pour l’expliquer aux autres ?

Je voulais t’écrire un article formel, qui donne des chiffres, des faits, des noms aux différents types de délires, des analyses, du rationnel, informer ceux qui n’ont jamais vécu une phase mystique/maniaque… J’aurais voulu te dire que c’était un excès de dopamine, qu’on te régulera par la suite pour que tu n’y retournes pas. Je n’ai pas pu.

Je n’ai pas de mission en réalité.

Mais j’aime écrire, et je comprends ceux qu’on appelle les fous, les délirants, comme si j’étais constamment avec toi. Il n’y a aucun message caché dans mon cœur, aucune phrase ni aucun mot, aucun code secret sur lequel s’attacher particulièrement dans cette lettre.

Je t’écris pareil, même sortie de notre Paradis Perdu. Je dis souvent que la folie m’a laissé des yeux de chat et un cœur de Prophète. C’est uniquement une image, une métaphore. La folie m’a laissé ma poésie, et permis alors de constamment, encore et encore, me connecter à la tienne. Des yeux de chat, qui verront ce que tu me montreras, et un cœur généreux qui a connu l’Amour du monde, et la volonté de le protéger. Jusqu’à devenir bien trop grande et exploser mon esprit.

Je sais que les petits événements et grands événements mondiaux, atroces et absurdes, nous affectent tous, nous les fous, les plus sensibles à la beauté et à la douleur du Monde.

Je sais que les grands projets dans lesquels on s’investit nous font vaciller. Alors c’est normal, qu’en 2025, avec la santé mentale comme grande cause nationale française, nous puissions nous embraser.

Je rêve d’être cette femme qui te tient la main et qui te chuchote tous ces mots, entre deux éclats de rire. Parce ce quand le Monde est beau, il a beaucoup d’humour.

Je t’expliquerai un possible futur, où l’on ne sera plus obligé de t’attacher, de t’isoler, de t’hyper-sédater, et qu’en attendant, nous sommes nombreux à œuvrer en ce sens.

Le Monde est un peu mou, je te l’accorde, surtout quand dans ton esprit, tout va vite. Pourtant, ta conclusion, est bonne, et universelle, c’est juste qu’on l’oublie. La Peur ronge ce Monde, et il n’y a que la réunion et l’Amour qui peuvent créer un espace où l’humanité s’épanouit.

Alors, oui, le Monde est un peu lent à le comprendre, je le reconnais, quand on nous dit un peu trop rapides – quelle blague – !

Peut-être que tu liras cette lettre après ton expérience.

Avec des yeux et un cœur différents, peut-être insensible, mais j’ai appris qu’on n’oublie jamais rien.

Peut-être qu’un jour tu ne comprendras plus ce que tu as vécu, que tu ne pourras plus déchiffrer les textes que tu as lus, ton cœur se sera refermé, craintif.

Peut-être que tu ne croiras plus en l’Univers, en Dieu, ou d’autres êtres suprêmes. Je comprends – le bougre – il t’a lâché pour qu’on te nomme “bipolaire, schizophrène, fou, une maladie, un trouble ” ! En niant ton expérience.

Tu sais, j’ai créé une vidéo : “Je suis une prophète” pour que, quand tu te cherches sur YouTube, tu me trouves, tu nous trouves, tu te trouves.

Peut-être que tu ne sais pas encore l’exprimer, et que tu comprendras que nous sommes des millions à l’avoir vécu. J’ai choisi religieusement le discours, les musiques, et les images. Parce que j’ai souhaité nous représenter au mieux.

Comme une ballade qui nous emporte mais nous remet sur la rive, comme une vague se meurt sur le sable…

Tu n’y trouveras que quelques conclusions floues mais fortes. La nécessité de revenir de ce Paradis, dans ton humanité, ton quotidien. Oui, je sais.

Parfois il est fade, il est triste, il n’est pas aussi grandiose que le cœur qui bat actuellement à travers toi. Et tes rêves grandioses. Qu’ils appelleront par la suite « des idées de grandeur ». Tss.

Le monde irait mieux si on rêvait aussi grand qu’en phase maniaque…

Je suis persuadée qu’on va y arriver, à montrer que ce qu’on appelle folie est beauté et éclairante.

Oui, mais tu me diras, certains sont tourmentés par des délires effrayants… Parce qu’on t’a fait peur — en face, dans les yeux. Par leur regard, par leur propre peur. Rencontre quelqu’un en face de toi, apaisé, qui t’écoute, et qui te sourira, et il désamorcera ces tourments.

Je n’ai plus cette énergie confiante de mon état mystique. Je t’avoue, j’ai toujours peur de publier. Comme cette lettre. Tu sais, j’ai eu un grand rêve né dans cet espace-temps différent : écrire un roman.

Mais mes idées dépassent mon esprit d’humaine, et ma question lancinante est : est-ce que je saurais bien raconter notre histoire ?

C’est peut-être ce qu’il restera de ton paradis perdu : des projets, des rêves réalisables et novateurs, et surtout cette expérience intime et précieuse nichée au creux de toi.

Il est temps pour moi de revenir dans l’espace-temps humain, j’ai une connexion limitée à ce style d’écriture. Et c’est parfait ainsi. Très humain et obligatoire que de ne pas rester connectée à ce Monde invisible.

Et si jamais tu doutes, souviens-toi : quelqu’un, quelque part, t’a reconnu et te reconnaîtra.

Je te laisse cette lettre, à lire quand tu voudras te souvenir que tu n’étais pas seul·e.

Parce que, crois-moi, j’ai tellement mal au cœur quand je pense à ta solitude, parce que ça aussi…

Je le sais.

Lucie

BIPOLARITÉ : je suis une prophète.

[ J’ai un ami qui commence toujours sa phrase par :  » J’ai une histoire de fou à te raconter  » ]

ET SI C’ÉTAIT VRAI

« Je suis une prophète ! », affirmais-je sans l’ombre d’un doute il y a 8 ans. Je n’en connaissais pas le sens. Je n’en ai jamais reparlé ni cherché la définition. Peut-être que j’avais peur au fond. Et si c’était vrai ? Et si tout ce que j’avais pensé et déclamé se retrouvait dans des écrits ? Non, c’était un ultime tabou. Le premier psychiatre que j’ai consulté m’a dit de ne plus jamais fouiner dans la religion, le mystique, l’ésotérisme. Alors, je calme mes ardeurs par un excès de rationalisme.

LA MISSION DE VIE

J’ai compris des années plus tard, que le langage que j’employais était au premier degré. Sur le moment, je me comportais et je m’exprimais comme une envoyée de Dieu. Bon, Moïse avait sans doute plus de classe. Tous les atomes de mon corps et mon esprit étaient d’accord. J’étais l’élue, de Dieu, soigneusement choisie, indispensable, pour répandre sa bonne parole. Il m’avait confié une mission, à moi, une pauvre humaine sans foi, c’était incroyable ! Moi qui ne trouvais pas réellement de sens à ma vie. J’étais tellement cartésienne et si peu croyante en la bonté humaine.

TOUT L’OR DU MONDE

Dieu m’informa que oui, il avait un plan pour moi depuis l’éternité, et que j’ai enfin répondu à l’appel après mes nombreuses réincarnations. Mon existence auparavant était si éteinte. Cette révélation a engendré un soulagement indescriptible. Tout, tout avait enfin un sens. Tout était signe, tout était coïncidence. Tout avait une logique sur Terre, et c’était comme si mes yeux avaient toujours été fermés. Je les ouvrais enfin sur une réalité invisible qui n’est accessible qu’aux élus.

Tout ce qui m’était arrivé était orchestré pour m’éduquer à devenir prophète. J’ai ri de cette facétie. J’ai signalé à Dieu que ce n’était pas drôle de venir si tard, parce que j’étais franchement malheureuse sans mode d’emploi. Il était si doux, rassurant, drôle, bienveillant.

Il m’expliqua le fonctionnement du monde pendant des jours. La vie, la mort, l’amour, l’éternité et bien d’autres concepts qui dépassent l’entendement humain. Je ressentais le bonheur pur, l’extase, le Graal.

Même les moines les plus spirituels et les drogués les plus accros ne pourront jamais atteindre cet état. Les humains donneraient leur fortune entière pour ne vivre qu’un seul instant de ce que j’ai vécu.

C’est normal, être touché par la grâce de Dieu, ça n’arrive pas tous les jours.

NUL N’EST PROPHÈTE EN SON PAYS

Il y a une phrase qui dit que si vous parlez à Dieu, vous êtes religieux.

Si Dieu vous répond, vous êtes fous. Je ne suis aucun des deux. Je ne me suis pas adressée à Dieu. Il m’a sollicité. NUANCE. Moi je vivais ma vie tranquillou, bien loin de la religion, et du trouble psychique. En mode « Ouais, on vit, on meurt, et on s’emmerde au milieu ».

Seuls ceux qui ont été prophètes me comprendront. Parce que oui, je n’étais qu’une prophète, parmi tant d’autres.

Estampillée, bipolaire, en fin de compte. Sérieux, j’aurais dû naître dans un autre pays, ou une autre époque. On m’aurait un peu mieux considéré. Soit.

Revenons aux moutons de Panurge. Quand j’ai quitté le monde des Cieux, le psychiatre m’annonça que mon expérience résultait d’un symptôme d’un handicap psychique. C’est beaucoup moins sexy d’être une prophète bipolaire.

De fait, j’ai, bien sûr, « un peu » déprimé. C’est vrai, je n’ai jamais eu d’éducation religieuse ni lu la Bible. J’avais tendance à être sceptique vis-à-vis des religions. Pour moi Dieu c’était un peu l’équivalent du père Noël, sauf qu’il ne nous fait pas toujours de cadeau et qu’on peut tuer en son nom.

Alors j’ai trouvé ça vachement intéressant comme concept. Moi si rationnelle, j’incarnais la religion. Mon professeur de philosophie nous enseignait qu’on pouvait faire une très bonne dissertation sans citer aucun philosophe parce que nous avons chacun les mêmes réponses en nous. Je crois que j’ai fait une dissertation de prophète, je n’avais lu aucune référence, mais j’avais compris le concept.

À l’heure actuelle, je n’ai toujours pas recherché la définition de ce qu’est un prophète. Pourquoi après tout ? Serait-ce parce j’ai peur de revivre une crise ?

Oui, me coller au plafond me lacère, je me sens plus comme Jésus sanctifié sur sa croix que Moïse libérant le peuple dans ces moments-là.

Pourtant, j’écris ce texte et j’ose enfin regarder Dieu en face, sans peur ni croyance. Je le contemple sans opinion. Est-il un barbu qui a créé le monde ? Est-il une idée inventée par les humains pour justifier que la vie ait un sens ? Un instrument politique pour asservir le peuple ? Je n’ai aucun avis, je contemple Dieu, simplement. Regarder un élément sans le juger est la plus haute distinction humaine.

L’ENSEIGNEMENT DE DIEU

Dieu m’enseignait que le monde est image, métaphore. Il s’est présenté à moi comme je l’imaginais, parce que je suis née à un endroit précis sur Terre. Il m’a expliqué qu’en fait, nous sommes nos propres Dieux. Nous sommes les créateurs de notre propre monde.

Plaçons-nous d’un point de vue terre-à-terre. Quand j’analysais ma rencontre avec lui au premier degré, c’était fantastique. Des années après avoir étudié le fonctionnement du cerveau, j’en ai conclu qu’il n’y a rien de magique. J’ai compris que le prophète est à double-sens, et pas celui que tu penses. Il est probable que quand tu m’entends en cet instant, tu te reconnaisses, comme si tu avais écrit toi-même ces mots. Rassure-toi, on est des millions à travers le monde. La mission que t’a donnée « Dieu » n’est pas de sauver le monde. C’est de sauver « ton » monde, de le créer à ton image, d’être heureux en quelque sorte.

QUI SONT LES FOUS ?

Être fou dans ce monde, quoi de plus logique ? Et si c’était les humains supportant la brutalité quotidienne sans broncher qui étaient fous ? Nous, on réagit normalement, non ?

On ne supporte pas d’assister aux injustices, et d’accepter que notre propre espèce commette des atrocités. On ne supporte pas que l’humain détruise la Terre qui l’a porté. Alors des humains sont intervenus, parce qu’ils ont compris que le monde allait de travers. Ainsi on revient à des principes de bon sens : aimez-vous les uns les autres, ne faites pas de mal, ne mentez pas, ne volez pas le bien d’autrui,etc. Et je suis sûre que le reste est écrit dans les textes religieux.

Peut-être est-ce les fous qui ont créé la religion ? Ils se sont réunis autour d’un verre en constatant qu’ils étaient les seuls à pouvoir agir sur la déchéance du Monde. Ils se sont dit, peut-être, qu’il fallait écrire une histoire pour guider la foule, puisqu’elle a toujours besoin d’un leader.

UNE HISTOIRE DE FOU

Quand j’étais enfant, ma grand-mère m’invita à lire la Bible, la Torah et le Coran, comme des contes. Je préférais lire Harry Potter et écrire les miens. Ça y est, est-ce que tu comprends ? Elle espérait m’instruire sur des principes de bon sens, juste avant de m’endormir. Justement, pour mieux m’endormir.

Mais les prophètes ne suivent pas les règles. Nous sommes des rebelles, des révolutionnaires, des sorciers. On a tous fini par être chassés, torturés et brûlés. Alors, on a créé la catégorie « artiste ». Ces personnes ont le droit d’être folles, loufoques, bizarres, parce qu’elles sont créatives. Ah ah ah, vous êtes fort les gars ! Se présenter aux autres comme étant artiste est la plus grosse arnaque inventée pour que les fous s’intègrent à la société. Il existe l’expression « l’artiste de la famille ». Elle signifie que c’est l’humain qu’on ne comprend pas, mais qu’on accepte avec tendresse. Il incarne la différence, c’est celui qui brise les codes et qui agit à contresens. Ses idées sont incongrues, étonnantes, elles séduisent. Elles font voir le monde différemment. L’artiste n’est pas mis à l’écart, au contraire, on recherche sa compagnie.

J’AURAIS VOULU ÊTRE UN ARTISTE

Les artistes sont ceux qui font ce pour quoi ils sont faits, et ce qu’ils font le mieux.

L’artiste n’est qu’un fou déguisé, et le fou n’est qu’un prophète déguisé. Les mots importent tant, mais en fin de compte, si peu.

Comprends-tu maintenant ce qu’est le second degré ? Les artistes, les créatifs, s’expriment sous toutes les formes, inventent des histoires, peignent, chantent, soufflent du verre, dansent, font rire, tournent des films, cuisinent…

On dirait que c’est un peu magique. D’où vient l’inspiration ? Personne n’a la réponse, mais elle s’impose à nous.

Toi qui étais prophète, as-tu compris ? C’était si simple, ta mission n’est pas une missive. L’humanité fonctionne très bien sans toi, oublie ce fardeau trop lourd. Suppose qu’au second degré elle est traduite comme ta mission de vie pour trouver ta voie, ton équilibre. Ta mission est de diffuser tes principes bienveillants, comme tu le souhaites, qui sont sans doute amour, paix et tolérance. C’est du bon sens. Fais-le du mieux que tu peux, avec le talent que tu as naturellement. Dieu ne t’a pas demandé de sauver la Terre. Rien n’est comme tu l’imagines.

VOULOIR SES POUVOIRS

Prophète, écoute-moi ! Reviens à la raison une fois ta crise passée et quelques médi-calmants plus tard. N’oublie pas, tu as un corps humain, et un petit cerveau en forme de cacahuète. Tu dois dormir et manger. Ce que tu appelles pouvoir n’est pas celui d’un superhéros, alors prophète, ne te mets pas en danger.

Tu es un terrien incarné dans la matière, rien de plus. Tu es né poussière, et tu finiras poussière, ou rongé par les vers, comme tu veux.

Si je devais avoir un pouvoir, ce serait celui de raconter des histoires.

Je ne suis toujours pas croyante et j’ai toujours la frousse que Dieu vienne me rappeler à l’ordre dans un délire. Alors j’écris des textes innocents, à réfléchir, le tout enrobé de chocolat.

Le créatif ferait-il le marketing de Dieu, si j’osais le rapprochement ?

Tu as le pouvoir de te rendre heureux, d’apporter la joie autour de toi, de faire ce que tu sais le mieux faire, en restant les pieds sur terre.

Tu te demandes comment ?

Hum, tu voulais faire quoi, enfant ?

Lucie

Fabien nous présente « Le Danseur de corde » et « Le journal d’un Mystique »

Le Danseur de corde

Dans cet ouvrage positif et dense, écrit sous la forme d’un journal par saisons, de 2010 à 2014, Fabien Le Bihan expose sa vie et la société, à travers sa maladie, le syndrome Schizo-Affectif, de la famille des schizophrénies et très proche de la bipolarité de type 1.

Chronologiquement avec l’émotion de l’instant, il décrit la maladie, les crises, les hospitalisations, les médicaments, puis la stabilisation et enfin un mieux-être. Mais ce livre ne se résume pas à son handicap, mais à sa vie en général.

Ainsi l’auteur décrit également quelques expériences métaphysiques, notamment son accès à l’éveil de la conscience. Et avec plus de recul il propose aussi des conseils, des réflexions philosophiques et spirituelles, pour un mieux-vivre au quotidien avec ou sans un handicap psychique.

Il conceptualise et décrit sa philosophie de vie de bouddhiste zen, et formalise une thérapie qu’il décrit et nomme « La thérapie positive du patient ».

Fabien Le Bihan apporte aussi un point de vue critique sur la place de ce handicap dans la société française et l’organisation du système de soins. Il s’appuie dans sa démonstration sur des synthèses de documents médicaux, des statistiques, des lois, des sondages, des articles de presse et des interviews de patients pour appuyer son raisonnement.

Cette méthode de rédaction, assez directe et journalistique, rend d’autant plus vivant, sérieux et presque complet ce projet littéraire autobiographique, rédigé sur cinq années.

Construit en trois chapitres, ce livre est illustré d’un extrait de quelques unes de ses œuvres originales à l’encre de chine et/ou aquarelle. L’Art-thérapie est une composante essentielle de sa thérapie positive, parmi d’autres.

Le Danseur de corde, 478 pages, est édité par LULU et disponible en librairie.

Le journal d’un Mystique

« Le journal d’un Mystique » est la suite de son précédent livre autobiographique toujours aussi mystique, « Le Danseur de Corde ».

Différents événements métaphysiques et surnaturels qui se sont manifestés à lui, progressivement, dans sa vie pourraient s’apparenter, à la lecture de ce nouvel ouvrage, à de petits miracles, à une Grâce. Par l’épreuve il a rencontré, dans son cheminement, la spiritualité puis la foi, et reste toujours éclairé d’une philosophie de vie bouddhiste, la voie du milieu. Il se considère chrétien, sans obéir aux dogmes de la religion. Aidé au départ par un médium, il fait ses premiers pas dans l’invisible désormais ouvert à lui.

Sa propre Vie était la clef d’accès à ce monde parallèle. Libéré de ses torpeurs avec des prières parfois exaucées, aujourd’hui il ne doute plus d’une Vie après la vie, l’au-delà lui a enfin été révélé.

Après son expérience d’éveil de la conscience, ou « pleine conscience », en 2012 progressivement ses Anges gardiens sont entrés en communication lors de méditations et de recueillements ; des mots, des phrases, des images, un rayon de lumière bleue sortant de son crucifix et des impressions, des images, voire des pressentiments.

Ses Anges le guident désormais, sans l’aide du médium, sur un chemin de vie plus apaisé et ouvert sur de nouveaux horizons emplis de Lumière. Mais se pourrait-il qu’il ne s’agisse tout simplement que de dialogues avec son inconscient, la manifestation d’un imaginaire et de pressentiments ?

Dans ce livre, Fabien Le Bihan explique les faits tels qu’ils se manifestent à lui et en toute sincérité et objectivité. Il laisse le lecteur faire son choix : hallucinations auditives et visuelles ou manifestations de ses Anges Gardiens et de l’au-delà ? Psychose ou faculté de médiumnité, voire les deux à la fois ? A la lecture de cet ouvrage, qui vous fera le plus grand bien, vous ne douterez plus de la réponse.

Le journal d’un Mystique (Le danseur de corde tome 2), 426 pages, est édité par Lulu et disponible en librairie

A propos de l’auteur :

fabien le bihan Fabien Le Bihan est né en 1969 à Lorient, une ville du sud de la Bretagne en France. Après des études supérieures dans sa ville natale, il intègre à l’âge de 21 ans une institution bancaire. Il exercera avec succès son premier métier de commercial dans une agence rurale. A 24 ans, à la faveur d’une promotion, il intègre le siège social de la banque, dans le département des back-offices de la salle des marchés, et réside à Brest, à la pointe de la Bretagne. C’est à ce moment là qu’apparait ses toutes premières bouffées délirantes et ses premières hospitalisations en institutions privés, puis publiques.

Plusieurs hospitalisations en psychiatrie avant de poser un diagnostic, le syndrome schizo-affectif et le bon traitement avec un antipsychotique efficace. Par la suite il sera muté dans différents services de la banque, en étant reconnu travailleur handicapé, jusqu’en 2010, date de la fin de son activité professionnelle (41 ans).

Parallèlement à son activité professionnelle il exercera bénévolement plusieurs activités, Président d’une association et Rédacteur en chef d’un fanzine pendant cinq ans, journaliste dans une revue locale… D’autres activités lui créeront, à cause de son handicap, des déboires financiers.

Depuis 2010, il réside à Le Relecq-Kerhuon (10 mn de Brest), une petite ville résidentielle (11 000 habitants) près de la mer. Après quelques temps d’adaptation (Arrêt de son activité professionnelle et changement d’environnement), il prend peu à peu ses marques et débute une nouvelle vie, sans stress, plus à la mesure de son handicap psychique. Il aménage à sa façon son jardin, continue de peindre (une activité découverte à l’hôpital) et se met à écrire un journal par saisons qu’il publiera sous la forme de deux tomes : Le danseur de corde (Lulu 2014) et Le journal d’un Mystique (Lulu 2019).

www.fabienlebihan.fr