Blog

Portrait de Lili

Comme Lili, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous, en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Mes inspirations sont la nature, les fleurs, le jardin, les arbres, l’eau, les rivières.

J’aspire à de la sérénité dans les relations sociales, dans la compréhension de l’autre. J’aspire à une meilleure connaissance de l’être humain et de son fonctionnement.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

J’ai fait beaucoup de métiers avec en fil rouge le bien-être d’autrui. Ce que j’aime c’est de partager, d’échanger joués et souffrances.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Le monde de la santé mentale est difficile à comprendre. On dirait qu’il a perdu son objectif qui est de rendre possible une vie sereine aux personnes souffrant de maladies mentales.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Chacun a sa folie… la folie c’est une différence… la folie apporte une façon de voir les choses sous un autre angle, de la créativité au sens très large du terme.

De la folie, on peut tirer de grandes idées qui font les grands hommes. De la folie, on peut tirer de magnifiques œuvres musicales ou de peintures.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Ministre de la santé mentale, je réformerai en profondeur la façon de voir la maladie mentale. Dès l’école, je ferai apprendre aux enfants que nous avons tous une santé mentale et qu’il faut en prendre soin comme de sa santé physique. J’intégrerai de façon obligatoire un module sur la santé mentale dans toutes les formations médicales car on ne peut bien soigner quelqu’un sans prendre en compte son mental.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

Le travail auprès des proches de personnes souffrant de troubles bipolaires en Franche-Comté avec l’Antenne Argos 2001 Doubs Franche-Comté.

L’utilisation humaine des êtres humains : Comment prescrire ?

Quant au DSM-8 prévu pour janvier 2021, il est attendu sous peu sous forme d’une nouvelle méthode de réflexion sur le fonctionnement interne des être vivants notamment humains, via l’étude avancée du fonctionnement neuronal, voire du stress-post-traumatique élément essentiel du dysfonctionnement psychique. L’étude de la parole de l’individu isolée en lieu de privation de liberté psychiatrique est envisagée pour 2034 de façon à analyser les problématiques intellectuelles voire affective des individus concernés.

C’est par l’observation clinique des êtres vivants que s’est établi historiquement le DSM-1, -2 jusqu’au DSM-30-12. S’apparentant à la classification de Linné du 17ème siècle, botaniste célèbre du roi, le DSM permet via observation extérieure de l’être humain, voire uniquement vivant, l’expression de croix dans des cases de type QCM afin de déterminer par une approche exclusivement extérieure et externe le mode de fonctionnement du cerveau humain. Se basant sur la mécanique des cartes perforées d’IBM dans les années 1950 (Cf. IBM et l’holocauste – Edwin Black), et des études chimiques des militaires américains sur le LSD dans l’US army (Cf. LSD mon enfant terrible – Albert Hoffmann), la psychiatrie mondiale a rendu possible vers cette même époque, la compréhension d’un phénomène étrange : le rôle de la chimie dans le fonctionnement du cerveau. Déjà démontré en -3000 par l’usage du vin des vignes grecques, les produits ingérés auraient un rôle sur le fonctionnement cérébral. Ce n’est qu’en 1950 que la Grande Amérique établira ce lien indéniable mais jusque là mis en doute par des génération d’alcooliques et de fumeurs de tabac ! De là, la recherche scientifique des laboratoires pharmaceutique établit de façon sûre et certaine un lien avéré entre éléments extérieurs et interiorité humaine et bim, découverte majeure en 1950 des médicaments neuroleptiques sur des générations (de soldats précédemment LSDisés ?, alcoolisés, voire alimentés !)

« Comme des fous », l’asso, s’engage à agir avant 2034 pour laisser s’exprimer une voire deux personnes concernées via un blog participatif et ouvert à tous pour réaliser ce doux rêve de la psychiatrie de secteur : laisser la parole s’exprimer !

NB : Les psychiatres sont nos amis il faut les aimer aussi :p

Portrait de Magichit

Comme Magichit, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Sans réel métier depuis longtemps j’ai des activités professionnelles que je fait (ou veut accomplir – dans l’art donc) parfois pour d’autre rarement pour un gain.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Confronté à des personnes hors du monde de la santé mentale, j’ai appris à voir ce qu’était l’aliénation, être étranger à la raison.

Je pense toutefois que les catégories et les « normes sociétales et/ou sociales' » sont autant des carcans que des barrières illusoires à l’individualité.

Certes s’aventurer loin de la raison et de la conscience de soi et du monde est aussi souffrance et peine, danger et errance quand ce n’est pas un choix mais une obligation réelle ou somatique.

Santé mentale indiquant une norme je préfère parler de « monde » de l’équilibre personnel, de ce qui permet de nous réaliser.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Une vision autre. La force d’avoir à se battre même si par obligation, mais tout ceci est biaisé et relatif à l’expérience de chacun et chacune.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non. Je demanderais que les gens soient plus et mieux pris en charge et intégrés à la société quand possible. Parfois, certes les solutions n’existent pas mais parfois les médications ou autres camisoles et internements ne sont pas des solutions.

L’écoute et le soutien, les thérapies comportementales et le temps accordé aux diagnostics et patients pourront toujours être accrus pour résulter en bénéfices.

Portrait de Poppy

Comme Poppy, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

J’adore les animaux et en particulier les chats. J’aime la musique et la peinture, écrire aussi.

Je suis seule depuis des années et j’espère rencontrer des gens qui pourraient devenir des amis. C’est un grand but dans ma vie.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je ne travaille pas mais je passe mon temps à me documenter sur les médecines alternatives, les plantes, les vitamines, tout ce qui peut aider à supporter ou à soigner une maladie sans passer par la case « médecin ou spécialiste ».

J’ai pu remarquer que les docteurs en général avaient tous un certain mépris pour les personnes souffrant de maladie mentale et ne les prennent pas au sérieux. Alors si je peux éviter de les fréquenter, c’est mieux…

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Du mal, du mal… Les psychiatres sont totalement incompétents, pour la plupart, ce sont des distributeurs de cachets sans état d’âme qui vous condamnent à vie à avaler des poisons qui induisent la maladie plus qu’ils ne la soignent.

Les infirmiers sont à la botte des psy et n’ont pas de recul sur les malades qu’ils fréquentent. Je n’ai que des expériences désastreuses en hôpital ou en clinique psychiatrique. J’envie les finlandais et leur Open Dialogue qui soignent en six mois des schizophrénies qu’on condamne à vie ici.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La seule chose que j’en ai retiré, c’est d’avoir compris que je ne suis pas faite comme la plupart des gens, que je suis très sensible aux rapports humains et que je suis souvent déçue parce que j’en attends beaucoup plus d’authenticité et de chaleur que cela est possible.

Cela m’a fait comprendre que les gens en majorité ne réagissent pas comme moi du tout et à force de recherches, j’ai découvert que j’étais surdouée et hypersensible. Cela ne fait pas avancer le schmilblick mais au moins je sais qui je suis aujourd’hui.

Avant j’attendais tout de autres, maintenant, je n’attends plus grand chose du commun des mortels et ce n’est pas plus mal parce que c’est une des clés de ma maladie.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

J’accepterais le poste avec joie et je commencerais par demander aux psychiatres d’aller se former à la psychologie et à la thérapie familiale.

Sinon je demanderais à ce qu’il y ait beaucoup plus de pair-aidants, de médiateurs en santé mentale et qu’ils aient plus de poids face au milieu infirmier qui y est très hostile en France.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

Je lis souvent le blog de Paul, un garçon schizophrène qui va mal, tout seul dans son studio, bourré de cachets et sans issue : blog-schizophrène.fr Paul, la schizophrénie dans la peau.

« A l’intérieur », la série qui vous arrache le cœur.

Un commentaire personnel et sans spoil sur la série policière en 6 épisodes d’une cinquantaine de minutes produite par France 2 à voir en replay ici.

Une jeune fille – Ana – est retrouvée morte dans une clinique psychiatrique, la veille du jour de sa sortie. Le cœur arraché. Angèle, 29 ans, est chargée de l’enquête. C’est sa première mission, elle sera seule à la mener. On ne rentre pas à plusieurs dans ce genre d’endroit quand on est flic, car il n’est pas simple d’interroger des “fous”. La folie fait peur et rebute. Mais pas Angèle. Elle se sent bien « à l’intérieur », et ces « fous » sont pour elle attachants, vivants, drôles. Presque plus que les gens « normaux » qu’elle côtoie tous les jours dehors.

France 2

La brillante et lumineuse Noémie Schmidt incarne la policière chargée d’élucider ce crime atroce commis dans une clinique psychiatrique, atroce car une patiente est retrouvée morte, le cœur arraché… Un tel synopsis en rebutera plus d’un, mais la série mérite qu’on lui laisse une chance.

Car cette série réveille les clichés les plus sombres de la psychiatrie pour essayer de les déconstruire, faisant oeuvre malgré tout d’un bel effort de déstigmatisation. En effet, on joue avec les représentations mentales de tout un chacun et sur les peurs que nous inspire la psychiatrie. Et on ne peut s’empêcher d’associer ce meurtre aux faits divers horrifiants qui alimentent l’imaginaire du fou dangereux dans la presse et dans nos têtes.

Soignants comme soignés sont suspectés de la même manière. Dans cette clinique, les patients sont autiste, bipolaire, psychopathe, borderline, transgenre, suicidaire, nympho, parano, anorexique, voyante ou encore exhib’ mais surtout ce sont des personnages à part entière. On remarquera que les scénaristes se sont abstenus de personnifier la ou les schizophrénies.

La série interroge un nombre impressionnant d’idées et de préjugés : peut-on vraiment faire rentrer la police dans un lieu de soin? L’hôpital est-il vraiment un lieu de non-droit où l’on peut tuer impunément? Où le psychiatre fait sa loi?

Et peu à peu, on découvre l’inverse. Les patients ont des relations sexuelles, ils tombent amoureux, ils ont leur intimité, les soignants également, et finalement on découvre que nous répondons tous aux mêmes instincts et aux mêmes passions.

C’est là que le rôle de la jeune policière est admirable puisque peu à peu on la voit se laisser envahir par sa propre folie. Les frontières entre le normal et le pathologique se brouillent et on rentre dans l’humain. On sort de nos cases mentales et on se surprend à suspecter tout le monde. Et si l’autiste ou le bipolaire se laissaient emportés furieusement par la violence? Que se passerait-il si les patients arrêtaient leur traitement? Et puis, il y a les électrochocs, la patiente qui fait un transfert sur son psy, les infirmiers qui nous font des leçons de psychiatrie, les proches de la policière tellement dépassés qu’ils veulent la faire interner, et elle qui se met à écouter les patients et à les comprendre, ainsi qu’une mémorable leçon de féminisme par l’une des patientes face à son mari.

Je m’arrête là pour ne pas en dire trop!

En tout cas, n’hésitez pas à regarder cette mini-série et à donner votre avis, les images sont joliment filmées, Béatrice Dalle est excellente dans son rôle et les scènes de danse sur un fond de rap sont des moments de poésie pure dans un monde de brutes.

Joan

Lettre ouverte à la nouvelle génération de soignants en psychiatrie.

Dans cette « Lettre ouverte à la nouvelle génération de soignants en psychiatrie » Jérôme Cornier, cadre de santé en psychiatrie exhorte les nouvelles générations à moins de docilité et les invite à « définitivement refuser d’attacher pieds et poings liés un être humain sur un lit car tu sais que ce n’est pas thérapeutique, mais surtout que l’on peut faire autrement. »

Revue Santé Mentale

« Voici une invitation à la désobéissance adressée par un cadre de santé à la nouvelle génération de soignants en psychiatrie. Une seule exhortation : avoir l’audace de désobéir pour défendre la dignité des personnes hospitalisées et trouver l’énergie pour entraîner l’ensemble de la société dans cette belle aventure car on ne fait rien de bon tout seul en psychiatrie. »

Infirmiers.com

Bonjour à toi, oui toi qui vas faire partie de cette génération qui va définitivement bannir des soins psychiatriques la contention physique comme d’autres ont réussi à nous débarrasser de la lobotomie. A toi qui va définitivement refuser d’attacher pieds et poings liés un être humain sur un lit car tu sais que ce n’est pas thérapeutique, mais surtout que l’on peut faire autrement. A toi qui a lu ou va lire qu’au CH de Valvert, cela fait 10 ans que cette pratique d’un autre âge, est interdite. Et à toi enfin qui a peut-être eu la chance de grandir sans te prendre des tartes dans la gueule et qui a la conviction qu’en éducation comme en soin, la parole peut remplacer les maltraitances. Bien entendu éduquer sans user de sévices corporels n’est pas toujours simple mais c’est possible et surtout souhaitable.

Dans une récente publication, une équipe du CH Valvert (Fernández , 2019), souligne un paradoxe de la Haute autorité de santé (HAS) qui préconise une pratique dont elle reconnaît les effets délétères. Qui oserait revendiquer comme bonne pratique aujourd’hui en France le fait de frapper un enfant lors d’une crise, même en dernier recours ?

De plus l’équipe explique dans le même article, que limiter les dispositifs de coercition a comme effet immédiat de calmer les patients. De mémoire, Jean-Baptiste Pussin, surveillant de l’hospice de Bicêtre, avait fait le même constat à la fin du XVIIIème siècle et avait encouragé le Dr Philippe Pinel à faire preuve d’audace et à se fier à la clinique infirmière pour améliorer la condition des agités et révolutionner la psychiatrie.

Pour l’anecdote, pendant la seconde guerre, il fallut vider, à la hâte, les hôpitaux psychiatriques parisiens à l’approche de l’ennemi. Et là, à la grande surprise des soignants, même les patients que l’on croyait tout juste bons à rester dans un lit, ont rapidement retrouvé leur autonomie. Comment expliquer qu’un simple changement de cadre puisse provoquer un tel changement de conduite ? (Mornet, 2014).

J’en suis persuadé, en ce qui concerne l’éthique de notre profession, tu ne renonceras pas à penser la complexité afin d’être un soignant, pas un salaud.

D’Hermann Simon (1921) à Jean-Paul Lanquetin (2019) en passant par François Tosquelles et sa bande, cette question a une réponse simple : pour que le milieu puisse devenir facteur de changement et de développement et non plus de déshumanisation, il est nécessaire de considérer que l’établissement psychiatrique lui-même doit faire l’objet d’attentions et de soins.

Parce que l’environnement est déterminant (Laborit, 1997), l’urgence est de soigner l’ambiance dans les services de soins. La synthèse réalisée par le CRMC (Nicolas, Lanquetin, 2017) permet d’appréhender les trois niveaux de mesures préventives pour éviter d’avoir à restreindre les libertés des usagers. Depuis plus de dix ans, je tente de convaincre ma hiérarchie de tenter une semaine sans contentions, malheureusement en dépit de rencontre avec les équipes, d’interventions, de textes, et même d’activités de recherche, ma proposition a une nouvelle fois été rejetée lors du séminaire cadre de l’année dernière.

Alors, même si je continue à penser qu’écrire est utile et que des articles, comme le dernier de Didier Morisot (2019), sont aussi délectables que nécessaires, j’ai également la conviction que ce ne sera pas suffisant pour impulser un réel changement de pratique. Pour dépasser le dogmatisme et l’incroyable allégeance de la majorité des psychiatres à une politique sécuritaire et néo libérale qui rend possible une insoutenable maltraitance institutionnelle (Gabarron-Garcia, 2015), tu vas devoir faire preuve de courage et t’allier avec les usagers pour imposer un autre imaginaire.

Et c’est pourquoi je compte sur toi pour être moins docile que tes aînés. Car j’en suis persuadé, en ce qui concerne l’éthique de notre profession, tu ne renonceras pas à penser la complexité (Touzet, 2019) afin d’être un soignant, pas un salaud. Et non seulement tu auras l’audace de désobéir pour défendre la dignité des personnes hospitalisées, mais tu trouveras également l’énergie pour entraîner l’ensemble de la société dans cette belle aventure car tu sais qu’on ne fait rien de bon tout seul en psychiatrie.

Merci pour finir à toi d’exister et sache mon impatience à l’idée de te rencontrer. A très bientôt donc !

Tu vas devoir faire preuve de courage et t’allier avec les usagers pour imposer un autre imaginaire.

Jérôme CORNIER
Cadre de santé
jerome.cornierifcs@gmail.com

Bibliographie

  • Fernández VI, Karavokyros S, Lagier F, Bauer L, Védie C. (2019). “Soigner sans contention physique, quels enjeux psychiques ? De la contention à la contenance”. Evol psychiatrique; 85(3).
  • Gabarron-Garcia, F. (2015). « De la psychothérapie institutionnelle à l’analyse institutionnelle », les contractions de la psychiatrie : expériences labordiennes ». In La psychothérapie institutionnelle, SUD/NORD folies et cultures, N°26. Edition ERES.
  • Herman, S. (1921). « La thérapeutique active en hôpital psychiatrique ». Paris, PUF.
  • Mornet, J. (2014). « Chapitre V. La psychothérapie institutionnelle ». In, J. Mornet, Une introduction aux psychothérapies (pp. 177-204). Nîmes, France: Champ social.
  • Laborit, H. (1997). « La légende des comportements ». Flammarion.
  • Lanquetin, J. (2019). « Prévention primaire en psychiatrie, un travail d’ambiance ». Empan ,114(2), 72-78. doi:10.3917/empa.114.0072.
  • Nicolas M, Lanquetin JP. (2017). « Isolement et contention : Repères pratiques pour en limiter le recours ». Voiron : CRMC Disponible
  • Touzet, P. (2019). « Activités occupationnelles ou activités thérapeutiques, une différenciation complexe ». Soins Psychiatrie, Volume 40, numéro 323.

COFOR de Paris itinérant

Ecole du rétablissement itinérante de Paris avec ateliers dans des lieux divers avec un fonctionnement en groupe d’auto-support.

Groupe autonome de pairs-aidants en construction pour la création d’une école itinérante du rétablissement et de l’empowerment en santé mentale : le COFOR de PARIS.
Le groupe a pour objectif premier de créer une petite communauté de pairs-aidants informels pour former une petite communauté de pairs destinée à créer une école du rétablissement et de l’empowerment en santé mentale composée d’ateliers ponctuels.
La communauté se veut horizontale et fait agir des pairs-formateurs et des pairs-auditeurs. Les pairs sont tour à tour formateurs sur leurs savoirs expérientiels et tour à tour auditeurs sur les savoirs expérientiels des autres pairs.

Guide pratique et militant de la schizophrénie

Nouveau zine! Le titre est explicite, bonnes lectures et partages. Pour donner un aperçu, ci-dessous le sommaire du zine et plus bas le lien pour accéder au téléchargement de la brochure:

Zinzin Zine

Pour faire un don à l’auteure : Avril Dystopie

Guide pratique et militant de la schizophrénie

Qu’est-ce que la schizophrénie?

Maladie ou neuroatypie?
Manifestation de la schizophrénie
Délire?
Manifestations cliniques

Le quotidien d’une personne schizophrène

Vivre avec un handicap psychique
La crise psychotique
Soin et médications
Traitement à vie pour une meilleure vie?
Psychophobie et validisme

Qu’est-ce qu’il est possible de faire pour aider une personne schizophrène?

Les petits coups de mains
Les directives anticipées
Sur l’hospitalisation sans consentement

Vivre avec sa schizophrénie

Trouver ses mots
Trouver ses soutiens
Se battre pour sa liberté
Liste de ressources

Portrait de Sophie

Comme Sophie, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Mes inspirations sont les autres (chacune de mes discussions est source d’inspirations), l’art, les livres, les films, la nature… Je pense que tout peut être inspirant…

J’aspire à un monde plus tolérant où nous ferions de nos différences une richesse, où nous verrions dans les médias toutes les personnes qui composent la société quel que soit leur handicap, leurs religions, leurs couleurs de peau, leurs formes, leurs tailles etc. Un monde où au lieu d’avoir peur de la différence, nous chercherions à la comprendre, nous apprendrions à nous respecter…

Un monde inclusif qui tirerait tout le monde vers le haut et qui encouragerait chaque personne à devenir le meilleur de lui-même.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je suis actuellement en recherche d’emploi, ce qui ne m’empêche pas d’avoir pas mal de projets…

Je suis bénévole pour le réseau des entendeurs de voix (revfrance.org) et je poste sur la page facebook de https://icarus.poivron.org/

Et j’aime cette phase de ma vie où je ne suis pas encore posée, j’ignore si je vais me diriger vers la recherche autour de la psychiatrie ou interviewer des personnes qui n’ont pas assez la parole dans les médias ou écrire un recueil de témoignages sur les dérives de la psychiatrie ou peut-être tout cela à la fois… 🙂 !

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Je suis écœurée du monde de la santé mentale… J’ai vu trop de vie détruite par ce monde pour en dire du bien. Je pense qu’il faudrait tout refonder et que les soignants soient davantage formés par les personnes « malades » elles-mêmes. Je pense que nous sommes dans une société où nous avons besoin de poser des étiquettes, où il est interdit d’être malheureux et où si l’on flanche un peu, il est facile de nous trouver une maladie plutôt que de nous écouter…

Je déplore d’ailleurs le manque d’écoute de la plupart des professionnels en psychiatrie.

Lorsque j’ai été psychiatrisée en 2013, je venais de terminer mes études de psycho. Je me suis retrouvée à la place du patient et c’est comme si pendant 5 ans j’avais appris beaucoup de bêtises sur la psychose. Ce qui me fait avoir un regard encore plus critique sur la santé mentale.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Pour ma part, lorsque les autres pensent que je suis folle, je me sens plutôt éveillée et extrêmement lucide et bizarrement nous nous comprenons avec les autres « fous ». Alors je me demande si la folie n’est pas une question de perspective… Juste ne pas être adapté(e) à ce monde bien trop normé…

Et n’est-ce pas sain de devenir folle dans un monde où les gens sont plus connectés à leurs smartphones qu’aux autres? Où les gens préfèrent s’écouter parler que d’écouter leurs prochains? Où, à force de vouloir tout posséder, nous en avons oublié l’essence même de notre être?

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

J’ai même pensé à devenir présidente de la république en 2022 pour tout changer de A à Z (la société en général) et puis je me suis dit que ça serait trop de travail pour moi et que finalement nous n’avons ni besoin d’être ministre ou président pour changer les choses… mais je n’exclus pas un jour de faire de la politique même si ça semble un univers impitoyable et j’avoue ne pas avoir les épaules pour cela pour le moment.

Et je pense qu’actuellement les médias peuvent davantage changer les choses que les politiques… A mon avis le changement passera par nous-mêmes à travers la médiatisation de nos récits de vie. A travers nos efforts pour dé-stigmatiser la différence qu’elle soit physique et/ou psychique. Plus on prouvera au monde que l’on n’est plus que des cobayes à qui on colle une étiquette, plus le monde s’habituera à nous voir dans les médias, moins nous ferons peur et plus nous nous intégrerons… Mais il faut accepter que ça prenne un peu de temps.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

https://revfrance.org