Portrait de Lana de Blog Schizo

Comme Lana, autrice de Blog Schizo, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

J’aimerais faire connaître Psylence radio, une émission de radio réalisée par des usagers de la psychiatrie, tous les troisième lundi du mois à 17h sur Radio Panik.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Essentiellement la littérature, classique ou contemporaine. J’aspire à être une personne bien, même si ce n’est pas toujours facile, et à avoir de bonnes relations avec mon entourage.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je suis libraire, donc je suis à la fois dans l’intellectuel et le pratique, entre les conseils et la manutention. J’aime ce métier car j’aime les livres et les gens, et qu’il me permet de partager ma passion.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Je pense qu’il y à le pire et le meilleur, et que nous devons travailler à ne garder que le meilleur. Je crois que l’hôpital en particulier doit aller vers plus de respect et de libertés. J’ai souffert de certains aspects de ce monde mais j’y ai aussi rencontré des personnes extraordinaires.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Une autre vision de la vie, une meilleure connaissance de soi, apprendre à s’appuyer sur ses forces et connaître ses faiblesses.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, le monde de la politique est trop dur pour moi. Je lui demanderais plus de moyens pour la psychiatrie, qu’elle valorise les relations humaines plutôt que les applications pour smartphones par exemple (là je vise notre ministre de la santé en Belgique), qu’elle donne les moyens à des endroits alternatifs pour se développer, comme le Pianocktail ou l’Autre « lieu » à Bruxelles, qu’il y en ait dans chaque ville.

Portrait d’Il était une fois en psychiatrie

Comme l’auteur d’Il était une fois en psychiatrie, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

J’aimerais faire connaître le blog passionnant d’une femme, patiente de psychiatrie, qui raconte et interroge avec force et émotion le quotidien de nos services. A lire absolument pour ceux qui veulent travailler ou travaillent déjà en psychiatrie… https://blogschizo.wordpress.com/

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

La musique en premier lieu, le cri des violons, le vibrato d’une voix, jusqu’à la chair de poule. Puis les hommes, les femmes, le ressac des vagues, la pluie, la poésie, le ciel, le vent, le feu qui crépite, les yeux, l’âme, le silence, les regards, jusqu’à la chair de poule. C’est d’ailleurs ce à quoi j’aspire, avoir la chair de poule, toujours!

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Infirmier en psychiatrie, une main sur l’épaule, la chaleur d’une cigarette, une fenêtre ouverte, un chemin à deux ou à plusieurs… Un long chemin, difficile parfois, mais beau souvent…

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Riche, intense, unique, et beau…

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Qui est fou? Qui ne l’est pas? Je ne sais pas et peu importe… Le positif, la beauté de la folie est dans l’intensité des rencontres qu’elle génère, dans sa force, et sa pureté. Sombre ou triste parfois, elle reste toujours unique et digne.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, je reste à ma petite place, aux côtés de ceux que j’accompagne… À la ministre, je lui demanderais plus de moyens et de liberté.

Portrait de Blond Power

Comme Blond Power, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Venez à la rencontre de la Commission Psy, soins et accueil de Nuit Debout!

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Mes amis, les « patients », des rencontres au coin d’une rue ou lors d’une manif m’inspirent, me donne de la force, m’aident a penser.

La clinique de La Borde est un lieu qui m’aide tant dans ma pratique professionnelle que dans mes questionnements du fonctionnement du collectif.
Le sport a une place fondamentale : espace de refuge, de recentrage. Cela me permet d’évacuer les tensions, la colère.

J’aspire et j’expire 🙂

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Mon métier est une lutte permanente contre l’anéantissement. C’est douloureux, souvent, stimulant, parfois. Je l’aime pour son coté militant et la magie de certains moments.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

La santé mentale est un terme affreux. Cela signe bien ce que devient la psychiatrie et sa normativité. La psychiatrie est en mauvaise santé.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Une créativité, une rencontre avec l’intime.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, je ne pourrais pas devenir ministre car je ne crois pas au pouvoir détenu par un. Je lui demanderais de céder son poste et de créer un collectif par les personnes directement concernées par la question.

Portrait de Florent Muller

Comme Florent Muller, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Découvrez son site : http://jesuisbipolaire.eklablog.com

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

J’aspire à changer le regard sur les troubles psy ou le handicap en général. Je le fais par l’écriture, des conférences, mes compositions musicales, radio, télé…

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

En ce moment rien n’est fait, je passe justement un nouvel entretien demain.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Le monde de la santé mentale évolue et tant mieux. On commence à parler de rétablissement et cela c’est nouveau en France.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La créativité. Quand la folie est contrôlée c’est génial et jouissif. On arrive à tirer le meilleur de nous-même !!!

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Je n’y avais jamais pensé mais pourquoi pas !!! Qui mieux qu’un usager peut comprendre les souffrances des autres et aider les usagers. Je vais là où on me demande et donne toujours une bonne image des troubles psychiques.

Portrait de Michèle Dussaut Delorme

Comme Michèle Dussaut Delorme, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Découvrez le Collectif Schizophrénies.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Je suis prof de français de formation. Maintenant j’accompagne des personnes souffrant de troubles schizophréniques parce que ma mère était très malade et que leur langage est en quelque sorte ma langue maternelle. Je suis vice-présidente de Schizo?…Oui! et du Collectif Schizophrénies qui regroupe un certain nombre d’associations luttant contre le sort indigne réservé aux personnes souffrant de ces troubles.

Mon maître, c’est Tosquelles. Il représente tout ce que j’aime dans la vie : une intelligence suprême, un humour décapant et une humanité débordante.

Je consacre beaucoup de temps à la lecture, au cinéma, au voyage et à la rencontre de l’Autre dont l’infinie diversité me fascine.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Être au milieu des souffrants psychiques n’est pas un métier pour moi. C’est la vie tout simplement. Je les aime, ils me le rendent bien. Ils me donnent autant que je leur donne. C’est un échange humain, tout simplement, sans eux je ne serais pas ce que je suis actuellement.

En fait, parallèlement à mes activités militantes, j’ai créé un GEM il y a 10 ans. Il s’appelle d’ailleurs GEM Lucien Bonnafé. C’est un lieu de liberté dans lequel on rit beaucoup. Maintenant j’ai pris du recul, quelqu’un d’autre a pris ma place et je me contente d’aller les voir de temps en temps. Il ne faut pas s’accrocher pour l’éternité.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Je pense qu’il y a encore un fossé très profond entre ceux qui souffrent de troubles psychiques et ceux qui gravitent autour. Inconsciemment, les soignants ont peur du chaos parce qu’il bouscule nos certitudes et nous entraîne dans un monde que nous ne maîtrisons pas. Alors, pour se préserver ils se réfugient dans un vocabulaire obscur et dans une distance soi-disant thérapeutique. Tout cela les rassure.

De nombreux étudiants dans le médico-social viennent faire des stages au GEM. Ils en repartent enchantés. Je pense qu’ils n’auront plus jamais cette vision des personnes porteuses de troubles psy. Nous n’avons jamais eu de futures psychiatres, ce qui est fort regrettable de mon point de vue.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

J’aime les fous et la folie parce qu’il nous entraînent dans un monde auquel nous n’aurions jamais eu accès. Personnellement, sans la folie de ma mère je n’aurais jamais accédé à la littérature et aux études littéraires avec la profondeur que j’ai connue.

La folie fait partie de notre humanité comme la couleur de notre peau ou notre orientation sexuelle. Il est bien évident que quelqu’un qui se met en danger doit être apaisé. Mais le traitement doit être adapté, mesuré, appliqué avec le consentement du concerné. De plus un traitement n’est rien sans l’étayage humain autour de la personne. Je suis bouleversée par le fait qu’un grand nombre de souffrants errent dans la rue ou en prison.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Je n’ai aucunement l’envie de devenir ministre. Je ne suis d’ailleurs pas faite pour ça. Je pense profondément qu’un changement de mentalité ne peut venir que de personnes incarnant le désir de ce changement. Cela peut parfois coûter très cher mais après tout, les Bonnafé, Tosquelles, Oury et bien d’autres l’ont fait. Alors je me dis que leur mémoire vaut bien cela.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

La page Facebook Collectif Schizophrénies ainsi que le site. Je vous invite je vous invite à liker la page et à la faire connaître à vos amis.

Portrait de Nicolas

Comme Nicolas, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Plus rien, plus de joie de vivre. Ma fille a 14 ans donc je dois accompagner son adolescence (je l’ai rendu dépressive). Je passe mes journées sur mon lit ou à bricoler, réparer la maison, le jardin. Je ne vois presque plus personne. Mon rhumatologue et ma Psy m’ont viré et refusent de continuer à me suivre car j’ai pété un plomb pour un refus ( faux ) de mon rhumatologue.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je ne peux plus travailler. Je suis à l’AI.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

C’est ce qui fait vivre, c’est la santé mentale. Je l’ai presque toute perdue, c’est grave.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Une certaine joie. Ou la joie d’arriver à réaliser notre folie.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Impossible je suis trop atteint. Demande: il me faut un livre de question.

Portrait de Lou Lubie

Comme la dessinatrice Lou Lubie, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Découvrez sa nouvelle bande dessinée Goupil ou Face!

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Je crois que je me nourris d’un peu de tout, je capte une bonne idée par ci, un trait qui fait mouche par là…
Je suis particulièrement admirative devant le travail de Craig Thompson, un auteur de BD immensément talentueux.
Quant à mes aspirations… si je pouvais vivre sereinement de mon travail créatif, ce serait merveilleux.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

J’exerce plusieurs métiers – dont auteure de BD et développeuse web -, mais toujours des métiers créatifs ! Faire de la bande dessinée, par exemple, c’est pouvoir exprimer en images des sensations abstraites. En dessinant la cyclothymie sous la forme d’un petit renard dans « Goupil ou face », elle devient beaucoup plus concrète… et beaucoup plus compréhensible pour un lecteur extérieur au trouble. Un atout par rapport aux publications plus médicales et académiques, qui demandent beaucoup de motivation pour être lues !

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Le monde de la santé mentale devrait faire partie intégrante du monde-tout-court…! Personne n’a l’impression de basculer dans « le monde de la santé nasale » quand il a un rhume, il ne devrait pas en être autrement pour le cerveau. Il y a des gens qui ne « croient pas » aux maladies mentales, qui refusent d’admettre qu’ils peuvent être touchés, eux ou leur entourage, qui voient les psys comme des manipulateurs, des affabulateurs… Tout ça traduit une grande peur de l’inconnu qui est un sacré frein au bien-être des personnes atteintes d’une maladie ou d’un trouble psychiatrique.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Comme je le raconte dans « Goupil ou face », la cyclothymie – une forme de trouble bipolaire -, entraîne un besoin permanent de neuf, de neuf, toujours de neuf ! Ma solution à moi pour la nourrir, ça a été de piocher dans tous les domaines créatifs : six livres publiés, un site communautaire qui réunit 2.000 dessinateurs (www.forum-dessine.fr), un jeu vidéo créé collaborativement par 82 amateurs, des illustrations réalisées pour des occasions très variées… Je suis aussi extrêmement curieuse de nouvelles rencontres et j’ai l’impression d’avoir noué des relations particulièrement intenses et nourrissantes.
Être cyclothymique rend tout plus bref, plus intense, plus puissant – en positif comme en négatif. Autant essayer d’en profiter !

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

La politique, les costumes cravate et les petits jeux de pouvoir, pas pour moi ! Plus que les lois, je pense que ce sont les idées qu’il est urgent de faire changer : je me sens plus utile en écrivant des bandes dessinées qu’en votant des textes de loi. Si le Ministre de la Santé Mentale pouvait déjà soutenir la myriade d’initiatives artistiques, bénévoles et associatives qui existent, ce serait une aide précieuse pour beaucoup.
(Par contre, si je pouvais toucher un mot au Ministre de la Culture au sujet de la rémunération des auteurs…)

L’entretien de Lou Lubie sur France Culture:

« Pas de panique, je suis psychotique », Alain Karinthi

Merci Alain pour cette superbe contribution!

dont panic

Pas de panique, Je suis psychotique… car pas de panique, le monde, vous , êtes si fanatique!!

Je m’appelle Alain, j’ai 35 ans. Je suis travailleur pair dans une équipe mobile de psychiatrie pour des personnes sans abri, vivant avec des troubles de santé mentale, ici à Marseille, France. Ce qui signifie que je vis avec de graves troubles de santé mentale décrits par les médecins comme : une personnalité maniaco-dépressive ou désordonnée (ça dépend du spécialiste ! toute une affaire pour comprendre !), avec en guise de comorbidités, des troubles border-line, addictifs et un déficit de l’attention…

Mon travail est en partie d’organiser des groupes d’auto support, et de réfléchir à la construction d’une formation universitaire sur les « pratiques orientées rétablissement » (concernant globalement le médico-social, le sans-abrisme, l’empowerment et les problématiques d’addiction par exemple), avec un groupe composé de pairs, de chercheurs, de docteurs, de professeurs et de militants ! Nous avons démarré cette année et la première promotion d’étudiants est en train de finir !). J’ai travaillé sur un programme “Housing First de janvier 2012 à mars 2014 et depuis sur ce poste à Marseille) Continuer la lecture de « « Pas de panique, je suis psychotique », Alain Karinthi »

« Aidez nous à nous rétablir! », Alain Karinthi

Merci à Alain pour cette contribution!

alain karinthi

En psychiatrie comme en psychologie, le rétablissement (terme traduit de l’anglais recovery) fait l’objet de controverses en France; sa compréhension par les professionnels fait souvent l’objet de résistances. Concrètement, cet état de fait se traduit pour nous, personne vivant le trouble, en difficultés de vie supplémentaires. Pour faire bref, pour construire notre rétablissement, nous ne pouvons dans la plus grande majorité des cas faire sans les soins, mais la position des soins dans l’organisation des ressources d’aide est objectivement problématique.

Le rétablissement, pour nous, c’est un processus qui se déclenche dans le vécu d’une personne atteinte de troubles psychiques, vivant de manière singulière la souffrance psychique, qui permet in fine de vivre de façon harmonieuse, quelle que soit la méthode qu’elle va employer pour y parvenir. Ce n’est pas seulement des techniques, et un but, mais bien un cheminement vers et dans cette harmonie, une construction d’équilibres et de déséquilibres perpétuels au fur et à mesure de nos choix de vie, formant une vie normale, menée par une personne atteinte de troubles psychiques,( « un psychotique »), même les plus sévères: schizophrénies diverses et variées, troubles bipolaires sévères avec des passages maniaques, et autres troubles anxio-dépressifs dits majeurs. Continuer la lecture de « « Aidez nous à nous rétablir! », Alain Karinthi »