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Agathe présente le COFOR de Paris

Dans les précédents épisodes, le COFOR nous racontait son évolution parisienne, il se présentait avec ses idées nouvelles [https://lightskyblue-penguin-597208.hostingersite.com/cofor-de-paris-itinerant/], se créait avec ses pairs actifs [https://lightskyblue-penguin-597208.hostingersite.com/le-cofor-de-paris-se-cree/], et commençait à montrer les grandes lignes de son action à venir [https://lightskyblue-penguin-597208.hostingersite.com/un-cofor-de-paris/].

L’objectif du COFOR Paris, comme tout Recovery College est de former à ce qu’est le rétablissement en santé mentale par et pour les pairs en nivelant les pairs par le haut en leur donnant les moyens de faire avancer leur connaissances sur ce qu’est le rétablissement, le mouvement du rétablissement dans le monde et leur capacité à se l’approprier pour eux-mêmes et pour les autres ! Le tout pour récupérer du pouvoir d’agir sur soi, les autres et le monde !

Aujourd’hui, le COFOR Paris nous donne encore des nouvelles de ses avancées pendant le confinement :

  • Changement du logo en cours avec possibilité pour tous de donner un avis dans une réunion post-confinement. Le logo est créé par la graphiste ayant réalisé celui du COFOR Marseille : Amelin Caniparoli !
  • Les locaux, les subventions, les actions d’échanges pour trouver des pairs actifs et des partenaires restent en cours !
  • Le programme de formation est en création avec 8 modules principaux d’ores et déjà déterminés :
    • ESPOIR
    • SOUTIEN
    • PLAIDOYER
    • EMPOWERMENT
    • RESPONSABILITE PERSONNELLE
    • RECIT DE VIE
    • RECOVERY made in USA
    • RECOVERY made in QUEBEC
  • Des binômes voire des trinômes de pairs actifs travaillent sur la création de chaque module en définissant la liste des ateliers par thématique abordées.

Des moyens de communications augmentés ont été mis en place et des réunions ont été organisées IRL (in real life) et online pour faire avancer les échanges avec les pairs actifs parisiens ! Grâce au confinement deux rencontres ZOOM ont permis de présenter le COFOR Paris : une au Clubhouse Paris et une au REV France. Le groupe Facebook du COFOR Paris, s’est offert une Page adossée à sa communication jusqu’ici minimaliste sur ce média incontournable [https://www.facebook.com/coforparis]. Une liste de diffusion (mailinglist ou newsletter) donne des infos sur l’actualité du COFOR Paris à laquelle il est possible de s’abonner [https://framalistes.org/sympa/subscribe/cofor_paris].

Déconfinement, doit-on s’affoler ?

Récemment, on a pu lire des psychiatres affolés qui craignent de voir arriver une vague de décompensations psychologiques dans l’après corona virus immédiat. Des gens, déjà suivis en psychiatrie et d’autres, qui tiennent tant bien que mal et qui tirent sur leurs ressources psychiques pendant le confinement, seraient amenés à craquer pendant le déconfinement.

Non, ce n’est pas un virus qui va nous rendre fou. Même si apparemment, parmi les nouveaux patients psy, ceux qui ont décompensé pendant le confinement, c’est souvent lié au contexte du corona virus, à la saturation d’information, à l’isolement forcé.

Pourquoi cette perspective du jour d’après, où on se retrouvera tous, est-elle anxiogène ?

Vous avez tous envie de revoir des amis, des proches éloignés, ou même votre psy, d’avoir une contenance affective ou un soutien psychologique.
Il n’y a pas de quoi avoir honte d’être resté enfermé chez soi pendant deux mois, tout le monde a partagé ce vécu et ce sentiment de solitude et d’isolement.

Alors pourquoi les gens angoissent et même les psychiatres ?

Est-ce le retour à la normale qui fait peur ? Est-ce dû au fait que le quotidien ait été bousculé voire immobilisé ? Le manque de soutien pour vivre cette torpeur du quotidien sera-t-il la cause de craquages psychologiques ?

Côté psychiatrie, on a aussi lu que l’interruption du suivi par les psys, pendant le confinement, pourrait conduire les patients au long cours à arrêter leur traitement médicamenteux.

Est-ce là la seule chose qui préoccupe les psychiatres qui passent dans les médias ? Est-ce que leur métier se résume à contrôler les humeurs et les angoisses par leurs prescriptions médicamenteuses?

La peur est aussi grande du côté des patients de devoir sortir pour se rendre à une consultation et d’attraper le virus en salle d’attente ou pendant le trajet.

Certains redoutent de devoir reprendre les transports en commun pour aller au travail, d’autres redoutent également de les prendre pour aller voir le psy.

Mais alors, que se passerait-il si on arrêtait d’aller travailler ou d’aller voir le psy ?

Pour les uns, on perdrait toute ressource économique, pour les autres on décompenserait ?

Il ne s’agit pas d’opposer les travailleurs aux patients psy, car beaucoup de travailleurs sont au bord du craquage, ou déjà fous, et que « patient psy », ce n’est pas une catégorie sociale.

Ce n’est pas parce que le travail ou le suivi psychologique s’est transformé ou interrompu à cause du confinement que la vie de chacun s’est arrêtée.
Mais, avons-nous changé ? On nous dit que le monde ne sera plus comme avant, plus de bisous, qu’on marchera dans la rue avec une vigilance accrue, qu’on portera des masques. C’est comme si le futur se résumait à la fin de la crise sanitaire, à des mesures de protection et d’hygiène renforcées.

Le monde d’après ce n’est pas que la crainte de voir des gens atterrir en psychiatrie. Si on a survécu sans les psys, ça ne veut pas non plus dire qu’ils ne servent à rien, qu’ils ne sont pas essentiels à la société.

Ceux qui ne décompenseront pas, malgré le corona, ce sont ceux qui ont eu un contexte favorable de confinement, qui ont eu cette contenance affective, qui ont pu souffler et apaiser leurs angoisses.

Non, ce n’est pas le virus qui rend fou. C’est le manque de soutien social, le manque de solidarité entre nous, le désespoir, c’est-à-dire la façon dont on vit le confinement quand on n’a pas non plus de résidence secondaire où aller se préserver.

Si nos dirigeants nous répètent que c’est juste une crise sanitaire et que ce n’est pas la fin du monde, rien ne nous empêche de constater que nous ne sommes plus comme avant et la planète non plus.

Le point de vue pessimiste serait de dire qu’il va falloir se serrer la ceinture pour relancer l’économie.

Mais d’un autre côté, on peut se réjouir du résultat de deux mois de confinement sur la santé de la planète, quand les voitures, les avions, les usines s’arrêtent, la planète se refait une santé.

C’est vrai que le confinement c’est déprimant au bout d’un moment, mais ça nous a quand même permis d’inventer de nouvelles manières de rester en lien, je pense à la radio à distance de la Colifata France, et de constater que lorsque la machine économique tourne au ralenti, l’écosystème se porte mieux.

Il est aussi vrai que beaucoup n’ont pas la chance de vivre le même confinement que nous, que les soignants se démènent comme des fous pour lutter contre le virus et n’ont pas eu le temps de souffler.

L’hôpital public les a pressés comme des citrons et ça ne sera pas sans conséquence sur leur santé. A nous de les soutenir au-delà des primes ou des chaleureux applaudissements mais aussi de nous rappeler que l’hôpital n’a pas été à la hauteur de nos besoins.

Qu’il soit psychiatrique ou général, l’hôpital et ses urgences ne sont plus à la hauteur depuis bien avant la crise du corona. Ce ne sont pas que les tests et les masques qui manquent, ce sont aussi des soignants en quantité et en qualité pour réhumaniser la machine hospitalière et aussi des dirigeants qui ne soient pas là que pour gérer les flux ou les sous mais pour soigner l’humain.

La menace de finir à l’hôpital, d’être relégué à la condition de patient psy, c’est-à-dire de patient potentiellement non-réanimable en cas d’infection par le virus, c’est peut-être ça qui nous tient bien confinés.

Pour déconfiner le futur, c’est cette structure sociale et cette déconsidération de la santé mentale et de la psychiatrie qu’il faudra remettre en cause car, pour moi comme pour d’autres, il est hors de question de remettre un pied à l’hôpital tant qu’il fonctionnera comme ça, cet hôpital où la vie d’un patient psy n’a pas de valeur, où on l’exclut des soins autres que psychiatriques.

Portrait de Sophie Chrizen

Comme Sophie Chrizen, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Les personnes les plus inspirantes par ordre d’apparition sont mes parents et ma fille. C’est en écoutant mon enfant que j’apprends le plus de choses sur la vie, elle est comme un miroir déformant embellissant ce que je lui ai enseigné entre autre !

Enfin, moins égoïstement, la figure de Bouddha et les enseignements du dharma sont curateurs et apaisant.

J’aspire au bonheur individuel et collectif, à une société bienveillante à l’entraide et la collaboration des êtres vivants.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je suis mère au foyer ce qui n’entre pas dans la classification des métiers au sens stricte… mais paradoxalement comme le dit l’adage c’est le plus beau métier du monde !

Ensuite, je parlerai d’occupations si vous me le permettez plus que de métier, je travaille sur moi-même… d’abord à ma guérison de ce que l’on nomme schizophrénie et simplement dans le but de devenir le meilleur de moi-même.

Ce sont des occupations extrêmement passionnantes et enrichissantes même si elle ne sont pas lucratives, mais qu’importe !

Je milite aussi contre la stigmatisation, pratique un peu de pair-aidance en direct ou via les réseaux sociaux, j’écris et je réfléchis au sens de la vie.

Mon métier c’est vivre ce que j’ai à vivre.

Mon roman « l’étrange univers du schizophrène » est disponible gratuitement en PDF sur internet.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Le monde de la santé mentale est comme le reste du monde , il y a des choses positives et négatives… mais c’est parfois derrières des aspects négatifs que se cachent les plus beaux trésors (sans être complètement masochiste non plus).

Le monde de la santé mentale est en mutation après presque 100 ans de stagnation, chacun d’entre nous peut apporter sa pierre à l’édifice.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Une grande sagesse il me semble !

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Cher Monsieur le ministre la psychiatrie et la société dans son ensemble ont cruellement besoin de leurs fous ! Sans eux que seraient-elles ?

Alors, je vous en pri,e ne nous éteignez pas trop car il n’y a pas de génie sans folie, les plus grands penseurs, scientifiques et artistes de notre histoire étaient atteint de pathologie psychiques… alors n’oubliez surtout pas que l’avenir de l’humanité est très certainement enfermé dans un asile quelque part !

Cessez de nous éteindre Monsieur le ministre et s’il vous plait sur un plan plus matérialiste embauchez quelques pairs aidants en CDI dans vos structures, eux au moins savent de quoi ils parlent !

“The Unsung Survivor Story Book”’ – Call For Contributions

This is the call for contributions for “The Unsung Survivor Story Book” »  an anthology of first-hand accounts written by people who have survived. Whatever this means for the writer; is what it means for the writer.

The purpose of this anthology is to support people in telling their stories and in being understood.

We are survivors. We can heal when we feel understood.

We liberate ourselves when we take our power back.

We await your contribution of your personal story; sharing of your lived experience during these challenging times.

•IDEAS: Write about:

  •  Your life experiences with mental health struggles, addiction and trauma
  •  Your feelings
  •  The stigma and judgment you have faced,
  •  How your family and friends have treated you and how you have treated them
  •  Your daily struggles and pain 
  •  Your successes and accomplishments
  •  The challenges you face/have faced,
  • About relationships/friendships, legal/police issues, poverty, housing, medication (good   experiences/bad experiences and why you take it/why you don’t), about mistrust and abuse by providers (and healthy/good experiences), tragedies, losses, pain, institutionalization, rehab, successes, heartbreak/heartache,  positive treatment, peer support, effective help, about your dreams and desires and your recovery, and your ongoing struggle.

•This is an opportunity to tell your story. There is no right or wrong way to tell your  story. There is no judgment. Your experience is as difficult, painful, desperate, horrendous, amazing, life-changing or wonderful as you feel that it is. There are no comparisons. What you have experienced is valid and you are important and must be treated with respect and dignity and you deserve to be legitimized.

•Not every story is going to be one of complete success or recovery and your story does not have to have a happy ending, however by acting in solidarity with one another and by publicly taking back our lives with the power that lives within all of us,  we absolutely will live happier, healthier and more satisfying lives.

*Please write up to 2000 – 4000 (or so) words typed. 

*Please write in your first language (we will have it translated into English for this edition)

*Every question you have about this project is important so please ask

*We will accommodate your needs and work with you in making this a success for you (Ask please)

•You can get a copy of ‘You’re Crazy – Volume One’  (Punk Rock Survivor Anthology) here: http://www.lulu.com/spotlight/betterdaysrecoverypress

*If you are a person who has had any challenges in the past with anyone involved with this project; you are encouraged to contribute. This project is in support of healing so please, everyone matters, you, me and all of us! 

*All contributors will sign a release permitting their story being published.

*All contributors will receive a copy of the book with their story in it.

*All contributors can obtain copies of the book with their story in it at discounted rates.

*All contributors are supported in organizing speaking events in their communities.

•The deadline for submissions is June 1, 2020  Please email your submission and any and all questions to: THEUNSUNGSURVIVORSTORYBOOK@GMAIL.COM

https://docs.google.com/document/d/1u9Z9Z3zSppbyFneaq_0Wgld8Yc_BDEklKd8nsu8UPWA/edit?usp=sharing

Portrait de Luc

Comme Luc, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Mes inspirations dans la vie sont les gens qui parviennent à vivre avec leur authenticité propre. Qui n’ont pas peur des grosses cassures ou des gens cassés, qui ne vont pas se forcer à être drôle. Poelvoorde par exemple ou Edouard Baer.

Les chemins de montagne en crête exposés aux vents me dynamisent comme ils reposent ma tête.

L’activité est la tendresse. La pratique de la sensualité.

J’aspire à la paix, à la stabilité, au pardon et à l’amour.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je ne travaille pas vraiment. Depuis 2005, fin des mes études supérieures, j’ai du avoir une trentaine de contrat mais travailler moins de 7 ans en tout.

J’aimerais un métier de communication, d’apprentissage mutuel.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Pauvre. Dans les deux sens.

En tant que borderline, il y a par exemple une structure thérapeutique à Montpellier mais qui n’est ouverte qu’aux femmes…

J’ai vu je ne sais combien de thérapeutes et c’est difficile. La seule chose est d’avoir une routine ; surtout dans les relations, je commence à le comprendre que maintenant.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La fantaisie, la sensibilité, l’audace, l’intensité.

Moi je me vois souvent comme un ouvre-boîte des émotions des autres, pour le meilleur et pour le pire.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Je lui demanderais une éducation aux relations interpersonnelles dès le collège, ainsi qu’un apprentissage de l’amour. Aussi montrer de l’empathie pour ces troubles invisibles.

Pour contrer notre refus et notre indigence de travailler les relations humaines. Le jetage permanent. La notion de pardon et de repentance aussi qui sont cruellement absentes de la société actuelle.

Craig Lewis mad portrait

As Craig, let us make your mad portrait by answering these 5 questions.

My punk rock nickname is Crusty Craig. My name in Mexico is Goyo.

What inspires you in life and what are your expectations?

*Viktor Frankl, the author of ‘Man’s Search For Meaning’. Viktor Frankl has guided me in spirit from since before I took my first breath in 1973.

**Paris and Marseille, France. When I arrived in Paris on January 28th, 2018, it was with a one way ticket. I had no home to return to in the United States. No home, no job, no safety, no nothing. The people I met in Paris and in Marseille, accepted me and are my friends to this day. Landing in France, with my specific set of dangerous circumstances, back in the US, was what we call in English, a « Hail Mary ». It’s an idiom and clearly as evident in me being a contributor to Comme Des Fous; My « Hail Mary » was a success.

***Doing the impossible. It is an inspirational act of love for the world to prove that the impossible is actually quite possible. It is one of my personal hobbies.

****https://www.merriam-webster.com/dictionary/thing
What do I aspire to? My answer is as simple as it is complex. I pray every day. It is the first thing I do when I wake up and I do it before lunch and dinner. My prayer is this: Dear Universe, Please help me become the best version of myself possible. I am grateful. I am grateful. I am grateful. This prayer is also my answer to your question.

How would you describe your job and why do you like it?

Sanity is a Full-Time Job. It seems to me that my job is to use my strange, fucked up and cool, life experience to help society find new ways to navigate through this minefield called life.

What do you think about the world of Mental Health?

The world is a 6 billion person mental hospital and the rest of us survived.

What positive influence has madness for you? 

No one said it better than the French, « Don’t Panic, I’m Psychotic », so whomever is responsible for this brilliance; contact me as you wish… Us survivors have a hard time… I know how to make « Don’t Panic… I’m Psychotic » into a global source of revenue.

Would you like to be and what could be the contribution of a minister of Mental Healthcare?

I am a well known crazy person, so my answer is, yes. I like French People. Your situation is not easy. and it would improve a great deal, if the people who have the « power » , understood that it is the people who have the « power ». I would ask the Minister of Health to spend a day with me eating good food, admiring the Louvre, showing each other photos of our cats, and talking about any possible topic with the exception of mental health and politics. Once able to establish our mutual and warm, humane and human respect for each other; the conversation about « mental health in France » would commence.
If that did not work, and maybe they get upset with me and say « get away from me you crazy American », my only French language response would be, the only thing I can actually say in French « Je suis merveilleux et beau ».

What page, organization or initiative would you like to share?

http://www.lulu.com/spotlight/betterdaysrecoverypress

Portrait de Laetima

Comme Laetima, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

J’aspire à un monde meilleur où tout le monde soit accepté avec ses différences. Les voyages et les rencontres de personnes que j’accompagne au quotidien dans mon métier d’éducatrice m’inspirent.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je suis éducatrice spécialisée et j’ai créé mon association Inclusion 49 pour l’insertion sociale des personnes en situation de handicap psychique.

J’adore mon métier pour les rencontres que j’y fais au quotidien et aussi car j’ai l’impression d’être utile. Cela me permet toujours de relativiser et de me remettre en question à chaque instant.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Il y a encore des progrès à faire mais c’est en bonne voie. Je suis régulièrement en contact avec l’hôpital et d’autres associations et avec des pairs-aidants. La parole se libère et il est temps. Il faut aller vers le grand public et parler de santé mentale avec tout le monde pour une meilleure inclusion de chacun et vers le rétablissement.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Ma folie est souvent synonyme d’originalité, de divergences, de vision différente du monde. Cela amène à se poser des questions et, pour moi, ça permet d’évoluer.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Ministre, non car je trouve cela difficile de mettre en place des choses pour tout le monde alors que chaque situation est différente.

Je lui demanderais de parler de santé mentale et de mettre plus en lumière les personnes touchées par une situation de handicap psychique.

Une page que tu aimerais faire connaître?

www.facebook.com/Inclusion49/

Portrait d’Octarine

Comme Octarine, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Illustration: C’est une image de madame pourquoi, parce que je me pose plein de questions, parce que j’appartiens à la génération Y (why), et parce que je ne sais pas qui je suis.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Le théâtre, la littérature, les personnes empathiques, intelligentes, calmes et bienveillantes, la mer démontée en Bretagne.

J’aspire à un monde plus raisonnable. Qui se préoccupe davantage de la santé et de la culture de ses habitants que du profit. Qui oriente massivement son énergie collective vers des solutions sur des problèmes à long terme.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je n’ai pas un « vrai métier » dans le sens où je travaille très peu et où c’est au black. Je donne des cours de piano.

J’aime la présence des élèves et voir leurs progrès, essayer de trouver des solutions à chaque problème. J’aime donner des cours particuliers car je peux m’adapter à chaque élève.

J’ai suivi des formations (par exemple musique et dyslexie, apprentissage du braille musical), j’essaie d’élargir mon répertoire…

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Il me faudrait un roman. Tout ce que je peux dire, c’est que je suis perturbée depuis la petite enfance, que j’ai été déscolarisée en troisième (1996) et qu’après le lycée j’ai sombré. Ma première TS remonte à décembre 2000 et j’ai été depuis dans le circuit psy avec différents essais.

On m’a refusé un diagnostic que je réclamais sous prétexte que c’était « stigmatisant »… après un immense coup de chance, j’ai enfin trouvé le bon docteur en 2008.

Il m’a diagnostiquée, borderline, et m’a donné des solutions concrètes. Il me suit toujours aujourd’hui.

Donc pour résumer, je pense que c’est globalement un monde de merde mais qu’il existe quand même des gens compétents. Seulement tout le monde n’y a pas accès et c’est profondément injuste.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

J’écris ça en plein confinement et contrairement à la majorité de mes concitoyens, celui-ci ne me dérange absolument pas.

Je donne mes quelques cours par Skype, j’ai des amis au téléphone, mais enfin je n’ai plus la pression des rendez-vous et de mes annulations régulières. Je n’ai plus à faire des calculs d’apothicaire pour savoir quels engagements je peux prendre, pour pouvoir les honorer tous.

En temps normal, mon trouble est sans doute aussi à la source de grandes joies car je suis hyper sensible et peux donc vibrer très intensément sur une musique, à en avoir des frissons et une explosion dans le cerveau, comme un orgasme, pareil au théâtre quand toute une salle partage la même émotion.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Clairement pas. Déjà parce que je suis tellement fatigable, susceptible, je ne peux pas travailler en équipe, etc. Et surtout parce que c’est un domaine si complexe dont je ne connais finalement pas grand-chose en dehors de ma propre expérience.

Je lui demanderais d’avoir la possibilité d’avoir une aide à domicile pour les courses, le ménage, la cuisine, etc car je ne peux rien faire de cela toute seule. Et mon mari le fait franchement comme un adolescent ou jeune étudiant et je me sens honteuse et dégradée de vivre dans cet environnement. Être à l’hôpital c’est pas drôle mais au moins c’est propre et on mange équilibré.

Une association que tu aimerais faire connaître?

AAPEL : Association d’Aide aux Personnes avec un État Limite, borderline ou personnalité limite.

« Réalités », une BD d’Axell plop

« Yo, j’ai fait une bande dessinée qui parle de psychose pour les 23 heures de la BD. Ça parle du rapport aux voix et délires et de comment les comprendre. » @PatateVolant

Nous la reproduisons ci-dessous avec son autorisation et avec un immense plaisir!

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